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Chapitre 2

Author: Neige Cristal

Nina soutenait son regard et a répété d’une voix légère, mais résolue : « Divorçons, Louis. Ce cadeau d’anniversaire te plaît ? »

Louis n’a pas bronché. Son visage impassible est resté figé, sans la moindre émotion. « Tu veux divorcer juste parce que je n’ai pas fêté mon anniversaire avec toi ? »

Nina a relevé le menton. « Chloé est rentrée, n’est-ce pas ? »

À l’évocation de ce nom, un sourire froid et moqueur a effleuré les lèvres de Louis. Il a avancé vers elle d'un pas lent et menaçant, réduisant inexorablement la distance qui les séparait. « Tu es jalouse d’elle ? »

Louis n’était pas seulement l’héritier de la famille Bernard, il était aussi une légende vivante du monde des affaires. Pouvoir, richesse, statut... Tout chez lui dégageait une aura écrasante. Son approche, instinctivement menaçante a forcé Nina à reculer d’un pas.

Son dos a rencontré le mur.

À cet instant, son champ de vision s’est assombri. Louis l’avait encerclée d’un geste précis, une main posée contre la paroi, bloquant toute échappatoire. Son regard perçant s’est posé sur elle. Ses lèvres fines se sont étirées en un rictus narquois. « Tout Merville sait que celle que je devais épouser, c’était Chloé. Quand tu as tout fait pour prendre sa place et devenir Madame Bernard, tu ne le savais pas ? À ce moment-là, ça ne te dérangeait pas, alors pourquoi tu fais semblant aujourd’hui ? »

Le teint de Nina a blêmi. Oui... il voulait épouser Chloé. Si l’accident ne l’avait pas plongé dans le coma, jamais elle n’aurait eu la moindre chance de devenir sa femme. Elle n’oublierait jamais le jour où il s’était réveillé. Lorsqu’il avait ouvert les yeux... et découvert elle, à sa place, l’expression dans son regard avait été sans appel : du rejet. Depuis, ils avaient fait chambres séparées. Il ne l’avait jamais touchée. Parce qu’il aimait Chloé. Tout cela, Nina le savait.

Mais... Elle a levé les yeux vers lui, fixant cette même silhouette qu’elle connaissait depuis l’enfance. Ce visage... autrefois si juvénile... Celui du garçon qu’elle avait tant aimé. Tu ne te souviens vraiment pas de moi, Louis ? Elle était restée figée dans le passé, à attendre un souvenir, un regard... Quelle idiotie. Ces trois années, elle les a passées à l’aimer seule. Elle a ravalé l’amertume qui lui serrait la gorge.

« Mettons fin à ce mariage sans amour. »

Louis a haussé un sourcil, intrigué. Sa voix grave et magnétique a roulé lentement : « Sans amour ? » D’un geste précis, il a attrapé son menton délicat, ses doigts glissant lentement sur ses lèvres rosées. Un frisson a parcouru Nina lorsqu’elle a senti la légère pression de son pouce. Il l’a effleurée, caressée, presque... joué avec elle. Un contact intime, délibérément sensuel. Son cœur s’est emballé. Elle a voulu reculer, mais elle était déjà piégée.

Louis a plissé les yeux, la détaillant de plus près. D’habitude, Nina s’habillait toujours de manière austère : des robes noires ou blanches, de grandes lunettes à monture noire qui lui donnaient un air austère et vieillot. Mais là, de près... Son visage était fin, délicat, presque exquis. Ses grands yeux noirs, profonds et limpides, brillaient comme ceux d’un faon effarouché.

Ses lèvres étaient si douces.

Là où son doigt appuyait, la couleur rosée s'effaçait momentanément, puis revenait aussitôt, retrouvant cette texture tendre et élastique. Une tentation qu’il n’avait jamais remarquée. Un voile d’ombre est passé dans son regard. « Je ne pensais pas que Madame Bernard était aussi passionnée... Tu veux un homme, c’est ça ? »

Claquement sec.

Nina a levé la main et l’a giflé sans hésitation. La tête de Louis a basculé sous l’impact. Un silence glacial s’est installé. Ses doigts tremblaient encore sous l’émotion. L’amour qu’elle avait eu pour lui, elle venait de l’enterrer elle-même.

D’une voix tremblante de rage et d’humiliation, elle a lancé : « Tu as toujours été obsédé par Chloé. Très bien. Je vous laisse ma place. Je ne veux plus être Madame Bernard. »

Une expression d'incrédulité totale s'est peinte sur le visage de Louis. Son visage, sculptural, s’est durci instantanément. Personne. Personne n’avait jamais osé lever la main sur lui. Encore moins une femme.

Il a relevé lentement la tête, ses yeux noirs glacés par la colère. « Nina, tu as décidé de m’épouser quand ça t’arrangeait. Et maintenant, tu penses pouvoir divorcer juste parce que tu en as envie ? »

Nina a ri doucement. Un rire teinté de sarcasme. Elle a levé les yeux vers lui, son regard rempli d’une détermination nouvelle.

« Qu’est-ce que tu crois, Louis ? Que tu es quoi pour moi ? Un jouet ? »

Un éclat d’incrédulité a traversé le visage de Louis.

Quoi ?

Louis en est resté bouche bée.

Nina a réprimé la douleur dans son cœur et a lâché froidement : « Tu n’es rien d’autre qu’un jouet que j’ai pris des mains de Chloé. Maintenant que je m’en suis lassée, je vais m’en débarrasser. »

Le regard de Louis s’est assombri au point de sembler prêt à faire éclater un orage. « Très bien, Nina. Je te félicite. On divorce, alors ! Mais tu ferais mieux de ne jamais revenir en pleurant pour me supplier de te reprendre ! »

Sans attendre sa réponse, il est monté à l’étage d’un pas furieux et a claqué la porte de son bureau si violemment que toute la villa a tremblé.

Nina, elle, a senti toutes ses forces l’abandonner. Son corps frêle a glissé lentement contre le mur, jusqu’à ce qu’elle s’accroupisse sur le tapis.

Elle a replié ses bras autour d’elle-même, comme pour se protéger, comme pour contenir la douleur qui lui transperçait la poitrine.

Louis... Je ne t’aimerai plus jamais.

Le lendemain matin.

Sophie a poussé la porte du bureau et est entrée avec précaution.

Louis était assis derrière son immense bureau, absorbé dans ses dossiers. Tout Merville savait qu’il était un acharné de travail.

« Monsieur. »

Il n’a même pas levé les yeux. Son expression froide et distante trahissait son humeur exécrable.

Sophie, hésitante, a déposé une tasse de café sur le bureau. « Monsieur, c’est Madame qui l’a préparé pour vous. »

Le stylo que tenait Louis s’est immobilisé un instant.

Son expression glaciale s’est légèrement adoucie.

Elle voulait se réconcilier ?

Il devait admettre une chose : Nina était une épouse parfaite.

Elle cuisait elle-même ses plats en fonction de ses goûts, lavait son linge à la main, s’occupait de tous les détails de sa vie.

Louis a pris la tasse et en a bu une gorgée.

Le même goût que d’habitude.

Celui qu’il aimait.

Mais son visage s’est rapidement refermé.

Il était toujours en colère.

Hier soir, elle l’avait giflé. Ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait pardonner aussi facilement.

Une tasse de café ne suffirait pas à l’apaiser.

« Elle a compris son erreur ? » a-t-il demandé d’un ton neutre.

Sophie a eu un léger mouvement de recul avant de jeter un regard étrange à son patron.

« Monsieur... Madame est partie. »

Louis a brusquement levé les yeux.

Sophie a sorti un document et l’a tendu. « Elle est partie avec sa valise ce matin. Avant de partir, elle m’a demandé de vous remettre ceci. »

Louis a pris la feuille et l’a ouverte.

ACTE DE DIVORCE.

Les mots noirs ont frappé son regard comme une gifle en pleine figure.

Il a eu un instant de flottement.

Elle n’essayait pas de faire la paix...

Elle voulait vraiment partir.

Sophie, mal à l’aise, a ajouté : « Madame m’a aussi dit de vous dire de signer rapidement les papiers, après avoir fini votre café. »

Le regard de Louis s’est assombri instantanément. Il a balayé la tasse d’un revers de main.

« Jette-moi ça ! Tout de suite ! »

Sophie a sursauté et a attrapé la tasse en catastrophe avant de filer hors de la pièce.

Quelques instants plus tard, Louis a rabaissé les yeux sur le document.

Elle ne demandait rien.

Pas un centime.

Elle partait sans rien prendre.

Vraiment ?

Un ricanement froid s’est échappé de ses lèvres.

Elle faisait semblant d’être noble, maintenant ?

Elle, une fille de la campagne, pensait-elle vraiment pouvoir survivre sans un sou ?

Trois ans plus tôt, elle avait tout fait pour se marier avec lui, et maintenant, elle voulait partir les mains vides ?

C’est alors que son regard est tombé sur la ligne manuscrite justifiant la demande de divorce.

Motif du divorce : Dysfonctionnement masculin. Incapacité à remplir ses devoirs conjugaux.

Louis : « ... »

Son visage s’est noirci d’un coup.

Cette foutue femme !

Elle osait écrire ça ?!

Il a immédiatement attrapé son téléphone et a appelé Nina.

Après quelques sonneries, elle a décroché.

De l’autre côté de la ligne, sa voix douce et calme est parvenue à son oreille.

« Allô ? »
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Comments (65)
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Maheva
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Valerie Charmetton
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Sandrine ORSINI DEZEUZE
Intriguant
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