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CHAPITRE 3 : L'INVITÉ MYSTÈRE

ผู้เขียน: Torres NGABA (TNT)
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2026-01-20 06:47:08

L’eau chaude ruisselait sur les muscles saillants de Ngaba, emportant la crasse, l’huile de moteur et les souvenirs de l’humiliation. Dans la salle de bain en marbre de la Suite Royale de l’Hôtel Sawa, il ne se lavait pas simplement ; il renaissait.

Lorsqu’il sortit, une serviette autour de la taille, l’équipe que Silas avait convoquée l’attendait dans le salon panoramique. Un tailleur italien, un barbier de renom et un styliste.

Ngaba se regarda dans le miroir en pied. Pour la première fois de sa vie, il vit autre chose qu'un orphelin affamé. Il vit un guerrier. Ses épaules étaient larges, son torse sculpté par l'effort, son regard impénétrable.

— Monsieur, dit le tailleur avec un accent chantant, s'inclinant respectueusement. Nous avons préparé le smoking en laine froide Midnight Blue de chez Brioni. Coupe cintrée. Il mettra en valeur votre... stature athlétique.

Ngaba se laissa habiller sans dire un mot. La chemise en soie blanche glissa sur sa peau. Le pantalon tomba parfaitement. La veste épousa ses épaules comme une armure.

Silas s'approcha avec un coffret en velours.

— La touche finale, Monsieur.

Il l'ouvrit. À l'intérieur brillait une montre. Une Patek Philippe Nautilus 5711, cadran bleu. Pas la plus voyante, mais la plus introuvable. Le signe discret des hommes qui possèdent les banques, pas de ceux qui y font la queue.

Ngaba l'attacha à son poignet. Le poids froid du métal lui donna une ancre.

— Allons-y, dit-il. Marcus Koffi attend son investisseur. Ne le faisons pas attendre.

La Villa Koffi étincelait de mille feux. C'était la soirée de l'année à Douala. Tout le gratin politique et économique se pressait dans les jardins, coupes de champagne à la main.

Pourtant, l'ambiance était tendue. Les rumeurs de faillite de l'entreprise Koffi circulaient. Marcus, dans un smoking blanc un peu trop serré, transpirait abondamment en essayant de rassurer ses créanciers.

— Je vous assure ! criait-il presque. Le PDG d'Ébène Holdings sera là ce soir. Il va injecter 50 millions de dollars. Nous sommes sauvés !

À côté de lui, Morelle surveillait l'entrée comme un faucon. Elle portait une robe rouge sang, fendue jusqu'à la hanche.

— Où est Oxane ? siffla-t-elle à l'oreille de son frère.

— Dans le coin, là-bas. Je lui ai dit de sourire. Si l'investisseur la trouve à son goût, elle fera partie du "package" de négociation.

Oxane se tenait près d'une fontaine, seule. Elle portait une robe simple, gris pâle, qui contrastait avec le luxe ostentatoire des autres. Elle avait les yeux rouges. Elle venait d'apprendre que son père avait vendu ses dernières parts de l'entreprise familiale aux Koffi en échange de l'annulation d'une dette. Elle était piégée. Elle pensait à Ngaba, qu'elle n'avait pas vu revenir après l'incident de l'après-midi. Avait-il fui ? Était-il en sécurité ?

Soudain, la musique s'arrêta. Le brouhaha des conversations s'éteignit.

Devant les grilles en fer forgé, le cortège arriva. Pas une voiture, mais trois. Deux 4x4 noirs massifs ouvraient la voie à une Bugatti Chiron noire, une voiture si rare et si chère que personne au Cameroun n'en avait jamais vu de près.

Le moteur rugit doucement, comme une bête tapie dans l'ombre, avant de se taire.

Marcus Koffi écarquilla les yeux. Sa mâchoire tomba.

— Une Bugatti... C'est lui. C'est l'investisseur ! Vite, Morelle, le champagne !

Le valet, tremblant, n'osa même pas ouvrir la portière. C'est Silas, sortant du premier véhicule, qui vint ouvrir la porte papillon de la supercar.

Une jambe sortit. Un soulier Berluti en cuir patiné, brillant sous les projecteurs. Puis l'homme émergea.

Il était immense. Sa peau d'ébène captait la lumière. Son costume semblait avoir été cousu sur lui par des dieux. Il dégageait une aura de puissance si dense que l'air semblait vibrer autour de lui. Il portait des lunettes de soleil noires malgré la nuit.

Marcus se précipita, écartant les invités, son verre à la main.

— Monsieur le Président ! Quel honneur ! Je suis Marcus Koffi. Bienvenue dans ma humble demeure !

L'homme retira lentement ses lunettes. Il balaya la foule du regard, ignorant totalement la main tendue de Marcus. Ses yeux se posèrent sur la flaque d'eau près de la fontaine, puis sur Morelle, et enfin, ils s'ancrèrent sur Marcus.

C'était un regard qu'ils connaissaient. Mais hors contexte, leurs cerveaux refusaient de faire le lien. Ils ne voyaient pas le domestique crasseux. Ils voyaient un roi.

— "Humble" n'est pas le mot que j'aurais choisi, dit l'homme. Sa voix était profonde, calme, et résonna étrangement familière aux oreilles de Marcus.

— Haha, vous avez de l'humour ! s'esclaffa Marcus nerveusement. Venez, je vous présente mon père.

L'homme ne bougea pas. Il fit un petit signe de doigt à Silas.

Silas s'avança avec une mallette et la posa sur une table de cocktail, renversant quelques verres au passage. Le bruit du verre brisé figea l'assemblée.

— Avant de parler affaires, Marcus, dit l'homme mystérieux, nous devons régler une dette.

— Une dette ? Mais... l'investissement devait couvrir nos dettes !

L'homme s'avança d'un pas. Il dominait Marcus de toute sa hauteur.

— Pas une dette d'argent. Une dette de sang.

Il plongea sa main dans sa poche intérieure et en sortit un objet. Tout le monde retint son souffle, s'attendant à une arme ou un stylo en or.

Il posa sur la table un vieux téléphone portable à l'écran fissuré, encore humide et sentant l'eau croupie.

Le silence devint absolu.

Marcus regarda le téléphone. Il cligna des yeux. Il reconnut l'appareil. La réalisation le frappa comme un coup de poing dans l'estomac. La couleur quitta son visage.

Il leva les yeux vers l'homme, scrutant ses traits pour la première fois avec attention. La cicatrice sur le sourcil gauche. La forme de la mâchoire.

— N... Ngaba ? bégaya-t-il, sa voix montant dans les aigus.

Morelle laissa tomber sa coupe de champagne. Elle se couvrit la bouche, horrifiée.

— Le boy ? C'est impossible...

Ngaba sourit. Ce sourire froid qui avait glacé Silas plus tôt.

— Bonsoir, Maître Marcus. Je crois que j'ai laissé une trace sur ta Rolls-Royce. Je suis venu... nettoyer.

Il claqua des doigts.

Derrière les grilles, une grue de chantier gigantesque, que personne n'avait remarquée dans l'obscurité, alluma ses projecteurs. Au bout du câble, suspendue dans le vide au-dessus de la piscine des Koffi, se balançait la Rolls-Royce Ghost de Marcus.

— Qu'est-ce que... ? hurla Marcus.

— Tu m'as dit que si tu voyais une trace, tu déduirais les frais, dit Ngaba doucement. J'ai décidé qu'elle était trop sale pour être sauvée.

D'un geste de la main, Ngaba fit signe au grutier.

Le câble se détacha.

La Rolls-Royce de 400 000 dollars chuta de vingt mètres et s'écrasa au milieu de la piscine dans une explosion d'eau chlorée et de métal tordu, arrosant les invités de marque et ruinant la robe rouge de Morelle.

Dans le chaos de cris et de panique, Ngaba ne regarda même pas l'explosion. Il traversa la foule pétrifiée qui s'écartait comme la Mer Rouge. Il se dirigea droit vers la seule personne qui n'avait pas bougé.

Il s'arrêta devant Oxane. Elle le regardait, les larmes aux yeux, une main sur le cœur.

Il tendit sa main, celle qui portait la Patek Philippe, celle qui tenait maintenant le destin de tous les gens présents.

— Bonsoir, Oxane, dit-il avec une douceur infinie qui contrastait avec la violence de la scène. Veux-tu sortir d'ici ? L'air est devenu irrespirable.

Oxane regarda la main tendue, puis Marcus qui hurlait au bord de la piscine détruite, puis Ngaba.

Elle leva la main.

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