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Chapitre 5

last update Veröffentlichungsdatum: 07.06.2026 20:43:53

Chapitre 5 — Le mariage

Point de vue de Mathis

Je suis resté immobile pendant plusieurs secondes après le départ d'Alya.

La pluie continuait de tomber autour de moi tandis que je regardais sa silhouette s'éloigner dans la nuit. Chaque pas qu'elle faisait me donnait l'impression qu'une partie de moi disparaissait avec elle.

J'avais envie de la retenir.

J'avais envie de courir après elle.

J'avais envie de lui dire que je l'aimais encore.

Mais cela n'aurait servi à rien.

Les choses étaient allées trop loin.

Alors je suis resté là, au milieu de la rue, sous cette pluie glaciale qui avait complètement détrempé mon costume.

Lorsque je baissai les yeux vers ma veste, je laissai échapper un soupir.

L'eau avait traversé le tissu. Ma chemise collait à ma peau et mon pantalon était dans un état pitoyable.

Si je retournais ainsi à la cérémonie, les invités allaient immédiatement comprendre qu'il s'était passé quelque chose.

Et c'était précisément ce que je voulais éviter.

Je me passai une main sur le visage avant de retourner vers l'hôtel.

Plus je m'approchais du Palace Royal, plus la tension revenait.

Les parents de Sophia étaient parmi les familles les plus influentes du pays. Leur fortune était immense et leur réputation encore plus impressionnante. Ils avaient organisé ce mariage comme un véritable événement mondain.

Des chefs d'entreprise.

Des politiciens.

Des célébrités.

Tout le monde était présent.

Si quelqu'un pensait que j'avais abandonné leur fille devant l'autel, les conséquences seraient catastrophiques.

Je n'avais donc pas le droit à l'erreur.

À peine entré dans l'hôtel, je repérai un invité qui possédait une carrure proche de la mienne.

Après quelques explications embarrassées et une généreuse compensation financière, l'homme accepta finalement de me prêter son costume de rechange qu'il conservait dans sa suite.

Une vingtaine de minutes plus tard, je sortis des toilettes de l'hôtel après m'être changé.

J'observai mon reflet dans le miroir.

Le nouveau costume était d'un bleu nuit élégant. La coupe était impeccable et, à ma grande surprise, il semblait avoir été taillé spécialement pour moi.

Je rajustai ma cravate.

Puis je pris une profonde inspiration.

Il était temps de retourner dans l'arène.

Lorsque les portes de la salle de réception s'ouvrirent devant moi, des centaines de regards se tournèrent immédiatement dans ma direction.

Je sentis aussitôt les murmures parcourir l'assemblée.

Sophia se trouvait toujours près de l'autel.

Et lorsqu'elle me vit revenir, un immense soulagement apparut sur son visage.

Je m'approchai rapidement.

— Je suis vraiment désolé.

Quelques invités échangèrent des regards curieux.

Je pris alors l'air le plus sérieux du monde.

— Je crois que le repas de midi n'était pas une très bonne idée.

Sophia fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Je me penchai légèrement vers elle avant de répondre à voix suffisamment haute pour que les premiers rangs entendent.

— Disons que j'ai été victime d'une urgence digestive particulièrement violente.

Pendant deux secondes, un silence de mort envahit la salle.

Puis Sophia éclata de rire.

Un rire franc.

Spontané.

Irrésistible.

— Tu m'as fait une peur terrible !

Très vite, plusieurs invités commencèrent eux aussi à rire.

Les visages tendus se détendirent.

Même le prêtre sembla amusé.

Je profitai de l'ambiance légère pour poursuivre mon mensonge.

— Crois-moi, j'aurais préféré être n'importe où ailleurs.

— Ne me donne surtout pas plus de détails, répondit Sophia entre deux éclats de rire.

L'atmosphère redevint aussitôt chaleureuse.

Les conversations reprirent.

Les invités semblaient soulagés.

Et moi aussi.

Parce que le pire venait probablement d'être évité.

Le prêtre nous invita alors à reprendre nos places.

Cette fois, je restai.

Et la cérémonie put enfin commencer.

Je regardai Sophia pendant qu'elle récitait ses vœux.

Sa voix tremblait légèrement sous l'effet de l'émotion.

Elle parla de notre rencontre.

De nos projets.

De la confiance qu'elle plaçait en notre avenir.

Plusieurs invités avaient déjà les larmes aux yeux lorsqu'elle termina.

Puis vint mon tour.

Je prononçai mes propres vœux avec le plus grand sérieux.

Je remerciai Sophia pour son soutien.

Pour sa patience.

Pour tout ce qu'elle avait apporté dans ma vie.

Lorsque j'eus terminé, un tonnerre d'applaudissements résonna dans la salle.

Le prêtre sourit.

Puis arriva le moment que tout le monde attendait.

— Je vous déclare désormais mari et femme.

Les applaudissements éclatèrent immédiatement.

— Vous pouvez embrasser la mariée.

Sophia s'approcha de moi avec un sourire rayonnant.

Je déposai alors un baiser sur ses lèvres sous les cris enthousiastes des invités.

Des dizaines d'appareils photo immortalisèrent l'instant.

Et quelques secondes plus tard, nous descendions ensemble l'allée centrale sous une pluie d'applaudissements.

Pour tous ceux qui nous regardaient, nous étions l'image parfaite du bonheur.

Le reste de la réception passa dans une ambiance festive.

Les félicitations se succédèrent.

Les photos également.

À plusieurs reprises, je fus entraîné dans des conversations avec des invités que je connaissais à peine.

Puis, en fin de soirée, les parents de Sophia vinrent nous rejoindre.

Sa mère me prit chaleureusement dans ses bras.

Son père, en revanche, me lança un regard beaucoup plus scrutateur.

Après quelques minutes, il posa une main sur mon épaule.

— Mathis, pourrais-tu m'accorder un instant ?

Je savais déjà où cette discussion allait nous mener.

Nous nous éloignâmes de quelques mètres.

L'homme me regarda attentivement.

— Que s'est-il réellement passé tout à l'heure ?

Je tentai un sourire.

— Je vous l'ai expliqué.

— Je préfère l'entendre une seconde fois.

Son ton était calme.

Mais son regard ne l'était pas.

Je pris une inspiration discrète.

— J'ai eu une urgence digestive particulièrement embarrassante. J'ai fait une diarrhée inexplicable. Si j'étais restée une minute de plus j'aurais sali mon pantalon devant les invités. 

Je marquai une courte pause avant d'ajouter :

— Pour être honnête, j'ai même sali mon pantalon avant d'atteindre les toilettes. 

Son expression changea immédiatement.

Une grimace de compassion remplaça sa méfiance.

— Ah.

— Oui.

— Je comprends mieux le changement de costume.

— Voilà.

Il resta silencieux quelques secondes.

Puis ses épaules se détendirent.

— Je vais être franc avec toi.

— Je vous écoute.

— Pendant un instant, j'ai cru que tu allais abandonner ma fille devant l'autel.

Je soutins son regard.

— Jamais.

— Parce que je n'aurais pas accepté une telle humiliation.

— Je le sais.

Il hocha lentement la tête.

Puis un sourire finit par apparaître sur son visage.

— Très bien. Je te crois.

À cet instant précis, Sophia surgit entre nous.

— Vous complotez sans moi ?

Son père éclata de rire.

— Pas du tout.

— Alors je récupère mon mari.

Elle passa immédiatement son bras autour du mien.

Et cette simple phrase déclencha une nouvelle série d'applaudissements parmi les invités qui nous observaient.

Quelques instants plus tard, Sophia lança son bouquet vers la foule.

Des dizaines de jeunes femmes poussèrent des cris enthousiastes en essayant de l'attraper.

La musique retentit.

Les applaudissements redoublèrent.

Et sous les regards heureux de nos proches, nous quittâmes finalement la réception.

Direction notre lune de miel.

Pour tout le monde, cette soirée était un conte de fées.

Et tandis que la voiture s'éloignait lentement du Palace Royal sous les applaudissements, je me surpris à regarder une dernière fois les lumières de l'hôtel disparaître derrière nous.

Comme si, quelque part dans cette ville, une partie de mon passé refusait encore de me laisser partir.

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