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Point de vue d'Amber :
Flashback : Je me réveillai en sursaut après avoir entendu des cris. Je me levai en sursaut, sortis de mon lit en courant et ouvris doucement la porte de ma chambre. Je l'ouvris juste assez pour rester cachée. J'aperçus mes parents en pleine dispute. Mon père attrapa un vase qu'il projeta contre le mur. Le vase se brisa en mille morceaux, me faisant sursauter de peur. Ma mère pleurait. Elle recula de quelques pas, puis ouvrit la porte. Je versai une larme. — Je suis désolée, fit-elle, avant de partir. Elle claqua la porte et mon père s'écroula à genoux en hurlant. Il pleurait, il souffrait. Je fermai doucement la porte, puis courus jusqu'à la fenêtre de ma chambre. J'ai tiré le rideau et j'ai aperçu ma mère monter dans une voiture conduite par un homme de son âge. Il faisait nuit, je ne le voyais pas entièrement, malgré mes facultés. Il l'embrassa, puis démarra en trombe et quitta les lieux. Je plaçai ma main sur ma bouche et me retournai lentement pour observer la scène. Je m'effondrai au sol en pleurant. Ma mère était partie. Elle avait embrassé un autre homme que mon père. Mon cœur battait la chamade et les larmes ne semblaient pas vouloir s'arrêter. J'entendis d'autres bruits sourds provenant du rez-de-chaussée. Ma chambre se trouvait au premier étage, en face du salon. J'habitais dans une villa au centre de notre village. Je me relevai alors et marchai jusqu'aux escaliers. Je descendis et trouvai mon père en train de tout casser dans la maison. J'allais l'enlacer pour le soutenir. Lorsqu'il me reconnut, il s'arrêta, puis me projeta au sol. Je le regardai, stupéfaite. — Elle est partie ! Ta mère s'est barrée avec un autre homme ! Hurla-t-il. Une larme coula le long de ma joue et j'étouffai un sanglot. — Arrête de pleurer, on dirait ta mère ! Tu n'es qu'une faible. Cria mon père. Fin du flashback. Cela fait sept ans, bientôt huit, que je ne dors presque plus, hantée par tous ces souvenirs horribles. J'ai eu une enfance plutôt difficile, car mon père est un alpha autoritaire qui n'aime pas la faiblesse. Après le départ de ma mère, il n'a plus jamais été le même. Elle s'était tirée en me laissant avec lui, seule entre ses mains. Il est devenu hystérique. À ce jour, je déteste ma mère. Elle m'a abandonnée sans se soucier de moi ni de lui. Ce soir-là, quand je l'ai vue partir, c'était pour rejoindre son âme sœur. En effet, j'étais le fruit d'un couple qui n'était pas fait pour être ensemble. J'emploie ce terme, car je suis une fille d'alpha et que je vis dans une meute. Je suis en effet une louve. Je ne suis pas la plus heureuse, mais j'ai mes avantages. Je suis dominante grâce à mon père. Je suis, malgré moi, le portrait craché de ma mère, ce qui me révolte au plus haut point. Chaque matin, en me regardant dans le miroir, j'ai envie de vomir. Elle me dégoûte tellement... pourquoi ai-je dû lui ressembler autant ? Je finissais de boire mon verre de jus d'orange quand on sonna à la porte. J'allais ouvrir, car je savais que mon père ne le ferait pas. Il avait tout abandonné. La meute souffrait, car mon père n'était pas devenu plus tendre ; il était même devenu un monstre. Il buvait à longueur de journée, jusqu'à la nuit. Puis, la nuit venue, il recommençait. Il ne s'arrêtait jamais. Il était déjà impulsif avant ; maintenant, c'est pire. Si j'ai le malheur de croiser sa route, je vais passer un mauvais quart d'heure. Mon père était si déçu par le comportement de ma mère qu'il avait tenté de se suicider. Je pense qu'il aurait mieux fait. J'aimais mon père, du moins... je l'aimais. Mais je l'avais sauvé. Puis, il s'était mis en tête de retrouver la responsable de son état et de lui faire regretter. Il a alors formé la meute au combat et épargné les enfants. Mais moi, j'y suis passée. J'ai dû apprendre à me battre plus que quiconque, car j'étais sa fille unique. Je n'aurais jamais cru que ma vie tournerait si vite au cauchemar. En fait, ça ne pourrait pas être pire. Chaque jour, je subis les accès de colère de mon père. Combien d'hématomes recouvrent ma peau ? Combien de côtes se sont fracturées sous ses coups ? J'ai arrêté de compter il y a cinq ans. Deux mois après le départ de ma « mère », il a commencé à me frapper. Il m'accusait de lui porter malheur ou de trop lui ressembler. J'ai actuellement dix-sept ans et je n'attends qu'une seule chose : que tout cela cesse. J'ouvris la porte et découvris un bouquet de roses rouges tendu par un homme blond. Plutôt musclé, il dégageait une aura imposante. Un alpha.— JOYEUX ANNIVERSAIRE ! crie-t-il. — Merci… Tu m’as manqué ! dis-je. — Toi aussi, Amber ! Tu as changé ! dit-il en riant. — Ah bon ? — Tu es plus grande qu’avant ! Tu mesures combien ? — Euh… un mètre soixante-deux. — Ah ouais, quand même ! Mais je te dépasse toujours. — Heureusement ! dis-je en riant. Nous rigolons et il pointe mon œil. Je porte un sweat à capuche noir. — C’est lui qui t’a fait ça ? grogne-t-il. Je grimace. — Qui d’autre ? Il soupire et passe un bras autour de mes épaules. Je prends mon sac qui me sert de bagage et nous sortons à l’extérieur. Le soleil est déjà levé dans le ciel et il n’y a presque pas de nuages, ce qui nous promet une belle journée. Nous montons dans sa voiture et il roule à travers la ville. Je vois les buildings défiler et de magnifiques palmiers compléter le décor. Nous passons devant une superbe plage le long de la côte. C’est magnifique. — Tu as pris la bonne décision, me dit-il. — Peut-être… ou peut-être pas. — Pourquoi ça ? d
Après m’être faite torturer toute la soirée, je m’en étais sortie avec la jambe cassée et un énorme coquard à l’œil gauche. Évidemment, tout ça allait disparaître dans moins de quatre heures. J’avais perdu connaissance au cours d’un combat sous ma forme lupine avec mon père et m’étais réveillée sur le sol, au milieu des débris.Il était vingt-trois heures lorsque je suis remontée dans ma chambre. Mon père était parti chercher du vin, alors j’en avais profité pour regarder la télévision, la seule chose qui était restée intacte.Il est actuellement deux heures quarante-cinq du matin et je suis en train de préparer mon sac.Je prends mes papiers d’identité et ma carte bancaire avant d’ouvrir discrètement la porte de ma chambre. Je jette un coup d’œil par-dessus la rambarde des escaliers et aperçois mon père endormi sur le canapé, une bouteille d’alcool vide entre les mains. Je secoue la tête de droite à gauche, déçue.Je retourne dans ma chambre et vais ouvrir la fenêtre. Je me glisse à
Le placard en bois solide, massif céda sous mon poids et la violence de l'impact. Je rattrapai le meuble qui basculait sur moi, bandant mes muscles pour le soulever.J'vais vraiment me faire tuer.Sans réfléchir, je le balançai vers mon père. Le meuble l'écrasa contre le mur. Il hurla, un cri de rage plus que de douleur.Je déguerpis.— AMBER ! JE VAIS TE TUER !Sa voix déchira le silence de la maison. Je courus sans me retourner, faisant abstraction de ses menaces. Si personne ne l'avait entendu, c'est que les murs étaient sacrément bien isolés. Tant mieux pour ma réputation.Je grimpai au troisième étage, déboulai sur le toit-terrasse. La pluie avait cessé, laissant place à un ciel chargé. Je renversai une table en bois et me plaquai derrière, le cœur cognant dans ma poitrine.Plan de génie. Vraiment.Une heure passa. Peut-être deux. Le froid commençait à engourdir mes doigts, mes blessures à se refermer lentement. J'osai espérer qu'il avait abandonné.Mais c'était mal le connaître
D'ailleurs, mes vrais amis, au lycée, ont toujours été des humains.Bizarre, non ? Je n'ai jamais pu blairer toutes ces louves qui se pavanent, qui tournent autour des mâles les plus populaires pour se faire une réputation. En vrai, les humaines font pareil. Mais pas toutes. Et c'est ça qui m'a plu.Après avoir vérifié que tout était en ordre sur le territoire, je repris forme humaine. Il n'était que midi. Je n'avais pas envie de rentrer, pas envie de voir mon père. Alors je traînai en ville.Pendant des heures.Mon portable vibra. Puis vibra encore. Puis encore. La voix de mon père, hurlant dans ma tête que je ferais mieux de rentrer. Et qu'est-ce que j'ai fait ?Je l'ai envoyé bouler.À peine le message parti, j'aurais voulu le rattraper. Parce que je savais, au fond de moi, ce qui m'attendait. Alors je traînai encore. Je fis exprès de ne pas rentrer.La pluie tombait toujours quand je poussai la porte d'un bar. De toute façon, demain je me casse. Enfin, cette nuit. Parce qu'à minui
Le lendemainAprès une soirée à courir dans toute la villa pour échapper aux griffes de mon père, et une nuit à subir ses coups chargés d'alcool et de haine, je me levai une énième fois, les muscles en compote.Ce matin, mon père voulait que j'aille faire le tour du territoire. Je n'avais même pas cherché à savoir pourquoi, j'aurais regretté de poser la question. Et puis honnêtement, je m'en fichais. Ça me donnait une excuse pour sortir, pour respirer, pour exister ailleurs que dans l'ombre de sa violence.Je ne pris même pas la peine de retirer mes vêtements de la veille. Chez nous, pas besoin. La transformation ne les déchire pas, un avantage pratique quand on vit dans une meute où on passe son temps à passer du loup à l'humain.J'ouvris la porte. La pluie tombait toujours, lourde et grise, comme la veille. Je soupirai et m'élançai dans le village.Je courus jusqu'à la lisière de la forêt, pris mon élan et sautai dans les airs. Mes os craquèrent, mon corps se recomposa dans un feu r
J'avais une autre amie ici, Mia. Elle est très gentille, c'est la seule qui sait que mon père me bat. Néanmoins, je n'accorde toute ma confiance qu'à Florian. Il a toujours su que mon père me battait, je n'avais pas eu besoin de le lui dire. Un jour, il m'avait protégée. Depuis, nous étions devenus inséparables. Jusqu'à son départ. Je ne lui en voulais pas : il avait le droit d'avoir une belle vie.— Apparemment. Et sinon, toi ? Comment c'est, Los Angeles ?— Ma nouvelle meute est géniale. Bon, l'Alpha suprême est très autoritaire, mais on s'entend bien !Je recrachai presque tout mon lait et mes céréales.— Non !? Tu as intégré la meute la plus puissante du monde ?! J'en reviens pas ! m'écriai-je.Il rigola.— Ouais ! Je rêve, ou tu as recraché ce que tu mangeais ?Je regardai la table : une flaque de lait et des céréales éparpillées.— Euh… non, tu ne rêves pas, dis-je, coupable.Il éclata de rire. J'éloignai mon téléphone un instant.— Tu ne changeras jamais ! Et comment vont mes p







