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Chapitre 5 : La Conflagration 2

Author: Darkness
last update Petsa ng paglalathala: 2025-12-03 20:28:05

JADE

Il ne m’écoute pas. Sa main se pose sur mon bras nu. La chaleur de sa paume est un brandon sur ma peau. Je devrais le gifler, crier. Je ne fais rien. Je suis pétrifiée par le contact, par la bataille qui fait rage en moi.

— Vous voyez ? murmure-t-il, son visage si près que je vois les cils sombres qui frangent ses yeux gris. Vous ne bougez pas. Vous attendez.

— J’attends que vous ayez fini de vous ridiculiser.

— Mentir encore.

Son autre main vient se poser sur ma hanche, à travers la soie fine. Un gémissement étranglé s’échappe de mes lèvres. C’est de la trahison pure. Mon corps capitule, vibrant sous son toucher, alors que mon esprit hurle à l’insulte.

— Vous avez pensé à ça, dit-il, sa bouche effleurant à peine ma tempe, envoyant un frisson ravageur le long de ma colonne. Toute la semaine. À ma main, ici. À ma bouche, là. Ne le niez pas. Je le vois. Je le sens.

C’est trop. L’aveu implicite, la précision de son attaque, le désir honteux qui monte en moi comme une marée noire… La colère explose, enfin, libératrice et désespérée.

— Espèce de salaud égocentrique ! Je pensais à votre arrogance maladive ! À votre besoin pathétique de croire que chaque femme rêve de vous ! Vous êtes un vide ambulant, Adrien Moréac ! Un homme si terrifié par l’ennui de sa propre existence qu’il doit inventer des intrigues et des désirs pour se sentir vivant !

Les mots jaillissent, acérés, vitriolés. Je les vois l’atteindre. Son masque de contrôle se fissure, laissant entrevoir une lueur de rage nue, d’une vérité touchée à vif. Ses doigts se resserrent sur mon bras, sur ma hanche, presque douloureusement.

— Vous avez fini ? Sa voix est devenue dangereusement basse, un grondement contenu.

— Non ! Vous utilisez le mépris comme paravent parce que vous avez trop peur de ressentir quoi que ce soit de réel ! Vous avez embrassé une inconnue dans le noir par faiblesse, et maintenant vous faites semblant que c’était un jeu pour ne pas avoir à vous avouer que pour une fois, vous avez sent quelque chose ! Vous êtes un lâche !

Le silence qui suit est assourdissant. La tension entre nous a atteint son point de rupture, ténue comme la lame d’un rasoir. Sa respiration est courte, ses narines pincées. La rage dans ses yeux gris est une tempête.

Et puis, elle se brise.

Non pas en violence, mais en quelque chose de bien plus dévastateur.

Il fond sur moi.

ADRIEN

Lâche. Le mot résonne comme un coup de feu dans le silence de ma tête. Il frappe au centre de la cible, dans l’endroit secret que je ne montre à personne, que j’ai à peine le courage de regarder moi-même. La colère qui m’envahit n’est pas feinte, n’est pas un jeu. Elle est primitive, totale.

Et elle n’a qu’une issue.

Je l’attire à moi, brutalement, et ma bouche capture la sienne.

Ce n’est pas un baiser. C’est une punition. C’est une revendication. C’est la réponse charnelle et sauvage à toutes ses insultes, à toutes mes accusations. C’est le goût de la colère et du désir mêlés, enivrant et amer. Ses lèvres résistent une seconde, puis cèdent avec un son qui est à mi-chemin entre un sanglot et un gémissement. Ses mains se plantent dans mon veston, non pas pour me repousser, mais pour m’agripper, comme si elle allait tomber.

Je la presse contre la balustrade froide, mon corps épousant le sien, éliminant tout espace, toute possibilité de retraite. Je bois son souffle, goûte le vin sur sa langue, explore sa bouche avec une avidité qui m’effraie moi-même. Elle répond avec une fureur égale, ses doigts s’enfonçant dans mes cheveux, m’attirant plus profondément. C’est un combat, une conflagration où la haine et le désir sont les deux faces d’une même pièce en fusion.

Elle a raison. J’ai peur. Et cette peur se noie dans la sensation immédiate, écrasante d’elle. Le goût, l’odeur, le son qu’elle fait au fond de sa gorge. C’est réel. C’est trop réel. C’est terrifiant.

Je me détache enfin, haletant, le front contre le sien. Nos respirations s’entrechoquent, chaotiques. La nuit tourne autour de nous.

— Voilà, je souffle, la voix rauque, déchirée. Voilà ce que je sens. Satisfaite ?

Elle me regarde, les yeux noyés, la bouche rouge et légèrement tuméfiée par la violence de notre baiser. Elle a l’air aussi perdue, aussi dévastée que moi.

— Ce n’est… rien, parvient-elle à articuler, d’une voix brisée. Ce n’est que de la frustration.

— Alors à nous deux, nous devons être très, très frustrés, rétorqué-je en reculant d’un pas, le monde reprenant ses contours stables, glaçants.

Je vois la prise de conscience lui revenir, la honte, l’horreur de ce qui vient de se passer. Sur une terrasse, en plein vue de quiconque pourrait passer.

— Ne me parlez plus jamais, dit-elle, un tremblement dans la voix qui n’est plus de la colère, mais du choc.

— Avec plaisir, mens-je froidement.

Je tourne les talons et rentre dans la lumière aveuglante du bal, laissant derrière moi le goût de son dépit et de sa soumission sur ma langue, et le sentiment cuisant qu’elle a vu, plus clairement que quiconque, la faille béante au centre de tout. Le lâche. Elle a raison.

Et ce baiser, ce baiser sauvage et dévastateur, n’a rien réglé du tout. Il a tout embrasé.

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