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CHAPITRE QUATRE : FUIR LES OMBRES  

Penulis: Leo phill
last update Tanggal publikasi: 2026-05-25 04:18:11

POINT DE VUE D'ANGEL

Sous le choc, j'écoute.

Maurice se met à tout déballer, la voix tremblante, comme si les mots l'étouffaient.

« J'ai emprunté de l'argent à ces gens qu'on appelle le CARTEL XXX », dit-il.

« J'ai emprunté cet argent parce que j'avais des problèmes avec mon père à l'époque. J'étais suspendu des revenus familiaux et presque coupé du monde… tu vois…

J'ai emprunté huit cent mille dollars. Les choses ne se sont pas passées comme prévu. J'ai dû leur rembourser trois cent mille dollars… mais maintenant, il me reste cinq cent mille dollars. Je ne sais pas vraiment comment rembourser. »

« Depuis des années, ils n'arrêtent pas de me réclamer de l'argent. Parfois, quand j'ai enfin l'argent… je l'utilise pour autre chose… »

Je le fixe du regard. L'air de la pièce me paraît soudain irrespirable. Mes paumes se rapprochent à quelques centimètres de sa mâchoire. Je serre le poing si fort que les points de couture de la bandoulière de mon sac me blessent.

Je l'interromps sèchement.

« Alors tu sais que tu leur dois une telle somme, et pourtant tu t'achètes des voitures de luxe ? »

« Pourquoi tu ne les rembourses pas et tu passes à autre chose ? Je veux dire, vends ces voitures et laisse-nous tranquilles ! »

Ma voix monte. Parce qu'à ce stade, je ne veux même plus écouter ce qu'il dit. Tout ce que je veux… c'est la paix.

« Je ne veux rien de toi ni d'eux », dis-je. « Tu vois ? Ils vont me chercher. Ils vont me chercher, c'est sûr. Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je suis censée faire ? »

Mes mots résonnent dans l'air. Lourds.

Un message arrive.

Maurice regarde son téléphone et son visage se décompose instantanément.

« Tu as quelques jours pour rembourser l'argent. Sinon, tu perdras ta famille. »

« Oh mon Dieu… »

Mon cœur s'emballe, je n'arrive plus à respirer.

« Qu'est-ce qu'on va faire ? Où est-ce qu'on va se réfugier ? »

Les questions résonnent en boucle.

Soudain, un coup sec et violent déchire le silence.

Mon cœur fait un bond dans ma gorge.

Maurice se dirige vers la porte.

Je le saisis aussitôt par le bras.

« Maurice, » je murmure d'une voix pressante, « n'ose surtout pas ouvrir cette porte. N'ose même pas. » Un autre coup, plus fort et plus agressif, retentit.

Nous restons figés. Nos regards se croisent. Inutile de parler, nous comprenons. Sans réfléchir, il faut s'enfuir.

Nous nous précipitons à l'arrière du motel, désespérés, et nous nous engouffrons dans la nuit. « Taxi ! »

« Où allez-vous ? » demande-t-il. Nous sautons à l'intérieur. « Allez-y ! » je crie. Le taxi démarre et je me tourne vers lui.

« Où est-ce qu'on court et qu'est-ce qu'on va faire ? Je ne comprends pas ce qui se passe. » « Qu’est-ce qu’on va faire ? Où est-ce qu’on va, au juste ? »

Il expire profondément. « On court vers un endroit plus sûr, dehors… dehors du motel. »

Je le fixe, confuse, en colère et effrayée.

« Comment oses-tu ? Quel est l’endroit le plus sûr, à ton avis ? Dis-le-moi, je veux le savoir ! »

Le chauffeur de taxi nous jette un coup d’œil dans le rétroviseur.

« Monsieur, madame… où allons-nous ? » demande-t-il un instant. Nous ne disons rien ; un silence pesant et pesant s’installe dans la voiture. Je me tourne à nouveau vers Maurice.

« Où allons-nous ? » Il se fige.

« D’accord… allons au nord. » Le nom résonne étrangement, comme une ombre inconnue, mais nous y allons. Nous prenons un taxi pour le nord.

Le trajet semble interminable ; chaque lumière qui passe nous paraît menaçante, comme une ombre qui nous poursuit.

Chaque bruit est synonyme de danger. À notre arrivée, le silence est assourdissant.

« C’est ici qu’on s’est cachés un moment », dit Maurice. Je me tourne aussitôt vers lui.

« Maurice, qu’est-ce que tu fais ? Comment on va faire pour se cacher ici ?»

Ma voix est forte, et avant qu’il ne réponde, son téléphone vibre à nouveau.

Nous le regardons tous les deux lentement, comme si nous redoutions ce que nous allons voir. Il l’ouvre.

Un autre message.

« CHÉRIE, QUAND VIENS-TU À MIAMI ? N’OUBLIE PAS LE SAC QUE TU M’AS PROMIS, JE L’UTILISERAI

POUR MON VOYAGE LE MOIS PROCHAIN. JE T’AIME. » Nous restons tous les deux figés.

« Putain, Maurice, c'est ça que je vais te faire ? Dis-moi qui c'est, bordel ?! » Il essaie de s'expliquer, mais je ne l'écoute pas. Ce n'est pas Vivian, c'est une autre fille. Je vois un nom : Jenny.

« Espèce d'enfoiré ! J'ai tout donné pour que notre couple s'améliore, et toi, tu dragues des filles ! »

« Non, chérie, écoute-moi », dit-il. « S'il te plaît, je peux t'expliquer. Ce n'est pas ce que tu crois. Je te jure, crois-moi. Tu as le droit d'être en colère, mais calme-toi. Laisse-moi t'expliquer. Je ne t'ai jamais trompée. »

Juste au moment où on est sur le point de se battre, son téléphone vibre à nouveau.

« OÙ ES-TU ? TU ESSAIES DE FUIR, PAS VRAI ? TU SAIS QU'ON NE PEUT PAS SE CACHER DU CARTEL. ON VA TE RETROUVER. ON VA TE DÉCHIRER VIVANT. »

Je tremble de tout mon corps.

« Oh mon Dieu… »

Ma voix n'est plus qu'un murmure.

« Dans quoi me suis-je embarquée ? » dis-je.

Les mots résonnent dans ma tête, de plus en plus fort et strident.

Dois-je expliquer ça à ma famille ? Dois-je expliquer à qui que ce soit que je suis mariée à un homme qui est non seulement endetté… mais aussi infidèle… et qui veut divorcer ?

La vérité a un goût amer dans ma bouche.

C'est insupportable. Je le regarde à nouveau.

« Ils ont encore envoyé un texto », dis-je. « On ne pourrait pas appeler la police ? » Des pensées m'assaillent.

On frappe à la porte, doucement d'abord, puis plus fort et plus près.

Mon cœur…On s'arrête. Maurice et moi nous regardons, muets, la peur au ventre. On frappe à nouveau, plus fort, plus délibérément.

Comme si la personne derrière la porte savait que nous étions là.

« Maurice… » je murmure, mais il ne répond pas. On frappe encore.

Une voix, basse et froide, juste derrière la porte.

« On sait que vous êtes là. » Je me fige.

La pièce me paraît plus petite, plus étouffante, comme si les murs se refermaient sur moi. Je recule lentement.

« C’est vraiment la fin. » Je me tourne de nouveau vers Maurice.

La défaite dans ses yeux me terrifie plus que la voix de l’autre côté de la porte.

La poignée bouge légèrement.

Lentement… délibérément… en tournant. Et à cet instant, je comprends que nous n’avons pas réussi à nous échapper. Nous sommes tombés nez à nez avec eux, juste au moment où nous allions prendre la fuite, et ils nous ont asséné un coup de poing en plein visage.

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