J’ai Épousé un Homme Qui N’Existait Pas

J’ai Épousé un Homme Qui N’Existait Pas

last updateLast Updated : 2026-09-01
By:  Wilson cherizierOngoing
Language: French
goodnovel18goodnovel
Not enough ratings
73Chapters
322views
Read
Add to library

Share:  

Report
Overview
Catalog
SCAN CODE TO READ ON APP

La nuit de noces choquante, la disparition du corps, l'absence de preuves d'existence, l'arrestation de Léa comme suspecte principale, sa descente aux enfers médiatique et judiciaire. Léa mène sa propre enquête, aidée d'Aubert. Elle découvre des fragments de l'identité fabriquée d'Adrien, remonte jusqu'à un réseau clandestin. Premiers flashbacks du vrai passé d'Adrien/Nathan. Rebondissement majeur : Adrien est vivant, il l'observe. Sa sœur Camille cache des documents sur leur père. Rimbaud apparaît comme un mentor bienveillant — fausse piste. Léa retrouve Adrien/Nathan, qui lui avoue une partie de la vérité mais pas tout. Romance toxique et confiance brisée. Révélation que le père de Léa n'est pas mort mais a orchestré sa propre disparition avec une fortune volée à Rimbaud. Nathan devait initialement séduire Léa pour récupérer des documents, mais est tombé amoureux. Double trahison, Camille kidnappée, montée en tension. Rimbaud révèle qu'il est en fait le véritable orchestrateur depuis le début, manipulant même Nathan. Le père de Léa refait surface, mort pour de vrai cette fois, dans des circonstances qui impliquent Rimbaud. Confrontation finale. Léa doit choisir entre venger son père ou sauver Nathan, dont la vraie identité est enfin révélée intégralement. Procès final, vérité publique, Léa se reconstruit — fin ouverte mais résolue, laissant entrevoir un nouveau départ authentique avec Nathan, cette fois sans mensonge.

View More

Chapter 1

Chapitre 1 — La Nuit de Noces

L'odeur du sang arrive avant la lumière.

Léa Fontaine tâtonne le long du mur, les doigts encore engourdis par le champagne, et cherche l'interrupteur de la suite nuptiale du Domaine des Tilleuls. Sa robe blanche traîne sur le parquet ancien, alourdie par la dentelle trempée — trempée de quoi, elle ne le comprend pas encore. Ses talons ont disparu quelque part entre la piste de danse et cet escalier qu'Adrien lui a fait gravir en riant, une bouteille de Dom Pérignon à la main, ses lèvres encore chaudes contre sa nuque.

« Adrien ? »

Sa voix se brise contre le silence. Un silence trop épais pour une nuit de fête. La musique du mariage résonne encore en bas, étouffée, presque indécente maintenant que quelque chose ne va pas.

L'interrupteur cède enfin sous ses doigts.

La lumière jaune de l'applique tombe sur le lit à baldaquin, sur les draps en soie ivoire qu'elle a choisis elle-même, sur les pétales de roses qu'une femme de chambre a dû disposer avec soin quelques heures plus tôt.

Et sur le corps d'Adrien, allongé, les yeux grands ouverts, une plaie béante au niveau de l'abdomen d'où s'écoule encore, lentement, un sang sombre qui a déjà imbibé la moitié du matelas.

Léa n'entend pas le cri qui sort de sa propre gorge. Elle ne sent pas ses genoux heurter le sol. Elle voit seulement les yeux de son mari — son mari depuis quatre heures à peine — fixer le plafond sans ciller, sans respirer, sans rien.

« Non. Non, non, non — Adrien ! »

Elle se traîne jusqu'au lit, plaque ses mains sur la blessure comme si la chaleur de sa peau pouvait recoudre la chair. Le sang est tiède. Encore tiède. Il vient de mourir. Il vient de mourir dans les minutes où elle était descendue chercher le second gâteau, celui à la pistache qu'il adorait, celui qu'elle voulait lui faire découvrir en cachette avant que les invités ne s'en emparent.

« À l'aide ! Quelqu'un ! »

Sa voix se déchire enfin, monte dans les aigus, traverse les murs épais du domaine, dévale l'escalier, s'engouffre dans la salle de réception où cent quatre-vingts invités trinquent encore à leur bonheur.

Les premiers arrivent en courant. Camille, sa sœur, en tête, sa robe de témoin relevée sur ses chevilles. Puis le maître d'hôtel. Puis des inconnus, des cousins d'Adrien qu'elle n'a rencontrés que ce soir, des amis de fac qu'il lui avait vaguement présentés en une phrase pressée.

« Léa, qu'est-ce que — »

Camille se fige sur le pas de la porte. Son regard va du corps sur le lit à sa sœur agenouillée, les mains rouges, la robe maculée.

« Appelez une ambulance ! Appelez la police, quelqu'un l'a tué, quelqu'un a tué Adrien ! »

Le chaos s'installe. Des cris, des flashs de téléphones qu'on éteint aussitôt par pudeur ou par instinct de préservation, des invités qui refluent vers les couloirs en état de choc. Camille attrape son téléphone, compose le 17, le 15, sa voix tremblant à peine pendant qu'elle articule l'adresse du domaine.

Les minutes qui suivent se dissolvent pour Léa dans un brouillard cotonneux. Elle reste près du corps, refuse qu'on l'éloigne, murmure des « reste avec moi » que personne n'ose interrompre. Le sang a séché sur ses paumes en fines croûtes brunes quand les gyrophares bleus illuminent enfin les vitraux du domaine.

Les gendarmes montent l'escalier au pas de charge. Un homme en civil, la cinquantaine, le visage buriné par des années d'insomnies professionnelles, entre le premier dans la chambre.

Il s'arrête net sur le seuil.

Léa lève les yeux vers lui, cherchant dans son regard la confirmation de son cauchemar, l'affirmation solennelle qu'oui, un crime vient d'être commis, qu'on va retrouver le monstre qui a arraché la vie de son mari quatre heures après qu'il soit devenu son mari.

Mais l'homme ne regarde pas le lit avec l'effroi qu'elle attend.

Il regarde le lit avec confusion.

« Madame… » commence-t-il, la voix hésitante. « Il n'y a personne sur ce lit. »

Léa cligne des yeux.

« Quoi ? »

« Il n'y a pas de corps, Madame. »

Elle se retourne vers le matelas.

Les draps ivoire sont immaculés. Aucune tache. Aucun pétale de rose écrasé. Aucune trace de sang, ni sur le tissu, ni sur le sol, ni — elle baisse les yeux, hébétée — sur ses propres mains, qui sont blanches, propres, sans la moindre croûte séchée.

Sa robe, en revanche, est intacte. Pas une goutte.

« Non… non, c'est impossible, il était là, il y a une seconde, il — »

« Léa. »

C'est la voix de Camille, tremblante, derrière elle. Léa se retourne et voit dans le regard de sa sœur quelque chose qu'elle n'a jamais vu auparavant : de la peur. Pas la peur d'un danger extérieur. La peur qu'inspire quelqu'un qu'on croit devenir fou sous nos yeux.

« Léa, il n'y avait personne dans cette chambre quand je suis entrée. Tu étais seule. Tu étais à genoux, seule, en train de crier sur un lit vide. »

« Non ! Il était là, je l'ai vu, je l'ai touché, j'ai senti son sang, il était — »

L'homme en civil s'avance, sort un carnet, la regarde avec une prudence clinique qui lui glace le sang plus sûrement que n'importe quelle accusation.

« Madame Castel — c'est bien votre nouveau nom ? Madame Léa Castel ? Pouvez-vous me dire où se trouve votre mari en ce moment ? »

« Je ne sais pas ! C'est vous qui devriez me le dire, vous êtes flic, cherchez-le, cherchez le corps, il ne peut pas s'être volatilisé — »

« Quel est le nom complet de votre mari ? »

« Adrien Castel. Trente-deux ans. Architecte. Vous voulez sa carte d'identité ? Elle est dans — »

Elle s'interrompt. Où est le sac à main d'Adrien ? Où sont ses affaires, sa veste de smoking accrochée à la porte de la salle de bain il y a quelques heures à peine ?

Elle se précipite vers l'armoire. Vide. La salle de bain. Vide de toute trousse de toilette masculine, de tout rasoir, de toute trace d'un homme ayant vécu là ne serait-ce qu'une soirée.

« Camille, dis-leur. Dis-leur que tu l'as vu, toi, à l'autel, dis-leur que tu as porté un toast en son honneur il y a deux heures ! »

Camille ouvre la bouche. La referme.

« Léa… »

« Dis-leur ! »

« Léa, je ne me souviens pas du visage du marié. »

Le silence qui suit ce constat est plus assourdissant que n'importe quel cri.

« Qu'est-ce que tu racontes ? » murmure Léa, la voix soudain minuscule. « Tu étais mon témoin. Tu as organisé cette soirée avec moi pendant huit mois. »

« Je me souviens de la soirée. Je me souviens de toi, dans cette robe, au bras de… » Camille porte une main tremblante à sa bouche. « Je n'arrive pas à voir son visage. Dans mes souvenirs, Léa, il n'y a qu'un flou à sa place. »

L'homme en civil referme son carnet, échange un regard grave avec un collègue qui vient de terminer une ronde rapide de l'étage.

« Aucune trace d'effraction, commissaire. Aucune trace de sang nulle part dans le bâtiment. Le personnel dit ne pas avoir vu le marié quitter la fête. »

« Convoquez la mairie, » ordonne le commissaire d'une voix sourde. « Je veux l'acte de mariage de ce soir sur mon bureau avant demain matin. »

Il se tourne vers Léa, qui reste debout au milieu de la chambre, les mains vides, la robe blanche intacte, cherchant sur les visages qui l'entourent une once de compréhension qu'elle ne trouve nulle part.

« Madame Fontaine, » dit-il — Fontaine, pas Castel, comme s'il refusait déjà de valider le nom qu'elle vient de prendre — « je vais devoir vous poser quelques questions au poste. Cette nuit. »

« Mais mon mari — »

« Madame Fontaine, l'officier d'état civil de la mairie vient de nous confirmer par téléphone qu'aucun acte de mariage n'a été dressé aujourd'hui à votre nom. »

Léa sent le sol se dérober sous ses pieds nus.

« C'est impossible. Je l'ai signé. Je l'ai signé de mes mains, il y a six heures, dans le salon d'honneur, devant cent quatre-vingts témoins ! »

Le commissaire la regarde avec une pitié qui la terrifie plus que toute accusation.

« Madame, » dit-il enfin, « nous avons vérifié le registre national. Il n'existe aucun homme du nom d'Adrien Castel né en France, correspondant à l'âge que vous indiquez, ayant jamais résidé à l'adresse que vous nous avez donnée. »

Il fait une pause, et dans ses yeux, Léa lit la sentence avant même qu'il ne la prononce.

« D'après tous les registres officiels de ce pays, Madame Fontaine… votre mari n'a jamais existé. »

Expand
Next Chapter
Download

Latest chapter

More Chapters

To Readers

Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.


No Comments
73 Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status