로그인Il tourne enfin la tête vers moi. Ses yeux sont clairs, perçants malgré son air fatigué.
— Vous savez ce que vous risquez ? Vitale a des hommes partout. Si vous allez les voir, vous attirez l'attention sur elles.
— Je sais. Mais je ne peux pas les abandonner. C'était le vœu de Mathieu.
— Mathieu voulait surtout que vous soyez en sécurité.
— Mathieu est mort. C'est à m
Elena pose une main sur l'épaule de son fils.— Va jouer dans ta chambre, mon cœur. Je vais parler avec ta tante.Matteo me lance un dernier regard, puis court vers sa chambre. Je me relève, les jambes encore tremblantes.— Il est magnifique, dis-je à Elena. Il a ses yeux.— Et son caractère, ajoute-t-elle avec un sourire triste. Têtu comme une mule, mais tellement bon.Elle me sert un café, nous nous asseyons à la petite table de la cuisine. Je la regarde. Elle est jeune, trop jeune pour être veuve. Trop jeune pour vivre cachée, dans la peur.— Tu sais ce qui s'est passé ? demande-t-elle.— Je commence à comprendre. Ma mère m'a caché la vérité. Elle pensait bien faire. Mais j'ai découvert que Mathieu n'était pas un traître. Qu'il a été piég&ea
Je me lève, je le regarde dans les yeux.— Et si c'était ta femme ? Ta sœur ? La femme que tu aimes ? Tu la laisserais partir sans te battre ?Il ne répond pas. Il sait que j'ai raison.— Je vais la chercher, Marco. Et toi, tu vas m'aider.— Comment ?— Trouve-moi tout ce que tu peux sur Vitale. Il est au cœur de tout ça. C'est lui qui a manipulé son frère, qui a fait croire à la trahison, qui a poussé à l'exécution. Il a joué avec nous comme avec des marionnettes.— Et tu veux le détruire.— Je veux le tuer.Ma voix est calme. Froide. Celle que Marco connaît bien. Celle qui a fait ma réputation.— Mais d'abord, je veux retrouver Aude. Je veux la regarder dans les yeux et lui dire la vérité. Toute la vérité. Et ensuite, je veux qu'
Il tourne enfin la tête vers moi. Ses yeux sont clairs, perçants malgré son air fatigué.— Vous savez ce que vous risquez ? Vitale a des hommes partout. Si vous allez les voir, vous attirez l'attention sur elles.— Je sais. Mais je ne peux pas les abandonner. C'était le vœu de Mathieu.— Mathieu voulait surtout que vous soyez en sécurité.— Mathieu est mort. C'est à moi de décider maintenant.Il me regarde longuement, comme s'il cherchait une faille. Puis il sort un papier de sa poche, le glisse dans ma main.— L'adresse. Mais faites attention. Et si vous voulez vraiment les protéger, trouvez un moyen de faire tomber Vitale. Tant qu'il sera là, personne ne sera en sécurité.— Je vais le détruire.— Comment ? Un homme comme Vitale, ça ne se détruit pas avec d
Je pense à ce que Lorenzo m'a dit. "Des hommes qui avaient des familles, des enfants, des femmes qui les attendaient."— Alors ils ont voulu sa tête.— Oui. Mathieu a compris le piège trop tard. Il a essayé de s'enfuir, mais Vitale a bloqué toutes ses issues. Il a même prévenu les Lorenzini de sa planque. Pour eux, c'était la preuve ultime de sa trahison.— Et Vitale a gagné sur tous les tableaux.— Exact. Mathieu mort, les Lorenzini affaiblis, et toi, tu es devenue une ennemie potentielle de Lorenzo. Un pion de plus sur son échiquier.Je me lève, les jambes tremblantes. Tout se met en place. La mécanique est diabolique, parfaite. Vitale a joué avec nos vies comme un enfant joue avec des marionnettes.— Où sont Elena et Matteo ?Marco hoche la tête, comme s'il attendait la question.&
AudeL'adresse que m'a donnée Roberto mène à un entrepôt désaffecté dans le dix-neuvième arrondissement. La nuit est tombée depuis deux heures quand je me gare dans une rue étroite, le chien endormi sur le siège passager. Je ne l'emmène pas cette fois. Les lieux sont trop incertains.— Attends-moi, mon vieux. Je reviens.Il lève un œil, grogne doucement, puis se rendort. Fidèle mais pas curieux. J'aime ça.L'entrepôt est un bloc de béton gris, tagué, les fenêtres brisées. Une seule lumière vacille au troisième étage. Je pousse la porte métallique qui grince, et l'odeur de moisi et d'urine me prend à la gorge. Mon cœur bat plus vite. Chaque pas dans cet escalier de béton résonne comme un coup de feu. J'ai le pistolet dans mon sac, mes doigts effleurent la crosse. Juste au cas où.Au troisième palier, une porte est entrouverte. Je frappe quand même, par réflexe. Une voix rauque répond de l'intérieur.— C'est ouvert.Je pousse la porte. L'appartement est un studio minuscule, un ancien at
LorenzoLe dossier de Paolo est complet. Trop complet. Je sais maintenant tout de la vie d'Aude : son enfance sans père, son frère adoré, sa carrière solitaire, ses amitiés rares. Je sais qu'elle n'a pas eu d'homme sérieux depuis des années. Je sais qu'elle dort du côté gauche du lit, qu'elle a une cicatrice sur le genou droit d'une chute à vélo quand elle avait douze ans, qu'elle déteste les endives et adore les pâtes à la carbonara.Je sais surtout qu'elle n'est pas une manipulatrice. Qu'elle a vraiment été trompée. Qu'elle a vraiment souffert.Et ça, ça change tout.Marco entre dans le bureau, l'air embarrassé.— Lorenzo, il y a quelqu'un pour toi.— Qui ?— Chiara.Mon ex-fiancée. Celle qui est partie quand les affaires sont devenues trop dangereuses







