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Chapitre 38 — Rien

Autor: Dledition
last update Fecha de publicación: 2026-09-18 22:39:32

Sebastian

Je la fais convoquer à neuf heures précises, parce que la précision est la seule politesse que je puisse encore offrir à quiconque.

Elle entre dans mon bureau sans qu'on l'ait fait annoncer deux fois, ce qui chez elle est une forme de défi. Elle porte un tailleur sombre, les cheveux tirés, ce masque de convalescente obéissante qu'elle a appris à porter et que je n'ai jamais cru, pas une seconde, pas depuis le premier jour. Elle s'assied face à moi sans attendre qu'on l'y invite. Derri
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    ClaraL'appartement de Chelsea m'attend depuis deux ans, et j'ai l'impression, en montant l'escalier, de monter vers ma propre tombe.L'agence immobilière m'a remis les clés sans difficulté, l'appartement est à mon nom, payé par je ne sais quelle procuration, conservé par je ne sais quel ordre. Patricia, probablement. Patricia conserve tout. Patricia conserve les appartements des amnésiques comme on conserve des spécimens sous verre, au cas où.Le palier du troisième sent la cire et l'absence. Ma clé entre dans la serrure sans résistance, et c'est presque décevant, je m'attendais à ce que la porte se défende, qu'elle me reconnaisse et me refuse, qu'elle dise tu n'es plus celle qui vivait ici. Rien. Le loquet cède avec un claquement banal, le claquement d'un objet qui n'a pas de mémoire, et la porte s'ouvre sur le noir.Ma main trouve mon bracelet avant de trouver l'interrupteur.Je tourne la chaînette sur mon poignet, une fois,

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    SebastianLe Northumberland sent la bière renversée, le bois ciré et cent ans de conversations qu'on ne répète pas, et c'est exactement pour cela que je l'ai choisi.Elle arrive à vingt et une heures moins deux minutes, en manteau sombre, sans maquillage, les cheveux sous un béret qui la fait ressembler à quelqu'un d'autre, et je note, professionnellement, que c'est probablement l'effet recherché. Elle me repère au fond, dans l'alcôve que George réserve à mes occasions, celle dont la table est visible d'aucune fenêtre. Elle glisse en face de moi. George dépose deux pintes sans un mot et disparaît avec l'efficacité d'un homme qui a fait de l'invisibilité une religion.— Personne ne vous a suivie ?— J'ai changé de taxi deux fois et traversé un centre commercial, dit-elle. J'apprends vite.Je la crois. C'est cela, le vertige : je la crois, alors que je ne crois personne.Elle parle la première. Elle déroule tout, comme co

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    SebastianJe devrais la renvoyer dans sa chambre. C'est la décision rationnelle, et je l'examine posément, comme j'examine tout, et je la mets de côté, et ce geste-là, ce refus de ma propre raison, je l'examine aussi, et je ne le mets pas de côté.Elle est devant moi, les yeux brûlants, le bracelet immobile enfin, épuisée par sa propre sincérité, et je pense : voilà ce que Helena aurait voulu que je fasse, et cette pensée est inadmissible, parce que je n'ai pas le droit de deviner les volontés des morts, moi qui ai passé deux ans à piétiner la mienne.Vous cachez quelque chose de vrai, a-t-elle dit.Personne ne m'avait jamais dit cela. On m'a dit que j'étais froid, calculateur, dangereux, brillant, impitoyable, toute la collection, tout le bestiaire. Mais pas cela. Pas quelque chose de vrai. Elle a posé le doigt sur la seule chose que je croyais invisible, et elle l'a fait avec la tranquillité d'une fille qui lit les cravates comme les a

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  • L'HÉRITIÈRE OUBLIÉE, LA TRAÎTRESSE DÉVOILÉE    Chapitre 41 — La signature

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