Mag-log inPoint de vue d'Angel
On dirait un tremblement de terre qui vient de se produire chez moi… La guerre… Peut-être une autre guerre mondiale. Tout est sens dessus dessous. Les meubles sont éparpillés. Les coussins sont déchirés. Des éclats de verre jonchent le sol comme de la glace brisée. Tout est saccagé, profané. Je reste plantée devant la porte, muette. L'air se glace tandis que je regarde autour de moi dans le salon. « Ceci… ceci n'a aucun sens. » Ma poitrine se serre, mes yeux s'écarquillent. J'essaie de comprendre ce que je vois et j'entre lentement. « Bonjour ?» j'appelle. « Il y a quelqu'un ?» Pas de réponse. Ma respiration s'accélère. Mon premier réflexe est d'appeler la police. Je prends mon téléphone, mon doigt effleure l'écran… Je me fige. « Et s'ils sont encore là-dedans ? » Cette pensée me glace le sang. J'avale ma salive avec difficulté, me forçant à réfléchir. « Non… non, Angel… tu dois être courageuse », murmure une voix intérieure. Reprenant mon souffle dans le salon, je m’avance dans la maison. Chaque pas me paraît plus lourd que le précédent. J’entre dans ma bibliothèque, les yeux écarquillés d’incrédulité. « Oh mon Dieu… » Le chaos y est pire que dans le salon. Les tables sont éparpillées. Les cadres sont brisés. La vitrine de la bibliothèque est détruite. « Qui… qui a fait ça ? » je demande, la voix tremblante. Je regarde autour de moi, impuissante. « Qui est entré chez moi et a fait ça ? » « On a été cambriolés ? » Mon cœur se serre. « Oh mon Dieu… on a été cambriolés… » Je porte la main à ma bouche, les larmes me montent aux yeux. « Oh mon Dieu, s’il vous plaît… qu’est-ce que c’est que ça ? » je crie. « D’un chaos à l’autre… est-ce que ça va s’arrêter un jour ? » « Pourquoi moi aujourd’hui ? Pourquoi tout ça ? » Je reste là un instant, essayant de me retenir de crier, mais mon corps refuse de se calmer. Soudain, la chambre de Maurice me traverse l'esprit. Je me précipite vers sa chambre. Je pousse la porte et une autre scène me frappe de plein fouet. Chaque étape est pire que la précédente. Des vêtements sont éparpillés partout. Les portes de l'armoire sont arrachées. Les tiroirs ont été ouverts et vidés sur le sol. On dirait que quelqu'un a fouillé la pièce de fond en comble… violemment. Je retiens mon souffle. « Ce… ce n'est pas qu'un simple vol », je murmure. Mon regard parcourt lentement la pièce. Puis j'aperçois un dossier rouge. Il est posé au sol, légèrement à l'écart du reste du désordre… comme s'il avait été placé là exprès pour que je le remarque. Je m'en approche lentement. Je me baisse et le ramasse. Il me semble important. Mes yeux parcourent prudemment les mots. Je lis ce qui est pire que le rapport du médecin. « Pour toi… Angel. » Mes lèvres s'entrouvrent. Légèrement. « JE VOULAIS TE LE DIRE DEPUIS LONGTEMPS… JE NE SAIS PAS COMMENT TE LE DIRE… JE SUIS VRAIMENT DÉSOLÉE POUR TOUT… » Mes mains se remettent à trembler. « Je veux divorcer. » Ces mots me frappent plus fort que tout ce qui s’est passé aujourd’hui. « Non… » je murmure. « Non… non, ce n’est pas vrai… » Je jette le papier comme s’il m’avait brûlé les doigts. « C’est une blague… ça doit être une blague… » « Quoi… qu’est-ce qui se passe ?» je demande, la voix brisée. Je me souviens d’autre chose dans le message. « TU DOIS ALLER CHERCHER LA CLÉ USB… TU VERRAS CE QU’IL Y A DEDANS.» Je réalise. « La clé USB… Où est-elle ? » À cet instant, tout le reste s'efface. Ni la police, ni la maison détruite, ni même le rapport. Il ne me reste plus que la lettre, la clé USB, la vérité. Je me mets à chercher désespérément. « Où est-elle ? Où est-elle ? » je murmure. Mes mains parcourent chaque recoin de la maison. « Allez… » Finalement, je la vois. Une petite clé USB à moitié cachée sous un vêtement. Mon cœur s'emballe. « C'est elle… » Je tends lentement la main vers elle. Au moment où mes doigts la touchent, un bruit se fait entendre dehors. Je tourne brusquement la tête vers la porte. « Qu'est-ce que c'était ? Il y a quelqu'un… » La panique m'envahit. Ma poitrine se serre, chaque respiration devient un calvaire tandis que les pas se rapprochent. Sans réfléchir, je glisse rapidement la clé USB dans ma poche. Je me précipite hors de la pièce. De retour au salon, quelque chose m'interpelle : une inscription sur le mur, un message. « TU NE POURRAS JAMAIS NOUS ÉCHAPPER, MAURICE. » Mon cœur s'emballe. Je m'approche et, soudain, l'inscription disparaît. Je m'enfuis en hurlant. « Il faut que j'appelle la police », dis-je. Je compose le numéro, tremblante. « Allô ? Oui, s'il vous plaît… Venez vite ! Ma maison… on l'a cambriolée. Je crois que des voleurs armés ont fait irruption… » Ma voix se brise. « S'il vous plaît… venez… » Peu après, la police arrive. Les sirènes retentissent dehors. Les agents entrent et scrutent les alentours. « Madame, veuillez vous écarter », dit l'un d'eux d'un ton ferme. J'acquiesce rapidement et recule. « Oui… » Soudain, je me souviens de Maurice. Je prends mon téléphone et l'appelle. « Allô ? » « Rentre à la maison », dis-je aussitôt. « Quoi ? Pourquoi ? Que s'est-il passé ? » « Rentre à la maison », je répète, d'une voix ferme mais tremblante. « D'accord… J'arrive. » Quelques minutes plus tard, il arrive. Il entre dans la maison. « Chérie, quoi ? » Ses yeux s'écarquillent à la vue des dégâts. « Oh mon Dieu… » Il s'avance, le regard sous le choc. « Chérie… Je ne sais pas qui est venu chez nous… tout est détruit. » « Tout est éparpillé… » dit-il. Je reste là, à le regarder en silence. Mais quelque chose a changé en moi. Pas seulement de la douleur, pas seulement de la confusion, mais quelque chose de profond. Je ne dis pas un mot. Je le regarde, l’étudie comme si je voyais un étranger pour la première fois. « Madame », intervient un policier, « vous devez quitter les lieux immédiatement. » « Reculez tous ! » crie un autre. « Laissez-nous de l’espace ! » La pièce s’anime, mais je n’entends rien distinctement. Mon attention est ailleurs. Ma main glisse dans ma poche et mes doigts effleurent la clé USB. Mes yeux se lèvent à nouveau… et se fixent sur Maurice. Je recule lentement. « Angel… ? » appelle-t-il doucement. Je ne réponds pas, je m’éloigne. « Angel, attends ! » crie-t-il.Point de vue d'AngelLe NS Kitchen est l'un des restaurants les plus luxueux du quartier, baigné d'une atmosphère raffinée. La douce lumière ambrée qui filtre du plafond projette des ombres délicates sur le canapé et les tables en bois.À notre arrivée, nos tables sont déjà dressées. Austin et son ami Ryan nous attendent. Ryan est grand, élégant et vif, et son sourire confiant semble apaiser quiconque croise son chemin. Ce type de personnalité correspond parfaitement à l'énergie débordante de May.« Salut messieurs ! » lance May. Aussitôt, Austin et Ryan se lèvent pour nous accueillir chaleureusement.« Bonjour, heureusement que vous êtes là ! Je pensais que vous n'y arriveriez pas, encore une fois », dit Austin, les joues rouges.« En fait, c'était à cause des embouteillages », explique May. « Mon Dieu, la circulation était infernale ! Et puis, il fallait que je fasse plaisir à une petite déesse pour qu'elle aille se faire belle. J'ai fait des sacrifices pour qu'elle soit là. »« May
Point de vue d'AngelJe fixe le message sur mon écran, les lettres semblent s'imprimer directement dans mes yeux, mes yeux sont rivés dessus. À force de le regarder, la phrase devient floue, mon pouce erre sur l'écran.Le message résonne fort dans ma tête : « RENCONTRE-MOI AU NS KITCHEN ».Une partie de moi essaie de lui répondre : « Ça ne m'intéresse pas », en expliquant pourquoi je ne peux pas venir. Cette autre partie veut juste laisser tomber le téléphone et faire comme si je n'avais pas vu le message.Mais il y a cette autre partie de moi, celle qui a été frustrée, celle qui se sent petite et négligée, la partie brisée de moi. Cette partie désire tellement cette rencontre, son désir dépasse largement le cadre d'un rendez-vous au NS Kitchen.J'essaie de convaincre cette partie de moi que quoi qu'il arrive, je suis toujours une femme mariée, l'épouse d'un escroc qui pense me duper.Malgré le fait que notre mariage ait été bâti sur des mensonges et des secrets, je ne peux toujours p
Point de vue d'AngelJe reste figée, telle une statue de la Liberté. Nos regards ne se quittent pas. Austin, la bouche grande ouverte, ajuste son panier et s'approche de moi.« Salut Angel », dit-il. Une brise fraîche me caresse le visage. Sa voix est grave, douce et chaleureuse.Immédiatement, mon cerveau se vide comme une page blanche. Les mots me manquent, je bégaye, mes pensées s'emballent.« Salut, salut », je réponds en serrant les poings pour me reprendre. Je m'efforce d'afficher une expression neutre.« C'est encore toi. Qu'est-ce que tu fais là ? »Il rit doucement, son rire dévoilant une dent blanche et écartée. Ses yeux se plissent légèrement. « Salut, c'est moi, on se retrouve, quelle coïncidence ! »« Qu'y a-t-il de si drôle ? » dis-je en croisant les bras, sur la défensive. « Ah, maintenant je comprends, vous habitez vraiment dans le coin ? »« Ou alors vous êtes un espion, un harceleur ? » J'essaie de paraître enjouée, mais malheureusement, je n'y arrive pas.Austin écl
POINT DE VUE D'ANGELLe trajet du retour est un véritable chaos. Mon corps est ancré dans le monde, mais mon âme est ailleurs. Tout semble bouger autour de moi.Les réverbères brillent comme le soleil du matin, mais je ne les vois pas. May essaie de me réconforter. Sa voix résonne dans l'habitacle silencieux, mais je ne comprends rien.« Angel ! Je te parle, tu ne m'écoutes pas ? »« May, s'il te plaît », dis-je d'une voix faible et fatiguée dans l'obscurité. « Tu peux juste conduire et me laisser tranquille ? Je t'en supplie, je veux juste rentrer chez moi, je suis épuisée. » Je détourne le regard vers la fenêtre.May me regarde, puis hoche lentement la tête. Elle se reconcentre sur sa conduite, appuie sur l'accélérateur et cesse de me parler.Nous arrivons enfin à son appartement. Elle descend sans se retourner. Je ne m'en soucie même pas, car je veux juste me reposer.Un silence pesant s'installe, nous enveloppant complètement.Elle prend son repas sans me demander si je veux mange
POINT DE VUE D'ANGEL« Allez, Angel, je n'aime pas la façon dont tu penses », dit May en secouant la tête avec une profonde pitié. « Tu te prends trop la tête et ce n'est vraiment pas bon. Tu ne te rends pas compte que cette situation ne t'affecte pas que toi ? Moi aussi, j'en souffre. Alors s'il te plaît, arrête. Tu ne te rends pas compte que tu t'enfonces de plus en plus dans cette douleur ? »Je fixe le sol, trop épuisée pour bouger, la voix trop faible pour parler.« May, tu peux me laisser tranquille ? Je veux juste rester assise ici, en paix, s'il te plaît. »« Tu vois, Angel, je ne te laisserai pas faire ça », rétorque-t-elle sèchement. « Bon sang, ma pauvre, tu deviens l'ombre de toi-même et ça ne me plaît pas du tout. Écoute, je crois qu'il est temps de partir d'ici. Allons voir autre chose, prenons l'air. Viens, ma belle, on fait la fête ce soir ! On va en boîte, tu vas adorer ! » « C'est bien mieux pour ton moral. »Elle me serra fort dans ses bras, me fixant droit dans les
Point de vue d'AngelLes échos de nos rires secs et vides s'évanouissent instantanément dans les recoins silencieux du balcon de May, laissant derrière eux un silence pesant qui s'installe dans ma poitrine et me coupe le souffle. Je n'ai pas laissé les morceaux de verre éparpillés sur le sol, et soudain, mes pensées se sont embrouillées. Mon esprit a commencé à dérailler, emporté en arrière par un courant cruel et invisible.Les photos agaçantes de la femme de Maurice et de leur nouveau-né sur mon écran se sont dissipées, remplacées par les couloirs sombres et poussiéreux d'un hôpital universitaire d'il y a des années.Le souvenir me frappe si fort qu'il me coupe le souffle.Je suis de retour dans cette pièce suffocante et oppressante. Elle était là, moi plus jeune, regardant une version plus jeune de Maurice, le visage empli de panique, la colère masquant ses traits tandis qu'il arpentait la pièce.« Écoute, Angel, je ne sais pas comment tu vas t'y prendre, mais tu vas te débarrasser
Point de vue d'Angel « Allez ! » crie Dash tandis que ses garçons nous entassent, Maurice et moi, dans le bus. « Ce soir », ajoute-t-elle. « Si vous et toute votre famille n’apportez pas l’argent, vous pouvez dire adieu au monde, c’est promis.» Nous avons roulé un kilomètre et demi jusqu’à la ma
Je me réveille, faible et épuisée. Mes yeux sont comme s'ils revenaient à la vie, mais tout est flou et déformé. J'ai du mal à fixer ma vision. Quand je suis enfin complètement réveillée, je regarde autour de moi et réalise que le cauchemar est bien réel. Nous sommes encerclés par des hommes armés.
POINT DE VUE D'ANGEL Sous le choc, j'écoute. Maurice se met à tout déballer, la voix tremblante, comme si les mots l'étouffaient. « J'ai emprunté de l'argent à ces gens qu'on appelle le CARTEL XXX », dit-il. « J'ai emprunté cet argent parce que j'avais des problèmes avec mon père à l'époque. J'é
CHAPITRE TROIS : LES FISSURES DANS LA VÉRITÉ POINT DE VUE D'ANGEL « Angel ! Angel ! » m'appelle-t-il sans cesse. Je me retourne lentement. « Que se passe-t-il ? Qu'est-il vraiment arrivé à notre maison ? » demande-t-il. Mes yeux scrutent son visage, cherchant, interrogeant. « Dis-moi que tu n'e







