Teilen

EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS
EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS
LA PLUME D'ESPOIR

Chapitre 1

last update Veröffentlichungsdatum: 07.06.2026 20:42:53

LE POINT DE VUE DE ALYA 

Je n'aurais jamais imaginé qu'un simple mariage puisse faire ressurgir un passé que j'avais passé deux ans à essayer d'oublier.

Lorsque je suis arrivée au Palace Royal ce soir-là, je pensais assister à une réception ordinaire. Une soirée élégante, un peu ennuyeuse peut-être, mais sans surprise. Après tout, je n'étais même pas proche des mariés. L'invitation m'était parvenue par l'intermédiaire d'une cliente de l'agence événementielle où je travaillais, et ma présence relevait davantage de la politesse que d'une réelle envie de célébrer l'union de deux inconnus.

Dès mon entrée dans la salle, j'ai été frappée par le luxe des lieux. Les lustres de cristal suspendus au plafond diffusaient une lumière dorée qui enveloppait les invités d'une atmosphère chaleureuse. L'air était imprégné du parfum délicat des roses blanches qui ornaient chaque table. Un orchestre jouait une mélodie douce en fond sonore, tandis que les conversations et les éclats de rire se mêlaient dans une harmonie presque parfaite.

Tout semblait sorti d'un conte de fées.

Et pourtant, une étrange mélancolie m'accompagnait depuis le début de la soirée.

— Tu as encore cette tête-là.

Je tournai la tête vers Jade, ma meilleure amie et collègue, qui venait de me rejoindre avec deux coupes de champagne.

— Quelle tête ? demandai-je en prenant le verre qu'elle me tendait.

— Celle qui dit clairement : « Je préférerais être chez moi sous une couverture avec une série et un plat de pâtes. »

Un sourire finit par étirer mes lèvres.

— Tu me connais trop bien.

— Quelqu'un doit bien le faire puisque tu refuses de parler de ce qui te tracasse.

Je baissai les yeux vers les bulles qui remontaient lentement à la surface de mon verre.

Jade ne me posait plus de questions sur lui depuis longtemps. Elle savait que certains sujets demeuraient sensibles malgré les années qui passaient. Pourtant, même lorsqu'on évite une blessure, cela ne signifie pas qu'elle est guérie.

Certaines douleurs apprennent simplement à se faire discrètes.

— Je vais bien, répondis-je finalement.

— Bien sûr.

Son ton ironique me fit rire malgré moi.

— Profite de la soirée, Alya. Tu es jeune, magnifique et célibataire. Si tu continues à rester plantée dans un coin, je vais finir par croire que tu veux entrer dans un couvent.

— Merci pour cette image mentale.

— De rien.

Elle me donna une légère tape sur l'épaule avant de disparaître dans la foule.

Je secouai la tête en souriant.

Puis mon regard se perdit autour de moi.

Partout où je regardais, je voyais des couples. Certains échangeaient des regards complices. D'autres se tenaient par la main comme si le reste du monde n'existait plus. Une jeune femme posa sa tête contre l'épaule de son compagnon tandis qu'il l'embrassait tendrement sur les cheveux.

Une douleur familière se réveilla dans ma poitrine.

Pendant longtemps, j'avais cru que moi aussi, j'aurais droit à ce bonheur.

J'avais aimé de tout mon cœur.

J'avais fait des projets.

J'avais cru aux promesses.

Et puis un jour, sans prévenir, tout s'était écroulé.

Je chassai rapidement cette pensée.

Je refusais de replonger dans ces souvenirs.

Pas ce soir.

La voix du maître de cérémonie résonna soudain dans les haut-parleurs.

— Mesdames et messieurs, la cérémonie va bientôt commencer. Nous vous invitons à rejoindre vos places.

Peu à peu, les conversations diminuèrent. Les invités se dirigèrent vers les rangées de chaises installées face à l'autel décoré de fleurs blanches et de bougies.

Je me dirigeai vers le fond de la salle afin de m'asseoir discrètement.

C'est à ce moment-là que mon regard fut attiré par un immense panneau décoratif placé près de l'entrée principale.

Je ne sais pas pourquoi je l'ai regardé.

Peut-être par curiosité.

Peut-être par simple hasard.

Mais dès que mes yeux se posèrent sur les lettres dorées inscrites au centre, quelque chose se produisit en moi.

Mon souffle se bloqua.

Mes doigts se resserrèrent instinctivement autour de ma coupe.

Je relus plusieurs fois les mêmes mots, incapable de croire ce que je voyais.

Bienvenue au mariage de Sophia Beaumont et Mathis Laurent.

Le nom semblait brûler sous mes yeux.

Mathis Laurent.

Pendant une seconde, je crus avoir mal lu.

Puis je relus encore.

Et encore.

Les lettres ne changèrent pas.

Mon cœur se mit à battre avec une telle violence que j'entendis presque son écho dans mes oreilles.

Ce n'était pas possible.

Le monde autour de moi continua de bouger normalement, mais j'avais l'impression d'être figée au milieu d'un cauchemar.

Mathis Laurent.

Le seul homme que j'avais aimé.

L'homme qui avait disparu de ma vie sans la moindre explication.

L'homme qui m'avait laissé seule avec des questions auxquelles personne n'avait jamais répondu.

Mes jambes devinrent soudainement lourdes.

Je sentis une vague de chaleur traverser mon corps avant d'être remplacée par un froid glacial.

Il devait forcément s'agir d'un autre homme.

Oui.

C'était sûrement ça.

Après tout, des milliers de personnes pouvaient porter le même nom.

Je m'accrochai désespérément à cette idée.

Puis les portes situées derrière l'autel s'ouvrirent.

Un silence respectueux tomba sur la salle.

Tous les invités tournèrent la tête dans la même direction.

Moi aussi.

Et à cet instant précis, le peu d'espoir auquel je m'accrochais s'effondra.

L'homme qui venait d'apparaître portait un élégant costume noir parfaitement ajusté. Ses épaules étaient droites. Son regard balayait calmement l'assemblée tandis qu'il avançait vers l'autel.

Je le reconnus immédiatement.

Deux ans n'avaient rien changé.

Ni à son visage.

Ni à sa démarche.

Ni à la façon dont sa présence semblait attirer toute la lumière autour de lui.

Mathis.

C'était bien lui.

Mon cœur se serra si douloureusement que j'eus l'impression de manquer d'air.

Pendant un instant, je revis tout. Notre première rencontre , nos éclats de rire, nos promesses murmurées au milieu de la nuit.

Les projets que nous avions construits ensemble.

Puis son absence.

Son silence.

Sa disparition.

Toutes ces images défilèrent dans mon esprit avec une brutalité dévastatrice.

Comme si les deux dernières années n'avaient jamais existé.

Comme si la blessure n'avait jamais cessé de saigner.

Au même moment, Mathis leva les yeux vers les invités.

Son regard parcourut distraitement les premiers rangs avant de continuer son chemin.

Puis il s'arrêta.

Directement sur moi.

Je vis immédiatement son expression changer.

La sérénité qu'il affichait quelques secondes plus tôt disparut.

Son visage pâlit légèrement.

Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effet du choc.

Pendant plusieurs secondes, aucun de nous ne détourna le regard.

Autour de nous, la cérémonie semblait continuer.

Les invités souriaient.

L'orchestre jouait.

Le maître de cérémonie parlait.

Mais je n'entendais plus rien.

Je ne voyais plus rien.

Il n'y avait que cet homme.

Cet homme qui avait détruit mon cœur.

Puis ses lèvres remuèrent légèrement.

Même à cette distance, je compris parfaitement ce qu'il venait de murmurer.

Mon prénom.

Et dans ses yeux, je vis quelque chose que je n'avais jamais imaginé revoir un jour.

De la peur.

Une peur réelle.

Comme s'il redoutait plus que tout ma présence dans cette salle. À cet instant, j'ai compris une chose.

Mathis Laurent cachait un secret.

Un secret suffisamment important pour que le simple fait de me voir réapparaitre transforme le plus beau jour de sa vie en véritable cauchemar.

Lies dieses Buch weiterhin kostenlos
Code scannen, um die App herunterzuladen

Aktuellstes Kapitel

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 28

    Chapitre 28LE POINT DE VUE d'Alya Sans une parole, je m'approchai de lui, guidée par une faim dévorante, un besoin désespéré de sentir quelque chose de réel, de concret. Je montai sur lui, une jambe de chaque côté de ses cuisses, m'installant fermement sur ses genoux. Je l'enlaçai avec mes jambes, croisant mes chevilles derrière son dos pour le maintenir prisonnier de mon étreinte. Nous étions face à face, nez à nez, et son souffle court venait heurter mes lèvres.Je ne pouvais pas attendre. Je me jetai sur sa bouche, l'embrassant avec une frénésie sauvage, mordillant sa lèvre inférieure, plongeant ma langue dans sa bouche pour qu'il goûte mon désir, ma culpabilité, ma confusion. C'était un baiser sale, salé, imprégné de cette tension qui n'avait jamais vraiment disparu. Ses mains me saisirent la taille, me tirant plus fort contre lui, et je sentis la raideur de son sexe sous le denim de son pantalon, pressé contre mon entrejambe. Je frémis quand ses doigts effleurèrent la peau nue

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 27

    Chapitre 27 — Un endroit où revenirPoint de vue d'AlyaJe n'avais jamais imaginé qu'un simple trajet en voiture puisse me rendre aussi nerveuse.Assise à côté d'Ethan, je regarde les rues défiler derrière la vitre sans vraiment les voir. Les immeubles glissent. Les feux rouges s'allument et s'éteignent. Des silhouettes traversent sur les passages piétons, pressées, indifférentes.Depuis ma sortie de garde à vue, j'ai l'impression d'être étrangère à ma propre vie.Mon appartement ne me semble plus être un refuge. Les murs que j'avais choisis, le canapé où je m'endormais, la lumière du matin qui entrait par la fenêtre de la cuisine — tout cela semble lointain. Comme si quelqu'un avait déplacé les meubles sans me prévenir.Mon travail n'existe plus. Mon bureau est vide. Quelqu'un d'autre est assis à ma place, probablement.Ma réputation est en ruines. Des gens que je ne connais pas parlent de moi comme si j'étais une criminelle. Des anciens collègues que je saluais chaque matin détourne

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 26

    Chapitre 26 : La première fissurePoint de vue d'EthanIl était presque deux heures du matin lorsque je me retrouvai seul dans mon bureau.La plupart de mes collaborateurs étaient déjà rentrés chez eux. Lucas est parti vers vingt-trois heures — je l'ai entendu fermer la porte, échanger quelques mots avec le gardien dans le hall. Les autres, bien avant.Les couloirs du cabinet sont silencieux.Ce silence particulier des grandes surfaces vitrées la nuit — un vide acoustique, une absence de vie, comme si le bâtiment retenait son souffle.La ville brille derrière les immenses baies vitrées. Des milliers de points lumineux. Des fenêtres allumées çà et là. La ville ne dort jamais — mais ici, à cet étage, tout est immobile.Et moi, je suis toujours assis devant une montagne de dossiers.Le dossier d'Alya.Depuis plusieurs jours, je vis pratiquement avec cette affaire.Elle est posée sur mon bureau, ouverte, annotée, cornée — des post-it de toutes les couleurs dépassent des pages, des passage

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 25

    Chapitre 25— Le prix des erreursPoint de vue de MathisLe trajet entre la salle de réunion et le bureau de Victor Beaumont me parut beaucoup plus long qu'il ne l'était réellement.Cent mètres.Peut-être moins.Mais chaque pas résonnait dans le couloir silencieux — clac, clac, clac — amplifié par les murs de verre, par le vide, par le poids du regard de Victor dans mon dos.Personne ne parlait.Bien sûr que non.Dans l'open space que nous traversions, les employés baissaient la tête. Des doigts figés sur des claviers. Des yeux rivés sur des écrans. Des souffles retenus.Personne n'osait même croiser mon regard.Il y a quelques minutes à peine, je me sentais invincible.Le fauteuil en cuir. Le bureau en bois sombre. La ville à mes pieds. "Monsieur Beaumont" par-ci, "Monsieur Beaumont" par-là.À présent...J'ai l'étrange impression d'être redevenu le jeune homme ambitieux qui tentait désespérément de trouver sa place dans un monde qui n'était pas le sien.Celui qui regardait les devantu

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 24

    Chapitre 24 — Le goût du pouvoirPoint de vue de MathisJe n'avais presque pas dormi.Pas parce que j'étais nerveux.Au contraire.J'étais impatient.Depuis des années, j'avais imaginé ce moment sous différentes formes. Dans mon ancien studio — celui où les murs suintaient l'humidité et où le chauffage tombait en panne chaque hiver. Dans les bureaux exigus de mes premiers emplois — ceux où je restais après tout le monde, à grappiller des heures supplémentaires, à espérer qu'on me remarque.Le jour où je n'aurais plus à me battre pour chaque opportunité.Le jour où les portes s'ouvriraient avant même que j'aie besoin de les pousser.Le jour où mon nom aurait du poids.Ce matin-là, en observant le soleil se lever derrière les immenses fenêtres de notre chambre — cette lumière dorée qui glisse sur les draps de soie, qui fait briller les meubles en bois précieux — j'ai l'impression que ce jour est enfin arrivé.Je termine de nouer ma cravate lorsque Sofia apparaît derrière moi.Son reflet

  • EMBRASSE-MOI UNE DERNIÈRE FOIS    Chapitre 23

    Chapitre 23 — La vie dont j'avais rêvéPoint de vue de MathisSi quelqu'un m'avait dit, quelques années plus tôt, que je vivrais un jour dans une demeure pareille, je lui aurais probablement ri au nez.Pourtant...Ce matin-là, debout devant l'immense baie vitrée de notre suite privée, une tasse de café à la main, je contemple les jardins soigneusement entretenus de la propriété Beaumont.La vapeur monte encore de ma tasse — un café colombien, torréfié sur mesure, servi dans une porcelaine si fine qu'on la croirait transparente. Dehors, les rosiers s'étendent à perte de vue, alignés comme des soldats, leurs fleurs encore humides de rosée.Ma propriété, désormais.Enfin... en partie.Cette pensée me fait sourire.La lune de miel est terminée.Nous sommes rentrés depuis deux jours.Deux jours.Quarante-huit heures pendant lesquelles j'ai eu l'impression d'être propulsé dans une autre réalité.Les Beaumont ne vivent pas comme les gens ordinaires.Ils évoluent dans un monde à part.Un mond

Weitere Kapitel
Entdecke und lies gute Romane kostenlos
Kostenloser Zugriff auf zahlreiche Romane in der GoodNovel-App. Lade deine Lieblingsbücher herunter und lies jederzeit und überall.
Bücher in der App kostenlos lesen
CODE SCANNEN, UM IN DER APP ZU LESEN
DMCA.com Protection Status