LOGINJ'avais une autre amie ici, Mia. Elle est très gentille, c'est la seule qui sait que mon père me bat. Néanmoins, je n'accorde toute ma confiance qu'à Florian. Il a toujours su que mon père me battait, je n'avais pas eu besoin de le lui dire. Un jour, il m'avait protégée. Depuis, nous étions devenus inséparables. Jusqu'à son départ. Je ne lui en voulais pas : il avait le droit d'avoir une belle vie.
— Apparemment. Et sinon, toi ? Comment c'est, Los Angeles ? — Ma nouvelle meute est géniale. Bon, l'Alpha suprême est très autoritaire, mais on s'entend bien ! Je recrachai presque tout mon lait et mes céréales. — Non !? Tu as intégré la meute la plus puissante du monde ?! J'en reviens pas ! m'écriai-je. Il rigola. — Ouais ! Je rêve, ou tu as recraché ce que tu mangeais ? Je regardai la table : une flaque de lait et des céréales éparpillées. — Euh… non, tu ne rêves pas, dis-je, coupable. Il éclata de rire. J'éloignai mon téléphone un instant. — Tu ne changeras jamais ! Et comment vont mes parents ? Je ris à mon tour, puis allai chercher l'éponge. — Ils vont bien, je les ai croisés il y a une semaine. Ils me demandent souvent de tes nouvelles. Pense à m'envoyer une photo de toi, je l'imprimerai pour eux. — D'accord, merci beaucoup Amber. — Pas de quoi. Oh, et j'oubliais ! Tu ne devineras jamais ce qu'a fait mon père. — Non, mais venant de lui, je m'attends à tout. Je soupirai. Il avait raison. — Eh bien figure-toi que pour mon anniversaire, mon super papa a décidé de me vendre à un alpha super tordu ! — Quoi !? Tu plaisantes !? hurla-t-il dans le téléphone. — Non, hélas… pas du tout, soufflai-je. — Mais il est complètement malade ! On ne revend pas sa fille ! — À croire que si… De toute façon, c'est peut-être pas si pire. Au moins, je ne serai plus tabassée par mon père. — Et si l'autre alpha est comme lui ?! C'est dans deux jours, Amber ! Sauve-toi ! — Je l'ai rencontré hier. Il est comme lui, c'est certain. Qui d'assez fou ferait affaire avec mon père ? — Alors fais ce que je te dis ! Barre-toi ! cria-t-il. — Mais pour aller où ?! J'y ai pensé, mais de toute façon, il me retrouvera ! Un silence suivit. — Rejoins-moi ici, à Los Angeles. Je te cacherai, on se débrouillera. — Non, Flo ! Je ne veux pas t'embarquer dans mes problèmes ! — J'étais déjà impliqué dans tes problèmes le jour où j'ai pris ta défense contre ton père ! Tu fuis pour t'en sortir, c'est la seule solution. Et je te dois beaucoup, Amber. — Non, tu ne me dois rien du tout. Florian, je ne veux pas t'attirer plus d'ennuis. — Amber !! Tu vas bouger tes fesses ? Tu comptes souffrir encore toute ta vie ?! — Quelle vie… ? Il souffla. — Merde… Amber. Rejoins-moi, je t'en supplie. Tu seras majeure, on s'en sortira facilement. Et d'ici là, ton père ne saura pas que tu as quitté l'île pour le sud ! On aura largement le temps de trouver un moyen de te cacher avant qu'il arrive. — Je ne sais pas… je serai à peine majeure ! — Fais ce que je te dis. Organise-toi. On est lundi, prépare ta fuite dans la nuit de mardi à mercredi ! Prends un vol de nuit, et rejoins-moi. Dis-moi l'heure, je serai là. Il faut que j'y aille. En tout cas, réfléchis bien à ce que je viens de te dire. — OK, je vais y réfléchir. À plus. Il me salua, et nous raccrochâmes. Partir ? Après tout, ça pourrait m'éviter un bon nombre de choses : fêter mon anniversaire chez un taré, être vendue… Mais ça signifierait aussi abandonner tout mon passé derrière moi. Je finis de nettoyer la table, puis allai regarder la télé. Une heure plus tard, la sonnette retentit. Je me levai. Bonne surprise : Mia se tenait derrière la porte, sous une pluie battante. — Salut ! lança-t-elle. — Entre ! dis-je. Je me décalai, elle entra, trempée. Elle me fit la bise, et nous allâmes nous asseoir sur le canapé. — Ton père nous a annoncé ton départ avec l'Alpha Luka. — Oh… je vois. Il n'a pas perdu de temps. — Ne lui en veux pas… Il doit sûrement s'en vouloir, mais il est obligé de faire alliance ! Notre meute serait trop faible, sinon, dit-elle. Je faillis m'étouffer. Lui ? S'en vouloir !? C'est vraiment mal le connaître. C'est pour ça que je n'accordais pas toute mon amitié à Mia. Elle prenait toujours la défense de mon père, alors qu'elle savait ce qu'il me faisait endurer. Alors je me méfiais d'elle. Je l'aimais bien, mais quand j'entendais ces mots sortir de sa bouche, alors qu'elle ne savait pas ce que j'avais vécu, c'était juste… étouffant. On ne parle pas quand on ne sait pas. On se tait. C'est ce qu'elle aurait dû faire. Mais à chaque fois, elle sortait des paroles en l'air. Elle aurait dû être sa fille pour voir ! J'aurais bien voulu écouter sa nouvelle version du « papa parfait » que représentait mon père à ses yeux. — Hum, je ne pense pas qu'il s'en veuille le moins du monde. — Amber, c'est ta mère la traîtresse, c'est elle qui t'a abandonnée, pas lui ! me dit-elle. Cette fois, je serrai les poings et fis un effort immense pour ne pas me jeter sur elle. — Dégage. — Quoi !? fit-elle, surprise. — Dégage ! Dehors ! hurlai-je. Je me levai et pointai la sortie. Elle prit peur et se dirigea vers la porte. Je la suivis et la poussai sous la pluie. — Mais pourquoi tu t'énerves !? — Tu ne connais rien de ma mère, ni de mon père, alors je ne te permets pas de juger ma vie ! J'aimerais bien t'y voir, à ma place ! Et n'ose surtout pas revenir. Casse-toi et ne reviens plus jamais me parler, dis-je d'une voix menaçante. Elle eut encore plus peur et disparut. Je claquai la porte et retournai m'asseoir sur le canapé. Les seules personnes fiables que je connaisse ici sont les parents de Florian. Ils savent que mon père me bat, grâce à Florian qui leur avait avoué. Sinon, personne ne mérite ma confiance ici. Il n'y a qu'à voir Mia ! Je soupirai et, sans plus attendre, pris ma décision. Plus rien ne me retenait ici. J'allais partir pour Los Angeles.— JOYEUX ANNIVERSAIRE ! crie-t-il. — Merci… Tu m’as manqué ! dis-je. — Toi aussi, Amber ! Tu as changé ! dit-il en riant. — Ah bon ? — Tu es plus grande qu’avant ! Tu mesures combien ? — Euh… un mètre soixante-deux. — Ah ouais, quand même ! Mais je te dépasse toujours. — Heureusement ! dis-je en riant. Nous rigolons et il pointe mon œil. Je porte un sweat à capuche noir. — C’est lui qui t’a fait ça ? grogne-t-il. Je grimace. — Qui d’autre ? Il soupire et passe un bras autour de mes épaules. Je prends mon sac qui me sert de bagage et nous sortons à l’extérieur. Le soleil est déjà levé dans le ciel et il n’y a presque pas de nuages, ce qui nous promet une belle journée. Nous montons dans sa voiture et il roule à travers la ville. Je vois les buildings défiler et de magnifiques palmiers compléter le décor. Nous passons devant une superbe plage le long de la côte. C’est magnifique. — Tu as pris la bonne décision, me dit-il. — Peut-être… ou peut-être pas. — Pourquoi ça ? d
Après m’être faite torturer toute la soirée, je m’en étais sortie avec la jambe cassée et un énorme coquard à l’œil gauche. Évidemment, tout ça allait disparaître dans moins de quatre heures. J’avais perdu connaissance au cours d’un combat sous ma forme lupine avec mon père et m’étais réveillée sur le sol, au milieu des débris.Il était vingt-trois heures lorsque je suis remontée dans ma chambre. Mon père était parti chercher du vin, alors j’en avais profité pour regarder la télévision, la seule chose qui était restée intacte.Il est actuellement deux heures quarante-cinq du matin et je suis en train de préparer mon sac.Je prends mes papiers d’identité et ma carte bancaire avant d’ouvrir discrètement la porte de ma chambre. Je jette un coup d’œil par-dessus la rambarde des escaliers et aperçois mon père endormi sur le canapé, une bouteille d’alcool vide entre les mains. Je secoue la tête de droite à gauche, déçue.Je retourne dans ma chambre et vais ouvrir la fenêtre. Je me glisse à
Le placard en bois solide, massif céda sous mon poids et la violence de l'impact. Je rattrapai le meuble qui basculait sur moi, bandant mes muscles pour le soulever.J'vais vraiment me faire tuer.Sans réfléchir, je le balançai vers mon père. Le meuble l'écrasa contre le mur. Il hurla, un cri de rage plus que de douleur.Je déguerpis.— AMBER ! JE VAIS TE TUER !Sa voix déchira le silence de la maison. Je courus sans me retourner, faisant abstraction de ses menaces. Si personne ne l'avait entendu, c'est que les murs étaient sacrément bien isolés. Tant mieux pour ma réputation.Je grimpai au troisième étage, déboulai sur le toit-terrasse. La pluie avait cessé, laissant place à un ciel chargé. Je renversai une table en bois et me plaquai derrière, le cœur cognant dans ma poitrine.Plan de génie. Vraiment.Une heure passa. Peut-être deux. Le froid commençait à engourdir mes doigts, mes blessures à se refermer lentement. J'osai espérer qu'il avait abandonné.Mais c'était mal le connaître
D'ailleurs, mes vrais amis, au lycée, ont toujours été des humains.Bizarre, non ? Je n'ai jamais pu blairer toutes ces louves qui se pavanent, qui tournent autour des mâles les plus populaires pour se faire une réputation. En vrai, les humaines font pareil. Mais pas toutes. Et c'est ça qui m'a plu.Après avoir vérifié que tout était en ordre sur le territoire, je repris forme humaine. Il n'était que midi. Je n'avais pas envie de rentrer, pas envie de voir mon père. Alors je traînai en ville.Pendant des heures.Mon portable vibra. Puis vibra encore. Puis encore. La voix de mon père, hurlant dans ma tête que je ferais mieux de rentrer. Et qu'est-ce que j'ai fait ?Je l'ai envoyé bouler.À peine le message parti, j'aurais voulu le rattraper. Parce que je savais, au fond de moi, ce qui m'attendait. Alors je traînai encore. Je fis exprès de ne pas rentrer.La pluie tombait toujours quand je poussai la porte d'un bar. De toute façon, demain je me casse. Enfin, cette nuit. Parce qu'à minui
Le lendemainAprès une soirée à courir dans toute la villa pour échapper aux griffes de mon père, et une nuit à subir ses coups chargés d'alcool et de haine, je me levai une énième fois, les muscles en compote.Ce matin, mon père voulait que j'aille faire le tour du territoire. Je n'avais même pas cherché à savoir pourquoi, j'aurais regretté de poser la question. Et puis honnêtement, je m'en fichais. Ça me donnait une excuse pour sortir, pour respirer, pour exister ailleurs que dans l'ombre de sa violence.Je ne pris même pas la peine de retirer mes vêtements de la veille. Chez nous, pas besoin. La transformation ne les déchire pas, un avantage pratique quand on vit dans une meute où on passe son temps à passer du loup à l'humain.J'ouvris la porte. La pluie tombait toujours, lourde et grise, comme la veille. Je soupirai et m'élançai dans le village.Je courus jusqu'à la lisière de la forêt, pris mon élan et sautai dans les airs. Mes os craquèrent, mon corps se recomposa dans un feu r
J'avais une autre amie ici, Mia. Elle est très gentille, c'est la seule qui sait que mon père me bat. Néanmoins, je n'accorde toute ma confiance qu'à Florian. Il a toujours su que mon père me battait, je n'avais pas eu besoin de le lui dire. Un jour, il m'avait protégée. Depuis, nous étions devenus inséparables. Jusqu'à son départ. Je ne lui en voulais pas : il avait le droit d'avoir une belle vie.— Apparemment. Et sinon, toi ? Comment c'est, Los Angeles ?— Ma nouvelle meute est géniale. Bon, l'Alpha suprême est très autoritaire, mais on s'entend bien !Je recrachai presque tout mon lait et mes céréales.— Non !? Tu as intégré la meute la plus puissante du monde ?! J'en reviens pas ! m'écriai-je.Il rigola.— Ouais ! Je rêve, ou tu as recraché ce que tu mangeais ?Je regardai la table : une flaque de lait et des céréales éparpillées.— Euh… non, tu ne rêves pas, dis-je, coupable.Il éclata de rire. J'éloignai mon téléphone un instant.— Tu ne changeras jamais ! Et comment vont mes p







