LOGINAveux et Départs°•~━━✥❖✥━━~•°Dans le véhicule, l'atmosphère était d'un calme particulier, ce calme qui s'installe naturellement entre des gens qui n'ont pas besoin de remplir le silence pour exister ensemble. Personne ne parlait, et ce ne serait certainement pas Éléonore qui viendrait briser ça en premier.Elle se sentait étrangement paisible. Après avoir confronté Ah-neul ce matin, quelque chose s'était déposé en elle comme la poussière après qu'on a secoué un vieux tapis. Pas résolu, pas oublié, mais posé. À chaque fois que son visage lui revenait en tête, c'était une légère irritation, comme une pierre dans la chaussure. Elle avait du toupet, il fallait le lui accorder. Venir lui tenir ce genre de discours avec ce sourire-là.Mais bon. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir d'aimer Julien. Elle-même avait succombé à ce charme-là, et elle avait pourtant résisté à beaucoup de choses dans sa vie.Elle soupira en regardant défiler l
Confrontations et Tendresse °•~━━✥❖✥━━~•° « Madame Dubois, » dit la gynécologue en la regardant avec cette expression qui n'admettait aucune discussion, « il serait vraiment préférable pour vous d'éviter tout stress inutile. Ce n'est pas bon pour le bébé, et je ne voudrais pas avoir à vous le répéter une nouvelle fois. » « Je ferai comme vous me le demandez, Docteur. » Elle l'avait dit timidement, la tête légèrement baissée, les doigts jouant avec les pans de son vêtement. La jeune femme en blouse blanche la regarda une seconde de plus – ce regard médical qui prend la mesure d'une patiente au-delà de ce qu'elle dit – puis elle acquiesça et sortit. Éléonore souffla lentement. Le médecin était passé tôt ce matin pour un dernier bilan, vérifiant qu'elle était apte à rentrer chez elle, lui rappelant une dernière fois les consignes avec cette fermeté bienveillante qui était sa signature. Elle avait
Réveil, Visites et Silences°•~━━✥❖✥━━~•°« La patiente s'est réveillée. »Ces quatre mots firent lever trois têtes simultanément dans la salle d'attente. Le médecin se tenait devant eux, professionnelle et calme comme toujours.« Mais je préfère que vous la voyiez un à la fois. Elle a besoin de se reposer, pas de s'épuiser. » Elle les regarda. « Qui veut entrer en premier ? »Catherine regarda Théo, qui haussa les épaules avec cette façon qu'il avait de laisser la décision aux autres quand elle ne lui appartenait pas vraiment. Elle regarda Julien, qui hocha brièvement la tête.Elle se leva.« C'est moi. »Le médecin acquiesça. « Ne la faites pas trop parler. »---La chambre était silencieuse. La lumière tamisée, le moniteur cardiaque qui bippait doucement dans le fond.Éléonore regardait le plafond quand elle entra. Elle tourna la tête lorsque Catherine s'approcha du lit, et celle-ci prit place sur le bord avec cette prudence de quelqu'un qui a appris à ne pas s'imposer.La voir ain
Chutes et Fractures°•~━━✥❖✥━━~•°Catherine était assise sur le banc en plastique dur de la salle d'attente des urgences, le dos légèrement voûté, les coudes sur les genoux. Elle se rongeait les ongles sans même s'en rendre compte, ce geste nerveux d'enfance qu'elle avait cru avoir perdu depuis longtemps.Lorsqu'Éléonore avait perdu connaissance dans ses bras sur ce parking, elle avait vraiment paniqué. Pas de façon spectaculaire – pas de cris, pas d'hystérie. Plutôt ce genre de panique froide et silencieuse qui paralyse avant de laisser le corps agir seul. L'un des journalistes, heureusement, avait eu le réflexe de l'aider, de tenir les autres à distance pendant qu'on appelait les secours, d'accompagner sa fille inconsciente jusqu'aux urgences. Sans ça, elle ne savait pas ce qu'elle aurait fait. Elle ne voulait pas y penser.Maintenant elle attendait.Les secondes et les minutes se fondaient les unes dans les autres dans l'odeur familière de désinfectant et de café réchauffé. Elle n'
Fractures et Tempêtes°•~━━✥❖✥━━~•°Des mois s'étaient enchaînés successivement, chacun apportant ses propres transformations silencieuses. Éléonore était entrée dans son deuxième trimestre de grossesse, et son petit ventre, longtemps à peine perceptible, avait enfin pris une forme tangible, réelle, qui réjouissait tout le monde – elle la première, même si elle ne l'admettrait pas facilement à voix haute.Les choses entre Antoine et Thomas s'étaient améliorées pour le mieux, ce qui avait soulagé une tension palpable dans l'appartement de Julien. Thomas s'était trouvé incapable de maintenir cette distance qu'il s'était lui-même imposée, son cœur refusant obstinément de coopérer avec sa raison. Il avait fait ce qu'il fallait en cessant d'ignorer les messages, en répondant d'abord brièvement, puis de plus en plus, jusqu'à ce que la brèche se referme suffisamment pour les laisser avancer.Catherine était heureuse de s'être rapprochée un peu de sa fill
Thomas suivit le doigt. Ses yeux tombèrent exactement sur Éléonore au moment précis où cette dernière retirait ses lunettes, révélant pleinement son visage. Le cerveau de Thomas fit une pause complète. Ce n'était pas possible. Vraiment pas possible. Il cligna des yeux, une fois, deux fois. Regarda Maxime avec des yeux écarquillés comme si son ami venait de lui révéler l'existence de la vie extraterrestre. Regarda à nouveau l'invitée. Éléonore Dubois. Éléonore Dubois. Assise dans leur canapé défraîchi, en chaussettes d'intérieur. « Je... hum. » Les mots lui avaient littéralement échappé des lèvres avant qu'il ne puisse les retenir, tellement la surprise le dépassait. « Est-ce vraiment ce que je crois voir, grand frère ? » Maxime acquiesça simplement avec ce sourire tranquille de quelqu'un qui connaissait la réponse depuis longtemps. Éléonore, de son côté, ne comprenait visiblement







