LOGINLe jour où j'ai cessé de l'attendre Pendant sept ans, Éléna Vauclair a attendu que son mari, Darian Valmont, l'aime autant qu'il aimait son premier amour. Le jour où elle découvre qu'il a annulé leur anniversaire pour courir au chevet de cette autre femme, Éléna comprend enfin qu'elle ne sera jamais son choix. Alors elle disparaît. Trois ans plus tard, elle revient, transformée, riche et fiancée à un autre homme. Mais Darian n'a jamais signé leur divorce. Et maintenant qu'il l'a retrouvée, il refuse de la laisser partir une seconde fois.
View MoreChapitre 1
Éléna
Je referme la porte de la chambre derrière moi et traverse le couloir sans bruit. La maison est silencieuse, baignée d’une lumière douce qui entre par les grandes fenêtres. Ce matin, tout semble différent. Plus léger. Plus vivant. Aujourd’hui, c’est notre septième anniversaire de mariage, et pour la première fois depuis longtemps, je veux croire que quelque chose peut enfin changer.
Je m’assieds dans le salon, mon téléphone à la main, et compose le numéro du restaurant. Le Récamier. Un endroit intime, élégant, perché au dernier étage d’un immeuble ancien avec vue sur les toits de Paris. J’y suis allée une fois, seule, il y a des années. Ce soir, je veux y emmener Darian.
— Le Récamier, bonjour.
— Bonjour, je souhaite réserver une table pour deux personnes ce soir, dix-neuf heures trente.
— Bien sûr, madame. À quel nom ?
— Vauclair. Éléna Vauclair.
Je marque une pause, le cœur battant. Puis j’ajoute, plus bas :
— C’est pour un anniversaire de mariage.
— Très bien, madame. Nous ferons le nécessaire pour que ce moment soit mémorable.
Je sourcie, les lèvres détendues. Un sourire fragile, chargé d’espoir. Sept ans. Sept années passées dans l’ombre de l’amour qu’il porte encore à Camille, son premier amour, son éternelle blessure. Sept années à sourire quand il rentre tard, à cacher mes larmes quand il oublie nos rendez-vous, à faire semblant de ne pas souffrir quand il prononce le nom d’une autre femme.
Mais ce soir, je veux y croire. Ce soir, je veux raviver ce qui meurt entre nous. Peut-être qu’il verra enfin la femme qui se tient à ses côtés depuis tant d’années. Peut-être qu’il comprendra que je suis encore là, que je l’aime encore, malgré tout.
Je me lève, traverse le salon jusqu’au grand miroir. Mon reflet me fixe. Une femme élégante, aux traits fins, aux yeux clairs trop fatigués. Ma robe n’est pas encore choisie, mais je sais déjà laquelle je mettrai. La bleue, celle qu’il ne regarde jamais. Je relèverai mes cheveux châtains en un chignon bas, laisserai quelques mèches encadrer mon visage. Je mettrai ce rouge à lèvres discret, ce parfum qu’il aime sans le savoir.
Je prépare tout avec amour. Trop d’amour, peut-être.
Je monte dans la chambre, ouvre le dressing. La robe bleue est là, suspendue, délicate. Je passe mes doigts sur le tissu fluide. Ce soir, elle ne sera pas invisible. Ce soir, je serai belle pour lui. Pour nous.
Je sors mes bijoux, choisis de fines boucles d’oreilles en or, un bracelet délicat. Rien de trop. L’élégance dans la retenue. Je m’assieds à la coiffeuse, brosse mes cheveux lentement, les attache avec soin. Mes gestes sont précis, presque solennels. Comme si cette soirée allait tout réparer.
Mon téléphone vibre. Je sursaute, le cœur bondit. Un message. Pas de Darian. Juste une confirmation de réservation. Je respire, pose l’appareil.
Il n’a pas appelé. Il n’a pas écrit. Mais il va venir. Il m’a dit ce matin qu’il serait là. Il a hoché la tête, distrait, sans lever les yeux de son journal. Mais il a dit oui. Cette fois, il viendra.
Je termine de me préparer, enfile la robe bleue. Le tissu glisse sur ma peau, épouse ma taille, tombe en plis souples autour de mes jambes. Je me regarde dans le miroir, le souffle court. Je suis belle. Vraiment. Et pourtant, cette beauté, il ne la voit plus.
Je descends l’escalier, prends mon sac, mon manteau. Dans le hall, je m’arrête devant le portrait de notre mariage. Nous étions jeunes, souriants. Du moins, moi je souriais. Lui regardait ailleurs, déjà.
Je détourne les yeux.
Dehors, le ciel se teinte d’orangé. La ville s’allume peu à peu. Paris scintille comme si la nuit entière m’encourageait à croire en cette soirée.
Je monte dans la voiture, dépose mon sac sur le siège passager, inspire longuement. Mes mains tremblent légèrement sur le volant. Ce n’est pas de la peur. C’est de l’espoir. Un espoir fragile, têtu, que je n’ai jamais réussi à tuer.
Je roule doucement vers le restaurant. Les rues défilent, les vitrines brillent, les passants se pressent. Je me répète qu’il viendra. Qu’il sera là, comme promis. Que cette fois, il choisira nous.
Mais quelque part, tout au fond de moi, une petite voix murmure ce que je refuse d’entendre.
Qu’il ne viendra pas. Qu’il court déjà vers elle. Qu’il n’en a jamais aimé qu’une seule.
Je serre le volant plus fort.
Non. Pas ce soir.
Ce soir, j’ai décidé d’y croire.
La voiture s’arrête devant le restaurant. Les lumières de l’entrée dansent sur le trottoir. Je coupe le moteur, reste un instant immobile, le regard perdu vers la porte vitrée. Des couples entrent, main dans la main, sourires échangés. Je baisse les yeux sur ma bague. Le diamant brille, froid.
Je descends de voiture, lisse ma robe, redresse les épaules.
Et j’entre.
Je ne sais pas encore que cette soirée détruira mes dernières illusions.
Chapitre 51DarianJe l'attends. Dans un café. Calme. Élégant. Lumineux. Je suis assis près de la fenêtre. Un café noir devant moi. Je le regarde. Je ne le bois pas. Je ne peux pas. Mon estomac est noué.La porte s'ouvre. Il entre. Adrian. Grand. Brun. Sûr de lui. Élégant. Il me voit. Il s'approche. Sans hâte. Sans crainte. Il s'assied face à moi. Il commande un thé. Puis il me regarde. Sans mot. Sans sourire. Sans hostilité apparente.— Darian.— Adrian.Un silence. Long. Poli. Faux.— Tu voulais me voir. Je suis là.— Oui. Je voulais te parler. D'homme à homme.— Je t'écoute.Je respire. Je me penche. Je pose mes mains sur la table. À plat. Pour les calmer. Pour me calmer.— J'aime Éléna.Il ne réagit pas. Il ne sourit pa
Chapitre 50DarianJe l'apprends par hasard. Une conversation. Un associé. Un nom. Adrian Delacroix. Et une phrase. Une seule. Qui me glace le sang.— Il paraît qu'Adrian veut avancer le mariage. Il a déjà contacté un organisateur. La date serait fixée pour le printemps.Je reste immobile. Mon verre à la main. Mon visage figé. Mon cœur qui s'arrête. Puis qui repart. Trop vite. Trop fort.— Avancer le mariage ?— Oui. Il paraît qu'il ne veut plus attendre. Il veut officialiser. Il veut qu'elle porte son nom. Il veut…— Assez.L'associé me regarde. Surpris. Inquiet.— Darian ? Ça va ?— Oui. Non. Laisse-moi.Je pose mon verre. Je sors. Sans un mot. Sans un regard. Je marche. Dans la rue. La nuit est froide. La ville est silencieuse. Je marche. Sans but. Sans direction. Les mots tou
Chapitre 49ÉlénaJe le sens. Cette chaleur. Cette tendresse. Cet amour. Il monte. Lentement. Doucement. Il s'infiltre. Dans mes veines. Dans mon cœur. Dans mes pensées. Je le sens. Et je le refuse. De toutes mes forces.Je ne veux pas. Je ne peux pas. Pas encore. Pas lui. Pas après tout ce qu'il m'a fait. Pas après sept ans de solitude. Pas après trois ans de reconstruction. Pas après Adrian. Pas après tout.Mais il est là. Dans mes rêves. Dans mes pensées. Dans mon corps. Je me réveille en pensant à lui. Je m'endors en pensant à lui. Je travaille. Je parle. Je ris. Mais au fond, il est là. Toujours là.Cette découverte me terrorise. Je suis en train de retomber amoureuse. De lui. De l'homme qui m'a brisée. De l'homme qui m'a ignorée. De l'homme qui m'a détruite. Et je ne peux pas. Je ne dois pas. Je ne v
Chapitre 48DarianElle est dans mes bras. Contre moi. Sa tête sur mon épaule. Ses mains agrippées à mon manteau. Elle tremble encore. Mais moins. La chaleur revient. Lentement. Doucement. Je la sens se détendre. Je la sens se laisser aller. Pour la première fois depuis des années. Peut-être pour la première fois tout court.Et moi, je crois. Un instant. Un seul. Je crois qu'elle me pardonne. Je crois que ce contact signifie quelque chose. Que sa présence contre moi est un début. Un nouveau départ. Une promesse silencieuse.Je me penche. Je pose mes lèvres sur ses cheveux. Un geste tendre. Presque timide. Un geste que je n'aurais jamais osé avant. Elle ne bouge pas. Elle ne recule pas. Elle reste là. Contre moi. Dans mes bras.— Éléna…Ma voix est basse. Rauque. Chargée d'espoir. Elle relève la t&eci












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