LOGINPDV de LéaLe matin s'était levé lourd, étouffant, comme si même l'air refusait de bouger.Je m'étais levée tôt, sans appétit. Le café refroidissait sur la table quand mon téléphone vibra.Un message inconnu. Pas de mot, juste un lien.Je cliquai. Et tout mon monde s'arrêta.Une vidéo se lança. Floue, mais nette sur l'essentiel.Elios.Assis dans un bar faiblement éclairé, un verre à la main. À ses côtés, une femme. Brune. Élégante. Elle lui parlait à l'oreille, souriait, puis posa sa main sur la sienne. La scène dura à peine trente secondes, mais suffisait à semer un venin.Et la vidéo suivante, envoyée juste après, acheva de me couper le souffle.Elios dans le hall d'un hôtel. La même femme lui touchant le bras. Un cliché pris pile au moment où il la laissait entrer avant lui.Le message qui suivait me transperça :Tu devrais savoir à qui tu fais confiance.Je sentis le sol se dérober sous mes pieds. Le café se renversa sans que je m'en rende compte. Tout tournait autour de moi. Mon
PDV de LéaLa pluie s'est mise à tomber peu après que j'ai quitté sa maison. Fine. Froide. Silencieuse. Elle coulait sur mon visage sans que je sache si c'étaient les gouttes ou mes larmes.Je marchais sans direction, simplement pour fuir. Fuir son regard, ses mots, et surtout ce que je ressentais encore malgré tout. Chaque image de cette vidéo repassait dans ma tête. Son visage, la main de cette femme, le hall d'hôtel. J'aurais voulu ne pas y croire. Mais comment ignorer ce que mes yeux avaient vu ?Je m'abritai sous l'auvent d'un café fermé. Le vent faisait danser les enseignes lumineuses, comme des fantômes. Je sortis mon téléphone, hésitant à relire les messages, à revoir la vidéo.Mais non. Je ne pouvais pas me replonger dedans.Alors j'appelai Amina.— « Léa ? Il est tard, tout va bien ? »— « Non. »Ma voix se brisa.— « Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Quelque chose qui me détruit. »Quelques heures plus tard, j'étais chez elle.Amina m'écouta sans m'interrompre.
PDV de LéaLe matin se leva dans un silence étrange. Je n'avais presque pas dormi. Le stylo était toujours là, posé sur la table, comme un témoin muet de quelque chose que je ne comprenais pas encore.Ces initiales gravées, E.A., semblaient me fixer, m'interroger.Je sortis un manteau léger, nouai mes cheveux, et pris la route vers chez lui.Elios.Mon cœur battait fort, pas de peur, mais de cette tension qui naît quand on sent qu'un fil invisible commence à se déchirer.Quand il ouvrit la porte, je vis dans ses yeux la fatigue d'une nuit sans sommeil. Et pourtant, il sourit, doucement, comme toujours.— « Tu es venue tôt. » dit-il en m'invitant à entrer.— « Oui. Je devais te parler. »Je sortis le stylo de ma poche. Il le regarda, surpris, puis baissa les yeux.— « Ce n'est pas à moi. » dit-il.— « Alors à qui ? Raphaël ? »Il ne répondit pas tout de suite. Son silence en disait plus que n'importe quelle phrase. Je sentis la peur remonter, fine, acide.— « Elios, s'il se passe quelq
PDV d'EliosJe n'avais pas attendu le jour pour décider.Cette fois, je ne fuirais pas. Raphaël voulait me pousser à bout ? Il allait me trouver debout. Mathis et Théo avaient tenté de m'en dissuader, mais il y a des silences qu'on ne supporte plus. Et le mien, depuis qu'il avait franchi le seuil de chez moi, brûlait comme une plaie ouverte.Je pris la route tôt. Le ciel était bas, gris, presque métallique. J'avais noté l'adresse du cabinet où Raphaël travaillait encore, dissimulé derrière une façade d'avocat d'affaires. Un mensonge bien taillé, comme tout chez lui.En me garant devant l'immeuble, je sentis mon cœur cogner. Je n'étais pas là pour crier. Ni pour menacer. J'étais là pour voir dans ses yeux ce qu'il voulait vraiment.La réceptionniste tenta de m'arrêter, mais je passai sans répondre. Les portes vitrées se refermèrent derrière moi.Et là, il était là. Raphaël.Assis, calme, impeccable dans son costume noir. Comme s'il m'attendait.— « Tiens, Elios. » dit-il en se levant l
PDV d'EliosLa nuit s'était écoulée sans sommeil.J'avais tourné dans mon lit comme un prisonnier d'idées qui refusent de se taire. Les mots de Raphaël, son message, l'image de cette voiture noire. Tout revenait en boucle.Quand je me levai, l'aube n'avait pas encore percé. J'allai jusqu'à la cuisine, pris un verre d'eau, mais la sensation étrange persistait. Un froid qui n'avait rien à voir avec la météo.Je passai dans le salon.Et là, je m'arrêtai net.Mon tiroir, celui du bureau, était entrouvert. Je ne l'avais pas laissé comme ça. Je m'en approchai lentement, chaque pas résonnant dans le silence.À l'intérieur, tout semblait à sa place. Sauf une chose.Le stylo de mon père. Celui qu'il m'avait offert avant sa mort.Disparu.Mon cœur battait à mes tempes.Quelqu'un était entré ici. Et ce quelqu'un savait exactement quoi toucher.Je regardai autour de moi : rien de forcé, pas de désordre apparent. Mais sur la table, un papier. Une simple feuille blanche, avec trois mots tracés au s
PDV de MathisLe lendemain s'était levé sans éclat. Un matin terne, presque malade, comme si la ville elle-même portait une fatigue ancienne.Assis au fond du café, près de la vitre embuée, je regardais les passants défiler sans vraiment les voir. Le monde continuait de tourner, voitures, klaxons, pas pressés, mais en moi, quelque chose s'était figé.Théo était là, en face de moi. Silencieux. Trop silencieux.Le café du pont avait toujours été notre refuge. Un endroit banal, presque invisible, où les voix se perdaient dans le bruit des machines et des cuillères. C'était ici qu'on avait ri, qu'on avait refait le monde, qu'on avait juré, plus jeunes, que rien ne nous séparerait jamais. Aujourd'hui, pourtant, l'air semblait plus lourd. Comme chargé d'un non-dit.— « T'as remarqué ? » murmura Théo sans lever les yeux de son téléphone.— « Quoi ? » répondis-je, distrait.Il hésita un instant, puis releva la tête. Son regard cherchait quelque chose derrière moi, dans le reflet de la vitre.
Elios : Je n'avais pas prévu de sortir ce jour-là. Je n'en avais pas l'envie, ni même la force.Depuis la disparition de mes parents, Simon et Néomie, mon quotidien était devenu un enchaînement de silences lourds, de gestes automatiques, d'ombres qui passaient sans jamais me toucher vraiment. Le t
Le Murmure d'un Vent NouveauEliosLe soleil brille, mais je ne le vois plus. Il pourrait brûler le ciel, embraser l'horizon, mettre le monde entier en flammes… j'aurais froid pareil. Le froid est en moi maintenant. Il a élu domicile dans mes os, dans mon sang, dans cette chose qui battait autrefoi
Elios L'attenteLes heures passent, lourdes, collantes. Je vais à l'université pour tenter de penser à autre chose, pour me convaincre que je suis ridicule, que tout va bien, que mes parents reviendront dans trois jours avec du vin et des écharpes tissées à la main.Mathis me retrouve près de l'au
La Librairie des Âmes PerduesEliosJe n'avais pas prévu de sortir ce jour-là. Je n'en avais pas l'envie, ni même la force. Depuis que Simon et Noémie ont disparu, mon quotidien est devenu un enchaînement de silences lourds, de gestes automatiques, d'ombres qui traversent les pièces sans laisser de







