LOGINTrois ans après ma mort, mon mari s'est enfin souvenu de moi. Parce que sa précieuse amie d'enfance a rechuté d'une leucémie myéloïde, et qu'elle a de nouveau besoin d'une greffe de cellules souches hématopoïétiques. Il s'est rendu à l'adresse où j'habitais autrefois, dans l'intention de me faire signer un formulaire de don. Mais il a découvert que l'appartement était vide depuis bien longtemps. Alors il est allé se renseigner auprès des voisins. L'un d'eux lui a dit : « Vous parlez de Coco ? Elle est morte depuis un moment, la pauvre. On raconte qu'on l'a forcée à donner sa moelle alors qu'elle était déjà malade. Et à peine revenue chez elle, elle a rendu son dernier souffle. » Il a refusé d'y croire, convaincu que les voisins et moi étions de mèche pour lui jouer un sale tour. Agacé, il s'est tourné vers le voisin et a lancé d'un ton excédé : « Si jamais vous la croisez, dites-lui que si elle ne se montre pas dans les trois jours, je ne verserai plus un centime pour les frais médicaux de son sale gamin. » Le voisin, voyant qu'il n'y avait rien à tirer de lui, a secoué la tête et s'est éloigné en murmurant : « Le pauvre gosse... il est mort de faim depuis longtemps, lui aussi... »
View MoreLéa est repartie le visage livide, vacillante comme une âme en peine.Elle aussi semblait sombrer peu à peu dans la folie tour à tour en larmes, puis prise d'un rire nerveux, incohérent.Pendant ce temps, Louis est revenu à l'intérieur de la maison. Il s'est mis à nettoyer méticuleusement les urnes funéraires contenant les cendres de mon fils et les miennes.J'ai oublié de le dire : il était allé les récupérer au crématorium quelques jours plus tôt.Une couche épaisse de poussière s'était déjà déposée sur les boîtes, et Louis, le geste lent, presque cérémoniel, les a essuyées soigneusement à l'aide d'un chiffon, comme s'il cherchait à polir le chagrin, à réparer l'irréparable.Depuis quelque temps, je ne parvenais plus à retenir mon fils.Son âme s'était allégée au point de pouvoir s'éloigner, s'élancer où bon lui semblait, libre enfin. Mais moi, j'étais toujours là. Prisonnière, encore liée à Louis.Je savais que le moment était venu de lui dire adieu.Cette nuit-là, j'ai pris mon e
Cette nuit-là, Louis n'est pas reparti.Il a dormi dans la chambre où mon fils et moi avions l'habitude de dormir.Je ne sais pas ce qu'il avait en tête.Autrefois si indifférent à notre existence, à quoi bon jouer à présent cette comédie de tendresse ? Pour qui, sinon pour lui-même ?Au petit matin, il a pris la voiture pour se rendre au bourg, d'où il est revenu les bras chargés d'outils agricoles faucille, gants, serpe.De retour, il a retroussé ses manches et s'est mis au travail dans la cour.Nous étions en plein cœur du mois de juillet.Le soleil plombait, sans un souffle d'air. La chaleur était suffocante.Mais il n'a pas levé les yeux, concentré sur les herbes folles qu'il arrachait une à une, taillant les rosiers déchaînés et les hortensias desséchés, comme s'il ne ressentait rien de cette fournaise de près de quarante degrés.Lorsqu'il avait soif, il buvait quelques gorgées d'eau minérale. Quand la faim le prenait, il mordait sans appétit dans du pain rassis acheté en ville.
Louis s'est effondré sur le canapé, n'a cessé de secouer la tête et a répété, encore et encore, d'une voix brisée :« C'est impossible... Je ne lui ai même pas encore pardonné... Comment a-t-elle pu mourir ? »J'ai ri. Un rire silencieux, tordu de larmes.Alors c'était donc ça, la raison pour laquelle je n'avais pas le droit de mourir ?Parce que lui ne m'avait pas encore accordé son pardon ?Il a ramassé son téléphone, l'a rallumé, et a de nouveau ouvert l'album contenant la seule photo de lui et notre fils.En la regardant, ses épaules se sont mises à trembler.Deux larmes silencieuses ont glissé et se sont écrasées sur l'écran.Il s'est levé d'un bond, s'est précipité hors de la villa, comme s'il avait été frappé en plein cœur.Même en conduisant, ses mains ont continué à trembler.Il a de nouveau arrêté sa voiture devant la petite maison où j'avais vécu avec notre fils.En quelques jours, il y est revenu plus souvent que pendant toutes les années écoulées.Je n'ai pas su s'il fall
Après avoir suspendu ma carte, Louis n'a pas reçu l'appel désespéré qu'il espérait.À la place, ce sont les conclusions de l'enquête du détective privé qui lui sont parvenues.Il lui avait envoyé un bon nombre de documents, parmi lesquels plusieurs captures d'écran d'articles publiés.[CHOC ! Une mère et son enfant retrouvés morts à domicile, plusieurs jours après leur décès]L'article n'était pas très long. Le nom exact du village n'y figurait pas, mais celui du bourg, oui.Et la photo d'illustration... c'était celle de la petite maison où j'avais vécu.Louis l'a immédiatement reconnue.Il est resté figé, pétrifié devant l'écran, les yeux rivés sur les lignes.Mais il a refusé d'y croire.Il a sorti son téléphone pour m'appeler toujours ce même message mécanique : ce numéro n'existe pas.Il s'est mis à envoyer des appels vocaux via WhatsApp, frénétiquement.Aucun n'a été décroché.Et soudain, comme pris d'un doute aigu, il a ouvert l'application bancaire installée sur son téléphone.I






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