تسجيل الدخولPoint de Vue : Elara Vannucci
Le silence de l'appartement était plus lourd que le vacarme du port. Je m'assis sur le sol, le dos contre la porte, attendant l'inévitable. Les minutes s'étiraient comme des heures. Sur le canapé, Damian commença à bouger. Un gémissement étouffé, puis le bruit de sa respiration qui s'accélérait.Il ouvrit les yeux. Pendant quelques secondes, ils étaient vitreux, errant sur le plafond fissuré. Puis, la lucidité revint comme une décharge électrique. Il se redressa d'un coup, sa main cherchant instinctivement son arme. Elle était là, sur la table, mais il n'avait pas la force de la saisir immédiatement.— Elara ? grogna-t-il, sa voix brisée par le sédatif. Qu'est-ce qui... Où est Alessandro ?Je ne répondis pas tout de suite. Les mots étaient coincés dans ma gorge, des pierres tranchantes prêtes à m'égorger.— Où est mon fils, Elara ! rugit-il en tombant du canapé, ses jambes encore instables.— Elle l'a pris, Damian. BiancaPoint de Vue : Elara VannucciLe tunnel des bergers était une veine de pierre humide et oppressante, à peine assez large pour laisser passer les épaules de Damian. Derrière nous, le fracas des fusils de chasse des bergers se mêlait au claquement sec et précis des armes automatiques. Le contraste était terrifiant : la tradition corse contre la technologie de guerre russe.— Plus vite, Elara ! pressa Damian.Il portait Alessandro sur son dos, le petit serrant le cou de son père de toutes ses forces. Guylana marchait juste derrière moi, son souffle court trahissant sa panique. Le "Livre des Ombres" pesait une tonne dans mon sac, comme s'il contenait le poids de tous les péchés de Matteo.Nous débouchâmes sur une crête rocheuse surplombant le précipice. Le vent de la montagne nous fouetta le visage. Au loin, trois hélicoptères noirs sans aucune immatriculation survolaient la bergerie en flammes.L'Embuscade :Soudain, Damian se figea. Il nous fit signe de
Point de Vue : Elara VannucciLa descente vers la côte s'est faite dans un silence de sépulcre. Damian ne semblait plus ressentir la douleur de sa blessure. Il marchait avec une froideur mécanique, ses yeux scrutant chaque buisson, chaque repli du terrain. Derrière nous, la fumée noire de la bergerie de Ghjulia montait encore vers le ciel, un pilier de deuil au milieu du maquis.— Calvi est à moins de dix kilomètres, dit Damian en s'arrêtant sur un promontoire. Le Syndicat a réquisitionné une villa sur les hauteurs de la citadelle. C’est là que se terre leur émissaire, un homme nommé Volkov. Le "boucher" du Patriarche.— On ne peut pas entrer là-dedans à trois, Damian, intervint Guylana. Volkov voyage avec une section de Spetsnaz renégats. C'est une mission suicide.Damian se tourna vers elle, un sourire sans joie étirant ses lèvres.— Qui a dit qu'on allait entrer par la porte ? On va utiliser le tunnel des contrebandiers que Matteo a fait creuser sous les
Point de Vue : Elara VannucciLa côte corse apparut comme une mâchoire de granit sombre déchirant la brume du petit matin. Ce n'était pas la Corse des cartes postales, mais celle des falaises escarpées et du maquis impénétrable. Nous avions ramé jusqu'à l'épuisement, nos mains brûlées par le sel et le frottement des rames.Damian dirigea le canot vers une crique étroite, la Cala di l'Oru. Dès que la coque heurta le galet, il sauta à l'eau pour nous tirer à terre. Alessandro, encore ensommeillé, grelottait.— On ne peut pas rester sur la plage, dit Damian, sa voix rauque de fatigue. Les caméras thermiques des drones de surveillance balaient la côte toutes les deux heures.Nous montâmes à travers les sentiers de chèvres, une ascension brutale où chaque pas dans le maquis nous griffait les jambes. Guylana fermait la marche, sa tablette serrée contre elle. Elle n'avait pas dit un mot depuis la mention du "Patriarche". La terreur avait remplacé son arrogance habituel
Point de Vue : Elara VannucciL’eau était d’un froid mordant, une morsure glaciale qui s'insinuait sous ma peau et engourdissait mes membres. Autour de moi, la mer n'était plus que débris calcinés et nappes de mazout. Le brasier de La Fenice projetait des ombres dansantes sur les vagues, un soleil noir qui s'éteignait lentement dans un sifflement de vapeur.— Damian ! criai-je, ma voix étouffée par le bruit des vagues.Une main puissante jaillit de l'eau et agrippa mon épaule. Damian émergea, recrachant de l'eau salée, son visage une grimace de douleur et de détermination.— Je suis là, Elara. Ne lâche pas.À quelques dizaines de mètres, le canot de sauvetage manoeuvrait avec difficulté au milieu des décombres flottants. Je vis la silhouette de Guylana penchée sur le bord, scrutant la surface.— Par ici ! hurla-t-elle.Elle nous aida à monter à bord. Alessandro se jeta contre moi, tremblant de tous ses membres, ses petits doigts crispés sur mon pu
Point de Vue : Elara VannucciBianca Vannucci était l'image même de la folie élégante. Le sang sur son visage n'altérait en rien son port de reine. Dans sa main droite, le détonateur brillait sous les néons de la cabine ; dans sa main gauche, un revolver dont le canon fumait encore.— Damian... où est-il ? demandai-je, ma voix n'étant plus qu'un fil de soie prêt à rompre.— Mon frère a toujours été trop sentimental, Elara. Il a cru qu'il pouvait me désarmer avec des mots sur "l'honneur de la famille". Il gît sur le pont, contemplant les étoiles une dernière fois.Le monde vacilla autour de moi. Alessandro serra ma jambe si fort que j'en perdis presque l'équilibre. Guylana, prostrée dans son coin, ne bougeait plus.— Menteuse, crachai-je. Si Damian était mort, tu ne serais pas descendue ici. Tu aurais fait sauter ce bateau depuis le quai. Tu as besoin de nous pour valider la phase finale du transfert.Bianca s'approcha, ses yeux bleus fixés sur la table
Point de Vue : Elara VannucciLe port de Cassis, avec ses façades colorées et ses eaux turquoise, semblait ignorer le drame qui se jouait à ses pieds. La Fenice flottait avec une insolence royale, ses moteurs ronronnant doucement, prête à prendre le large.Damian ne perdit pas une seconde. Il ne chercha pas l'infiltration discrète ; il chercha l'impact. Il neutralisa le garde au pied de la passerelle d'un coup de crosse précis avant que l'homme ne puisse toucher sa radio.— Elara, dès qu'on est à bord, tu te diriges vers les cabines inférieures. Guylana l'aura caché là-bas, loin du bruit des moteurs. Moi, je monte au pont supérieur pour m'occuper de Bianca.— Fais attention, Damian. Elle t'attend.— C'est ce que j'espère, cracha-t-il avant de bondir sur le pont.L'Assaut :À peine avions-nous posé le pied sur le teck immaculé que l'alerte fut donnée. Deux hommes en costume gris surgirent du salon principal. Damian ne leur laissa pas le temps de vi







