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Chapitre 3 : Fille à papa

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-10-23 03:49:52

Mike

Mon téléphone n’a pas cessé de sonner. Je savais que c’était mon père , il avait insisté pour qu’on vienne ici, et voilà le résultat. Je ne voulais pas venir. Je préférais rester dans un bon bar, boire en bonne compagnie, pas me retrouver piégé dans cette farce. J’ai un mauvais pressentiment. Je décroche.

— Qu’est‑ce que tu as encore fait ?

— Pourquoi c’est toujours moi qui dois faire des bêtises ? Ce n’est pas de ma faute cette fois.

— C’est toujours la même rengaine ! Tu vas réparer tes conneries.

— Mais je n’ai rien fait !

— Peu importe. Trouve une bague et va la demander en mariage.

— Non.

— Tu n’as pas le choix. Je ne veux pas d’un affrontement avec lui. Pour une fois, fais ce que je te dis. Tu m’as compris ?

Je reste muet.

— Mike Donovan. (Il m’appelle toujours comme ça quand il est furieux.)

— Oui, monsieur, j’ai compris. Comme toujours, je ferai ce que vous attendez.  

Il raccroche. La rage me monte. Elle va payer. Je lui ferai regretter de m’avoir piégé. Je parcours l’hôtel à la recherche d’une bijouterie et en trouve une au dixième étage. Je fais mon choix, mesure la taille avec mon petit doigt : ça devrait aller. Je n’arrive pas à y croire. Putain, elle m’a eu. Mais je lui ferai la vie impossible. Après un mois, elle demandera le divorce. Ce n’est qu’une petite fille gâtée ; elle comprendra vite à qui elle a affaire.

Je rejoins la salle où tout le monde s’est rassemblé et vais droit vers elle et son père. Celui‑ci se redresse aussitôt à mon arrivée.

— Je suis venu demander la main de votre fille.

Il me jauge, de haut en bas.

— Tu as oublié comment on fait une demande ?

— Non, monsieur.

Je m’agenouille et déclare :

— Abeille… veux‑tu m’épouser ?

— Quoi ? Demande à papa !

Elle sait très bien pourquoi je l’appelle ainsi. Elle intervient sans gêne :

— Laisse, papa, c’est comme ça qu’il m’appelle.

— Vous vous donnez déjà des petits noms ? dit sa mère, attendrie. Comme c’est mignon. J’espère que tu prendras soin de ma fille, elle est fragile.

Fragile ? Mon œil. Opportuniste, oui. SCORPION serait plus juste. Elle me tend la main ; j’y glisse la bague.

— Oh, qu’elle est belle ! Merci, mon bébé !

La voir m’appeler ainsi me rend fou. Elle m’embrasse et je suis contraint de l’accepter. Elle se colle à moi, m’embrasse passionnément ; après quelques secondes, je la repousse doucement.

— Viens, allons nous asseoir près de maman et de tante Apryl. Elles organiseront le mariage. Nous le ferons le même jour que mon frère, ce n’est pas mignon ? dit‑elle en souriant.

Mon Dieu, j’ai envie de commettre un meurtre.

— Tu peux très bien t’en occuper toute seule. Tu n’as pas besoin de moi pour ça.

Je tourne les talons.

Elle me retient par la main.

— Bébé…

— Je te jure que si tu continues à m’appeler comme ça…

Je souris aux gens qui nous regardent et poursuis :

— Je risque de te tordre le cou.

— Oh… et tu crois que ça me fait peur ? nargue‑t‑elle. N’as‑tu pas encore compris que j’adore t’embêter ? J’aime te voir fulminer. Au moins, je provoque quelque chose en toi, même si c’est de la colère.

— Petit scorpion, je te jure que je vais t’écraser. Je ferai de la bouillie de ta carcasse.

— Et toi, homme sans cervelle, tu vas apprendre à parler autrement. Je suis désormais ta fiancée et j’exige le respect.

— Tu peux exiger ce que tu veux, mais tu n’auras rien. Je te jure qu’au bout d’un mois de mariage, tu supplieras ton cher papa de divorcer pour toi. Tu ne sais rien faire d’autre que d’aller pleurer auprès de lui ! Quelle femme du monde… Tu n’es qu’une petite fille à papa.

— Tu penses me blesser en disant ça ? Tu ne m’atteins pas du tout. Oui, je suis la fille de mon père et j’en suis fière. Mon père ferait tout pour moi, même tuer un gendre qui maltraiterait sa fille. Tu as intérêt à être courtois avec moi. Je le mérite.

Je la regarde, las. Cette union sera… intéressante.

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