Mag-log inLe point de vue de CAITLIN
Postée face au miroir, le reflet qui me renvoyait mon image semblait appartenir à une étrangère. Je me trouvais belle — je me *sentais* belle. Pour une rare fois dans mon existence, mes complexes physiques s'étaient évaporés. La robe épousait mes formes avec une élégance parfaite, sans moulures excessives ni flottements disgracieux. Le décolleté s'avérait toutefois si plongeant que la tentation de réclamer une étole me traversa l'esprit. « Caitlin ! » cria mon ravisseur avec impatience en faisant irruption dans la pièce. Les traits de son visage s'adoucirent instantanément. « Splendide. Tu es absolument saisissante, Caitlin. » Se tournant vers la maquilleuse, il la fixa un court instant : « Je te l'avais dit : la sobriété est la clé. » Une sensation d'apaisement paradoxale m'envahit. J'avais été littéralement séquestrée et contrainte au chantage pour cette mascarade, et pourtant, me voilà souriante face à son compliment. Cela dit, sans son intervention, j'aurais probablement échoué sur les trottoirs de Los Angeles. Au lieu de cela, je me retrouvais à Sinaloa, à des milliers de kilomètres de la Californie, traitée comme une princesse — moyennant finances et menaces, certes. « Revêts ceci. » Il me tendit un coffret en velours bleu. Interloquée, je m'en saisis et soulevai le couvercle pour y découvrir une rivière de diamants d'une beauté à couper le souffle. Le dessin délicat des gouttes, l'argent ciselé avec une précision d'orfèvre… C'était somptueux. Probablement plus coûteux que la totalité de mes possessions réunies. « C'est magnifique. Je— » L'impulsion de refuser me traversa, mais le souvenir de notre marché me rattrapa aussitôt. *Ne te fais pas d'illusions, ma fille, il ne fait pas ça pour tes beaux yeux.* « Merci, monsieur », soufflai-je doucement. « Épargne-moi tes remerciements et remplis ta part du contrat. Et je t'en prie, appelle-moi Caspian. » Il me toisa longuement, un rictus de satisfaction aux lèvres. « Allons-y, une réception nous attend. » Il me tendit son bras replié ; j'y glissai le mien. Ensemble, nous rejoignîmes le véhicule stationné au pied du perron. Tout cela conservait une dimension irréelle. Deux cent mille dollars dormaient paisiblement sur mon compte bancaire et je voyageais à bord d'une automobile de grand luxe. Venait désormais l'épreuve de vérité. Le trajet vers le domaine du Don se déroula dans un silence presque religieux, seulement troublé par les rappels à l'ordre de Caspian : conserver mon sang-froid en toute circonstance, afficher un sourire et capter l'attention du Don. Problème majeur : j'ignorais totalement à quoi ressemblait cet homme. Je me demandais s'il arborait la laideur des monstres de son espèce ou s'il s'avérait présentable. La sonnerie de mon téléphone me tira brutalement de mes élucubrations. Le nom de Vivian, ma meilleure amie, clignotait sur l'écran. Je glissai le doigt sur l'icône de décrochage. « Caity, bordel, où es-tu ? Je suis rentrée il y a quelques heures à peine, j'ai essayé de te joindre mais ta ligne ne répondait pas », lâcha-t-elle dans une respiration saccadée. « Je suis allée à ton appartement, Caitlin… Mme Darcey m'a tout raconté. » Sa voix s'était muée en un chuchotement dévasté. Ressentir son inquiétude me déchira le cœur. « Viv, je— » « Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Je te jure que j'aurais trouvé une solution — on finit toujours par s'en sortir. » Sa voix déraya, suivie d'un reniflement explicite. Céder aux larmes et ruiner mon maquillage était la dernière chose à faire. Seul le Ciel savait à quel point la patience de Caspian était limitée. « Tu as déjà tellement fait pour moi, Viv, je— » « C'est absurde ! Tu sais, j'ai essayé de joindre Colton, et faute de réponse, je me suis rendue chez lui… Oh, Cait… comment vas-tu ? Où te trouves-tu ? » Vivian fondit en sanglots. Ma douce et hyperémotive meilleure amie. « À Sinaloa », répliquai-je en ignorant sa première interrogation. « Pardon ? » L'écho de sa voix fusa à travers le haut-parleur, d'une stridence redoutable. Mes tympans en vibrèrent. « Genre… au Mexique ? » demanda-t-elle, crédule. « Oui. Je te rappelle plus tard. » Je raccrochai sans attendre, consciente de l'impossibilité absolue de lui révéler la réalité. Je poussai un profond soupir de soulagement, posant une main apaisante sur mon torse. « Tu ferais preuve de sagesse en gardant notre petit secret pour toi. » Ce n'était nullement une suggestion, mais une mise en garde formelle. Il était hors de question d'impliquer Vivian dans cette nacelle de crabes. « Entendu, monsieur— Caspian », acquiesçai-je en forçant un sourire. « Ajuste ton masque », ordonna-t-il. Il assujettit soigneusement son propre loup sur son visage. La sévérité de ma condition me percuta de plein fouet. Un frisson d'effroi courut le long de ma colonne vertébrale, me faisant frissonner. Une sueur moite envahit mes paumes et mes pieds. Je tentai de dévier mes pensées vers des horizons plus cléments, mais ne fis qu'aggraver mon anxiété. Une main chaleureuse vint recouvrir la mienne. « Tout va se dérouler selon nos plans, fais-moi confiance. » Caspian tapota légèrement le dos de ma main avant de se retirer. *La confiance ? Vraiment ? Faut-il te rappeler que tu m'as fait enlever ? Il n'y a pas le moindre brin de confiance là-dedans.* En dépit de mon monologue intérieur désapprobateur, j'opinai du chef. Le véhicule acheva sa course devant une demeure monumentale en pierre blanche. Nous en extirpâmes nos corps. Il me tendit à nouveau son bras. « Quoi qu'il advienne, ne laisse jamais pointer la moindre culpabilité dans ton regard », murmura Caspian tandis qu'il me guidait vers les portes monumentales du bâtiment. « Vos papiers ? » grommela un colosse aux portes, la mine patibulaire. Si les portiers arboraient cette carrure, à quoi devaient bien ressembler les hommes de main de Diablo ? Son renfrognement s'accentua. Je ravalai la salive amère qui bloquait ma gorge. Caspian présenta son passeport, m'incitant d'un coup de coude à l'imiter. À la vue de ma pièce d'identité, la grimace du garde se fit encore plus féroce. Comment était-ce seulement possible ? Une lueur singulière traversa son regard lorsqu'il me toisa, un détail qui m'échappa. Il nous fit finalement signe d'entrer. À l'instant où nous franchîmes le seuil, j'expirai longuement, avec l'impression d'avoir échappé à une exécution imminente. On nous scorta vers une salle de bal immense. Chaque invite arborait un loup. Aucun subalterne ne connaissait le visage du Don. Même parmi les figures influentes, la majorité ignorait tout de ses traits ; non pas que les tentatives aient manqué, mais personne n'avait survécu assez longtemps pour s'en vanter. L'espace baignait dans une lumière éclatante. Des effluves de parfums inestimables saturaient l'air. Les décorations arboraient des teintes vives, à l'opposé de l'atmosphère macabre pressentie. La plupart des visages affichaient une joie radieuse. Des violons égrenaient une mélodie suave. Qui aurait pu soupçonner le Diable d'un tel penchant pour la musique classique ? Balayant l'assemblée du regard, mon attention s'accrocha à un couple enlacé au centre de la piste, totalement absorbé par la mélodie. Un seul coup d'œil suffisait pour y déceler un amour pur. Une pointe d'amertume me tordit le cœur à cette vue. Je me forçai à détourner les yeux ; je n'étais pas là pour convoiter un bonheur inaccessible. « Lequel est Diablo ? » chuchotai-je à l'adresse de Caspian. « Patience, ma belle. Lorsque le Diable entre dans une pièce, cela se ressent. Tu n'auras pas besoin d'écarquiller les yeux pour le débusquer. » J'acquiesçai. Il devait s'agir d'une créature monstrueuse. Si une telle bête surgissait, je ne pourrais la manquer. Mon regard dériva à nouveau vers le couple au centre de la pièce. À y regarder de plus près, l'homme affichait une maturité bien plus marquée que la sienne, mais la dévotion dans son regard et le sourire radieux qu'elle lui adressait témoignaient d'un absolu. Caspian semblait lui aussi captivé par ce spectacle. « Qui sont-ils ? » La question m'échappa avant que je ne puisse la réfréner. « Je l'ignore. » Une pointe de surprise perçait dans son timbre, comme s'il s'étonnait lui-même de cette lacune. Le masque y était sans doute pour quelque chose. Il s'avéra que nous n'étions pas les seuls spectateurs de cette scène. Un homme de haute stature aux cheveux sombres observait le duo avec une fixité déconcertante. Son regard dériva lentement vers nous, accrochant le mien dans un échange pesant. Et mon Dieu, quel homme ! Il exsudait une aura sombre, et pourtant incroyablement magnétique. Je lui adressai un doux sourire pour désamorcer la gêne. Son renfrognement s'accentua, l'ébauche de masque qu'il portait dissimulant à peine ses traits. Il détourna les yeux comme si je n'existais pas. Si telle était sa réaction, comment diable étais-je censée « séduire » le Don ? Caspian nourrissait manifestement une fascination perverse pour l'envoi de femmes au massacre. « Parfait, tu l'as dénichél », la voix de Caspian me ramena brutalement à la réalité. Ma colonne vertébrale se rigidifia sous le choc. Non ! Non, non, non. Je suis une femme morte. L'homme dont Caspian prétendait qu'il chérissait les blondes voluptueuses venait de me gratifier d'un regard empreint de dégoût ! Comment étais-je censée séduire un individu incapable de me supporter visuellement ? Je fermai les yeux, priant pour un trépas rapide. Caspian me saisit la main et me guida dans sa direction. Mes jambes refusèrent d'obéir. « Respire, Caitlin », chuchota Caspian. J'expirai l'air bloqué dans mes poumons. Nous nous immobilisâmes juste derrière lui. L'aura qu'il dégageait s'avérait suffocante. Je me demandai si Caspian éprouvait la même terreur ; le mouvement convulsif de sa pomme d'Adam et le battement de ses tempes m'offrirent une réponse limpide. Comme pour rassembler son courage, il secoua la tête et se racla la gorge. « Je vous imaginais plutôt adepte d'alcools plus virils. Du whisky… peut-être », déclara Caspian en inclinant légèrement la tête. Était-ce le fruit de mon imagination, ou la nuance injectée dans le mot *viril* sous-entendait-elle bien plus qu'une référence alcoolisée ? À moins que ma frayeur ne me jouât des tours ? « Vous semblez bien renseigné », déclara Diablo, le dos toujours tourné. Sa voix elle-même exsudait l'autorité absolue. *Ne laisse rien paraître. Respire.* Je me répétai ce mantra jusqu'à ce que ma respiration devienne ma seule préoccupation. Diablo se retourna avec lenteur, un sourire qui n'atteignait pas ses yeux étirant ses lèvres. Ce n'était nullement une invitation, mais une mise en garde. « Vous devriez également savoir que je n'apprécie guère qu'on tienne des propos dans mon dos, et encore moins qu'on me surprenne. » Nous sommes mortellement perdus. Il va nous exécuter ici même. « Mes excuses, Don. Le fait est que je possède un élément à vous remettre. Une chose dont je vous sais friand… » S'il savait. Le martèlement de mon cœur occultait tout le reste. L'instant suivant, nous étions escortés à l'écart de la foule. Évidemment, il ne nous exécuterait pas aux yeux de tous — bien qu'il en soit parfaitement capable. Un homme en costume sombre nous emboîta le pas. Muet, presque aussi intimidant que son maître. Allait-il déléguer l'exécution à son molosse ? L'homme s'avança vivement pour ouvrir la porte d'un salon privé. La pièce s'apparentait à un salon d'attente. Soit il ne faisait aucune confiance à Caspian, soit il flairait le piège. Un Don de la mafia ne traite pas d'affaires dans une antichambre, n'est-ce pas ? Prenant siège, il nous fit un signe de la main. « Parlez. » Ses orbes recelaient une sentence claire : la moindre stupidité et c'était la mort. Diablo porta son regard sur Caspian, puis sur ma personne. Je fus incapable de réfréner ma réaction : je compressai inconsciemment le bras de Caspian, me mordant la langue pour ne pas supplier sa grâce ou fondre en larmes. « Votre dame ne m'a pas l'air particulièrement à son aise, Zuri », la voix de Diablo brisa ma paralysie. Mon inconfort semblait le divertir. Il sourit, cette fois avec une sincérité manifeste — dévoilant des iris gris d'un mystère insondable. Des yeux de démon, à n'en pas douter. « Rassurez-vous, je ne mords pas. » Son regard dévala vers mon décolleté durant une fraction de seconde — furtive, mais perceptible. Ses paroles et l'espoir d'avoir capté son intérêt m'apportèrent une relative accalmie. « J'exécute — par balle, par lame… tout dépend de mon humeur du moment », émit-il dans un petit rire étouffé avant que ses traits ne se durcissent à nouveau. Ce monstre prenait un plaisir sadique à me torturer. Mes tempes me battaient follement. C'est alors que j'entendis Caspian lâcher : « C'est elle, le présent, Don. » Il ne fallut à Diablo que le temps d'un cillement pour braquer un canon d'acier sur la tempe de Caspian. C'était le dénouement. « Don, je vous en prie, ne tirez pas ! Prenez au moins le temps de la regarder ! » Les mains levées en signe de reddition, il se tourna vers moi : « Enlève ce foutu masque ! » Quelle différence cela pouvait-il bien faire ? Qu'importe, j'étais prête à tout pour survivre. Je me saisis du loup et le tirai ; l'élastique m'arracha quelques cheveux, mais cette douleur n'était rien comparée à une balle dans le crâne. Au moment précis où le masque glissa de mon visage, Diablo bondit de son fauteuil. Ses yeux s'écarquillèrent, sa bouche demeura entrebâillée. Une expression mêlant sidération, incrédulité et souffrance s'empara de ses traits. Il laissa tomber son arme et se précipita sur moi — non pour m'étrangler ou m'abattre, mais pour enserrer délicatement mon visage entre ses paumes, l'air totalement désemparé. « Laura ? » étrangla-t-il. D'accord, qu'est-ce que c'était que ce bordel, et qui pouvait bien être cette foutue Laura ?CAITLINEsteban a fait passer ma robe par-dessus ma tête, me laissant nue sous lui. J'ai tâtonné avec sa ceinture, en essayant de l'enlever. Sa main a recouvert la mienne. Il a défait sa ceinture et retiré son pantalon et son slip.Ses mains caressaient chaque centimètre de moi, et sa langue a léché tout le chemin jusqu'à ma cheville douloureuse.« Ça te fait mal, ma douce ? »Ma douce ? D'accord, ça, c'était nouveau.« Non », ai-je répondu, à bout de souffle.J'ai essayé de m'asseoir ; je voulais l'attirer sur moi. Je voulais sceller mes lèvres aux siennes et sentir son poids sur moi et sa queue en moi, dans ma bouche ou dans ma chatte.« Non, Kitty, allonge-toi », a-t-il ordonné.Je me suis rallongée, les yeux mi-clos fixés sur lui. Il a commencé à semer des baisers le long de ma jambe jusqu'à ma chaleur, en écartant mes cuisses.« Tu ruisselles pour moi, bébé », a-t-il murmuré contre ma chair sensible avant de presser sa langue contre mon clitoris.J'ai aspiré une bouffée d'air, en
CAITLINTremper dans une eau chaude, presque brûlante, était exactement ce dont j'avais besoin. L'eau apaisait la douleur de ma cheville.Je suis restée dans la baignoire jusqu'à ce que l'eau refroidisse. Puis je me suis levée et j'ai séché mon corps avec une serviette propre et sèche.J'ai pris ma lotion sur la coiffeuse et j'ai boitillé jusqu'à la chambre pour m'asseoir sur le lit. En me massant la peau avec la lotion, je me suis un peu plus concentrée sur ma cheville, en essayant d'en chasser la douleur.Quelqu'un a frappé doucement à la porte.« Qui est-ce ? » ai-je demandé.« Pepe. »Je me suis levée et me suis précipitée vers le dressing.« Donnez-moi une minute ! »J'ai choisi une robe courte et ample. Elle était facile à enfiler. En jetant un œil à mon reflet dans le miroir, j'ai passé les doigts dans mes cheveux. Puis je me suis empressée d'aller ouvrir, même s'il n'y avait rien de rapide dans le fait de boiter.« Vous en avez trouvé ? » ai-je demandé en ouvrant la porte.Il
ESTEBANAdossé à ma chaise, une jambe croisée sur l'autre, je jouais avec le petit cheval miniature posé sur la table.Mendoza était assis en face de moi, les yeux écarquillés, fixant la table, puis moi.« Pourquoi as-tu l'air si mal à l'aise, Mendoza ? » ai-je demandé d'un ton nonchalant.« Je le jure, je n'ai rien à voir avec ça. Je suis innocent, je le jure. »Je me suis redressé et penché en avant, en étudiant son visage. Des perles de sueur se formaient sur son front. J'ai eu un rictus.« Je n'ai encore rien demandé », ai-je ricané. « Dans quoi jures-tu ne pas être impliqué ? » ai-je demandé en feignant l'ignorance.Rendre visite à Mendoza n'avait pas pour seul but de faire le tour des familles pour qu'elles me jurent loyauté, non. Sa lâcheté était un outil précieux.La dynastie lui avait été léguée par son défunt père, qui n'avait personne d'autre à qui la transmettre. Arturo Mendoza passait pour un imbécile, mais c'était loin d'être la vérité. Un lâche ? Oui, il l'était tout à
CAITLINJe me suis essuyé les yeux du revers de la main et j'ai pris une grande inspiration.Le plan était de m'excuser, pas de pleurer. J'arrivais à peine à prononcer les mots. Le regard doux d'Esteban rendait les choses encore pires.Une émotion écrasante m'a submergée.« Tu es sûre ? » a-t-il demandé en haussant un sourcil. « Alors tu es contente que je t'aie gardée ici, avec moi ? »Le mot « oui » était sur le bout de ma langue, et ce n'était pas par arrière-pensée. C'était la vérité.Sans lui, je n'aurais jamais su ce que ça fait d'être aimée par un homme. Même si cet amour n'était pas vraiment destiné à moi, mais à une autre femme, Laura.C'était un sentiment doux-amer.Au moins, jusqu'à un certain point, il savait que je n'étais pas elle. Il m'appelait Caitlin, enfin, la plupart du temps. Ça faisait une différence.« Quelque chose ne va pas ? Ai-je fait quelque chose ? » a-t-il demandé, l'air inquiet, le regard fixé sur le verre, en m'observant.Oh, Esteban. Si seulement tu n'é
ESTEBANDes pas résonnaient derrière la porte. Les lourds rideaux bloquaient toujours la lumière qui filtrait par les fenêtres.J'ai essayé de bouger, mais j'ai senti un poids sur mon bras. Blottie tout contre moi, il y avait Caitlin.Ses cheveux lui couvraient le visage. Je les ai doucement écartés et j'ai glissé quelques mèches derrière son oreille.Caitlin a remué.« Bonjour, Esteban. » Elle a souri.Elle semblait de meilleure humeur que la veille au soir. Je m'étais attendu à ce qu'elle dorme dans sa chambre. Même si je la voulais avec moi.« Bonjour, Kitty », ai-je salué.Je me suis penché pour l'embrasser. Me rappelant sa réaction de la veille, j'ai déposé un baiser sur sa joue à la place.Je suis sorti du lit et j'ai pris mon téléphone pour vérifier mes e-mails. Rien de sérieux, alors je suis allé dans la salle de bains me brosser les dents et me doucher.Je suis retourné dans la chambre. Les yeux de Caitlin étaient fixés sur moi.J'ai pris des vêtements propres dans le dressin
L'AUTEURAussi beau que soit l'amour, il est en réalité dangereux. Parfois fatal, mais c'est l'arme parfaite, capable de mettre fin à une guerre.Comment ? Nous ne le savons pas encore, mais il naîtra malgré tout.Dans une petite maison luxueuse en bord de plage, Federico était assis nonchalamment, regardant la danse des eaux.C'était une vue qu'il aimait et qui lui procurait un sentiment de paix.Des pas lourds ont retenti, résonnant sur le parquet.« Que fais-tu ici ? » a-t-il demandé calmement, sans quitter l'eau des yeux.« Je suis venu offrir des conseils », a répondu la voix avec calme.« Je ne prends pas de conseils auprès des lopettes », a dit Rico calmement, en faisant doucement tourner son verre de whisky.« Mais cette lopette en sait bien plus que tu ne pourras jamais en savoir », a gloussé l'homme en s'écartant de l'encadrement de la porte.Cet invité importun s'est avancé vers Rico. Arrivé à sa table, il a tiré une chaise pour lui-même.« Je ne t'ai pas invité à t'asseoir







