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Chapitre 4

last update publish date: 2026-07-29 18:40:05

Le bureau de Diego De La Capa était plongé dans un silence inhabituel.

D’habitude, cet endroit était rempli de conversations, d’appels importants et de décisions qui pouvaient changer le destin de plusieurs entreprises. Mais aujourd’hui, il n’y avait plus aucun bruit.

Diego était assis derrière son bureau, les yeux fixés sur le dossier ouvert devant lui.

Un simple titre avait suffi à bouleverser toutes ses certitudes.

Identité confirmée : Stephanelle Robio, héritière légitime de l’Empire Robio.

Il parcourut les premières lignes.

Puis il revint au début.

Encore une fois.

Comme si relire ces mots pouvait les rendre faux.

Mais chaque page confirmait la même vérité.

Ses doigts se resserrèrent lentement autour du document.

Une sensation lourde envahit sa poitrine.

— C’est impossible...

Sa voix était basse, presque un murmure.

Son assistant, debout devant le bureau, baissa respectueusement la tête.

— Monsieur, nous avons vérifié plusieurs fois. Les informations viennent de différentes sources, et tous les résultats correspondent.

Diego resta silencieux.

Son regard était toujours posé sur le nom de Stephanelle.

Robio.

Il connaissait ce nom.

Tout le monde le connaissait.

La famille Robio n’était pas une famille ordinaire. Leur influence dépassait largement les frontières du pays. Leur empire était bâti depuis des générations.

Et lui...

Lui avait rejeté leur héritière.

Il se leva brusquement de son fauteuil.

— Pourquoi personne ne m’a prévenu plus tôt ?

La colère dans sa voix fit légèrement sursauter son assistant.

— Monsieur...

L’homme hésita avant de continuer.

— Nous avons reçu ce rapport quelques minutes avant que Madame Stephanelle quitte le manoir.

Il baissa les yeux.

— Mais...

Un silence passa.

Diego tourna lentement la tête vers lui.

— Mais quoi ?

L’assistant prit une inspiration.

— Mademoiselle Rosalie a pris votre téléphone. Le message n’a jamais été ouvert.

Le visage de Diego se durcit.

Rosalie.

Encore elle.

Il sentit une colère froide monter en lui.

Soudain, il revit chaque détail du départ de Stephanelle.

Son visage pâle.

Ses yeux remplis de douleur.

Cette façon qu’elle avait eue de le regarder, comme si elle attendait encore quelque chose de lui.

Elle voulait lui dire quelque chose.

Maintenant, il en était certain.

Mais il ne lui avait pas laissé la chance de parler.

Diego ferma les yeux un instant.

Une question lui traversa l’esprit.

Et si...

Non.

Il ne voulait même pas imaginer ce qu’elle avait pu ressentir.

Il rouvrit les yeux.

— Où est-elle ?

L’assistant resta silencieux quelques secondes avant de répondre :

— Nous ne savons pas encore.

Cette réponse suffit à faire changer l’expression de Diego.

Il attrapa immédiatement les clés posées sur son bureau.

— Retrouvez-la.

Son ton était froid, déterminé.

— Peu importe le prix.

— Oui, Monsieur.

---

Au même moment...

Dans le domaine de la famille Robio, Stephanelle découvrait sa nouvelle chambre.

Elle resta quelques secondes devant la porte, incapable de bouger.

La pièce était immense, mais contrairement aux pièces luxueuses du manoir De La Capa, elle ne lui donnait pas l’impression d’être étrangère.

Tout avait été préparé avec soin.

Les couleurs étaient douces. Les meubles élégants. Une immense baie vitrée donnait directement sur un jardin rempli de roses blanches.

Stephanelle s’approcha lentement de la fenêtre.

Pendant un instant, elle oublia presque tout ce qui s’était passé.

Puis son regard se posa sur un portrait accroché au mur.

Elle s’approcha.

Sur la peinture, une petite fille souriait joyeusement au milieu de dix garçons.

Elle reconnut immédiatement le pendentif autour du cou de l’enfant.

Le même que le sien.

Ses doigts effleurèrent doucement le cadre.

— C’est...

Sa voix se coupa.

Elle n’arrivait pas à terminer sa phrase.

Ben, qui se tenait derrière elle, s’approcha doucement.

Son regard se posa sur le portrait avec une profonde émotion.

— C’était le dernier portrait pris avant ta disparition.

Stephanelle resta silencieuse.

Elle regardait cette petite fille qu’elle avait été autrefois.

Une enfant entourée de personnes qui l’aimaient.

Une vie dont elle ne gardait aucun souvenir.

— Vous...

Elle avala difficilement.

— Vous ne m’avez jamais oubliée ?

Ben secoua lentement la tête.

Sa réponse fut immédiate.

— Pas une seule journée.

Ces quelques mots touchèrent Stephanelle en plein cœur.

Elle détourna légèrement le visage pour cacher ses larmes.

Pendant toutes ces années, elle avait pensé que personne ne l’avait cherchée.

Qu’elle n’avait jamais compté pour personne.

Mais elle s’était trompée.

Charles s’avança ensuite vers un ancien coffre en bois posé dans un coin de la pièce.

Il l’ouvrit délicatement.

À l’intérieur se trouvaient de nombreuses boîtes soigneusement emballées.

Des dizaines.

Stephanelle regarda le coffre avec étonnement.

— Qu’est-ce que c’est ?

Charles prit une petite boîte entre ses mains.

Son sourire était rempli de tristesse.

— Chaque année, pour ton anniversaire, nous achetions un cadeau.

Il baissa les yeux vers les paquets.

— Nous espérions toujours pouvoir te les offrir un jour.

Stephanelle sentit sa gorge se serrer.

Elle s’approcha lentement.

Une boîte.

Puis une autre.

Encore une autre.

Il y en avait tellement.

Vingt-cinq boîtes.

Vingt-cinq anniversaires passés à l’attendre.

Ses larmes coulèrent sans qu’elle puisse les retenir.

Pour la première fois de sa vie, elle comprit ce que cela faisait d’être attendue par quelqu’un.

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