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Chapitre cinq : un trop plein de pensées

last update Zuletzt aktualisiert: 13.10.2025 18:22:31

Damien avait passé la journée dans son bureau. Il avait essayé de se concentrer, mais rien n’y faisait : les mots de son épouse revenaient sans cesse dans sa tête. « Divorcer ? » C’était impossible. Même si elle le voulait, elle ne le pourrait pas. Pourtant, Damien avait eu un doute au point que, ce matin, il avait failli appeler chez lui juste pour vérifier si elle était bien là. Il avait bien ri de son attitude, mais il fallait l’avouer : Julia était intelligente. Elle avait réussi à captiver son attention rien qu’avec ces mots. Ses doigts tapotaient nerveusement sur le bois de son bureau. Il prenait un stylo, le posait, le faisait tourner entre ses mains, triait machinalement quelques papiers. Chaque geste trahissait son agitation intérieure. Il était 18h32 lorsqu’il posa les yeux sur sa montre. Sa journée de travail était terminée depuis un moment, mais il ne voulait pas rentrer chez lui. À quoi bon ? Cette maison était devenue un lieu qu’il ne supportait plus, et l’idée de franchir le seuil suffisait à le mettre de mauvaise humeur.

La relation entre Damien et Julia remontait bien avant leur mariage, à l’époque du lycée. Damien était alors en couple avec Rebeca, et, aussi loin qu’il s’en souvenait, il avait toujours été attiré par elle. Rebeca était une jeune femme magnifique, aux cheveux noirs tombant en cascade sur son dos, et ils étaient ensemble depuis le collège. Julia, quant à elle, restait dans l’ombre, se contentant de l’observer en silence.

Au début, Damien trouvait cela presque flatteur : qu’une fille aussi belle que Julia s’intéresse à lui flattait son ego. Mais cette attention constante finit par l’agacer et provoqua de nombreuses disputes avec Rebeca. Celle-ci l’accusait de chercher volontairement à attirer Julia. Peut-être avait-elle raison… Après tout, cela renforçait sa réputation de séducteur.

Pourtant, Julia ne lui avait jamais causé de tort direct. Elle savait qu’il était en couple et ne lui avait jamais avoué ses sentiments. Tout changea lorsque Rebeca partit terminer ses études à l’étranger. Après quelques mois de solitude, Damien se rapprocha de Julia, qui fréquentait alors la même université que lui.

Les choses, du moins à ses yeux, étaient claires : il ne voulait qu’une relation physique. Il pensait que Julia l’avait compris, puisqu’il ne lui avait jamais demandé d’être sa petite amie. Mais ses gestes tendres après chaque rencontre, ses attentions, ses cadeaux… tout cela amena Julia à croire qu’il était amoureux. Lorsqu’il se rendit compte de son erreur et tenta de mettre fin à la relation, il était trop tard : Julia était enceinte. Les familles, voyant là une occasion de renforcer leurs liens, les marièrent devant le maire.

Au fond, Damien savait qu’il portait aussi une part de responsabilité. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de ressasser ces maudits « si »… Si seulement elle n’était pas tombée enceinte, si seulement elle avait pris la pilule… ou choisi d’avorter. Ces pensées le rongeaient, le faisaient se sentir minable.

Il aimait Lucas, leur fils, mais ne savait pas comment l’exprimer. Au début, il avait essayé. Mais Julia, fidèle à elle-même, utilisait chaque prétexte pour se rapprocher de lui, comme si l’enfant devait les unir davantage. Et chaque fois qu’il la voyait, une rage sourde montait en lui. Elle représentait, à ses yeux, l’obstacle qui l’avait séparé de la femme qu’il désirait réellement. Et Lucas, malgré son affection pour lui, restait le rappel constant de cette trahison envers Rebeca.

Rebeca… qu’est-ce qu’il l’aimait. Il l’avait toujours aimée, et il savait qu’il l’aimerait sans doute jusqu’à son dernier souffle. Son retour, deux ans plus tôt, avait ravivé une douleur qu’il croyait endormie. Elle était devenue une femme sublime, toujours aussi sauvage et rebelle. Contrairement à lui, elle était restée fidèle à ce qu’ils avaient été. Damien ne savait plus quoi faire. Il aimait encore Rebeca follement. Chaque fois qu’il croisait son regard, son cœur s’emballait. Peut-être par fierté. Peut-être par orgueil. Ou simplement parce qu’il craignait ce que cela dirait de lui… mais il ne pouvait pas.

Damien referma doucement la porte de son bureau, laissant derrière lui l’odeur familière du cuir et du bois ciré. Dans le couloir désert, le cliquetis régulier de ses pas résonnait comme un compte à rebours. En bas, il traversa le hall marbré de l’immeuble, saluant distraitement le réceptionniste avant de gagner le parking privé.

Assis au volant, il resta quelques instants immobile, observant son reflet dans le rétroviseur. Son visage semblait plus marqué que d’ordinaire, comme si les dernières semaines avaient laissé une empreinte invisible. Il inspira profondément, mit le moteur en marche et quitta les lieux.

La ville scintillait sous les réverbères, les phares des voitures traçant des lignes dorées dans la nuit. Après quelques virages, il gara sa berline devant la façade d’un hôtel cinq étoiles. Un portier en uniforme s’empressa de lui ouvrir la portière. Damien lui adressa un signe de tête, puis entra.

À l’intérieur, l’atmosphère était feutrée, presque confidentielle. Un piano jouait doucement dans un coin, et les conversations se perdaient dans le murmure discret des lieux. Damien rejoignit le lounge privé où ses amis l’attendaient autour d’une table basse en marbre, verres déjà servis.

— Damien ! lança Pierre en levant un verre de cognac. Tu sembles sérieux ce soir… trop sérieux pour un vendredi.

Damien esquissa un sourire bref, s’assit et attrapa le verre posé devant lui.

— Disons que… la semaine a été longue.

Paul, accoudé au dossier de son fauteuil, eut un sourire en coin.

— Longue ? Tu veux dire que Julia t’a encore rendu fou ?

Damien détourna les yeux, un rire forcé aux lèvres.

— Non. C’est juste… la vie.

Un serveur élégant s’approcha, déposa un plateau garni de petites assiettes, puis s’éclipsa sans un mot. Pierre leva de nouveau son verre.

— Alors, ce soir, on oublie tout.

Damien fit tinter son verre contre le sien.

— À oublier, alors.

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