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CHAPITRE TROIS : LES FISSURES DANS LA VÉRITÉ

Author: Leo phill
last update Petsa ng paglalathala: 2026-05-25 03:56:58

CHAPITRE TROIS : LES FISSURES DANS LA VÉRITÉ

POINT DE VUE D'ANGEL

« Angel ! Angel ! » m'appelle-t-il sans cesse. Je me retourne lentement.

« Que se passe-t-il ? Qu'est-il vraiment arrivé à notre maison ? » demande-t-il.

Mes yeux scrutent son visage, cherchant, interrogeant.

« Dis-moi que tu n'en sais rien », dis-je d'une voix tendue.

« Dans quoi t'es-tu fourré ? Explique-moi, Maurice. Tu dois quelque chose à quelqu'un ? Tu as une dette envers quelqu'un ? Est-ce que quelqu'un nous en veut ? »

Il reste là, immobile, me regardant comme s'il ne comprenait pas.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » dit-il. « Je ne sais pas. Je veux dire, je suis innocent. Je ne sais même pas comment c'est arrivé. Je ne sais pas… peut-être que ce sont juste des ennemis… »

Je l'interromps aussitôt.

« Je ne pense pas que ce soient des ennemis. Des ennemis ne peuvent pas faire ça comme ça. Il y a des cibles. » « Dis-moi, tu sais quelque chose à ce sujet ? »

« Angie… J’insiste, je ne sais rien de ce cambriolage », rétorque-t-il sèchement.

Je suis sans cesse obsédée par la peinture sur le mur.

Un des policiers s’avance.

« Monsieur, madame… d’après ce que nous voyons, vous ne pouvez pas rester dans cette maison. C’est dangereux. Vous devez trouver un autre endroit où aller. »

Ça y est. Comme ça, d’un coup. Notre maison… disparue.

Nous prenons quelques affaires, ce que nous pouvons emporter. « Où allons-nous dormir ? » demandai-je.

« Je pense qu’on devrait loger dans une pension, ou… on peut aller chez mes parents », suggère-t-il.

Je le regarde, les lèvres pincées malgré moi.

« Non… Je crois que je dois prévenir les miens. On est tous dans le même bateau. Battons-nous ensemble. Il faut retrouver les coupables, et ils paieront », dis-je.

« Angie, regarde-moi », dit-il en posant la main sur mon épaule. Ses yeux, grands ouverts, étaient vitreux, imitant à la perfection la peur.

« Je suis perdu comme toi, on va les retrouver. Je te le promets, allons loger ou restons chez mes parents », dit-il.

« D'accord », dis-je doucement. Allons loger.

Cette nuit-là, nous avons passé la nuit dans un motel, mais je ne suis sûre de rien.

« Ah… » je murmure, assise au bord du lit. « Je n’arrive pas à croire dans quel pétrin je me trouve. » Je ris amèrement.

« Je veux dire, me voilà à lutter contre l’idée de ne plus pouvoir porter d’enfant… et voilà que ce salaud d’infidèle veut divorcer pour épouser ma meilleure amie… »

Ma poitrine se serre. « Je… je ne comprends pas. »

Je vais dans la salle de bain et je verrouille la porte.

Les larmes coulent, brûlantes et incontrôlables.

Mes mains s’agrippent au lavabo jusqu’à ce que mes jointures blanchissent.

« Maurice… » je murmure, la voix tremblante. « Qu’est-ce que tu me caches ? Qui sont ces gens ? »

Je pleure jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que mes yeux me brûlent, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à exprimer. Je me lave le visage et sors.

Je fais semblant que tout va bien, je m'allonge sur le lit, fixant le plafond, mais le sommeil ne vient pas facilement. Quand il finit par venir, il est superficiel.

Mes yeux s'ouvrent brusquement. Je reste immobile, à l'écoute d'un autre bruit.

Une voix, celle de Maurice. Mon cœur se met à battre plus vite. Je me redresse lentement.

« C'est pour ça que tu as dû saccager ma maison ? » demande-t-il d'une voix basse mais pressante. J'ai le souffle coupé.

« Oh mon Dieu… Je t'avais dit que je te rembourserais. Je te rembourserais. Tu n'es pas obligé de faire ça. Enfin, je sais que je te dois quelque chose. Je te rembourserais… »

Tout en moi reste froid et silencieux.

J'appuie ma tête contre le bois froid de la porte, le son de sa voix mensongère me retourne l'estomac.

« Maurice n'a jamais… jamais été pur. »

La chance me sourit. Je fixe l'ombre du mur du motel.

« Un monstre… J'ai épousé un monstre qui a troqué ma sécurité contre des dettes. »

Mes jambes sont comme du plomb tandis que je me traîne vers la porte.

Il est là. Au téléphone.

Il se retourne brusquement et se fige en me voyant.

« Chérie… tu ne dors pas ? » demande-t-il.

Mon regard se durcit instantanément.

« N'ose même pas m'appeler "chérie" », dis-je sèchement. « N'ose plus jamais m'appeler "chérie". »

Il cligne des yeux, perplexe. « Comment oses-tu ? » Ma voix monte.

« Alors tu savais ce que c'était ? Tu savais tout, et tu ne me l'as jamais dit ? »

« Angel… » l'interrompis-je aussitôt. « Tu as mis ma vie en danger ! »

« À quoi penses-tu ? Pour qui te prends-tu ? Qu'est-ce que tu crois vraiment vouloir faire ? »

Les mots jaillissent de moi, rapides, incontrôlables, je manque de tout dire.

« Dis-moi toute la vérité », exigeai-je. « Dis-moi tout. Je veux savoir à qui tu dois de l'argent, ce que tu fais. Je suis ta femme, je dois tout savoir ! »

Maurice me fixe, abasourdi un instant. Il ne dit rien, il soupire.

« D'accord… », dit-il lentement. « Tu dois t'asseoir. » Je ne bouge pas.

« Angel… assieds-toi. Laisse-moi te dire quelque chose. »

« Ça fait des années… », poursuit-il en passant une main dans ses cheveux. « J'ai essayé de l'éviter… »

« Éviter quoi ? » demandai-je doucement. Il me regarda pour la première fois… Je perçus de la peur, une peur réelle.

« Je ne voulais pas que ça t'atteigne, je ne voulais pas que ça te touche… mais maintenant… »

Son téléphone vibre dans sa main.

La vibration déchire le silence comme une lame. Son visage se fige instantanément. Je deviens livide, mon estomac se noue.

« Qui est à l’appareil ? » je demande. Il ne répond pas.

« Maurice… qui est à l’appareil ? »

Il tourne lentement le téléphone vers moi.

Un message. Juste…Une phrase froide, directe et impitoyable.

« La prochaine fois, on ne la pillera pas. On la prendra. »

Mon souffle se coupe. La pièce se met à tourner. Mes doigts se crispent lentement en poings.

Je lève les yeux vers lui… Plus aucune confusion, seulement la vérité, seulement le danger, mais la guerre. Et je comprends que ce n’est que le début.

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