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CHAPITRE 270 – Contact avec Lémek

Author: L'encre
last update publish date: 2026-08-17 15:55:18

— Lui non plus, peut-être. Il a suivi son frère, il a obéi, il a exécuté. Il n’a jamais eu de vie à lui, de volonté à lui. C’est triste, Julien. Profondément triste.

— Tu es trop bonne.

— Non. Je suis juste fatiguée de la guerre. Je veux la paix. Pour moi, pour toi, pour nous tous.

Elle plia la lettre, la rangea dans le tiroir de la table de nuit, avec les autres. Sa collection de preuves, de souvenirs, de cicatrices. Puis elle se blottit contre Julien, posa sa tête sur son épaule, et ferma les
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    La réponse de Lémek arriva trois jours plus tard, dans une enveloppe au cachet de la prison de Fresnes. Rebecca la trouva dans la boîte aux lettres en rentrant de l’association, un soir de novembre. Elle reconnut tout de suite l’écriture sur l’enveloppe – cette écriture tremblée, presque illisible, qu’elle avait vue pour la dernière fois quelques semaines plus tôt. Une écriture de mourant, mais qui semblait avoir retrouvé un peu de sa force, comme si la colère ou l’urgence lui avaient redonné une vigueur passagère.Elle monta l’escalier lentement, l’enveloppe à la main, et s’assit dans le salon avant de l’ouvrir. Julien n’était pas encore rentré – il donnait une conférence à la librairie du quartier. Elle était seule, dans le silence de l’appartement, avec cette lettre qui venait du passé.Elle décacheta l’enveloppe d’un geste sec, déplia la feuille, et lut."Rebecca,J’ai reçu ta lettre. Je l’ai lue dix fois, vingt fois, jusqu’à ce que les mots se brouillent devant mes yeux. Tu me de

  • Douceur Volée   CHAPITRE 270 – Contact avec Lémek

    — Lui non plus, peut-être. Il a suivi son frère, il a obéi, il a exécuté. Il n’a jamais eu de vie à lui, de volonté à lui. C’est triste, Julien. Profondément triste.— Tu es trop bonne.— Non. Je suis juste fatiguée de la guerre. Je veux la paix. Pour moi, pour toi, pour nous tous.Elle plia la lettre, la rangea dans le tiroir de la table de nuit, avec les autres. Sa collection de preuves, de souvenirs, de cicatrices. Puis elle se blottit contre Julien, posa sa tête sur son épaule, et ferma les yeux.— Tu crois qu’un jour, tout ça sera vraiment fini ? demanda-t-elle.— Je crois que c’est déjà fini. Il reste des traces, des souvenirs, des lettres. Mais la guerre est gagnée. La paix est là. Il suffit de l’accepter.— Alors je l’accepte.— Moi aussi.Ils restèrent ainsi un long moment, enlacés sur le canapé, à écouter le silence de l’appartement. Dehors, la nuit tombait doucement, et les étoiles s’allumaient une à une dans le ciel parisien. La paix était là, fragile mais réelle. Une paix

  • Douceur Volée   CHAPITRE 269 – Nouvelle lettre

    Rebecca l’avait trouvée en rentrant de l’association, glissée sous la porte de l’appartement. Une enveloppe blanche, sans timbre, sans adresse, juste son prénom écrit à la main. Elle avait tout de suite reconnu l’écriture. Pas celle de Lémek – cette écriture serrée, nerveuse, qu’elle connaissait trop bien et qui ne lui inspirait plus que de l’indifférence. Non, celle de Simon. Plus maladroite, plus appliquée, comme si chaque mot avait été tracé avec effort.Elle avait appelé Karine, qui avait inspecté l’enveloppe, vérifié qu’elle ne contenait rien de dangereux, puis la lui avait rendue.— Vous voulez que je reste ? avait demandé Karine.— Non. Je préfère être seule. Mais merci.Elle s’était assise dans le salon, avait ouvert l’enveloppe d’une main qui tremblait à peine, et avait lu."Rebecca,Je ne sais pas si tu liras cette lettre. Peut-être que tu la jetteras sans l’ouvrir. Peut-être que tu la donneras à la police. Mais il fallait que je l’écrive.Mon frère m’a parlé de toi. Avant,

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    — Rebecca, donc. Voilà comment je vois les choses. Simon Lémery ne représente probablement plus une menace directe, mais il est instable, et son frère est mourant. Les semaines à venir seront critiques. Je propose une protection rapprochée, mais discrète. Je vous accompagnerai dans vos déplacements, je resterai à proximité lors de vos apparitions publiques, et je vérifierai régulièrement la sécurité de votre domicile et de l’association.— Ça me semble parfait, dit Julien avant que Rebecca ait pu répondre.— Une chose encore, ajouta Karine. Je ne suis pas là pour vous empêcher de vivre. Je suis là pour que vous puissiez vivre sans crainte. Si vous voulez aller au cinéma, au restaurant, vous promener seule, vous le ferez. Je serai simplement dans les parages. Invisible, mais présente.Rebecca sourit. Cette femme lui plaisait. Elle avait une autorité naturelle, une compétence rassurante, mais aussi une humanité qui la mettait à l’aise.— Merci, dit-elle. Vraiment.— C’est mon métier. Et

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    Malgré les paroles rassurantes de Rebecca après sa visite à Simon, Julien n’était pas tranquille. Il avait passé la nuit à ruminer, allongé dans le noir, les yeux fixés au plafond. Quelque chose le tracassait, une intuition qu’il n’arrivait pas à formuler mais qui le tenaillait comme un vieux souvenir. Il connaissait les hommes comme Simon. Il en avait croisé dans sa vie d’avant, dans les couloirs des tribunaux, dans les salles d’attente des cabinets d’avocats. Des hommes brisés, isolés, qui n’avaient plus rien à perdre. Et c’étaient les plus dangereux.Au matin, il prit une décision.— Je vais engager un garde du corps, annonça-t-il à Rebecca alors qu’elle préparait le café.— Un garde du corps ? Mais pour quoi faire ?— Pour toi. Pour nous. Pour l’association. Simon a peut-être baissé la garde, mais rien ne dit qu’il ne va pas changer d’avis. Ou que quelqu’un d’autre, un ancien complice, une vieille connaissance, ne va pas resurgir. Je ne veux plus prendre de risques.— Julien, c’es

  • Douceur Volée   CHAPITRE 266 – Menace indirecte

    Simon baissa les yeux, ne répondit pas. Il s’assit sur le bord du matelas, les coudes sur les genoux, le regard fixé sur le sol.— Qu’est-ce que vous voulez ? répéta-t-il.— La vérité. Pourquoi ce message ? Pourquoi maintenant ?— Parce que mon frère va mourir. Voilà. Vous êtes contente ?— Je ne suis pas contente. Je ne suis pas venue pour me réjouir de la mort de votre frère. Je suis venue pour vous demander d’arrêter.— Arrêter quoi ?— Arrêter de me menacer, de me surveiller, de m’envoyer des messages. Arrêter de nourrir cette obsession qui n’est même pas la vôtre. Votre frère est en prison, il va mourir, et vous, vous êtes libre. Vous avez purgé votre peine. Vous pouvez refaire votre vie.— Refaire ma vie ? Avec quoi ? Avec qui ? Mon frère ne veut plus me voir. Il a demandé à ce que je ne vienne pas. Vous savez ce que ça fait, d’être rejeté par la seule personne qui a compté pour vous ?— Oui. Je sais. Moi aussi, j’ai été rejetée, trahie, abandonnée. Par votre frère, justement. M

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