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Chapitre quatre : les pris

Author: Leo phill
last update publish date: 2026-05-25 04:38:28

Je me réveille, faible et épuisée. Mes yeux sont comme s'ils revenaient à la vie, mais tout est flou et déformé. J'ai du mal à fixer ma vision. Quand je suis enfin complètement réveillée, je regarde autour de moi et réalise que le cauchemar est bien réel. Nous sommes encerclés par des hommes armés. Ils se tiennent là, immobiles comme des statues, froids et figés.

Mon cœur s'emballe. J'essaie de bouger, de courir, de faire n'importe quoi, mais je suis paralysée. Nous sommes attachés à des chaises. Les cordes sont serrées et fermes. Il n'y a pas d'issue.

« Waouh… quel beau couple », dit une jeune fille. Son calme accent russe me donne la chair de poule.

« Vous croyez pouvoir vous enfuir ? » Elle s'approche. Son regard perçant nous observe comme celui d'un prédateur guette sa proie.

« Ça… vous croyez pouvoir nous échapper ? » Elle tourne lentement autour de nous. Je sens son parfum mêlé à une odeur de vieux bois et de métal.

« Ouais, réveillez-le », dit-elle à l'un de ses hommes. L'un d'eux s'avance et gifle violemment Maurice. Le bruit résonne dans la pièce silencieuse. C'est une gifle sèche et brutale.

Maurice se réveille en sursaut, hurlant de douleur et de confusion. « Aïe ! » halète-t-il, la tête ballottée violemment jusqu'à ce qu'il aperçoive les armes.

« Tu es avec l'argent, n'est-ce pas ? » demande-t-elle froidement. Maurice tremble si fort que la chaise vibre sur le sol.

« Je… je peux expliquer », balbutie-t-il. Sa voix est faible et fluette.

« Qu'est-ce que tu sais que tu veux expliquer ? » rétorque-t-elle sèchement. « On t'a donné des années, et tu trimes avec nous. » Sa voix monte légèrement, laissant transparaître une pointe de colère.

« On voit tout ce que tu fais sur les réseaux sociaux. On voit la vie que tu montres au monde entier. Tu t'offres des voitures de luxe, des maisons hors de prix, tout le tralala. Et maintenant, tu prétends ne même pas pouvoir nous rembourser ? » Elle se penche plus près, son visage à quelques centimètres du sien.

« Rembourse ce que tu dois, débiteur ! »

J'ai la nausée. Ces mots résonnent différemment maintenant. Ils sont réels et dangereux. Une vague de nausée me prend à la gorge. Je ne peux pas me retenir. Je vomis sur le sol. Mon corps tremble de façon incontrôlable.

« Oh, s'il vous plaît… Je ne sais rien de tout ça », je crie. Mes larmes brûlantes coulent sur mon visage. « Je ne sais vraiment rien de tout ça, s'il vous plaît… » Ma voix se brise en un sanglot.

« S'il vous plaît, ne m'impliquez pas là-dedans. Je ne sais rien. Je suis innocent. S'il vous plaît, laissez-moi partir… »

Maurice se tourne vers moi. Ses yeux sont injectés de sang et désespérés. « Chérie… on est dans le même bateau », murmure-t-il.

Ces mots me frappent comme un coup de poing. Ensemble ? Comment peut-il dire ça après tout ce qui s'est passé ?

« Qu'est-ce que tu as d'innocence ? On est dans le même bateau », répète-t-il. Je le fixe, muette. Ma vie est en jeu et il m'entraîne toujours plus loin dans sa tombe. J'ai la gorge serrée et j'ai du mal à respirer.

« D'accord… attendez… », dis-je rapidement. Il faut que je trouve une solution. Ma voix tremble, mais je parviens à articuler. « Et si on se démène pour toi ? Comme ce soir… on se démène ce soir… on peut essayer de récolter quelque chose. On peut trouver un moyen de récupérer une partie de l'argent. »

Un silence s'installe. Les hommes se regardent. La Russe marque une pause et hoche légèrement la tête.

« Tout ce que vous pouvez faire », dit-elle. « Pour récupérer l'argent. » Elle croise les bras.

« On aurait dû te tuer depuis… mais, bizarrement, le chef t’apprécie. » Ses lèvres esquissent un sourire sombre.

« Et l’argent est colossal. Si on te tue maintenant… comment on va récupérer notre argent ? » Un frisson me parcourt l’échine. Tuer ? Ce mot sonne si définitif.

« Alors écoute bien, » poursuit-elle. « Tu sais que tu ne peux pas nous échapper. Tu l’as compris maintenant. »

« Tu sais que nous sommes plus que de simples êtres physiques. »

« Nous sommes immortels, nous aussi. »

Un frisson me parcourt l’échine. Soudain, tout s’éclaire. Oui, elle a raison. Ils nous ont trouvés trop vite. Ils connaissaient chacun de nos mouvements. Ce ne sont pas des gens ordinaires. C’est un groupe d’immortels. Ils se déplacent comme des ombres, comme des espions. Ils sont comme des ninjas, entraînés et redoutables.

Ces gens viennent du royaume des samouraïs… tous originaires du Japon. Ils possèdent un esprit de téléportation. Un esprit qui disparaît comme par magie. Je crois que c'est comme ça qu'ils nous manipulent. C'est comme ça qu'ils nous suivent partout. Impossible de s'échapper, impossible de se cacher, et rien ne leur est caché.

Maurice et moi échangeons un bref regard. Nous nous comprenons sans un mot. Nous devons jouer le jeu si nous voulons survivre.

« Vous avez jusqu'à l'aube », dit la jeune fille. Elle s'appelle Dash. Sa voix est glaciale et définitive.

« Jusqu'à l'aube », répète-t-elle.

Maurice et moi nous mettons à supplier en même temps. « S'il vous plaît… s'il vous plaît… on va l'avoir », dit Maurice d'une voix rapide. « On trouvera l'argent, d'une manière ou d'une autre. »

« Ce soir », intervient Dash. Ses yeux se plissent.

« Vous devrez apporter deux cents dollars. »

Mon cœur rate un battement. J'ai le vertige. Deux cents dollars ? Ce soir ? C'est impossible.

« Sinon… », poursuit-elle lentement, laissant planer le silence. « Toute ta famille va mourir. »

Ces mots résonnent comme un lourd glas dans ma tête. Ils sont forts et interminables. Ma respiration se fait saccadée. Mes mains tremblent contre les cordes rugueuses. Elle plonge la main dans sa poche et en sort son téléphone.Elle tourne l'écran vers nous. Nos yeux s'écarquillent d'horreur.

C'est la famille de Maurice. Ses parents, ses frères et sœurs. Ils sont tous ligotés dans une pièce sombre. Leurs mains et leurs pieds sont étroitement enveloppés de cellophane. Ils ont l'air terrifiés. Un frisson glacial me parcourt.

« On viendra les chercher ensuite », dit-elle calmement, comme si elle parlait de la pluie et du beau temps.

Maurice hurle. Un cri strident et déchirant. « Non ! »

Le cri déchire la pièce, résonnant contre les murs. « Non… non… pitié… pas eux ! » Sa voix se brise et il se met à pleurer.

Mais ils ne réagissent pas. Ses larmes leur sont indifférentes. Ils nous observent, comme si nous ne représentions rien. À leurs yeux, nous ne sommes qu'une dette à recouvrer.

Je sens mon cœur battre la chamade. Mes pensées s'emballent. Dans quel pétrin me suis-je fourré ? Ma vie était normale hier encore. À présent, mon monde est rempli de choses que je ne comprends pas. Les immortels, le Cartel, les dettes et l'ombre constante de la mort.

Tout se mélange dans ma tête. La trahison de mon mari, les nouvelles du médecin et les armes pointées sur nous. Il ne reste plus qu'une seule vérité qui compte.

Cette nuit sera décisive. Soit nous trouvons l'argent, soit nous perdons tous ceux que nous aimons. C'est le bout du tunnel. Nous devons agir. Nous devons partir. L'aube se lève, et avec elle, les ténèbres se dissiperont ou nous engloutiront.

Je regarde le sol où j'ai vomi. Je regarde le visage en larmes de Maurice. Je regarde le canon sombre du pistolet. Je réalise que l'ange que j'étais n'est plus. Pour survivre à cette nuit, je dois devenir quelqu'un d'autre. Quelqu'un capable d'affronter les immortels et de gagner.

Je sens une lame de fer froide et acérée se planter dans mon âme. Si Maurice ne nous sauve pas, je le ferai. Je trouverai l'argent, mais je trouverai aussi le moyen de faire payer le prix fort à tous ceux qui m'ont fait du mal. La chasse est officiellement lancée, et je ne suis plus la proie.

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