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CHAPITRE 11 — LA CICATRICE 2

Author: Dledition
last update publish date: 2026-09-20 23:21:56

Mathis

18 octobre.

Je la regarde. Elle est dans la cuisine. Elle prépare le petit-déjeuner. Un petit-déjeuner simple. Un petit-déjeuner de pauvre. Un petit-déjeuner de rien. Du café. Du pain. Du beurre. Un petit-déjeuner que je n'ai jamais mangé. Un petit-déjeuner que je ne mérite pas. Un petit-déjeuner que je ne peux pas. Un petit-déjeuner que je voudrais. Un petit-déjeuner que je voudrai toujours.

Elle porte un tee-shirt. Un tee-shirt blanc. Un tee-shirt à manches courtes. Un tee-shirt qui dé
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    Mathis22 octobre.Ma mère nous convoque. Elle nous convoque toujours. Elle nous convoque pour une photo. Une photo de couple. Une photo de fiançailles. Une photo de mensonge. Une photo de mort. Une photo d'amour. Une photo de haine. Une photo de rien.Nous arrivons. Le photographe. Un homme petit. Un homme chauve. Un homme triste. Un homme mort. Un homme qui ne voit rien. Un homme qui ne sait rien. Un homme qui ne comprendra jamais. Il nous installe. Il nous place. Il nous dirige. Il nous tue. Il nous sauve. Il nous aime. Il nous hait.— Plus près. Plus près. Encore plus près.Je m'approche de Juliette. Je m'approche de son corps. Je m'approche de sa chaleur. Je m'approche de sa vie. Je m'approche de sa mort. Je sens son parfum. Un parfum léger. Un parfum de pauvre. Un parfum de rien. Un parfum que j'aime. Un parfum que je déteste. Un parfum qui me tue. Un parfum qui me sauve. Un parfum qui me hante. Un parfum qui me hantera toujours.— Souriez.Je souris. Un sourire faux. Un sourire

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    Juliette20 octobre.Nous sommes dans le salon. Un salon froid. Un salon blanc. Un salon mort. Nous regardons la télévision. Une télévision allumée. Une télévision éteinte. Une télévision qui ne dit rien. Une télévision qui ne montre rien. Une télévision qui ne vit pas. Une télévision qui ne m'aime pas. Une télévision qui ne l'aime pas. Une télévision qui ne nous aime pas.Je suis assise sur le canapé. Il est assis sur le canapé. À côté de moi. À quelques centimètres. À quelques millimètres. À quelques secondes. Je le regarde. Il ne me regarde pas. Il regarde la télévision. Il regarde le vide. Il regarde sa vie. Il regarde sa mort. Il regarde son amour. Il regarde mon amour. Il ne me regarde pas.Je regarde sa main. Sa main posée sur le canapé. Sa main longue. Sa main fine. Sa main vivante. Sa main morte. Sa main qui m'a sauvé. Sa main qui m'a aimé. Sa main qui m'aime encore. Sa main qui m'aimera toujours. Je regarde sa main. Je veux la toucher. Je ne peux pas. Je ne dois pas. Je ne v

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    Mathis18 octobre.Je la regarde. Elle est dans la cuisine. Elle prépare le petit-déjeuner. Un petit-déjeuner simple. Un petit-déjeuner de pauvre. Un petit-déjeuner de rien. Du café. Du pain. Du beurre. Un petit-déjeuner que je n'ai jamais mangé. Un petit-déjeuner que je ne mérite pas. Un petit-déjeuner que je ne peux pas. Un petit-déjeuner que je voudrais. Un petit-déjeuner que je voudrai toujours.Elle porte un tee-shirt. Un tee-shirt blanc. Un tee-shirt à manches courtes. Un tee-shirt qui dévoile ses bras. Ses bras fins. Ses bras pâles. Ses bras vivants. Ses bras morts. Ses bras qui m'ont sauvé. Ses bras qui m'ont traîné. Ses bras qui m'ont aimé. Ses bras qui m'aiment encore. Ses bras qui m'aimeront toujours.Je regarde ses bras. Je regarde sa peau. Je regarde sa cicatrice. Une cicatrice. Une longue cicatrice. Une cicatrice qui traverse son avant-bras. Une cicatrice qui me dit quelque chose. Une cicatrice qui me rappelle quelque chose. Une cicatrice qui me tue. Une cicatrice qui me

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    Je le regarde. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce qu'il dit. Je ne comprends pas ce qu'il veut. Je ne comprends pas ce qu'il offre. Je ne comprends pas ce qu'il tue. Je ne comprends pas ce qu'il sauve.— Quoi ?— Je peux être son père. Pas pour de vrai. Pour le contrat. Pour un mois. Pour lui. Pour vous. Pour nous.Je le regarde. Je pleure. Je pleure encore. Je pleure toujours. Je pleure sans fin. Je pleure sans espoir. Je pleure sans vie.— Pourquoi ?— Parce que je vous connais. Parce que je le connais. Parce que je vous aime. Parce que je l'aime. Parce que je vous ai attendue. Parce que je l'attends. Parce que je vous attendrai toujours. Parce que je l'attendrai toujours.Je le regarde. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce qu'il dit. Je ne comprends pas ce qu'il veut. Je ne comprends pas ce qu'il offre. Je ne comprends pas ce qu'il tue. Je ne comprends pas ce qu'il sauve.— Vous ne m'aimez pas. Vous ne me connaissez pas.— Je vous connais depuis cinq ans. Je vous ai

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    Mathis 15 octobre. Ma mère me convoque. Elle me convoque toujours. Elle me convoque comme on convoque un domestique. Elle me convoque comme on convoque un chien. Elle me convoque comme on convoque un mort. Elle me convoque comme on convoque un fils. Elle me convoque comme on convoque un héritier. Elle me convoque comme on convoque un pantin. J'entre dans son bureau. Un bureau froid. Un bureau blanc. Un bureau mort. Un bureau qui sent la mort. Un bureau qui sent la vie. Un bureau qui sent le mensonge. Elle est assise. Elle me regarde. Elle ne sourit pas. Elle ne m'a jamais souri. Elle ne me sourira jamais. Elle me regarde comme on regarde un employé. Comme on regarde un moins que rien. Comme on regarde un mort. — Assieds-toi. Je m'assieds. J'attends. J'ai appris à attendre. J'ai appris à me taire. J'ai appris à ne rien ressentir. J'ai appris à ne rien dire. J'ai appris à ne rien être. — J'ai engagé un détective. Je la regarde. Je ne comprends pas. Je ne comprends jamais. Je ne

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    Mathis 12 octobre. La nuit. Je l'entends. Elle pleure. Elle pleure en silence. Mais je l'entends. Je l'entends toujours. Je l'entends depuis qu'elle est arrivée. Je l'entends depuis qu'elle est entrée. Je l'entends depuis qu'elle respire. Je l'entends depuis qu'elle vit. Je l'entends depuis qu'elle pleure. Je l'entends depuis qu'elle souffre. Je l'entends depuis qu'elle m'aime. Je l'entends depuis qu'elle me hait. Je l'entends depuis qu'elle me tue. Je l'entends depuis qu'elle me sauve. Je suis dans mon lit. Je fixe le plafond. Le plafond blanc. Le plafond froid. Le plafond mort. Je l'entends. Ses sanglots. Ses sanglots étouffés. Ses sanglots silencieux. Ses sanglots qui me tuent. Ses sanglots qui me sauvent. Ses sanglots qui me brisent. Ses sanglots qui me reconstruisent. Ses sanglots qui me hantent. Ses sanglots qui me hanteront toujours. Je me lève. Je marche jusqu'à la cuisine. Je prends une tasse. Une tasse blanche. Une tasse froide. Une tasse morte. Je fais chauffer de l'eau

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