Mag-log inUne semaine et demie s’était écoulée depuis ce jour-là.
L’argent que Saliha avait obtenu en vendant ses bijoux était presque épuisé, et l’état de sa mère ne s’était absolument pas amélioré. Cependant, Leïla avait fait la connaissance de Sami, le jeune homme qui l’avait transportée à la clinique lorsqu’elle s’était évanouie au cimetière. Par pur hasard, elle découvrit qu’il travaillait dans l’entreprise d’Omar. Très vite, Leïla et Sami devinrent extrêmement proches, comme frère et sœur. Jamais il n’avait eu la moindre pensée déplacée à son égard ; il la considérait comme sa petite sœur. De son côté, elle ne voyait en lui qu’un frère et un protecteur. Leïla chercha du travail partout dans le pays. Mais Omar, grâce à ses relations et à son influence, lui ferma toutes les portes. Elle ne parvint même pas à travailler dans un restaurant ou à décrocher un emploi modeste. C’était comme s’il avait presque publié une annonce interdisant à quiconque de l’embaucher. Sami l’encouragea alors à travailler dans l’entreprise et lui promit de rester à ses côtés, après qu’elle lui eut expliqué toute sa situation et raconté chaque détail. Le jour arriva où Leïla décida d’aller voir Omar pour tenter de s’entendre avec lui. Elle se prépara soigneusement. Elle enfila une jupe noire légèrement courte, une veste noire, et des escarpins noirs à talons hauts. Elle attacha ses longs cheveux — qui lui arrivaient jusqu’aux genoux — en un chignon élégant, appliqua un trait léger de khôl sur ses yeux bleus et une touche discrète de gloss. Depuis la mort de son père, elle ne portait que du noir et n’aimait plus le maquillage excessif. Elle entra dans l’entreprise avec un pas en avant et mille en arrière. Peur… terrorisée à l’idée de le rencontrer. Lorsqu’elle entra, la secrétaire lui annonça avec surprise : — « Monsieur Omar vous attend. » Un début qui n’annonçait rien de bon. Elle entra dans le bureau, le bruit de ses talons semblant percer le sol. Il se tourna vers elle et dit : — « Je t’attendais. » Leïla fut déstabilisée, ne comprenant rien, mais elle se ressaisit et déclara fermement : — « Je suis venue travailler pour vous. Mais il n’arrivera jamais un jour où vous vous réjouirez de ma mort ou de celle de ma mère. C’est une promesse. » Il éclata d’un rire moqueur : — « Hahaha… on verra. À partir d’aujourd’hui, tu es ma secrétaire. Tu seras avec moi partout. Dès maintenant, tu commences à travailler. Ton salaire sera de dix mille euros. Je sais que c’est énorme pour une secrétaire, mais au moindre manquement, il sera réduit. Tout dépendra de ta capacité à tenir. Tu arrives au bureau à cinq heures et demie du matin. Tout travail que je te confierai devra être exécuté sans le moindre retard. Tu termines à vingt heures trente. Parfois, j’ai des sorties, tu viendras avec moi — mais ne t’attends pas au repos, ce sera du travail. Et si tu as la moindre objection à l’une de mes conditions, ton salaire sera réduit à moins de la moitié. » Il s’approcha légèrement et ajouta : — « Et je suis la personne qui sait le mieux à quel point tu mérites cet argent… Et tu sais très bien que tu ne trouveras aucun autre travail. » La bouche de Leïla s’ouvrit de stupeur, ses yeux s’écarquillèrent, et elle se mit à réfléchir : Cet homme est fou ! Entrer à cinq heures et demie et sortir à vingt heures trente ?! C’est vrai que le salaire est élevé, mais pas à ce point… Réveille-toi, Leïla… Il veut te voir faible, humiliée. Il veut te pousser au suicide comme il l’a fait avec ton père. C’est pour cela qu’il a fermé toutes les portes devant toi. Je dois être forte. Supporter tout cela pour pouvoir remettre ma mère à la clinique et louer une maison meilleure que celle de Saliha. Il interrompit ses pensées en passant la main devant son visage : — « Oooh… où est-ce que tu étais partie ? Hahaha… on dirait que tu as déjà peur. » Il s’approcha, la coinça contre le mur, son visage tout près du sien : — « Et c’est exactement ce que je veux… Tu dois avoir peur. » Son front se mit soudain à transpirer. Une chaleur parcourut son corps. Ses yeux verts, croisant les siens, la déstabilisèrent. Ses lèvres pleines la troublèrent. Sa barbe et ses cheveux soigneusement coiffés la transportèrent ailleurs. Elle ressentit un étrange picotement dans le ventre… et, malgré elle, cette sensation lui plut. Sa proximité lui plaisait bien trop. Lui aussi se perdit dans les traits de son visage, dans son corps, dans ses cheveux… tout en elle le troublait. Son cœur battait violemment. Soudain, elle déclara d’une voix ferme : — « J’accepte. » Il recula légèrement et dit : — « Je vais appeler quelqu’un pour t’expliquer le travail. Demain, tu commences. Et je pense que tu connais très bien ton horaire. Attention au retard, je le saurai. Chaque matin, le garde et tes dossiers t’attendront sur le bureau. » Un silence s’installa entre eux, leurs regards se croisèrent longuement. Puis, soudain, la personne chargée de lui expliquer le travail entra… Et par chance, c’était Sami. Leïla (pensant) : Hahaha… Quand j’ai vu Sami, j’ai été tellement heureuse. Et à son expression, j’ai compris qu’il était content que je travaille avec cet ingérable. Oui… je l’appellerai ingérable. On a commencé à se faire des clins d’œil, pendant que l’ingérable parlait tout seul, et que nous n’étions absolument pas concentrés sur ce qu’il disait. Enfin quelqu’un que je comprends et qui me comprend. Et surtout, quelqu’un qui sera à mes côtés. Sami m’aidera, j’en suis sûre. Le seul problème, ce sont mes études. J’essaierai de trouver une solution avec cet ingérable pendant la période des examens. L’année touche à sa fin, je dois travailler sur moi-même et sur mes études, et essayer de ne pas lui permettre de réduire mon salaire, afin d’économiser et de m’en sortir. Mais ce rancunier… je ne veux pas qu’il s’approche de moi. Je veux lui montrer que je suis forte, que je ne suis pas faible. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il s’approche de moi ou me touche, un frisson parcourt mon corps, je transpire, je perds mes moyens, et mes pensées se brouillent. Je ne sais plus distinguer ma force de ma faiblesse. À cet instant, une seule chose me troublait : Pourquoi nous regarde-t-il avec autant de dureté, Sami et moi ? Qu’il regarde autant qu’il veut… ça m’est égal. Omar (pensant) : Depuis l’entrée de Sami, j’ai remarqué leurs sourires échangés, leurs clins d’œil, me laissant dans le rôle de l’imbécile qui parle seul, comme si je n’existais pas. Qui est ce Sami ? D’où sort-il ? Et comment la connaît-il ? Omar, ressaisis-toi… Il n’a aucune importance. La seule chose qui compte, c’est comment l’humilier. C’est tout.Adam referma le dossier devant lui, puis s’adossa à son fauteuil et dit calmement :— Alors… nous allons commencer dès aujourd’hui.Leïla releva la tête rapidement, comme si elle ne s’attendait pas à ce que les choses avancent aussi vite.— Aujourd’hui ?!Il sourit légèrement :— Le succès n’aime pas les retards, Leïla.Elle sentit une étrange excitation parcourir tout son corps.Pour la première fois depuis des années…elle avait l’impression que quelqu’un prenait réellement son rêve au sérieux.Adam ouvrit sa tablette et commença à écrire quelques notes avant de dire :— Dans un moment, nous irons au centre de livraison de l’une des usines de mode.Elle haussa un sourcil avec surprise :— Une usine de mode ?— Oui.Là-bas, tu verras comment fonctionne un véritable système de livraison :comment les commandes sont reçues…comment elles sont triées…comment elles sont envoyées…et comment le temps et la pression sont gérés.Puis il ajouta en la regardant directement :— Si tu veux con
Au dernier étage…Adam était assis dans son vaste bureau, examinant quelques dossiers pendant qu’un employé debout devant lui expliquait un rapport financier.Adam était un jeune homme d’environ vingt-cinq ans…Ses traits étaient calmes mais tranchants.Deux yeux verts glacials derrière lesquels se cachait une intelligence effrayante.Il portait un costume noir luxueux et une montre hors de prix, et sa personnalité dégageait l’autorité d’un homme bien plus âgé que lui.Malgré son immense succès…peu de gens connaissaient sa véritable nature.Et très peu savaient qu’il n’était pas simplement un homme d’affaires ordinaire…mais la façade officielle d’un empire entier dirigé par une femme inconnue que les plus grands investisseurs craignaient.Mira.Ou plutôt…“Sally”.⸻La secrétaire entra et dit :— Monsieur Adam, Mademoiselle Leïla est arrivée.Adam releva la tête :— Leïla ?— Oui, elle a dit que Mademoiselle Mira l’avait envoyée.Son expression changea immédiatement.— Faites-la ent
— Ne me remercie pas… c’est ce qui devait arriver pour que notre mariage paraisse réel aux yeux des gens.En une seule seconde…son sourire disparut.Les yeux qui brillaient encore quelques instants plus tôt de joie perdirent soudain toute leur lumière.Et son visage, qui riait encore il y a quelques secondes, se crispa comme s’il luttait contre les larmes.Elle était venue jusqu’à lui en courant, pleine d’espoir, pensant qu’il commençait enfin à la voir… à voir ses sentiments pour lui, ces sentiments qu’elle-même ne comprenait plus vraiment.Elle attendait un signe de sa part…un geste…n’importe quoi qui pourrait l’aider à comprendre ce qui se passait en elle.Elle qui croyait le détester…sans savoir que parfois, la haine n’est qu’un autre visage de l’amour.Elle rit amèrement et dit :— Alors repose-toi… tout le monde connaîtra la vérité sur notre mariage.Il répondit calmement :— Seulement les familles… pas les autres.Elle sourit avec douleur :— Peu importe… qu’ils sachent.
Les rayons du soleil commencèrent à la déranger, alors elle bougea légèrement dans son lit avant de se réveiller paresseusement.Et comme d’habitude, Omar n’était pas dans la chambre.Elle soupira doucement, puis se leva, se lava le visage et prit rapidement son petit-déjeuner avant de se diriger vers son armoire pour changer de vêtements.Elle choisit une robe rose et noire, avec des talons hauts rose foncé qui mettaient en valeur sa féminité d’une manière élégante et discrète. Elle appliqua un maquillage noir autour de ses yeux bleus, les rendant encore plus captivants et profonds.Elle prit son sac et partit directement chez Meriem.À peine entra-t-elle qu’elle trouva la maison plongée dans un joyeux désordre, chacun occupé à quelque chose.Les filles rangeaient leurs vêtements, les tantes et les femmes de la famille remettaient de l’ordre après la soirée, et Mounira était noyée sous les assiettes dans la cuisine, tandis que les garçons dehors ramassaient les chaises et réorganisai
À peine Leïla entra-t-elle dans la chambre qu’elle se figea sur place.Omar venait juste de sortir de la douche, l’eau dégoulinant encore de ses mèches noires, tandis qu’une simple serviette était nouée autour de sa taille.Le visage de Leïla rougit immédiatement de gêne, et elle baissa rapidement la tête en murmurant intérieurement :« Mon Dieu… »Elle fit semblant de rester calme et se dirigea vers la chaise pour retirer ses talons, tandis que lui observait son trouble en silence… avant de sourire avec une malice évidente.Il savourait énormément la situation.Il s’approcha de l’armoire, prit ses vêtements avec un calme volontaire, puis se plaça juste devant elle et commença à défaire le bord de la serviette comme si elle n’était même pas là.Leïla poussa un petit cri :— Monsieur Omar ! Vous n’êtes pas seul ici !Il leva un sourcil avec une innocence provocante :— Et avec qui suis-je ?Elle releva légèrement la tête et répondit avec nervosité :— Avec moi !Il s’approcha davantage
Tout le monde finit enfin par s’installer à sa place.Meriem et Marouane étaient assis côte à côte sur le grand canapé doré au milieu du salon.La famille de Meriem était à droite, celle de Marouane à gauche, tandis que tout le monde les entourait.Les tantes étaient occupées à parler et rire,quant aux beaux jeunes hommes dispersés dans la pièce… chacun lançait discrètement des regards à une fille différente.Quant à Leïla et Omar…ils étaient assis l’un à côté de l’autre, chacun observant l’autre à sa manière.Les discussions habituelles commencèrent…la politique, le tourisme, l’état du pays, le pétrole, le travail, les prix…Ils étaient même à deux doigts de débattre du futur de la planète entière.Pendant que tout le monde discutait, Meriem se leva pour préparer le café, et Leïla la suivit à la cuisine.⸻Meriem murmura avec malice :— « Tu sais ce que font les Turcs pendant les fiançailles ? »Leïla éclata de rire :— « Non… quoi ? »Meriem s’approcha d’elle et lui expliqua rapi
Leïla entra par la porte arrière de la clinique, retenant ses larmes de toutes ses forces. Elle n’était plus capable de supporter un choc de plus. La vie lui avait asséné trois gifles en une seule nuit, des coups qui avaient détruit son existence. En quelques heures, sa vie s’était renversée de fon
Il entra dans son palais d’un pas assuré et se dirigea immédiatement vers la chambre de sa mère. Il s’agenouilla devant elle et déclara d’une voix ferme, où la joie se mêlait à une cruauté glaciale :— « Maman… ma précieuse maman. Aujourd’hui, ma vengeance a commencé. Aujourd’hui, je vais te rendre
— « Mademoiselle Leïla… veuillez accepter nos plus sincères condoléances. »Elle s’effondra à genoux. Ses larmes coulèrent comme des braises, brûlant ses joues, mais la douleur dans son cœur était encore plus violente, plus cruelle. Sous le choc, ses jambes ne la portaient plus. Un cri jaillit du p
Omar passa devant son bureau. Il remarqua son sac posé à même le sol et quelques feuilles vierges sous le bureau. Bref, l’endroit était en désordre… mais pas plus que ce matin. Il esquissa un sourire moqueur et se dirigea vers son propre bureau.Juste avant d’y entrer, il la vit déposer ses dossier







