LOGIN-"Matt..."
Ma voix fut voilée par un sentiment de peur dès que j'aperçus ses yeux verts me circonstanciés avec une lueur presque malsaine à me donner des cauchemars. Sa poigne se fit plus forte me faisant grimacer de douleur. Un gémissement de douleur s'échappa de mes lèvres avant que mes yeux se voilèrent de larmes incapable d'en supporter plus sentant ses doigts transpercer ma chaire. Trois mois s'étaient passés depuis notre rupture et depuis que je l'avais humilié au campus, Matt ne m'avait point adressé la parole me dévisageant toujours avec ce sempiternel regard haineux à chaque fois où j'eus le malheur de le croiser alors que la plupart des étudiants comportaient des ragots sur la longueur de son membre, voulant prouver si je disais la vérité ou pas. Pourtant, au bout de quelques semaines, cette histoire s'était rapidement fait oublié laissant apparaitre d'autres sujets de conversations plus attrayants que sur mon ex. Néanmoins, on dirait que cette histoire était toujours coincée dans sa gorge vu le regard qu'il me lançait. -"Lâche moi, Matt," articulais-je chaque mot d'un brin menaçant pour que ça rentra dans sa tête. Pourtant, cela eut que l'effet inverse car il serra davantage mon poignet avant que sa main me lâcha subitement sous mon regard incrédule dès qu'une masse sombre se jeta sur lui comme un fauve prêt à déchiqueter sa proie et le laisser en lambeaux. Je n'eus le temps que de hurler le prénom de mon ex que l'inconnu aux yeux bleus le plaqua contre le mur laissant des cris d'effroi faire office de musique dans le bar. -"Relâchez le, je vous en prie," essayais-je de le calmer en le voyant hors de lui prêt à frapper Matt. -"Donnez moi une seule bonne raison de ne point le frapper!" me dit-il tenant toujours le col de chemise de Matt qui essayait de se débattre en vain. Des secondes s'écoulèrent alors que j'essayais de trouver une bonne raison de ne point le frapper mais aucune ne me vint à l'instant. Y avait-il une raison saine et logique aussi infime soit-elle pour que Matt se soit pas réduit en bouilli? La prise sur la gorge de Matt se fit soudain forte quand l'inconnu comprit qu'aucune raison ne pourrait hélas point le sauver de ce qui l'attendait. Les yeux de Matt voulurent sortir dans leurs orbites. Un mince sourire s'étira sur le visage d'Aigre-marine. -"Tu aimes voler les femmes et les faire du mal, n'est-ce pas?" commença ce dernier. -"Je te retourne la question que ressens-tu quand j'ai désormais ta vie dans ma main?" Sur ses paroles, il le relâcha aussitôt tandis que Matt s'échoua lamentablement sur le sol tel le moins que rien qu'il était, tenant sa gorge dans sa main, peinant à reprendre sa respiration sous mes yeux choqués. Il murmura des paroles incompréhensibles en étirant un sourire à m'en donner des sueurs froides tout en me détaillant de la tête aux pieds avant que l'inconnu le replaqua à nouveau contre le mur dans un bruit terrifiant et d'une telle force que la tablette à côté de lui s'écrasa lourdement sur le sol. -"Ose t'approcher de Rebecca et tu seras comme ses bouteilles," le menaça-t-il, les traits durcis. -"En mille morceaux!"cracha-t-il d'une voix dure. S'écroulant une seconde fois sur le sol, Matt n'osa plus me regarder. L'inconnu, au contraire, se retourna vers moi, inquiet en prenant ma main, scrutant ma peau à l'affut de la moindre égratignure alors que je sentais mon coeur prêt à me lâcher. -"Vous allez bien, Rebecca?" me demanda-t-il, en éliminant la distance qui nous séparait, enroulant les pointes de mes cheveux roux autour de son doigt tandis que ma respiration se fut erratique. -"Oui, oui," répliquais-je rapidement, mes yeux ne pouvant point se détacher de celui du corps de Matt qui gisait sur le sol inconscient. -"Il ne vous fera plus de mal maintenant," me rassura-t-il au creux de mon oreille d'une voix apaisante sans être dénoué de cette force qui s'émanait de lui naturellement et qui me faisait me sentir en sécurité comme dans un cocon. -"Je vous en donne ma parole, ma tendre." -"Comment pouvez-vous en être si sûr?" ne pouvais-je m'en empêcher de lui demander doutant un peu de ses paroles sachant pertinemment que Matt risquait un jour de se venger de lui ou de moi. Plutôt de moi car j'étais la plus vulnérable de nous deux. -"Faites moi confiance, Rebecca," m'incita l'inconnu. -"N'est-ce pas trop pour une nuit alors que je vous connais à peine?" répliquais-je rejetant ma tête en arrière pour me plonger dans la profondeur de cet océan, de ses yeux bleus. -"Vous avez raison sur un point, Rebecca. Allons-nous en, ce serait mieux. Alexander s'occupera de votre ex. Ne vous inquiétez plus sur son sort, il ne le mérite pas." -"Ne le jugez pas si sévèrement," lui dis-je, en sortant du bar. -"Après tout ce qu'il vous a fait, vous l'aimez toujours?" -"Non, j'ai peur qu'il meurt et que vous irez en prison," lui avouais-je. -"Rien ne pourra m'arriver, ma douce," me dit-il, un sourire aux lèvres, me tendant pour la seconde fois de la soirée sa main rugueuse tandis que je rougis à l'entente de ses paroles. -"Allons dîner." Pourquoi pas? Ma main se posa sur la sienne mais au lieu de l'enserrer, il y déposa un doux baiser puis entrelaça nos mains ensemble pour enfin aller dîner.Connors Trois ans plus tard, -"Était-ce le nouveau départ que tu désirais?" me demanda cette voix que je ne me lasserais jamais d'entendre. Elle m'avait déjà posé cette question, trois ans auparavant après la mort de Conrad. -"Qu'entends-tu par nouveau départ?" m'avait-elle questionné. Je souris en repensant à son froncement de cils, à ses yeux gris percutants et à ce sourire timide qui venaient de colorer ses joues. Je m'étais tus immédiatement, préservant le mystère. Elle avait gigoté dans mes bras, ses beaux yeux gris m'implorant de lui révéler mes désirs les plus secrets, curieuse comme elle l'était. Je l'avais embrassé aussitôt et elle avait cessé de se débattre répondant à mon baiser alors que je songeais déjà à notre future ensemble sans épée de Damoclès au dessus de nos têtes. L'unique pensée qui trottait inlassablement dans ma tête fut de faire les choses convenablement pour cette fois. Cette deuxième chance était un miracle inespéré que je n'allais pas gâcher. Ce
Quelques mois plus tard.-"Ma Becca?" Mes paupières se fermèrent à cette intonation suave proche de ma nuque alors que j'endiguais ce long frisson qui venait de me parcourir. Tremblante, sa main resserra son emprise sur la mienne, les nouant tandis que ses lèvres scellaient un doux baiser sur ma tête. Depuis le début du procès d'Elena, sa main demeurait toujours sur la mienne l'enveloppant, diffusant sa candeur qui me réconforta.N'osant relever la tête, sentant cette paire d'aigues-marines dardait sur moi un lourd regard teinté de reproches devant mon entêtement de l'avoir accompagnée au tribunal, je priais pour que cette journée se terminait le plus tôt possible alors qu'elle venait à peine de commencer. -"Ce sera bientôt terminé," murmura cette voix familière chaudement au creux de ma nuque comme s'il lisait dans mes pensées. Assemblant le peu de courage qui me restait, j'osais finalement me noyer dans cet océan qu'était ses beaux yeux bleus en rejetant ma tête en arrière. Mon s
Ma tête reposa sur son dos, nos doigts entrelacés, mes mains mouillées de ses larmes. Il avait certes cessé de pleurer depuis longtemps pourtant Connors demeura blotti dans mes bras. Plongé dans un agréable silence, nous restions ainsi devant la tombe de Conrad. Ni lui ni moi n'osa briser ce silence apaisant. Admirant le ciel, j'aperçus que le soleil allait bientôt se coucher. Voyant les couleurs rougeâtres baignant le ciel, une larme roula le long de ma joue. Quelle vue spectaculaire.Ce fut magnifique. Mon coeur se serra alors que je m'extasiais devant l'horizon. Conrad ne verrait plus le coucher du soleil désormais. J'espérais toutefois où qu'il fut, il était heureux. Une brise vint caresser aussitôt mon visage à cette simple pensée. Mon coeur se gonfla d'affliction en repensant à lui. Un tumultes de sentiments tiraillaient mon âme. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'il nous avait quitté. Tout me parut trop irréel. Me sentant observée, mes yeux s'arrimèrent à cette p
-"Tout ceci est de votre faute!" murmura Rosalie, son visage baigné de larmes. La gifle atterrit aussitôt sur ma joue. Lorsque je m'étais réveillée, ma partie égoïste mais surtout lâche regrettait amèrement que je pus me réveiller. La mort d'Alexander, de Conrad, de mon bébé...J'étais détruite. Je me sentis coupable. Et voir Rosalie le lendemain matin à ma sortie d'hôpital ne fit qu'accuentuer ce sentiment d'infamie et de déshonneur. La douleur me transperça cependant je me tus. Au fonds de moi, je savais pertinemment qu'elle avait raison et que je méritais cette gifle. J'endiguais la douleur, le souffle court avant de relever la tête croisant ses yeux bleus, eux aussi des aigue-marines. -"Rosalie," s'écria Connors, hors de lui. Il s'interposa devant sa mère, la faisant brusquement reculer tentant d'atténuer sa colère. Néanmoins, son regard demeurait le même. Il était haineux, désespéré et affligé. Rosalie me scruta longuement, les mains en forme de poings. -"Laisse, Connors
Je donnerais cher rien pour retourner en arrière. Rien que pour changer ce jour. Rien que pour éviter ce drame. Une douleur lancinante transperça mon coeur. Elle me coupa le souffle, ravivant des sentiments enfouis que j'avais enterrés. L'impuissance, le regret, la tristesse...Un tumulte de sentiments me tiraillait lorsque son corps tomba sur le mien. La balle ne m'avait pas atteinte. Du moins pas physiquement. Toutefois, malgré le fait que je ne fus pas blessée, ce n'était pas pour autant que mes yeux s'emplissaient de larmes et que mon corps fut secoué d'incontrolables spasmes. Voir son corps tomber lourdement sur le mien, ressentir ses sentiments auparavant inébranlables mais désormais contradictoires bravant l'interdit qui comprimaient ma poitrine, reconnaître la personne qui me terrorisait se mettre devant moi tel un bouclier, me protégeant, je priais intérieurement que tout ne fut qu'un mauvais rêve et que j'allais bientôt me réveiller. Malheureusement, ce n'était pas u
Le cruel destin qui s'ouvrait à moi avait ma mort au bout de ce long chemin. Tôt ou tard, j'allais certes mourir mais je n'avais jamais cru que cela se passerait de la sorte. Me voilà piégée. Capturée, pour dire vrai. Les chances étaient minces pour m'enfuir et le pire fut que mes crampes au ventre s'ajoutaient à mon malheur. Affaiblie, je fermais brièvement les yeux, les douleurs s'intensifiant. Le soleil s'était déjà couché depuis bien longtemps amenuisant mes espoirs de revoir un jour Connors. Certes, cela ne faisait même pas une journée que j'étais leur captive pourtant les heures s'éternisaient et ma peur ne fit que s'accroître. Jetant un brin coup d'œil à l'horloge, je compris que dans quelques heures, nous serons baigné dans le noir des plus complets. Il était déjà dix neuf heures et toujours aucun signe de Connors. Ma détermination pourtant demeurait intact. Je pourrais bien m'échapper pendant la nuit. C'était ma seule et unique chance même si cette dernière me parais







