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Chapitre 4 : Imbécile 

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-10-23 03:50:27

Tara

Ce matin, j’ai surpris ma mère en train de parler toute seule , elle fait ça quand un souci la préoccupe et qu’elle n’a pas encore trouvé de solution. Je me demande quel problème l’obsède cette fois. Toute la nuit, mes pensées ont été occupées par mon cher fiancé. Il est si beau, avec ce regard assassin qu’il me lance souvent… Je vais dompter ce fauve. Je vais le conquérir.

Je descends chercher ma sœur dans sa chambre, mais ses prétendants ont apparemment eu la même idée que moi : ils montent la garde devant sa porte comme deux vigiles. Hum… ces hommes sont pas mal du tout. Délicieux, même. Mais je préfère mon grognon de fiancé ; j’aime les défis, et lui en est un. Il sera bientôt à moi.

Je salue les fiancés de ma sœur et pousse la porte. Elle est déjà prête, assise sur son lit ; on dirait qu’elle attend quelque chose.

— Bonjour ma chérie. Si tu es déjà prête, pourquoi restes‑tu là ?  

— Dès que j’ai ouvert la porte, ils étaient là et m’attendaient. Sauf que je n’ai pas envie de les voir.  

— Tu devrais te réjouir d’avoir deux beaux hommes sous le charme. Si tu continues à les fuir, quelqu’un d’autre viendra leur tourner autour pendant que tu te caches. Tu me suis ? Veux‑tu les voir regarder d’autres femmes pendant que toi tu joues les effarouchées ?  

— Non… mais ils sont trop envahissants.  

— C’est peut‑être mieux pour toi : tu es timide. Laisse‑les s’occuper de toi. Souviens‑toi que tu mérites ces deux hommes. Ils sont à toi, rien qu’à toi. Fais‑en ce que tu veux.

Elle me sourit. Bon signe. J’espère que je n’ai pas créé un monstre.

Je vais frapper à la porte de la suite de mon fiancé. Hier, j’ai demandé à ma sœur de m’aider à repérer sa chambre via les caméras de surveillance , il n’aime pas la foule ; soit il est dans sa chambre, soit il traîne seul dans le jardin avec son téléphone.

Je frappe et j’annonce, gaiement :

— Room service !

Aucun bruit. Je répète, et enfin il ouvre. Il a l’air surpris de me voir. Je le pousse pour entrer et je tombe sur une scène qui me glace : deux femmes nues, profondément endormies dans son lit. Evidemment, elles n’ont pas fermé l’œil de la nuit.

Je me tourne vers lui, ivre de colère :

— Peux‑tu m’expliquer ce que ces… prostituées font ici ?

— Tu veux que je te fasse un dessin ? répond‑il, narquois.

Je m’approche du lit, tire une des femmes par les cheveux et la secoue :

— Imbéciles ! Vous ne saviez pas qu’il est fiancé ? Sortez de cette suite !

— Laisse‑les, dit Mike calmement. On n’a pas encore fini, j’ai payé pour trois jours et on en a à peine profité.

Il a payé pour trois jours ? Avec deux femmes ? Il se moque de moi.

Je sors mon arme du sac, la pointe furieuse. Ma main tremble mais ma voix est froide :

— Vous avez une minute pour sortir de cette suite, sinon je vous colle une balle dans la tête.

À la vue de l’arme, elles se redressent en panique et s’habillent à la va‑vite. Nues, elles filent dans le couloir, honteuses et effarées. Je ne peux retenir un rire féroce.

Puis je me tourne vers lui. Sans trop réfléchir, je lui tire dans la cuisse.

— Que ce soit la dernière fois que tu me trompes. La prochaine fois, la balle pourrait remonter plus haut ; et crois‑moi, le perdant ce sera toi. Une fois hors d’état, je m’en fiche, j’irai baiser avec qui je veux.

Il pousse un cri, la main serrée sur la cuisse, du sang coule. Fou de rage, il se jette sur moi et m’agrippe au cou. Putain. Il m’étrangle. Je me débats, mais plus je lutte, plus sa prise se resserre. Entre ses dents serrées, il souffle :

— Ne recommence plus jamais à pointer une arme sur moi. Jamais.

La pièce tourne autour de moi ; je sens l’air manquer. Mes pensées se bousculent. Ce mariage promet d’être explosif et dangereux.

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