LOGINMarie a sacrifié trois années de sa vie pour épouser Yamal, l'Alpha le plus redouté du Nord, à la place de sa sœur Camille, plongée dans un coma juste avant la cérémonie du lien. Cachée sous un pendentif de lune qui masque son odeur véritable, Marie a appris à aimer cet homme froid et distant, sans jamais recevoir la moindre tendresse en retour. Mais le jour où Camille se réveille enfin, le loup de Yamal reconnaît instantanément en elle sa véritable compagne... et Marie comprend que ces trois années n'étaient qu'une illusion soigneusement entretenue. Elle lui donne alors un ultimatum : trente jours pour choisir entre le lien du destin et l'amour qu'elle croyait avoir construit de ses propres mains. Mais ce compte à rebours va réveiller des vérités que personne, pas même Yamal, n'était prêt à affronter.
View MoreTrois Ans de Silence
« Tu comptes rester debout toute la nuit ? » demanda Marie, sa voix résonnant dans le salon vide du manoir.
Yamal ne leva pas les yeux des documents étalés devant lui. « J'ai du travail. »
« C'est notre anniversaire de mariage, » dit-elle doucement. « Trois ans, aujourd'hui. »
« Je sais quel jour nous sommes, Marie. »
« Alors tu sais aussi que tu ne m'as pas adressé plus de dix phrases depuis ce matin. »
Il posa enfin son stylo, la regardant avec cette froideur polie qu'elle connaissait si bien. « Que veux-tu que je te dise ? »
« Je ne sais pas, » dit Marie, sentant sa gorge se serrer. « Peut-être quelque chose qui ressemble à de l'affection. Juste une fois. »
« Nous avons un accord, » dit Yamal. « Je ne t'ai jamais promis autre chose. »
« Un accord, » répéta-t-elle amèrement. « C'est tout ce que je suis pour toi. Une clause dans un contrat entre deux clans. »
« Tu savais dans quoi tu t'engageais. »
« J'avais dix-neuf ans, Yamal. Ma sœur était dans le coma, et ta mère m'a suppliée de prendre sa place pour sauver l'alliance entre nos meutes. Je n'ai jamais vraiment eu le choix. »
Il se leva, s'approchant lentement d'elle. « Et pourtant, tu es restée. Trois années entières. »
« Parce que j'espérais, » dit-elle, sa voix se brisant légèrement. « J'espérais qu'un jour, tu me regarderais vraiment. Pas comme une obligation. Comme une femme. »
Yamal resta silencieux un long moment, son regard sombre fixé sur elle. « Marie... »
« Ne dis rien, » coupa-t-elle. « N'importe quoi sera pire que ton silence habituel. »
« Je ne suis pas fait pour ce genre de sentiments, » dit-il finalement. « Mon loup... il n'a jamais réagi à toi comme il le devrait envers une compagne. »
Marie sentit une douleur familière lui transpercer la poitrine. « Je sais, » dit-elle. « Crois-moi, je le sais mieux que quiconque. »
« Alors pourquoi cette conversation, ce soir précisément ? »
« Parce que je commence à me demander combien de temps encore je peux continuer à aimer un homme qui ne me voit même pas, » dit-elle, les larmes menaçant de couler malgré sa détermination à rester forte.
Gabriel entra à cet instant, son expression tendue interrompant immédiatement la conversation. « Yamal, » dit-il d'une voix pressée. « Il faut que tu viennes. Maintenant. »
« Que se passe-t-il ? » demanda Yamal, son attention immédiatement détournée de Marie.
« C'est l'hôpital de la meute, » dit Gabriel, hésitant visiblement à continuer devant Marie. « C'est à propos de Camille. »
Le corps entier de Marie se figea. « Ma sœur ? »
Gabriel hocha la tête lentement. « Elle s'est réveillée. Il y a une heure. »
Un silence assourdissant s'installa dans la pièce. Marie regarda Yamal, cherchant une réaction sur son visage, et ce qu'elle y vit lui glaça le sang : quelque chose s'était allumé dans ses yeux, quelque chose qu'elle n'avait jamais vu en trois années de mariage.
« Elle est réveillée, » répéta Yamal, comme s'il avait besoin d'entendre ces mots une seconde fois pour y croire.
« Oui, » confirma Gabriel. « Et... Yamal, il y a autre chose. »
« Quoi ? » demanda Yamal, déjà en mouvement vers la porte.
« Ton loup, » dit Gabriel avec une prudence évidente. « Dès que nous avons approché de sa chambre pour vérifier son état, j'ai senti ta présence intérieure s'agiter d'une manière que je n'ai jamais sentie auparavant. Comme s'il... »
« Comme s'il quoi ? » insista Yamal.
« Comme s'il la reconnaissait, » dit Gabriel finalement.
Marie sentit le sol se dérober sous ses pieds. Trois années. Trois années à apprendre chaque détail de cet homme, à anticiper ses besoins, à organiser sa vie entière autour de lui, sans jamais recevoir le moindre signe que son loup la reconnaissait, elle.
« Yamal, » dit-elle d'une voix à peine audible. « Attends. »
Il se retourna, la regardant comme s'il venait tout juste de se souvenir de sa présence. « Marie, je dois y aller. C'est important. »
« Plus important que cette conversation que nous étions en train d'avoir ? » demanda-t-elle, sachant déjà la réponse avant même qu'il ne parle.
« Camille était censée être ma compagne destinée, » dit Yamal, sa voix trahissant une urgence qu'elle ne lui avait jamais entendue. « Si mon loup réagit enfin, cela pourrait tout expliquer. »
« Tout expliquer, » répéta Marie, sentant chaque mot comme une lame s'enfonçant plus profondément. « Tu veux dire, expliquer pourquoi tu n'as jamais pu m'aimer, moi. »
Yamal hésita, et cette hésitation seule lui disait tout ce qu'elle avait besoin de savoir. « Je reviendrai, » dit-il finalement. « Nous parlerons de tout cela plus tard. »
« Bien sûr, » dit Marie, sa voix vide de toute émotion désormais. « Vas-y. »
Il quitta la pièce rapidement, suivi de Gabriel qui lança un dernier regard désolé vers Marie avant de disparaître également. Elle resta seule dans le salon, les documents encore étalés sur le bureau, la maison silencieuse autour d'elle comme elle l'avait toujours été.
Elena, sa plus proche confidente au sein de la meute, entra quelques minutes plus tard, ayant visiblement entendu la nouvelle par les couloirs. « Marie, » dit-elle doucement. « Comment te sens-tu ? »
« Je ne sais pas, » admit Marie honnêtement. « Ma sœur, dont je pensais avoir fait le deuil de la présence pendant trois ans, vient de se réveiller. Et la première chose que découvre mon mari, c'est que son loup la reconnaît comme sa compagne destinée. »
« Cela ne signifie peut-être rien, » dit Elena, mais sa voix manquait de conviction.
« Cela signifie tout, » dit Marie. « Tu sais ce que représente la reconnaissance du loup, Elena. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut ignorer ou nier. »
« Que vas-tu faire ? » demanda Elena.
Marie resta silencieuse un long moment, son regard perdu vers la fenêtre où la lune commençait déjà à se lever au-dessus des montagnes. « Je ne sais pas encore, » dit-elle finalement. « Mais je sais que je ne peux plus continuer à vivre dans l'ombre de quelqu'un d'autre. Pas même celle de ma propre sœur. »
« Marie... »
« Il y a quelque chose que tu dois savoir, Elena, » dit Marie, sa main se portant instinctivement vers le pendentif de lune qu'elle portait toujours autour du cou, celui que la mère de Yamal lui avait donné le jour de son mariage. « Ce pendentif... il ne sert pas seulement d'ornement. »
« Que veux-tu dire ? » demanda Elena, une inquiétude grandissante dans la voix.
Marie ouvrit la bouche pour répondre, mais un vertige soudain la saisit, si intense qu'elle dut s'appuyer contre le mur pour ne pas tomber.
« Marie ! » s'écria Elena, se précipitant vers elle.
« Je vais bien, » dit Marie faiblement, bien que son corps entier semble démentir ses propres paroles. « Ce n'est rien. »
« Ce n'est pas rien, » insista Elena, la soutenant fermement par le bras. « Tu es livide. Depuis quand cela t'arrive-t-il ? »
« Depuis quelques mois, » admit Marie, cédant enfin un peu de terrain face à l'inquiétude sincère de son amie. « Des vertiges, de la fatigue qui ne part jamais complètement, même après une nuit entière de sommeil. »
« Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ? » demanda Elena, une pointe de blessure dans la voix.
« Parce que je pensais que c'était simplement le poids de cette vie, » dit Marie. « Le poids d'aimer un homme qui ne peut pas m'aimer en retour. Je pensais que mon corps portait simplement le fardeau de mon cœur. »
« Et maintenant ? » demanda Elena. « Tu sembles penser autrement. »
Marie hésita, ses doigts se resserrant instinctivement autour du pendentif à son cou. « Je ne sais pas, » dit-elle finalement. « Mais quelque chose me dit que ce n'est pas seulement une question de cœur brisé. »
Elena l'aida à s'asseoir sur le canapé, s'installant à ses côtés avec une inquiétude qui ne diminuait pas. « Tu devrais consulter Aurélie, » dit-elle. « Dès demain matin. »
« Peut-être, » dit Marie, sa voix distraite alors que ses pensées dérivaient inévitablement vers Yamal, vers Camille, vers cette hôpital où sa vie entière semblait être en train de basculer sans son consentement. « Mais pour l'instant, tout ce à quoi je peux penser, c'est cette expression sur le visage de Yamal quand Gabriel a annoncé le réveil de Camille. »
« Quelle expression ? » demanda Elena doucement.
« Celle que j'ai attendue pendant trois ans qu'il ait pour moi, » dit Marie, sa voix se brisant enfin complètement. « Et qu'il n'a jamais eue. Pas une seule fois. »
Elena la prit dans ses bras, la laissant pleurer librement pour la première fois depuis longtemps. « Je suis désolée, Marie, » murmura-t-elle. « Tu mérites tellement mieux que cela. »
« Je ne sais plus ce que je mérite, » dit Marie entre deux sanglots. « J'ai passé tellement de temps à essayer de mériter son amour que j'ai oublié ce que cela signifiait de simplement... exister pour moi-même. »
« Alors peut-être que c'est le moment de te souvenir, » dit Elena doucement. « Quelle que soit la décision que tu prennes dans les jours à venir. »
Marie essuya ses larmes, une détermination fragile mais réelle commençant à se former en elle malgré l'incertitude de tout ce qui l'entourait. « Tu as raison, » dit-elle. « Il est temps que je pense à moi, pour une fois. »
Elle se leva, ses jambes encore légèrement tremblantes, mais sa volonté se raffermissant à chaque instant. « Demain, » dit-elle, « j'irai voir ma sœur. Et j'observerai. J'observerai tout, sans me mentir à moi-même sur ce que je vois. »
« Et le pendentif ? » demanda Elena, remarquant le geste répété de Marie vers l'objet à son cou. « Tu allais me dire quelque chose à son sujet. »
Marie baissa les yeux vers le bijou scintillant faiblement dans la lumière tamisée du salon. « Je pense, » dit-elle lentement, « qu'il cache quelque chose que je n'ai jamais eu le courage de vraiment examiner. Quelque chose que Selene ne m'a peut-être jamais dit entièrement, le jour où elle me l'a offert. »
« Tu devrais le faire examiner, » dit Elena avec urgence. « Par Aurélie, ou par quelqu'un qui s'y connaît en magie ancienne. »
« Demain, » répéta Marie. « Après avoir vu Camille. Après avoir compris exactement ce à quoi je fais face. »
Elena hocha la tête, bien que son inquiétude ne semble pas s'être apaisée le moins du monde. « Promets-moi au moins de te reposer ce soir, » dit-elle. « Tu en as besoin, quelle que soit la cause de cette fatigue. »
« Je te le promets, » dit Marie, bien qu'au fond d'elle, elle sache déjà que le sommeil ne viendrait probablement pas facilement cette nuit-là, pas avec toutes les ques
tions qui tourbillonnaient désormais sans relâche dans son esprit épuisé.
Le Secret de Selene« Mère ? » Yamal se figea en apercevant Selene dans l'embrasure de la porte, son visage inhabituellement pâle. « Depuis combien de temps es-tu là ? »« Assez longtemps, » dit Selene, entrant dans le bureau, sa démarche trahissant une agitation qu'elle ne montrait presque jamais.« Tu as entendu, alors, » dit Yamal. « À propos du pendentif. »« J'ai entendu, » confirma Selene, ses mains se tordant nerveusement devant elle.« Pourquoi as-tu fait cela, mère ? » demanda Yamal, une colère contenue perçant dans sa voix. « Pourquoi lui as-tu donné un objet qui la faisait souffrir, sans jamais lui dire la vérité sur ce qu'il représentait vraiment ? »Selene s'assit lourdement, son visage marqué par un poids qui semblait avoir été porté pendant bien trop longtemps. « J'avais mes raisons, Yamal. »« Quelles raisons pourraient justifier de faire souffrir Marie pendant trois années entières ? » insista Yamal.« Parce que je savais que Camille se réveillerait un jour, » dit Sel
L'UltimatumTrois jours après sa sortie de l'hôpital, Marie demanda à Gabriel d'organiser une rencontre formelle avec Yamal dans le bureau du manoir, refusant catégoriquement de laisser cette conversation se dérouler de manière informelle comme tant d'autres avant elle.« Tu voulais me parler, » dit Yamal en entrant, refermant la porte derrière lui.« Assieds-toi, » dit Marie, sa voix calme malgré le tumulte intérieur qu'elle ressentait.Yamal s'exécuta, observant attentivement son visage. « Tu sembles différente, » dit-il. « Plus déterminée que d'habitude. »« J'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir, » dit Marie. « Depuis l'hôpital. Depuis le réveil de Camille. »« Marie, à propos de cela, » commença Yamal, « je sais que la situation est compliquée... »« Laisse-moi parler, » coupa-t-elle fermement. « S'il te plaît. »Il hocha la tête, se taisant pour lui laisser l'espace nécessaire.« Cela fait trois ans que je vis dans cette maison, » dit Marie. « Trois ans que j'apprends chacune
Le Secret du PendentifMarie ouvrit les yeux lentement, la lumière blanche du plafond l'aveuglant momentanément avant que sa vision ne s'ajuste.« Elle se réveille, » dit une voix qu'elle reconnut comme celle de la guérisseuse de la meute, Aurélie.« Marie ? » La voix de Gabriel résonna près d'elle, empreinte d'une inquiétude sincère. « Tu m'entends ? »« Que s'est-il passé ? » demanda Marie faiblement, essayant de se redresser.« Tu t'es effondrée dans le couloir de l'hôpital, » dit Aurélie. « Nous avons dû t'examiner en urgence. »Marie sentit sa main se porter instinctivement vers son cou, cherchant le pendentif familier. Il n'était plus là.« Où est-il ? » demanda-t-elle, une panique soudaine dans la voix. « Le pendentif. »« Je l'ai retiré pendant l'examen, » dit Aurélie prudemment. « Marie, il faut que nous parlions de cet objet. »« Que voulez-vous dire ? » demanda Marie, bien qu'elle connaisse déjà, au fond d'elle-même, la teneur de cette conversation à venir.Aurélie s'appro
Le Réveil de CamilleYamal se tenait immobile devant la porte de la chambre d'hôpital, son cœur battant d'une manière qu'il n'avait jamais expérimentée auparavant.« Tu es prêt ? » demanda Gabriel à ses côtés.« Je ne sais pas, » admit Yamal, une honnêteté rare dans sa voix. « Trois ans que j'attends ce moment, et maintenant que je suis là, je ne sais pas ce que je ressens. »« Ton loup semble savoir, lui, » observa Gabriel.Yamal poussa finalement la porte, entrant dans la chambre faiblement éclairée où Camille reposait, ses yeux à peine ouverts, encore désorientée par son long sommeil.« Camille, » dit Yamal doucement, s'approchant du lit.Elle tourna la tête vers lui, et immédiatement, Yamal sentit son loup se précipiter vers la surface avec une intensité qui le fit presque chanceler.« Qui... » commença Camille faiblement, sa voix rauque après des années de silence.« Je suis Yamal, » dit-il. « L'Alpha de la meute du Nord. »Une lueur de reconnaissance traversa le regard de Camill






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