LOGINSix ans plus tard....
SOPHIE VAUGHN
« Maman ! Maman, je te parle toujours. Écoute-moi ! » La voix aiguë d’Eloise perça mes pensées tandis qu’elle sautillait à mes côtés, ses petites jambes s’adaptant à mon rythme pendant que je chargeais le dernier sac de courses dans le coffre.
Eloise était à cet âge où les enfants se croient grands tout en restant désespérément adorables.
« Bien sûr que je t’écoute, ma chérie », répondis-je avec un sourire crispé en refermant le coffre dans un claquement sourd. Me tournant complètement vers elle, j’ajoutai : « Maintenant, toute l’attention de maman est pour toi. »
« Ça veut dire que tu ne m’écoutais pas tout à l’heure ! »
Je ne pus m’empêcher de sourire. Sa logique était imparable. « Pardonne-moi, chérie. Vas-y, raconte-moi tout. Des problèmes à l’école, c’est ça ? »
« Non, non », commença-t-elle, avant de faire rapidement marche arrière et de repasser à l’anglais. « Tu sais, la politique de notre école contre le harcèlement ? Je trouve qu’elle est trop… indulgente… »
« Ooh, “indulgente”. Tu apprends de grands mots maintenant, hein ? » l’interrompis-je, sans même essayer de dissimuler la fierté que j’éprouvais pour elle.
Les lèvres d’Eloise frémirent et ses yeux brillèrent d’une fierté qui faisait écho à la mienne.
« Eh bien, notre école dit qu’on doit signaler les harceleurs », poursuivit-elle, laissant enfin sa joie déborder, « mais je trouve ça idiot ! »
Je gloussai en me glissant sur le siège du conducteur et en l’attachant à côté de moi. « Ça me semble plutôt être une bonne règle. »
« Eh bien, non ! Il y a cette fille, Amelia, et elle est très… gênante… »
« Embêtante ? »
« C’est ce que j’ai dit ! » souffla Eloise avec un soupir théâtral. « Bref, elle est venue me voir alors que j’allais manger et elle a exigé que je lui donne mon déjeuner. »
Mon sourire s’effaça légèrement, mais je gardai le silence, curieuse de savoir où cette histoire allait mener.
« Je lui ai dit : “Merde ! Ne me cherche pas, sinon je vais te faire regretter le jour où tu m’as rencontrée.” »
Je hochai distraitement la tête. Ses petits sourcils étaient froncés et ses yeux gris argent brillaient d’une colère contenue. À cet instant, elle ressemblait exactement à son père. J’avalai difficilement le nœud qui s’était formé dans ma gorge.
« Maman, tu m’écoutes ? » La voix inquiète d’Eloise me tira brusquement de mes pensées.
« Oui, chérie. Mais tu ne devrais pas dire “merde”, c’est un gros mot. »
Eloise réfléchit un instant, puis hocha la tête. « D’accord, je ne le dirai plus. Mais c’est ce que je lui ai dit », ajouta-t-elle en plissant le visage dans une imitation de regard menaçant. Normalement, cela m’aurait fait rire, mais le nœud dans ma poitrine m’en empêcha.
« Qu’est-ce qu’il y a, maman ? »
Je me tournai vers elle, la culpabilité me serrant la poitrine. Elle avait parlé toute la journée, sur le chemin de l’école, après que je sois venue la chercher et encore maintenant, mais jusqu’à cet instant, je ne l’avais pas vraiment regardée.
Ce n’était pas la première fois que sa ressemblance avec son père me frappait de plein fouet. Ses yeux gris argent dominaient son visage en forme de cœur, encadré de boucles sombres.
« Ça va, maman ? »
« Je vais bien… » commençai-je, avant de soupirer. Cela ne servait à rien de mentir à Eloise. Elle était bien trop perspicace pour se laisser berner. « Je suis juste un peu inquiète. Nous allons peut-être devoir déménager bientôt. Mon entreprise me transfère. »
« Ton entreprise Hire a Manager ? »
Je hochai la tête. Mon travail dans cette société de gestion nous avait fait déménager à travers la France pendant des années. Mais cette fois, c’était différent. Cette fois, les rumeurs ne concernaient pas un déménagement dans un nouveau pays.
J’avais parcouru un long chemin depuis la pauvre serveuse enceinte et sans instruction que j’étais avant de fuir ici. Pour commencer, les informations concernant Sophie Vaughn indiquaient qu’elle était titulaire d’un master en gestion d’entreprise. J’avais dû me documenter sur le monde des affaires et le droit commercial avant d’oser utiliser ses références pour postuler à un emploi.
J’étais déjà habituée à être Sophie Vaughn, mais parfois, au beau milieu de la nuit, je me réveillais en sursaut, terrifiée à l’idée de ce qui arriverait si les autorités découvraient que j’étais une imposture. Je risquais de passer de longues années en prison pour usurpation d’identité. Et d’autres nuits, je me réveillais haletante, le corps trempé de sueur, avec le souvenir de Mateo qui s’estompait lentement après avoir hanté mes rêves.
« Oui », répondis-je enfin à la question d’Eloise. « Mon travail chez Hire a Manager. »
Eloise inspira théâtralement. « Ce n’est pas grave, maman. Dans quelle région de France allons-nous ? J’ai appris qu’il y avait beaucoup de villes en France pendant notre cours de “connaissance de ton pays” à l’école. »
« C’est justement ça, ma chérie », répondis-je doucement, mes doigts se resserrant autour du volant. « Ce n’est pas la France. C’est un autre pays. »
Ses yeux s’agrandirent, puis s’illuminèrent d’excitation. « Un autre pays ?! Tu veux dire qu’on va prendre l’avion ? »
« J’espère que non », marmonnai-je. Mon téléphone sonna avant que je puisse en dire davantage.
« Bonjour, Alain », répondis-je, le regrettant aussitôt. Il y avait quelque chose dans la façon dont Alain se comportait comme s’il avait des droits sur moi qui me tapait sérieusement sur les nerfs.
Son rire riche et suave résonna à l’autre bout du fil. Une ancienne aventure que j’aurais aimé pouvoir oublier, Alain avait le don de se rendre inoubliable.
« Je voulais que tu l’apprennes d’abord de ma bouche », me taquina-t-il.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » demandai-je en jetant un regard à Eloise. J’envisageai de lui rappeler de ne rien dire d’inapproprié ; il avait la fâcheuse habitude de franchir les limites.
« Tu pars aux États-Unis. L’entreprise, c’est le groupe Surrello. La filiale de Douglas Road, à Los Angeles. »
Ses paroles me frappèrent comme un coup de poing. Ma vision se brouilla tandis que j’entrais dans le garage et coupais le moteur.
Alain continua de parler, l’excitation perceptible dans sa voix. Il disait quelque chose sur le fait qu’il était fier de voir tout le chemin que j’avais parcouru, que Surrello était un nom très important dans le monde des affaires, mais je ne l’entendais plus.
Tout ce que j’entendais, c’était le nom Surrello, encore et encore, comme un refrain dans un film d’horreur.
Le passé auquel j’avais travaillé si dur pour échapper venait finalement de me rattraper. Et je n’étais pas prête à l’affronter.
Sans un mot, je rentrai les courses à l’intérieur et préparai un dîner rapide pour Eloise. Puis je remplis la baignoire et y entrai tout habillée.
L’eau était chaude, pourtant mon corps se mit à trembler violemment dès que j’y entrai. Je mordis ma lèvre inférieure tandis que des sanglots silencieux secouaient tout mon corps.
Pourquoi réagissais-je ainsi à la simple mention du nom Surrello ? Je n’étais plus cette serveuse aux yeux de biche dans un bar miteux, j’étais Sophie Vaughn ! Il fallait que je commence à me comporter comme telle, me répétai-je en essayant de toutes mes forces de reprendre contenance.
Je devais être forte, ne serait-ce que pour la petite Eloise. Même maintenant, je pouvais l’imaginer, son visage d’ange levé vers moi avec un grand sourire. J’étais tout ce qu’elle avait, je ne pouvais pas me permettre de m’effondrer.
Prenant une profonde inspiration, j’allumai une cigarette — j’avais commencé à fumer pour détourner mon attention de ma souffrance, après qu’une aventure avec Alain n’eut pas fonctionné. C’était presque comme si mon esprit et mon corps savaient que j’appartenais à Mateo.
Et pourtant, pour lui, je n’avais été qu’un pari !
J’avalai difficilement ma salive, m’efforçant d’enfouir ma souffrance. J’avais littéralement jeté toute ma vie aux oubliettes à cause de lui, et pourtant, il avait été capable de passer à autre chose aussi rapidement. J’avais vu à la télévision qu’il avait épousé Camille Lombardi, une autre héritière snob de son cercle social, à peine trois mois après m’avoir brisé le cœur comme si cela ne signifiait rien.
Un sourire froid et triste se dessina sur mes lèvres. Peut-être était-il temps de montrer aux hommes riches comme Mateo Surrello qu’ils ne pouvaient pas se permettre de jouer avec la vie des autres simplement parce qu’ils étaient pauvres. J’allais accepter ce poste au sein du groupe Surrello, et j’allais enfin me venger.
« Mateo Surrello », murmurai-je d’une voix étrangement lugubre, « tu ferais mieux de surveiller tes arrières, parce que j’arrive. »
Mon téléphone sonna tandis que je sortais de la baignoire en enroulant une serviette autour de ma poitrine. Je fixai un moment le numéro inconnu avant de finir par décrocher.
« Je te surveille depuis toutes ces années », déclara immédiatement une voix inconnue, et mon cœur manqua plusieurs battements. « Tu as parcouru un si long chemin pour mourir maintenant. »
« J-je ne sais pas qui vous êtes, mais je crois que vous vous êtes trompé de numéro », balbutiai-je, ma main serrant le téléphone jusqu’à en avoir les doigts blancs. Un violent tremblement avait déjà commencé quelque part dans mon ventre, et maintenant, tout mon corps tremblait.
Quelle idiote d’avoir cru que j’étais assez forte pour m’attaquer aux Surrello. Et s’ils m’avaient retrouvée ? Et si ce transfert avait été orchestré par eux ?
Mes dents s’enfoncèrent dans ma lèvre inférieure tandis que je luttais pour maîtriser mes tremblements.
« Carrie, surtout, ne va pas aux États-Unis », répondit la voix, et mes tremblements s’intensifièrent.
Personne ne m’avait appelée Carrie au cours des six dernières années. Même si Olivia me manquait terriblement, j’avais pris soin de ne jamais reprendre contact avec elle.
« Qui êtes-vous ? » claquai-je, reconnaissante que ma voix ne trahisse pas la peur qui me tenaillait. Il avait dit « mourir », pas « aller en prison », ce qui signifiait que c’était quelqu’un qui savait qu’être Carrie pouvait me coûter la vie, pas simplement quelqu’un qui savait que j’étais une fraude usurpant l’identité de Sophie Vaughn et risquant la prison.
Un long souffle fut aspiré à l’autre bout du fil, puis il murmura : « Je suis désolé, je ne peux pas révéler qui je suis. Je n’étais même pas censé t’appeler, mais tu es différente. Je ne me le pardonnerais pas s’il t’arrivait quelque chose. »
Je secouai la tête, la peur faisant monter les larmes à mes yeux. « S’il vous plaît. Je vous en supplie. Dites-moi simplement qui vous êtes. »
Peut-être que quelque chose dans le tremblement de ma voix à la fin de ma phrase l’attendrit. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix était rauque, douce et étrangement intime.
« C’est moi qui ai fait de toi Sophie Vaughn. » Il soupira. « Avec les autres, ce n’est qu’un travail. Je fais des choses pour des criminels internationaux, des gens endurcis. Mais toi, tu étais différente… » Sa voix se fit plus grave, jusqu’à n’être plus qu’un murmure. « Douce. Tu avais l’air d’une fille ordinaire d’une petite ville qui voulait simplement terminer ses études, et j’ai compris que tu étais enceinte. Après ton départ, je n’arrivais pas à laisser tomber, alors j’ai fait quelques recherches et découvert que tu avais des liens avec les Surrello. S’il te plaît, ne retourne pas aux États-Unis. Je ne me le pardonnerai jamais s’il t’arrivait quelque chose. »
« Mais je dois y aller », murmurai-je, les émotions me nouant la gorge, mais il avait déjà raccroché.
Je croisai les bras sous ma poitrine tandis que les battements de mon cœur retrouvaient peu à peu leur rythme normal. Quelque part en chemin, mes sentiments étaient complètement passés de la peur à une étrange sensation de réconfort. Je devrais être terrifiée à l’idée de savoir que cet homme, qui avait travaillé avec de dangereux criminels, me surveillait depuis toutes ces années, mais au lieu de cela, je ressentais une certaine chaleur.
Il avait suffisamment tenu à moi pour veiller sur moi, pour enfreindre son propre protocole et m’appeler afin de me prévenir. C’était plus que ce que la plupart des hommes avaient fait pour moi par le passé.
Mais je devais aller aux États-Unis, ne serait-ce que pour mettre un terme à tout cela une bonne fois pour toutes. Je ne pouvais pas me permettre de passer le reste de ma vie à vivre dans la peur.
CARRIEJe fixai mon reflet dans le miroir : mes yeux cernés comme ceux d’un raton laveur, ma peau blafarde… Même mes lèvres ressemblaient à deux bandes de tissu blanc. J’avais une tête de cadavre.Et je me sentais tout aussi mal. J’avais mal au ventre et, depuis trois jours, impossible de garder quoi que ce soit dans l’estomac au petit-déjeuner. J’avais donc fini par renoncer à manger le matin, même si j’avais une faim de loup.Je me précipitai dans la salle de bains et vomis une nouvelle fois tout ce que j’avais dans l’estomac. Je contemplai un instant le liquide verdâtre avant de tirer la chasse d’eau, puis je regagnai péniblement mon lit et m’affalai dessus dès que je l’eus atteint.Eloise me manquait. Terriblement.Je pris mon téléphone, malgré le bon sens qui me soufflait de m’abstenir, et composai le numéro de Mateo. Comme il ne décrocha pas au bout de trois sonneries, j’appelai Olivia à la place.Elle pleurait.« Olivia ! Qu’est-ce qui ne va pas ? » demandai-je, oubliant moment
CARRIEJe contemplai mon reflet dans le miroir : mes yeux cernés comme ceux d’un raton laveur, ma peau blafarde… Même mes lèvres ressemblaient à deux bandes de tissu blanc. J’avais une tête de cadavre.Et je me sentais tout aussi mal. J’avais mal au ventre et, depuis trois jours, j’étais incapable de garder quoi que ce soit dans l’estomac au petit-déjeuner. J’avais donc fini par renoncer à manger le matin, même si j’avais une faim de loup.Je me précipitai dans la salle de bains et vomis une nouvelle fois, observant un instant le liquide verdâtre avant de tirer la chasse d’eau. Puis je regagnai péniblement mon lit et m’y affalai dès que je l’atteignis.Eloise me manquait. Terriblement.Contre mon meilleur jugement, je saisis mon téléphone et composai le numéro de Mateo. Après trois sonneries sans réponse, j’appelai plutôt Olivia.Elle pleurait.« Olivia ! Qu’est-ce qui ne va pas ? demandai-je, oubliant momentanément mes propres problèmes. »« Carrie… Ce n’est rien. Je ne veux pas que
Leona tira longuement sur sa cigarette, l’esprit ailleurs. Elle était en colère, mais pas au point de devenir furieuse ou de perdre la raison. Mateo allait se révéler un peu plus difficile à maîtriser, mais après tout, Mateo était son fils. Il n’était pas seulement le fils du Lion.Elle jeta un coup d’œil à son téléphone lorsque celui-ci se mit à sonner, puis descendit les marches du perron et s’éloigna d’un pas nonchalant, au cas où quelqu’un l’observerait.Elle monta dans sa Porsche argentée et fit signe à son chauffeur personnel de ne pas approcher lorsque celui-ci se dirigea vers elle.Pour garder son calme, elle continua de fredonner doucement un air tout en quittant les lieux au volant de sa voiture. Elle emprunta le long boulevard qui portait le nom de son mari jusqu’à atteindre une épicerie sans rien de particulier.D’un pas assuré, elle entra dans le magasin, parcourut les rayons du regard et commença à choisir des pommes qu’elle déposait dans un panier. Même si le Lion la fa
— Tu ne veux pas savoir, répondit Antonio. Cette fois, lorsqu’il s’approcha de la carafe, sa mère le laissa se servir un verre bien rempli.— Qu’est-ce que c’est, au juste ? demanda-t-elle distraitement.— Tu ne veux pas savoir, répéta-t-il, mais cette fois, un sourire étirait ses lèvres.Lady Giovanni se dirigea d’un pas décidé vers le lit, le nez retroussé devant le désordre qui y régnait, avant de s’y laisser tomber. — Pourquoi ta maison est-elle aussi… en désordre ? C’est à cause de la drogue ? C’est ici que tes petits camarades consommateurs, ou devrais-je dire tes collègues trafiquants, se sentent plus à l’aise pour te rencontrer ? Oh, ne me prends pas de haut, lança-t-elle en surprenant l’amusement dans son regard. Si tu refuses de m’informer, tu ne me laisses pas d’autre choix que d’inventer mes propres explications au fur et à mesure. Pourquoi es-tu seul ici, d’ailleurs ? Où est donc toute cette armée de domestiques qui t’entoure habituellement ?— Parce que je me cache, mère
Antonio avala d’une traite la dernière gorgée de pinot noir directement au goulot de la bouteille, puis la fixa d’un air contrarié, comme s’il lui en voulait de s’être vidée si vite. Il tituba ensuite jusqu’à la carafe à décanter.— Mon fils aurait-il enfin décidé de devenir alcoolique en plus de fréquenter des criminels ? lança une voix d’une élégance raffinée depuis l’embrasure de la porte. Antonio se retourna brusquement pour faire face à Lady Giovanni.— Qui vous a laissée entrer ?Elle haussa les épaules et s’approcha pour lui retirer avec une dextérité remarquable le verre qu’il venait de remplir. — Tu as oublié qu’avant de faire mon entrée dans ce monde de richesse et de pouvoir, j’étais une fille de la rue comme les autres. Je connais peut-être deux ou trois astuces pour crocheter une serrure.— Mère, mon système de sécurité est tout ce qu’il y a de plus moderne. Il est à la pointe de la technologie. Ce n’est pas une simple question de connaître deux ou trois astuces.Elle hau
CARRIE— Il était temps, quand même, marmonnai-je, incapable de contenir ma colère. C’était irrationnel, mais d’une certaine façon, j’avais l’impression qu’il était responsable de tout.Mateo promena son regard sur l’ensemble de mon visage, avant de le laisser descendre jusqu’à l’encolure largement échancrée de ma blouse d’hôpital, qui dévoilait l’ecchymose sur ma clavicule. C’était étrange, je n’avais même pas remarqué que je portais une blouse d’hôpital.Ses traits se durcirent.— Qui t’a fait ça ? Lui ? lâcha-t-il entre ses dents.Je laissai échapper un rire sans joie.— Ce n’est pas important. Ce qui compte, c’est que tu m’expliques pourquoi ta mère s’est pointée au motel que tu m’avais présenté comme un endroit sûr, pour m’arracher mon bébé. Tu m’as littéralement éloignée d’Olivia et d’Antonio, des gens auprès desquels je me sentais en sécurité, tout ça pour mieux me piéger et me faire tomber dans les griffes de ta mère.Il nous avait ramenées aux États-Unis en avion, en nous ass







