LOGINL’enfant de mon bodyguard Après une nuit interdite avec son garde du corps, Amelia découvre qu’elle est enceinte. Mais Noah disparaît avant qu’elle puisse lui annoncer la nouvelle. Trois ans plus tard, il revient dans sa vie. Il ignore qu’Amelia élève son fils. Et lorsqu’il découvre la vérité, il est déterminé à récupérer l’enfant… et la femme qu’il n’a jamais cessé d’aimer.
View MoreChapitre 1
Amelia
Je déteste cette pièce.
Les murs sont trop hauts, les rideaux trop lourds, et l'odeur du cuir qui imprègne le bureau de mon père me donne la nausée. Tout ici respire le pouvoir, le contrôle, l'étouffement. Je me tiens près de la fenêtre, les bras croisés, fixant le jardin parfaitement entretenu comme si ma vie en dépendait. Peut-être parce que c'est le seul endroit où je peux encore faire semblant de respirer.
La porte s'ouvre derrière moi.
Je ne me retourne pas immédiatement. Je refuse de lui offrir cette satisfaction. Mon père parle déjà, sa voix grave et autoritaire, cette voix qui ne demande jamais, qui ordonne.
— Amelia, voici Noah. Il sera ton garde du corps à partir d'aujourd'hui.
Je pivote lentement, mes talons cliquetant sur le marbre. C'est un jeu, toujours un jeu. Paraître froide, détachée, même quand mon cœur s'affole et que mes paumes deviennent moites. Je relève le menton.
Il est grand. Trop grand. Ses épaules larges remplissent l'embrasure de la porte comme une menace silencieuse. Ses cheveux sombres sont coupés courts, sa mâchoire est serrée, et ses yeux... Ses yeux sont d'un gris acier qui me transperce sans effort. Il ne me regarde pas comme les autres. Il ne me regarde pas avec admiration, ni avec peur, ni avec ce désir maladroit que je vois chez tant d'hommes. Il me regarde comme un problème à résoudre.
— Je n'ai pas besoin d'un garde du corps, dis-je en m'adressant à mon père sans quitter Noah des yeux.
— Ce n'est pas une discussion, répond mon père d'un ton qui ne tolère aucune réplique. Plusieurs menaces ont été reçues. Tu seras protégée, que tu le veuilles ou non.
Je serre les poings le long de mon corps. L'humiliation me brûle la gorge. Je déteste qu'on décide à ma place, qu'on me traite comme une incapable, comme une enfant fragile. Mais je ravale ma colère. Pas ici. Pas devant lui.
Mon père pose une main sur l'épaule de Noah.
— Je te confie ma fille. Ne la quitte pas des yeux.
Puis il sort, me laissant seule avec cet homme qui n'a toujours pas prononcé un mot.
Le silence s'étire, lourd, insupportable. Je fais un pas vers lui, les bras toujours croisés, mes ongles s'enfonçant dans ma chair.
— Vous pouvez disposer, dis-je froidement. Je vous ferai appeler si j'ai besoin de vous.
Il ne bouge pas. Ses yeux ne cillent pas. Son visage reste impassible, comme si mes paroles n'avaient aucune importance, comme si je n'étais qu'un bruit de fond dans son univers.
— À partir de maintenant, dit-il enfin, vous ne restez plus jamais seule.
Sa voix est profonde, calme, implacable. Elle s'insinue en moi malgré moi, et je déteste l'effet qu'elle produit. Je déteste le frisson qui parcourt ma colonne vertébrale.
— Je suis votre patronne, dis-je en haussant le ton. Vous m'obéissez, pas l'inverse.
Un éclair de défi traverse son regard, si bref que je pourrais croire l'avoir imaginé. Il avance d'un pas, et l'air se raréfie autour de moi.
— Votre sécurité passe avant vos caprices.
Mon cœur cogne violemment contre mes côtes. Jamais personne ne m'a parlé ainsi. Jamais. L'humiliation monte, brûlante, dévastatrice. Mes joues s'empourprent malgré moi.
— Vous ignorez qui je suis, dis-je d'une voix tremblante de rage.
— Je sais exactement qui vous êtes, réplique-t-il sans détour. Une femme qui se croit intouchable parce qu'elle porte un nom. Mais ce nom ne vous protégera pas d'une balle.
Le coup est direct. Cruel. Mon souffle se bloque dans ma poitrine. Je voudrais hurler, le gifler, lui montrer qu'il a tort, mais aucune parole ne franchit mes lèvres. Mes yeux le fusillent, seuls témoins de ma fureur impuissante.
— Vous ne me connaissez pas, dis-je finalement, les dents serrées.
— Je n'ai pas besoin de vous connaître pour vous protéger.
Il détourne le regard, comme si la conversation était terminée, comme si je ne méritais même plus son attention. C'est pire que tout. Pire qu'une insulte.
— Vous allez regretter de m'avoir parlé ainsi, je murmure.
Il ne répond pas. Il se contente de se positionner près de la porte, les mains derrière le dos, le regard fixé sur un point invisible. Une statue de marbre. Un mur infranchissable.
Je passe devant lui sans le regarder, la rage vibrant dans chacun de mes muscles. Mais en atteignant le couloir, je sens son regard dans mon dos. Lourd. Brûlant. Différent.
Et je me jure, à cet instant précis, que je lui rendrai la vie impossible. Qu'il paiera pour chaque humiliation. Qu'il apprendra, à ses dépens, qui est vraiment Amelia Ashford.
Chapitre 6NoahJe ne supporte pas la façon dont il la regarde.Lucien Meyer. Vingt-huit ans, héritier d'une fortune bancaire, sourire trop blanc, manières trop polies. Il tourne autour d'Amelia depuis trois semaines comme un prédateur patient. Et elle le laisse faire. Pire, elle semble apprécier.Je me tiens près de la baie vitrée du jardin d'hiver, les bras croisés, le regard rivé sur eux. Elle rit à quelque chose qu'il vient de dire, rejetant ses cheveux en arrière d'un geste que je connais trop bien. Elle me cherche. Elle veut que je réagisse. Et je sens la jalousie ramper en moi comme un poison lent.Je serre les poings.Lucien se penche vers elle, lui murmure quelque chose à l'oreille. Ma vision se trouble. Mes doigts se crispent sur mon avant-bras. Je voudrais traverser la pièce, l'arracher à lui, l'emmener loin de cette mascarade. Mais je reste figé, prisonnier de mon devoir, dévoré par ce que je m'interdis de ressentir.Après son départ, Amelia s'approche de moi. Son sourire
Chapitre 5AmeliaJe savais que cette soirée finirait mal.Je le sentais dans l'air, dans les regards trop insistants, dans les sourires trop polis. Mon père organise une de ses réceptions interminables, et je déambule parmi les invités comme une figurine de porcelaine, un verre de champagne à la main, un sourire figé sur les lèvres.Noah se tient près de la terrasse, vêtu d'un costume sombre qui épouse ses épaules à la perfection. Il ne me lâche pas des yeux. Je le sens même quand je tourne le dos. Une présence brûlante, rassurante, agaçante.Tout bascule lorsque Julian Ashcombe s'approche. Un héritier arrogant, le genre d'homme qui ne supporte pas qu'une femme lui résiste. Je l'ai repoussé une fois, et il ne me l'a jamais pardonné.— Amelia, toujours aussi resplendissante, dit-il d'une voix assez forte pour attirer l'attention.— Julian, je réponds sèchement.Il sourit, mais ses yeux sont méchants. Il tient son verre avec nonchalance, son regard glissant sur ma robe comme s'il avait
Chapitre 4NoahJe n'aurais jamais dû regarder son téléphone.Mais quand l'écran s'est allumé sur la table basse, mon instinct a parlé avant ma raison. Un numéro masqué. Un message court, glaçant.« Profite de tes derniers jours. »Je relève les yeux vers Amelia, assise près de la cheminée, un livre entre les mains. Elle n'a rien vu. Elle tourne les pages avec une lenteur feinte, ses longues jambes repliées sous elle, enveloppée dans un pull en cachemire trop grand pour elle. Elle est si belle, si insouciante, que mon sang se glace dans mes veines.— Amelia.Elle ne lève pas les yeux.— Quoi encore ?— Il faut qu'on parle.— Je n'ai pas envie de parler.Je m'approche, le téléphone en main. Elle finit par relever la tête, agacée, ses yeux sombres plantés dans les miens.— Vous fouillez dans mes affaires maintenant ?— C'est arrivé il y a trois minutes.Je pose le téléphone devant elle. Elle jette un coup d'œil à l'écran, et je vois son visage se fermer. Une fraction de seconde. Puis el
Chapitre 3AmeliaJe veux qu'il parte.Je veux que Noah disparaisse de ma vie comme il y est entré, sans prévenir, sans me demander mon avis. Chaque jour passé à le côtoyer est une torture, un rappel constant de mon impuissance. Alors je fais ce que je sais faire de mieux : je le provoque, je l'attaque, je cherche la faille.— Vous êtes donc incapable de sourire, c'est une infirmité chez vous ?Il ne réagit pas. Il reste adossé au mur du salon, les bras croisés, le regard fixé sur la baie vitrée. J'aimerais qu'il crie, qu'il se justifie, qu'il me prouve qu'il n'est pas fait de pierre.— Vous ne répondez même pas, j'ajoute en m'approchant. C'est insupportable.— Votre sécurité n'exige pas que je sois agréable.Sa voix est neutre. Froide. Je serre les dents, humiliée par son indifférence. Les autres hommes me couvrent de compliments, ils cherchent mon regard, ils espèrent un signe. Lui ne me voit pas. Pas de cette façon. Et ça me rend folle.— Vous êtes arrogant, dis-je en plantant mes












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