LOGINLe Murmure d'un Vent Nouveau
Elios
Le soleil brille, mais je ne le vois plus. Il pourrait brûler le ciel, embraser l'horizon, mettre le monde entier en flammes… j'aurais froid pareil. Le froid est en moi maintenant. Il a élu domicile dans mes os, dans mon sang, dans cette chose qui battait autrefois dans ma poitrine et qu'on appelait un cœur.
Les jours s'effacent les uns après les autres, comme des condamnés qui marchent vers l'échafaud. Je vis dans un brouillard épais, un marécage de fatigue, de peine et d'indifférence où chaque pas demande un effort surhumain. Je ne compte plus les jours. Ils passent comme les grains de sable entre les doigts d'un mort, sans signification, sans poids, sans réalité.
Je traîne. Je flotte. Je ne suis plus Elios, je suis l'absence d'Elios. Une enveloppe qui marche, qui respire par automatisme, qui ouvre les yeux chaque matin avec la même question : pourquoi ?
La maison est devenue un sanctuaire brisé. Un musée funèbre où chaque objet raconte une histoire que je n'ai pas la force d'entendre. Je parle à des gens qui ne sont plus là, je leur pose des questions, j'attends leurs réponses. Parfois, je tends l'oreille, comme si j'allais les entendre me répondre depuis l'autre côté du silence.
– Papa… tu me dirais quoi, là ? Je dois faire quoi avec tout ça ? Tout ce vide, toute cette douleur, toute cette vie qui n'a plus de sens sans vous.
– Maman… je fais semblant. Devant Mathis, devant Théo, devant moi-même. Mais je suis en train de couler. Je coule lentement, sans bruit, sans éclaboussures. Et personne ne me tend la main.
Mais les murs, eux, ne répondent que par des soupirs. Le vent qui siffle sous la porte, le bois qui craque, le silence qui pèse. Rien d'autre.
La lettre
Un matin, une enveloppe a glissé sous la porte.
Juste un petit bruit sec. Un flap discret contre le carrelage. Insignifiant. Anodin. Mais j'ai su. Avant même de la voir, avant même de me lever, j'ai su que cette enveloppe allait tout changer.
Je me suis levé lentement, comme un vieillard. Mes pieds nus sur le sol froid. Mes doigts qui ramassent l'enveloppe blanche.
Étude notariale Dambé et Associés
Les mots dansent devant mes yeux. Je l'ouvre du bout des doigts, comme si toucher cette lettre allait me brûler. Le papier tremble dans mes mains.
Monsieur Elios Simon,
Suite au décès tragique de vos parents, Monsieur Simon Delcourt et Madame Noémie Delcourt, nous vous prions de prendre rendez-vous dans les plus brefs délais pour finaliser la succession et procéder à l'inventaire des biens...
Je lâche la feuille. Elle tombe à mes pieds comme une pierre tombale. Une chute lente, inexorable, définitive.
Ranger leur vie. Classer leurs souvenirs dans des chemises cartonnées. Apposer une signature au bas de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils ont aimé, de ce qu'ils ont construit. Mettre des chiffres sur leur existence, des dates sur leur absence.
Non.
Je n'étais pas prêt. Je ne le serai jamais.
Mais je garde la lettre dans ma poche. Contre ma cuisse. Contre ma peau. Parce que fuir, c'est plus facile qu'affronter. Parce que tant que je ne réponds pas, ils ne sont pas tout à fait partis.
Ils reviennent
Le soir, on a frappé à la porte.
Encore.
Les coups résonnent dans le silence de la maison comme des appels au secours venus de l'extérieur. Je laisse passer quelques secondes. Puis quelques-unes encore. Et finalement, je me traîne jusqu'à la porte.
Mathis et Théo.
Mathis avec son sweat trop large et son éternelle odeur de chewing-gum à la menthe, ses yeux qui cherchent les miens, sa présence massive qui remplit l'encadrement de la porte.
Théo derrière lui, plus discret, plus silencieux, mais avec cette intensité dans le regard qui voit tout, qui comprend tout, qui ne juge jamais.
– Mon gars, on va pas te laisser moisir ici.
Mathis entre sans attendre d'y être invité, il me dépasse, il envahit l'espace comme il envahit toujours tout, avec cette énergie brute qui est la sienne.
– J'sais que t'es pas mort, hein ? Parce que si t'étais mort, tu sentirais pas aussi mauvais.
Il me lance un regard en coin, un sourire qui essaie d'être drôle mais qui cache autre chose. De l'inquiétude. De l'amour.
– Bouge un peu, sors, hurle, pleure, casse un mur si tu veux. Mais fais quelque chose, bordel. N'importe quoi. Mais reste pas là à te regarder crever.
Je le fixe. Sans répondre. Sans pouvoir répondre.
Puis Théo s'avance. Silencieux. Serein. Sa voix, toujours posée, toujours calme, toujours juste.
– On ne vient pas pour parler si tu ne veux pas. On vient pour être là. C'est tout.
Il pose sa main sur mon épaule. Juste une seconde. Juste assez pour que je sente sa chaleur à travers le tissu.
Je m'écarte. Je les laisse entrer.
Le dîner du silence
On s'installe dans la cuisine. Mathis fouille les placards sans demander la permission, il ouvre les portes, il farfouille, il râle.
– T'as rien d'autre que des pâtes et du thon ? Mec, on va crever ici. Sérieusement, c'est tout ce que t'as ?
Théo allume la lumière du plafond, celle que je n'allume plus parce que la pénombre me convient mieux. La cuisine apparaît soudain dans toute sa crasse, sa tristesse, son abandon.
– Il a ce qu'il faut, répond Théo en souriant. On improvise.
Ils cuisinent pendant que je les regarde. Je suis là, assis à ma place, celle où je m'asseyais quand Noémie préparait le dîner et que Simon lisait son journal. Je regarde mes amis s'affairer autour des plaques, ouvrir les boîtes, mélanger les pâtes, et quelque chose en moi se réchauffe imperceptiblement.
– T'sais, j'suis pas doué pour parler de trucs sérieux.
Mathis verse les pâtes dans l'eau bouillante sans faire attention aux éclaboussures.
– J'suis pas le mec qui va te sortir des citations de philosophes ou te parler du sens de la vie. Mais t'es mon frère, mec. Et j'suis pas prêt à te regarder t'éteindre. Alors si je dois venir tous les soirs pour te forcer à manger, je viendrai. Si je dois te traîner dehors par les cheveux, je le ferai.
Théo coupe le thon en morceaux, méthodiquement, précisément.
– Tu portes un poids immense, Elios. Un poids que personne ne devrait porter seul. Mais on est là. On le portera avec toi, même un peu. Même si c'est juste pour alléger ta charge d'une once.
Je ne réponds pas. Mais je hoche la tête.
On mange. Lentement. Les premières bouchées sont mécaniques, sans goût, sans envie. Mais je mange. C'est déjà ça.
Puis, sans prévenir, sans transition, Mathis lâche :
– Tu te souviens de la fois où t'as failli rater ton oral parce que t'avais confondu l'amphithéâtre avec la salle d'examen ?
Je sens le coin de mes lèvres qui bouge. Un infime mouvement. Presque rien.
– J'étais assis dans le mauvais amphithéâtre depuis vingt minutes, je prenais des notes sur un cours de médecine. Le prof m'a regardé et il m'a dit : "Monsieur, vous comptez soigner des malades ou gérer des entreprises ?"
Théo rit doucement.
– Et quand ta mère a débarqué à la fac avec un cake au citron ?
– Elle était fière, elle avait préparé ça toute la nuit.
Mathis prend le relais, son sourire s'élargit.
– Et tout le monde croyait que t'avais gagné un prix, un truc énorme. Les gens venaient te féliciter, te taper dans le dos, et toi tu disais juste "merci, c'est ma mère".
Je ris. Faiblement. Mais je ris.
– Elle voulait juste me faire plaisir. Elle disait que rien ne comptait plus que de célébrer les petites victoires. Que la vie était faite de ça. De petits bonheurs qu'il faut savoir reconnaître.
Un silence. Plus doux, celui-là. Moins lourd. Presque habitable.
Mathis repose sa fourchette.
– Et la fois où t'as envoyé chier le chef de département ?
– D'un simple doigt d'honneur, je les ai enculés.
On éclate de rire. Tous les trois. Un vrai rire, franc, libérateur. Un rire qui fait du bien, qui fissure la carapace, qui laisse entrer un peu d'air.
Le silence qui suit n'est plus le même. Il est plus léger. Plus humain. Presque doux.
Une nuit étrange
Ils partent tard.
Je ferme la porte derrière eux et je m'écroule sur le canapé, épuisé, vidé, mais étrangement moins seul. Leurs voix résonnent encore dans la pièce, leurs rires, leurs mots.
Et là, dans ce demi-sommeil qui suit, cette frontière floue entre la veille et le rêve, je l'entends.
Une voix.
Ni dure, ni douce. Équilibrée. Vibrante. Vivante. Une voix qui semble venir de l'intérieur de moi et pourtant d'ailleurs, de très loin, de très près.
– Tu n'es pas seul. Même si tu penses l'être. Regarde autour de toi. Écoute ton cœur.
Mes yeux s'ouvrent d'un coup.
Je me redresse, le souffle court, le cœur battant. La pièce est vide. Bien sûr qu'elle est vide. Personne n'a parlé. Personne n'est là.
Mais soudain…
Une odeur.
Un parfum chaud, boisé, presque intime. Quelque chose d'ancestral et de nouveau à la fois. Quelque chose d'animal, de sauvage, mais maîtrisé. Quelque chose d'humain, de terriblement humain.
Je me lève, les sens en alerte. Je regarde autour de moi, je renifle l'air comme un animal traqué. Mais je suis seul.
Seul.
Et pourtant pas tout à fait.
Le rêve
Cette nuit-là, j'ai rêvé.
Mais ce rêve n'était pas comme les autres. Pas flou. Pas déformé. Pas absurde. Clair. Précis. Incroyablement réel. Plus réel que la réalité elle-même.
Un homme se tenait devant moi.
Élégant. Charismatique. Une présence magnétique qui emplissait tout l'espace, qui aspirait toute la lumière. Le genre de regard qui perce l'âme sans dire un mot, qui traverse les défenses, qui voit ce que vous cachez au plus profond de vous-même.
Ses yeux brûlaient. De feu. De compassion. De quelque chose de bien plus fort que les mots, de bien plus grand que tout ce que j'avais connu.
Il s'est approché. Lentement. Sans bruit. Comme si ses pas ne touchaient pas le sol.
– Tu vas te relever, Elios. Tu crois que t'es seul, mais je suis là. Et je ne partirai pas.
Sa voix. Cette même voix que j'avais entendue dans mon demi-sommeil. Grave. Chaude. Infiniment rassurante.
Il m'a tendu la main.
Et dans son regard, il n'y avait ni pitié, ni peur, ni doute. Juste une vérité nue. Une certitude absolue. La certitude que tout irait bien, que tout finirait par s'apaiser, que la lumière existait encore quelque part.
Puis tout s'est dissous. Comme un nuage de fumée. Comme un souffle sur une flamme.
Je me suis réveillé, haletant, trempé de sueur, le corps tremblant de partout.
Le soleil se levait à peine. Une lumière orangée filtrait à travers les rideaux. La maison était silencieuse.
Mais pour la première fois depuis longtemps…
Pour la toute première fois depuis leur mort…
Je n'avais pas peur de ressentir.
Quelque chose, ou quelqu'un, venait d'entrer dans ma vie.
Je ne savais pas qui. Je ne savais pas comment. Je ne savais pas pourquoi.
Mais je savais une chose, avec une certitude qui dépassait tout ce que j'avais jamais connu :
Ce n'était que le début.
PDV de LéaLe matin s'était levé lourd, étouffant, comme si même l'air refusait de bouger.Je m'étais levée tôt, sans appétit. Le café refroidissait sur la table quand mon téléphone vibra.Un message inconnu. Pas de mot, juste un lien.Je cliquai. Et tout mon monde s'arrêta.Une vidéo se lança. Floue, mais nette sur l'essentiel.Elios.Assis dans un bar faiblement éclairé, un verre à la main. À ses côtés, une femme. Brune. Élégante. Elle lui parlait à l'oreille, souriait, puis posa sa main sur la sienne. La scène dura à peine trente secondes, mais suffisait à semer un venin.Et la vidéo suivante, envoyée juste après, acheva de me couper le souffle.Elios dans le hall d'un hôtel. La même femme lui touchant le bras. Un cliché pris pile au moment où il la laissait entrer avant lui.Le message qui suivait me transperça :Tu devrais savoir à qui tu fais confiance.Je sentis le sol se dérober sous mes pieds. Le café se renversa sans que je m'en rende compte. Tout tournait autour de moi. Mon
PDV de LéaLa pluie s'est mise à tomber peu après que j'ai quitté sa maison. Fine. Froide. Silencieuse. Elle coulait sur mon visage sans que je sache si c'étaient les gouttes ou mes larmes.Je marchais sans direction, simplement pour fuir. Fuir son regard, ses mots, et surtout ce que je ressentais encore malgré tout. Chaque image de cette vidéo repassait dans ma tête. Son visage, la main de cette femme, le hall d'hôtel. J'aurais voulu ne pas y croire. Mais comment ignorer ce que mes yeux avaient vu ?Je m'abritai sous l'auvent d'un café fermé. Le vent faisait danser les enseignes lumineuses, comme des fantômes. Je sortis mon téléphone, hésitant à relire les messages, à revoir la vidéo.Mais non. Je ne pouvais pas me replonger dedans.Alors j'appelai Amina.— « Léa ? Il est tard, tout va bien ? »— « Non. »Ma voix se brisa.— « Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Quelque chose qui me détruit. »Quelques heures plus tard, j'étais chez elle.Amina m'écouta sans m'interrompre.
PDV de LéaLe matin se leva dans un silence étrange. Je n'avais presque pas dormi. Le stylo était toujours là, posé sur la table, comme un témoin muet de quelque chose que je ne comprenais pas encore.Ces initiales gravées, E.A., semblaient me fixer, m'interroger.Je sortis un manteau léger, nouai mes cheveux, et pris la route vers chez lui.Elios.Mon cœur battait fort, pas de peur, mais de cette tension qui naît quand on sent qu'un fil invisible commence à se déchirer.Quand il ouvrit la porte, je vis dans ses yeux la fatigue d'une nuit sans sommeil. Et pourtant, il sourit, doucement, comme toujours.— « Tu es venue tôt. » dit-il en m'invitant à entrer.— « Oui. Je devais te parler. »Je sortis le stylo de ma poche. Il le regarda, surpris, puis baissa les yeux.— « Ce n'est pas à moi. » dit-il.— « Alors à qui ? Raphaël ? »Il ne répondit pas tout de suite. Son silence en disait plus que n'importe quelle phrase. Je sentis la peur remonter, fine, acide.— « Elios, s'il se passe quelq
PDV d'EliosJe n'avais pas attendu le jour pour décider.Cette fois, je ne fuirais pas. Raphaël voulait me pousser à bout ? Il allait me trouver debout. Mathis et Théo avaient tenté de m'en dissuader, mais il y a des silences qu'on ne supporte plus. Et le mien, depuis qu'il avait franchi le seuil de chez moi, brûlait comme une plaie ouverte.Je pris la route tôt. Le ciel était bas, gris, presque métallique. J'avais noté l'adresse du cabinet où Raphaël travaillait encore, dissimulé derrière une façade d'avocat d'affaires. Un mensonge bien taillé, comme tout chez lui.En me garant devant l'immeuble, je sentis mon cœur cogner. Je n'étais pas là pour crier. Ni pour menacer. J'étais là pour voir dans ses yeux ce qu'il voulait vraiment.La réceptionniste tenta de m'arrêter, mais je passai sans répondre. Les portes vitrées se refermèrent derrière moi.Et là, il était là. Raphaël.Assis, calme, impeccable dans son costume noir. Comme s'il m'attendait.— « Tiens, Elios. » dit-il en se levant l
PDV d'EliosLa nuit s'était écoulée sans sommeil.J'avais tourné dans mon lit comme un prisonnier d'idées qui refusent de se taire. Les mots de Raphaël, son message, l'image de cette voiture noire. Tout revenait en boucle.Quand je me levai, l'aube n'avait pas encore percé. J'allai jusqu'à la cuisine, pris un verre d'eau, mais la sensation étrange persistait. Un froid qui n'avait rien à voir avec la météo.Je passai dans le salon.Et là, je m'arrêtai net.Mon tiroir, celui du bureau, était entrouvert. Je ne l'avais pas laissé comme ça. Je m'en approchai lentement, chaque pas résonnant dans le silence.À l'intérieur, tout semblait à sa place. Sauf une chose.Le stylo de mon père. Celui qu'il m'avait offert avant sa mort.Disparu.Mon cœur battait à mes tempes.Quelqu'un était entré ici. Et ce quelqu'un savait exactement quoi toucher.Je regardai autour de moi : rien de forcé, pas de désordre apparent. Mais sur la table, un papier. Une simple feuille blanche, avec trois mots tracés au s
PDV de MathisLe lendemain s'était levé sans éclat. Un matin terne, presque malade, comme si la ville elle-même portait une fatigue ancienne.Assis au fond du café, près de la vitre embuée, je regardais les passants défiler sans vraiment les voir. Le monde continuait de tourner, voitures, klaxons, pas pressés, mais en moi, quelque chose s'était figé.Théo était là, en face de moi. Silencieux. Trop silencieux.Le café du pont avait toujours été notre refuge. Un endroit banal, presque invisible, où les voix se perdaient dans le bruit des machines et des cuillères. C'était ici qu'on avait ri, qu'on avait refait le monde, qu'on avait juré, plus jeunes, que rien ne nous séparerait jamais. Aujourd'hui, pourtant, l'air semblait plus lourd. Comme chargé d'un non-dit.— « T'as remarqué ? » murmura Théo sans lever les yeux de son téléphone.— « Quoi ? » répondis-je, distrait.Il hésita un instant, puis releva la tête. Son regard cherchait quelque chose derrière moi, dans le reflet de la vitre.
Elios : Je n'avais pas prévu de sortir ce jour-là. Je n'en avais pas l'envie, ni même la force.Depuis la disparition de mes parents, Simon et Néomie, mon quotidien était devenu un enchaînement de silences lourds, de gestes automatiques, d'ombres qui passaient sans jamais me toucher vraiment. Le t
Elios L'attenteLes heures passent, lourdes, collantes. Je vais à l'université pour tenter de penser à autre chose, pour me convaincre que je suis ridicule, que tout va bien, que mes parents reviendront dans trois jours avec du vin et des écharpes tissées à la main.Mathis me retrouve près de l'au
Théo ramasse un brin d'herbe et le tourne entre ses doigts. Il réfléchit toujours avant de parler, comme s'il pesait chaque mot.– Moi ? Je regarde les nuages. Je veux ma propre boîte. Voyager, investir, construire quelque chose qui compte. Et une maison avec une grande cuisine pour mes parents. Po
Le Dernier Matin du MondeEliosOn dit que les souvenirs les plus précieux s'impriment comme la lumière sur la peau : le rayon de soleil qui caresse la joue au réveil, l'odeur du café qui traverse la maison, le froissement d'un rideau qui danse avec le vent du matin.Ce matin-là, tout est parf







