Share

Chapitre 9

last update publish date: 2026-03-06 23:00:59

Elios :

Entre deux mondes .

Je ne sais pas si c'est normal de penser à quelqu'un qu'on connaît à peine, à en perdre le sommeil.

Je ne sais pas si c'est sain, ni même raisonnable. Mais ce que je sais avec une certitude absolue, c'est que depuis ce jour-là, depuis cette rencontre imprévue à la librairie, puis cette longue marche dans le parc, Léa hante mes pensées comme un refrain que je ne peux plus faire taire. Que je ne veux plus faire taire.

Ce n'est pas un coup de cœur éphémère qu'on oubli
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 38

    PDV de MathisJe raccrochai. Mais le silence d'Elios, lui, restait. Comme une cloche sourde dans ma poitrine. Liana. Le parc. Le silence. Rien. Et maintenant, elle. Sauvée. Vivante. Résistante.Je me calai contre le mur du couloir, inspirai profondément, puis composai son numéro.Cette fois, ce n'était pas juste un appel.C'était une délivrance.— « Elios. »Il décrocha comme si sa vie tenait à ce mot.— « Mathis, dis-moi. »— « Elle est là. Elle est vivante. Elle va bien. »Un souffle. Presque un sanglot retenu. Puis :— « Passe-la-moi. J'en ai besoin. Juste une minute. »Je passai la porte du salon.Liana était là, silhouette droite dans le halo doux de la lampe. Les dossiers s'entassaient autour d'elle comme les témoins silencieux d'une guerre qui durait depuis trop longtemps.Je lui tendis le téléphone.Elle le prit sans un mot. Juste un battement de cils.— « Allô ? »— « Tante Liana. »— « Mon garçon. »Sa voix. Douce, vibrante. Pleine de choses qu'on ne dit pas mais qu'on resse

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 37

    PDV de MathisJe raccrochai. Une vague sourde me traversa, froide et brûlante à la fois. Le genre de pressentiment qui serre la poitrine avant même que le danger soit confirmé. Liana. Le parc. Ce silence étrange. Ce souffle dans le combiné. Et puis plus rien.Sans réfléchir, je sortis mon téléphone et appelai Théo.— « Ouais frérot ? »— « Théo. C'est l'heure. Mission confirmée. Liana est en danger. »— « Tu parles du parc ? »— « Ouais. Palais de Justice. J'y vais maintenant. Si elle n'y est plus, on enchaîne direct chez elle. »Un silence bref. Puis sa voix, ferme :— « Compris. Je prends l'arrière. Sois prudent, Don. »— « T'as ton oreillette ? »— « Branchée. Et toi ? »— « Micro, caméra, carte sécurisée. »Je raccrochai. Ma moto était déjà prête devant l'immeuble. Je l'enfourchai comme on s'apprête à entrer en guerre. Chaque battement de cœur devenait une seconde de trop.Quelques rues plus loin, le parc apparut. Silencieux. Anormalement calme pour cette heure.Je ralentis. Obser

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 36

    Liana, seule après l'appelL'écran s'était éteint. Mais son visage, à lui, restait imprimé dans ma mémoire.Adam. Ses yeux trop doux, trop lucides.Il avait vu. Il savait. Même sans que je dise tout.Je posai le téléphone sur la table. Lentement. Comme si un faux mouvement allait tout faire basculer.Mes mains étaient encore moites. Mon souffle irrégulier. Mais j'avais tenu. Pour les enfants. Pour lui.Je me levai, traversai le salon dans un silence épais. Les murs semblaient écouter.Je tirai légèrement les rideaux. La rue était vide. Trop vide pour cette heure.Et pourtant, j'avais cette sensation persistante d'être observée. Suivie. Ce picotement dans la nuque qu'on ne s'invente pas.Je refermai les volets d'un geste sec. Le cliquetis du loquet résonna plus fort que je ne l'aurais voulu dans l'appartement silencieux.Je voulais reprendre pied.Alors j'allai dans la cuisine. Je rinçai une tasse. Je mis de l'eau à chauffer. Des gestes simples, mécaniques, ancrés dans la chair du quot

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 35

    PDV de LianaIls croient que je vais fuir.J'ai revu son regard. Pas un mot de trop. Pas un geste brusque. Juste cette manière de te regarder comme s'il t'avait déjà rayée du monde. Poli. Courtois. Et pourtant, chargé d'une violence froide, sèche, maîtrisée. Le genre de violence qui n'a pas besoin d'arme. Sa simple présence suffisait à glacer l'air.Je me suis levée mécaniquement. Préparé un café. Noir. Sans sucre. Je l'ai bu froid, sans y penser. La tasse tremblait à peine entre mes doigts. Même mon corps avait cessé de réagir. Ce n'était plus le moment de trembler.Et puis j'ai ouvert le carnet. Une seule page. Une phrase. Mon nom.Entouré au stylo noir, rageur. Et juste en dessous, un mot en lettres capitales, enfoncé comme une sentence :CIBLE.Je n'ai pas pleuré. Je ne pleure plus depuis longtemps. Les larmes ne changent rien quand on devient une menace pour les menteurs. Un dérèglement pour les puissants. Un souvenir gênant qu'on voudrait effacer.Je suis allée dans la chambre.

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 34

    PDV d'EliosVictor était descendu dans la remise avec Rami. Une affaire entre anciens, probablement pour discuter de ce qu'on allait faire du soldat blessé. Léa, elle, préparait du thé dans la cuisine. Elle ne parlait pas. Elle ne pleurait pas non plus. Elle bougeait avec cette grâce silencieuse qu'elle avait quand quelque chose la rongeait de l'intérieur. Chaque geste, du frémissement de l'eau au contact du feu jusqu'au froissement du sachet, semblait pesé, contrôlé, comme si infuser ce thé était tout ce qu'il lui restait pour ne pas craquer.Je la regardai quelques secondes, touché par cette force fragile qu'elle portait sans en avoir conscience. Elle mordait sa lèvre sans s'en rendre compte. Ses doigts tremblaient à peine.Mon cœur se serra.Je pris mon téléphone, m'éloignai de la cuisine pour m'isoler près de la fenêtre. La lumière du jour filtrait à peine à travers les rideaux lourds. L'angoisse n'était plus une sensation : c'était une présence, un souffle froid dans mon dos.Je

  • ENTRE SES BRAS ET L'ENFER    Chapitre 33

    PDV d'EliosLe vent s'était levé.Depuis la grande fenêtre du salon, je regardais les feuilles mortes se soulever et tournoyer dans le jardin comme des âmes en errance. Le ciel était chargé de nuages bas, lourds, menaçants. Une tempête se préparait, à l'extérieur comme à l'intérieur de moi.Léa dormait à l'étage. Enfin, c'est ce que je voulais croire. La veille, elle avait tenté un sourire, fragile, furtif, comme une fleur qui s'ouvre dans le froid. Mais ses yeux parlaient un autre langage. Celui de la peur. Une peur muette, glacée, qu'on n'ose pas formuler à voix haute parce qu'on sait qu'elle pourrait alors devenir réelle.Je fixais le téléphone sur la table. Il restait désespérément silencieux.Mathis ne répondait plus.Et Théo s'était contenté d'un message laconique :« Il y a du mouvement. On se fait suivre. Prudence maximale. »Chaque mot avait résonné comme une alarme dans ma tête.Un silence étrange régnait dans la maison. Un silence presque trop parfait. Comme avant un tir de

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status