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ENTRE LEURS BRAS
ENTRE LEURS BRAS
Author: Darkness

Chapitre 1 — Se"xe, café et confessions anonymes

Author: Darkness
last update Petsa ng paglalathala: 2025-09-13 21:34:03

Zoé

Je commence toujours mes lundis matins de la même façon :

1. Du café. Beaucoup de café.

2. Une playlist "Échecs sentimentaux et autres désastres".

3. Un article sur le blog que personne ne sait que j’écris.

Aujourd’hui, c’est un test de vibromasseur. Oui, un test. Objectif, technique… et honnête. Trop honnête, selon ma psy.

 "Ce modèle m’a surprise par sa discrétion et sa puissance, mais il est clairement à éviter pendant une visioconférence Zoom. La vibration peut passer dans les écouteurs. Je parle d’expérience. Ne jugez pas."

Je soupire. Je bois une gorgée de café. Et je relis pour la dixième fois l’article que je vais publier sous mon pseudo : LaBrumeRose. C’est drôle, ça parle de plaisir féminin avec un brin d’ironie. Mais derrière chaque blague, y a un bout de moi qui crie : est-ce qu’un jour quelqu’un m’aimera vraiment ? Même si je suis comme ça ?

Je suis Zoé. J’ai 29 ans, je suis illustratrice freelance, un peu cinglée, souvent sarcastique, et accessoirement incapable de choisir entre un orgasme bien calibré et une vraie histoire d’amour. Parce que je n’en ai jamais eu. Pas une vraie.

Et ce matin, je m’apprête à vivre une journée comme les autres. Sauf que… je vais tomber dans ses bras. Littéralement.

Tout a commencé à 10h47, chez Papier Crème, une petite papeterie de Montmartre qui vend des carnets hors de prix que je n’ose même pas ouvrir. J’y vais pour acheter des feutres. Des feutres, bordel, pas un fantasme vivant en jean noir et chemise déboutonnée.

Et pourtant.

Je ne vois pas l’obstacle. Je suis sur mon téléphone, je ris d’un meme idiot que m’a envoyé mon meilleur ami Raphaël (encore un truc sur les capricornes et la masturbation classique). Et je percute un torse. Un mur. Une montagne.

Je tombe , lui non.

Je suis par terre, jambes écartées, sac éventré, rouge à lèvres qui roule. Et lui… il se penche. Avec un sourire de travers. Les cheveux un peu ébouriffés. Un appareil photo en bandoulière.

— Vous allez bien ? me demande-t-il.

Sa voix est grave. Juste ce qu’il faut de grave pour activer des endroits pas censés réagir dans une papeterie.

Je bafouille. Je sens mes joues brûler.

— Je… je testais un style de chute nouveau. Très artistique.

Il rit. Bordel. Il a les fossettes du diable.

— Jolie chute, en tout cas. Je suis Jules.

Jules. Bien sûr. Il fallait qu’il s’appelle comme dans une comédie romantique. Manquait plus qu’il soit photographe pour Vogue et passionné par les orgasmes féminins.

Il est photographe. Je ne connais pas encore le reste, mais mon intuition me dit que je vais le découvrir. Par étapes .

Je ressors avec mes feutres, sa carte de visite dans ma poche arrière, et une envie irrationnelle d’inventer un projet juste pour le revoir. Mais je suis une adulte responsable. Je rentre bosser. J’ignore mes hormones. Je suis mature.

Sauf que non.

Le soir même, j’envoie un message à Raphaël.

 Zoé : J’ai rencontré un photographe.

Raphaël : Et ?

Zoé : Il m’a vue les jambes écartées par terre avec un rouge à lèvres entre les cuisses.

Raphaël : Donc il t’a vue dans ton élément.

Zoé : Va te faire voir.

Raphaël : Toujours pas. Tu veux que je t’aide à oublier son visage ? Tu sais, amicalement.

Zoé : Tu as buggé ou tu es encore en train de flirter avec moi là ?

Raphaël : Réfléchis.

Je ne réfléchis pas. Je ferme l’appli. Raphaël, c’est mon meilleur ami. Celui qui me connaît par cœur. Celui qui sait quand je vais pleurer rien qu’à ma façon de taper sur mon clavier. Celui que je n’ai jamais embrassé. Celui que j’ai parfois envie d’embrasser. Mais c’est plus simple de faire comme si je ne le voyais pas.

Je me couche tard. Je me masturbe en pensant à Jules. Sa voix. Ses yeux. Ce sourire carnivore. Je m’endors nue, avec ma main encore entre mes cuisses et une petite honte collée au creux du ventre.

Le lendemain matin, je reçois un mail.

 "Zoé, votre profil m’a interpellé. J’ai une série photo en tête sur le thème ‘Fragments féminins’. Et je pense que vous seriez parfaite pour illustrer ça avec votre style. Dispo pour un café ?"

Signé : Jules

Je ne sais pas si c’est

une proposition professionnelle ou une métaphore sexuelle.

Mais je dis oui.

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