Share

L'enfant du mensonge
L'enfant du mensonge
Penulis: Nad

Il est revenu

Penulis: Nad
last update Tanggal publikasi: 2026-04-30 07:01:22

Alice n’aurait jamais dû être là.

Elle le savait dès l’instant où la porte s’était refermée derrière elle, avec ce petit clic sec qui résonnait encore dans sa tête. Trop tard pour reculer. Trop tard pour prétendre qu’elle s’était trompée d’adresse.

L’appartement était silencieux. Trop silencieux pour un lieu habité.

— Tu es en avance.

Sa voix.

Grave. Calme. Presque indifférente.

Alice ne se retourna pas tout de suite. Elle prit une seconde. Une seule. Juste assez pour se rappeler pourquoi elle était venue… et pourquoi elle aurait dû fuir.

Puis elle pivota.

Il était là.

Appuyé contre le mur, les bras croisés, comme s’il avait toujours su qu’elle finirait par franchir cette porte. Son regard glissa sur elle sans pudeur, lent, précis… comme s’il lisait en elle.

Et Alice détesta ça.

— Je ne suis pas en avance, répondit-elle, la voix stable. Tu es juste déjà prêt.

Un coin de ses lèvres se releva.

Pas un sourire. Non. Quelque chose de plus dangereux.

— Toujours aussi… contrôlée.

Elle soutint son regard. Refusa de baisser les yeux.

C’était la règle. Depuis le début.

Ne jamais lui montrer qu’il la déstabilisait.

Même si, au fond d’elle, tout se contractait déjà.

— Tu voulais me voir. Je suis là. Dis ce que tu as à dire.

Il se redressa lentement. Trop lentement.

Chaque pas qu’il fit vers elle semblait calculé.

Alice resta immobile.

Fière. Droite.

En apparence.

— Tu sais très bien que ce n’est pas pour parler que tu es venue.

Le silence tomba entre eux.

Lourd.

Chargé.

Dangereux.

Alice sentit son cœur accélérer — une trahison qu’elle ne pardonnait jamais à son propre corps.

— Fais attention, dit-elle doucement. Tu confonds peut-être tes habitudes… avec la réalité.

Il s’arrêta à un pas d’elle.

Trop près.

— Non, Alice, murmura-t-il. C’est toi qui continues de faire semblant.

Ses doigts effleurèrent son poignet.

Un geste simple.

Mais suffisant pour fissurer quelque chose en elle.

Et elle comprit que venir ici était une erreur. La pire.

Mais avait-elle eu vraiment le choix ? Le bonheur de sa famille était menacé. Elle devait protéger les siens.

Une lueur farouche s’alluma dans ses yeux. Elle dégagea son poignet brusquement.

Surpris, Christian recula d’un pas.

Elle en profita pour l’observer.

Dix ans n’avaient rien effacé. Il était toujours aussi… dangereux dans sa beauté calme.

— Que me veux-tu ? Je t’écoute ! lança-t-elle, sèche.

— Je ne suis pas venu pour toi… mais pour Tristan. Mon fils.

— Je te l’ai déjà dit ! Ce n’est pas ton—

— Ne gaspille pas ton énergie. Je sais ce que je dis. Et si tu refuses de coopérer, j’irai voir ton mari pour un test ADN.

Alice tressaillit en pensant à Bruno.

— Mais…

Christian s’approcha encore et lui saisit le poignet.

— Alice…

Sa voix avait changé.

Plus basse.

Presque douce.

— Regarde-moi.

— Non.

— Regarde-moi.

Ordre.

Malgré elle, ses yeux croisèrent les siens.

Erreur. Toujours la même.

Ce regard avait encore prise sur elle. Son corps réagissait avant sa raison.

Elle arracha son poignet.

— Ne me touche pas.

Un rire bref, sans joie.

— Tu continues de mentir, Alice.

— À propos de quoi ?

— De l’effet que je te fais.

La gifle partit.

Sèche. Violente.

Le visage de Christian bougea à peine. Puis son regard revint vers elle, plus sombre.

— Intéressant, murmura-t-il.

Alice recula, le souffle court.

— Tu joues à un jeu dangereux.

— Je n’ai pas le choix.

— Si, Alice. Tu en avais un.

Il s’approcha encore. Elle recula jusqu’au mur.

Piégée.

— Tu n’es plus en position de négocier.

— Tu n’oserais pas…

— Tu veux essayer ?

Silence.

— Très bien, dit-elle finalement. Tu veux jouer à ça ?

Elle releva les yeux.

Cette fois, il y avait autre chose dans son regard.

— Alors on va jouer.

Le téléphone vibra dans son sac.

— Allô… bébé ?

— Mon cœur, tu en as encore pour longtemps ?

— Non bébé, j’ai presque fini. Encore une heure.

— D’accord. Ne tarde pas.

Clic.

Christian la fixa.

— Toujours des mensonges ?

— Je dois y aller.

— Je suis venu pour un mois. Le 24 mars je repars en France avec mon fils.

Alice leva la main pour le frapper. Il attrapa son poignet.

— Tout doux… n’en fais pas une habitude.

— Lâche-moi.

Il relâcha.

— Tu ne sortiras pas d’ici comme si rien ne s’était passé.

— Tu veux quoi ?

— Tout.

Silence.

— Demain, je rencontre mon fils.

— Hors de question.

— Alors appelle ton mari.

Elle pâlit.

— Une heure, murmura-t-elle. Donne-moi une heure. Et je te donne une réponse.

Christian la fixa longuement.

Puis il sourit.

— Une heure, Alice.

Il se pencha.

— Mais ne te trompe pas… ce n’est pas une négociation.

Un frisson lui parcourut l’échine.

— C’est un ultimatum.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 220 — La sonnette

    Alice se leva.Traversa le salon pieds nus, déposa sa tasse sur le buffet en passant et alla ouvrir.Ce qu'elle vit la cloua sur place.Chantal était là dans le couloir, un sac à main serré contre elle comme un bouclier. Le visage boursouflé. La lèvre fendue avec cette teinte violacée qui ne trompait pas. Une égratignure profonde courait le long de sa pommette droite. Elle avait tenté de se couvrir avec du fond de teint appliqué à la va-vite — les traces étaient encore visibles.Les deux sœurs se regardèrent une seconde.— Entre, dit Alice.Chantal entra. Posa son sac par terre. Et quelque chose en elle lâcha — ces épaules qui s'affaissèrent d'un coup, ces larmes qui vinrent sans bruit, sans sanglots, juste ce flot silencieux et épuisé de quelqu'un qui avait tenu debout trop longtemps.Alice la regarda pleurer.Elle aurait dû la prendre dans ses bras immédiatement. C'est ce qu'une sœur faisait. Mais quelque chose la retint une fraction de seconde — ce quelque chose qu'elle ne savait p

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 219 — Une belle journée

    Le message ne tomba pas.Cinq minutes filèrent. Dix. Vingt. Écran noir.Alice finit par balancer l'appareil sur le canapé avec un haussement d'épaules. Résolution de tenir cinq minutes — à peine le temps de cligner des yeux qu'elle le retournait déjà pour vérifier. Rien.Et puis, soudain, le déclic. Un basculement.La journée décida d'être belle. Sans prévenir. Sans demander la permission.Les samedis solitaires depuis le départ de Bruno avaient habituellement une consistance lourde — des heures étirées en longueur, un appartement qui résonnait creux sans le piétinement de Tristan. Mais ce matin-là, le soleil d'Aureval cognait fort contre les volets mi-clos. Alice enfila une tenue légère, glissa son t&eac

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 218 — Ça va ?

    Alice fixa l'écran.Deux mots. Un numéro qu'elle ne reconnut pas tout de suite — puis quelque chose dans sa poitrine bougea avant même que sa tête ait fini de comprendre.Ça va ?Elle posa le téléphone sur la table. Le reprit. Le reposa.Se leva. Alla à la fenêtre. Regarda le bougainvillier dans la cour sans le voir. Revint. S'assit.Reprit le téléphone.Ses doigts hésitèrent une seconde au-dessus du clavier — cette seconde où on décidait si on répondait ou si on faisait semblant de ne pas avoir vu. Elle tapa.Ça va. Et toi ?Envoya avant de changer d'avis.Elle posa l'appareil face contre la table et attendit. Trente secondes. Une minute. Elle se leva encore, rinça la tasse du café qu'elle n'avait pas fini, l'essuya, la rangea dans le placard avec ce soin excessif des gens qui avaient besoin d'occuper leurs mains.Bzz.Elle se retourna.Traversa la cuisine en deux pas. Prit le téléphone.Mieux. Beaucoup mieux. Tristan ?Ce Tristan ? balancé comme ça, direct, sans détour. Pas de grand

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 217 — Le seuil et la distance

    La sonnette tinta à neuf heures pile, avec la régularité d'un métronome. Inutile de deviner qui se tenait de l'autre côté — Bruno n'avait jamais su arriver en retard, sur un chantier pas plus que pour récupérer son fils.Alice tourna la clé et ouvrit en grand.Il était là, planté sur le palier, moulé dans son habituel blouson, le regard droit. Un peu plus sec du visage, peut-être, sous le soleil matinal qui inondait la cage d'escalier.— Bonjour, dit-il, la voix neutre.— Bonjour.Dix ans de vie commune réduits à la civilité polie de deux voisins de palier.— Il est prêt ? enchaîna Bruno, les mains déjà fourrées dans ses poches.— Il termine son bol. Entre, ne reste pas sur le palier.— Je peux attendre deux minutes.— Bruno, arrête un peu. Avance.Il fit un pas. Juste un. Et s'arrêta net au seuil de l'entrée, comme si une ligne invisible séparait désormais son ancien territoire du reste du monde. Alice connaissait cet appartement par cœur — chaque recoin, chaque tache sur le mur, cha

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 216 — Le prix à payer

    Le jour du transfert, Christian se leva seul.Pas d'aide. Il avait dit à l'infirmière de nuit — celle avec le chariot trop chargé qu'elle poussait avec une énergie de locomotive — qu'il n'avait pas besoin d'assistance pour s'habiller. Elle avait levé un sourcil. Il avait répété. Elle était sortie.Il mit vingt-deux minutes pour enfiler un pantalon et une chemise.Vingt-deux minutes pour des gestes qui en prenaient deux d'habitude. Il compta. Pas par masochisme — pour savoir exactement d'où il partait. Un ingénieur ne pouvait pas améliorer ce qu'il ne mesurait pas. Christian De Souza n'était pas ingénieur mais il avait cette façon-là de tenir les problèmes.Il prit la montre sur la table de nuit en dernier.Le verre fêlé. Les aiguilles sur onze heures seize.Il la glissa dans la poche de sa veste sans la regarder davantage. Puis il appela l'infirmière.— Je suis prêt.Le brancard arriva cinq minutes plus tard. Il refusa de s'allonger dessus.— Monsieur De Souza, le protocole—— Je marc

  • L'enfant du mensonge   Chapitre 215 — Paris, ce qui change

    Au milieu de son salon du Seizième, Kelma demeura immobile, le téléphone encore collé au creux de la paume. Trente secondes d’un silence plat, lourd, habité par le bourdonnement sourd de la rue parisienne en contrebas.Étienne venait d’appeler pour trois fois rien — enfin, pour des broutilles logistiques : le restaurant prévu pour jeudi affichait complet et il proposait d’inverser les étapes. Une conversation banale, bouclée en cinq minutes à peine, qui n'avait absolument aucune raison de la laisser ainsi, interdite, les yeux rivés sur la dorure d'un cadre mural sans même la voir.Un souffle court lui échappa. Elle posa l’appareil sur la console de l'entrée, attrapa son sac, vérifia le trousseau de clés au fond de sa poche d'un geste machinal.Elle disposait d'une heure entière avant de reprendre la direction de Lariboisière. Une heure de répit qu'elle comptait bien utiliser à quelque chose d'utile, d'ancré — la pharmacie, les emplettes du soir, n'importe quel impératif très concret c

  • L'enfant du mensonge   Ce que le corps n’oublie pas

    Alice avait vingt-deux ans, et à cet âge-là elle n’avait pas encore appris que certaines intensités portent en elles leur propre fin.Elle était allongée contre lui, le souffle encore irrégulier, la peau parcourue de cette chaleur lente qui ne s’éteint jamais complètement, tandis que les doigts de

  • L'enfant du mensonge   Les vérités qu’on n’a jamais vérifiées

    Christian nouait sa cravate pour la troisième fois.Pas parce qu'elle était de travers. Ses mains avaient simplement besoin de faire quelque chose pendant que sa tête faisait le reste.Dans le miroir, il voyait un homme prêt pour un dîner. Costume sombre, expression maîtrisée, la surface parfaite d

  • L'enfant du mensonge   Les choses qu’on n’a jamais vraiment enterrées

    Une bouffée de colère mêlée d’amertume envahit Alice si brutalement qu’elle sentit tout son corps se tendre. Elle rejeta la tête en arrière, incapable de contenir plus longtemps ce qui montait en elle depuis que cette femme était sortie de la voiture.— Qu’est-ce que tu me veux ? lança-t-elle d’une

  • L'enfant du mensonge   L'autre femme

    La voiture derrière elle accéléra brusquement, comme si une décision venait d’être prise. En quelques secondes à peine, elle combla la distance, se déporta sur la voie opposée et la dépassa sans hésitation. Alice n’eut même pas le temps de comprendre ce qui se passait que le véhicule se rabattait d

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status