LOGIN-"Bonjour Rebecca, tu en as mis du temps," me dit-il de cette voix grave en se retournant enfin.
Tout mon corps fut aux aguets attendant avec une certaine appréhension la suite. Ma bouche devint subitement pâteuse alors qu'il prit tout son temps à scruter mon corps avec ce regard ardent à me faire baisser la tête peu habituée à être l'objet de désir profond de cet homme puissant et pourtant fort troublant qui ne me voulait pas comme les nombreux hommes que j'avais eu le malheur de côtoyer dans ma vie, non, cet homme secret où planait autour de lui un mystère que je donnerais cher à découvrir, voulait me plonger dans un univers qu'il aimerait que je découvris avec lui. Ce monde aussi troublant que son maître néanmoins demeurait un supplice pour mon être qui le frôlait à chaque minute, à chaque seconde que j'étais en sa compagnie. Vénérer! C'était le mot qui se lisait dans ses aigue-marine brillant intensément pour moi. Cet homme voulait vénérer, mon corps, chaque parcelle de ma peau, tout ce qui avait un rapport avec moi que ça en devenait d'un érotisme effrayant mais toujours sensuel. D'une telle sensualité et de douceur et de force mêlée dans son si beau regard que je voulais m'y plonger, m'y noyer, m'abandonnant entièrement à lui. Me soumettre, pour être plus précis. -"Becca..." Cette voix. La même qui me poussait à oublier mes principes que je croyais fondamentaux. Relevant la tête à l'entente de sa voix virile et féroce, mon souffle se bloqua au niveau de ma poitrine en le voyant à quelques centimètres de moi m'effleurant de ses yeux bleus limpides et carnassiers ne voulant point approcher davantage au risque de commettre ce que nous craignions le plus alors que de nos regards s'étaient nés un désir des plus féroces, des plus indomptable et des plus fiévreux. -"Bonjour, Monsieur Hades," parvenais-je à articuler sentant son regard se poser dangereusement sur les courbes de mon corps en proie à de doucereux vertiges le sachant si près mais pourtant si loin de moi alors qu'une petite voix me hurlait qu'une seule et unique chose; de le ressentir sur ma peau brulante et en manque de ses caresses, de ses lèvres qui m'avait empêché de sombrer dans le sommeil et de cette bouche que je voulais sur ma peau la marquant à multiples reprises et me faire sienne. -"Tu es ravissante," me complimenta-t-il en se mouvant prudemment tel un prédateur prêt à abattre sa proie tandis que dans quelques minutes, je serais désormais sous son emprise et qu'il allait me dévorer, sentant son regard de plus en plus pesant sur moi. Remontant depuis mes jambes jusqu'à mon ventre plat à mes seins dont les tétons s'étaient durcis et ma nuque qui réclamait ses baisers coquins, ses aigue-marine passèrent au peigne fin mon corps appréciant chaque millimètre de ma peau avant que ses yeux s'accrochèrent aux miens qui le dévisageaient sans aucune gêne savourant nos jeux de regards essayant en vain de déduire qui ferait le premier pas. -"Merci," dis-je enfin pour briser la glace. -"Alors tu travailles ici?" Il sourit comme à son habitude à chaque fois où je ne trouvais rien à dire. -"Oui, Rebecca." -"Et tu fais quoi?" -"Tu n'as fait aucune recherche sur moi?" me demanda-t-il surpris. -"Aucune, Monsieur Hades. Aurais-je dû le faire?" -"Tu me surprends, Rebecca mais j'avoue que tu m'épates." -"Je voulais entendre ton prénom de ta bouche et non sur le net," lui avouais-je en risquant un regard vers sa direction alors que je le vis se rapprocher lentement de moi. -"C'est la seule chose que tu veux de ma bouche?" Ma bouche s'ouvrit sans qu'aucun son ne pût en sortir avant de sentir la sienne sur ma nuque l'embrassant tendrement, amoureusement tandis qu'un gémissement longtemps retenu s'y échappa faisant cet homme énigmatique grognait de pur plaisir contre ma nuque. Me retournant enfin pour me plonger dans cet océan qu'était ses beaux yeux, je n'eus guère le temps de répliquer qu'il osa tenter l'impensable. Avec une force et une ardeur à m'en couper le souffle, il m'embrassa comme aucun autre homme ne m'avait jadis embrassé possédant entièrement ma bouche alors que sa langue l'y envahit me faisant gémir incontrôlablement contre sa bouche, génitrice de notre plaisir. Nos langues se cherchèrent, se taquinaient avant d'entamer une chorégraphie lente et douce que nous venions d'inventer puis finirent par danser une salsa endiablée. Sa main se posa sur ma taille la maintenant, l'enserrant pour que je ne me détachais point tandis que son autre main tira légèrement mes cheveux en arrière dans l'unique objectif d'approfondir notre baiser et laisser nos langues faire plus ample connaissance. Son grognement bestial fut une délivrance en sachant qu'il ressentait le même désir et la même passion qui nous poussait petit à petit sur son bureau. Ses mains rugueuses me soulevèrent pour finir par me déposer sur son bureau. -"Je te connais à peine," lui dis-je haletante, la respiration saccadée. -"Je sais, mon ange. Alors nous faisons quoi?" Il me regarda ne sachant plus quoi faire tout comme moi alors que la solution se trouvait sous nos nez; celle de nous laisser aller, emporter par ce désir grandissant. Ma main remonta vers son visage caressant ses reliefs avant qu'il ne vint la saisir y déposant de multiples baisers tous coquins. -"Qui es-tu, bon sang!" m'exclamais-je à bout, les yeux fermés gémissant de plus en plus fort. -"Qui veux-tu que je sois pour toi, Rebecca?" répliqua-t-il d'une voix de gorge, ses aigues-marines larmoyants d'un désir brut et sauvage à m'en faire défaillir impuissante de ce que je ressentais pour ce parfait inconnu. -"Sois à moi et moi à toi..."Connors Trois ans plus tard, -"Était-ce le nouveau départ que tu désirais?" me demanda cette voix que je ne me lasserais jamais d'entendre. Elle m'avait déjà posé cette question, trois ans auparavant après la mort de Conrad. -"Qu'entends-tu par nouveau départ?" m'avait-elle questionné. Je souris en repensant à son froncement de cils, à ses yeux gris percutants et à ce sourire timide qui venaient de colorer ses joues. Je m'étais tus immédiatement, préservant le mystère. Elle avait gigoté dans mes bras, ses beaux yeux gris m'implorant de lui révéler mes désirs les plus secrets, curieuse comme elle l'était. Je l'avais embrassé aussitôt et elle avait cessé de se débattre répondant à mon baiser alors que je songeais déjà à notre future ensemble sans épée de Damoclès au dessus de nos têtes. L'unique pensée qui trottait inlassablement dans ma tête fut de faire les choses convenablement pour cette fois. Cette deuxième chance était un miracle inespéré que je n'allais pas gâcher. Ce
Quelques mois plus tard.-"Ma Becca?" Mes paupières se fermèrent à cette intonation suave proche de ma nuque alors que j'endiguais ce long frisson qui venait de me parcourir. Tremblante, sa main resserra son emprise sur la mienne, les nouant tandis que ses lèvres scellaient un doux baiser sur ma tête. Depuis le début du procès d'Elena, sa main demeurait toujours sur la mienne l'enveloppant, diffusant sa candeur qui me réconforta.N'osant relever la tête, sentant cette paire d'aigues-marines dardait sur moi un lourd regard teinté de reproches devant mon entêtement de l'avoir accompagnée au tribunal, je priais pour que cette journée se terminait le plus tôt possible alors qu'elle venait à peine de commencer. -"Ce sera bientôt terminé," murmura cette voix familière chaudement au creux de ma nuque comme s'il lisait dans mes pensées. Assemblant le peu de courage qui me restait, j'osais finalement me noyer dans cet océan qu'était ses beaux yeux bleus en rejetant ma tête en arrière. Mon s
Ma tête reposa sur son dos, nos doigts entrelacés, mes mains mouillées de ses larmes. Il avait certes cessé de pleurer depuis longtemps pourtant Connors demeura blotti dans mes bras. Plongé dans un agréable silence, nous restions ainsi devant la tombe de Conrad. Ni lui ni moi n'osa briser ce silence apaisant. Admirant le ciel, j'aperçus que le soleil allait bientôt se coucher. Voyant les couleurs rougeâtres baignant le ciel, une larme roula le long de ma joue. Quelle vue spectaculaire.Ce fut magnifique. Mon coeur se serra alors que je m'extasiais devant l'horizon. Conrad ne verrait plus le coucher du soleil désormais. J'espérais toutefois où qu'il fut, il était heureux. Une brise vint caresser aussitôt mon visage à cette simple pensée. Mon coeur se gonfla d'affliction en repensant à lui. Un tumultes de sentiments tiraillaient mon âme. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'il nous avait quitté. Tout me parut trop irréel. Me sentant observée, mes yeux s'arrimèrent à cette p
-"Tout ceci est de votre faute!" murmura Rosalie, son visage baigné de larmes. La gifle atterrit aussitôt sur ma joue. Lorsque je m'étais réveillée, ma partie égoïste mais surtout lâche regrettait amèrement que je pus me réveiller. La mort d'Alexander, de Conrad, de mon bébé...J'étais détruite. Je me sentis coupable. Et voir Rosalie le lendemain matin à ma sortie d'hôpital ne fit qu'accuentuer ce sentiment d'infamie et de déshonneur. La douleur me transperça cependant je me tus. Au fonds de moi, je savais pertinemment qu'elle avait raison et que je méritais cette gifle. J'endiguais la douleur, le souffle court avant de relever la tête croisant ses yeux bleus, eux aussi des aigue-marines. -"Rosalie," s'écria Connors, hors de lui. Il s'interposa devant sa mère, la faisant brusquement reculer tentant d'atténuer sa colère. Néanmoins, son regard demeurait le même. Il était haineux, désespéré et affligé. Rosalie me scruta longuement, les mains en forme de poings. -"Laisse, Connors
Je donnerais cher rien pour retourner en arrière. Rien que pour changer ce jour. Rien que pour éviter ce drame. Une douleur lancinante transperça mon coeur. Elle me coupa le souffle, ravivant des sentiments enfouis que j'avais enterrés. L'impuissance, le regret, la tristesse...Un tumulte de sentiments me tiraillait lorsque son corps tomba sur le mien. La balle ne m'avait pas atteinte. Du moins pas physiquement. Toutefois, malgré le fait que je ne fus pas blessée, ce n'était pas pour autant que mes yeux s'emplissaient de larmes et que mon corps fut secoué d'incontrolables spasmes. Voir son corps tomber lourdement sur le mien, ressentir ses sentiments auparavant inébranlables mais désormais contradictoires bravant l'interdit qui comprimaient ma poitrine, reconnaître la personne qui me terrorisait se mettre devant moi tel un bouclier, me protégeant, je priais intérieurement que tout ne fut qu'un mauvais rêve et que j'allais bientôt me réveiller. Malheureusement, ce n'était pas u
Le cruel destin qui s'ouvrait à moi avait ma mort au bout de ce long chemin. Tôt ou tard, j'allais certes mourir mais je n'avais jamais cru que cela se passerait de la sorte. Me voilà piégée. Capturée, pour dire vrai. Les chances étaient minces pour m'enfuir et le pire fut que mes crampes au ventre s'ajoutaient à mon malheur. Affaiblie, je fermais brièvement les yeux, les douleurs s'intensifiant. Le soleil s'était déjà couché depuis bien longtemps amenuisant mes espoirs de revoir un jour Connors. Certes, cela ne faisait même pas une journée que j'étais leur captive pourtant les heures s'éternisaient et ma peur ne fit que s'accroître. Jetant un brin coup d'œil à l'horloge, je compris que dans quelques heures, nous serons baigné dans le noir des plus complets. Il était déjà dix neuf heures et toujours aucun signe de Connors. Ma détermination pourtant demeurait intact. Je pourrais bien m'échapper pendant la nuit. C'était ma seule et unique chance même si cette dernière me parais







