LOGINChapitre 44
Adrian
Je la trouve recroquevillée sur le lit à baldaquin, les yeux rougis, les joues encore humides de larmes qui tracent des sillons brillants sur sa peau pâle, et mon cœur se serre dans ma poitrine avec une violence qui me surprend, qui me désarme, qui fait vaciller toutes mes certitudes. Elle n'a pas entendu la porte s'ouvrir, elle n'a pas perçu le bruit de mes pas sur le tapis persan, elle n'a p
Chapitre 45SofiaTouchée par cette confession plus profondément que je ne saurais le dire, je vois enfin l'homme derrière le masque, l'être humain derrière le guerrier, le cœur brisé derrière l'armure de glace. Ce n'est plus le protecteur impénétrable, le mari qui m'a imposé un contrat sans sentiments, le milliardaire froid qui fait trembler les conseils d'administration et qui affronte des tueurs sans ciller. C'est un petit garçon de huit ans qui a vu sa mère mourir sous ses yeux, qui a senti son sang couler sur son visage, qui a grandi seul dans un monde de violence et de haine, qui s'est interdit d'aimer pour ne plus jamais revivre cette douleur atroce. Je comprends maintenant pourquoi il a érigé cette barrière entre nous, pourquoi il a prononcé ces mots terribles le soir de notre accord, pourquoi il refuse de laisser son
Chapitre 44AdrianJe la trouve recroquevillée sur le lit à baldaquin, les yeux rougis, les joues encore humides de larmes qui tracent des sillons brillants sur sa peau pâle, et mon cœur se serre dans ma poitrine avec une violence qui me surprend, qui me désarme, qui fait vaciller toutes mes certitudes. Elle n'a pas entendu la porte s'ouvrir, elle n'a pas perçu le bruit de mes pas sur le tapis persan, elle n'a pas senti ma présence dans l'embrasure de la porte, et je reste un instant immobile, la main crispée sur la poignée en bronze ciselé, à contempler cette femme qui souffre à cause de moi, à cause de mon passé, à cause d'Isabella, à cause de ce mariage absurde que je lui ai imposé. La lumière grise de décembre filtre à travers les rideaux de velours bleu nuit, jetant des ombres pâles et mouvantes
Chapitre 43SofiaEn traversant les jardins du domaine, je cherche un peu de répit, un moment de solitude loin des regards et des murmures qui me poursuivent depuis l'arrivée d'Isabella Moretti dans nos vies. Les allées de gravier blanc serpentent entre les haies de buis taillées au cordeau, dessinant des arabesques géométriques qui rappellent les jardins à la française des châteaux d'autrefois. Les parterres de roses, endormies par l'hiver, ne sont plus que des buissons d'épines brunes et nues qui griffent le ciel gris de décembre de leurs branches tordues. Des statues de marbre couvertes de mousse et de lichen jalonnent les allées, déesses grecques aux bras mutilés, nymphes aux visages érodés par les pluies, satyres au sourire figé qui semblent me regarder passer avec une indifférence minérale. Le vent glac&ea
Chapitre 42AdrianJe repousse Isabella avec une froideur qui n'a rien de feint, mes mains se refermant sur ses poignets pour dénouer son étreinte avec une fermeté qui la fait reculer d'un pas. La peau de ses bras est douce et chaude sous mes doigts, mais je ne ressens rien, absolument rien, sinon une irritation grandissante et une méfiance qui ne demande qu'à se confirmer. Ses yeux verts, ces yeux qui autrefois me faisaient perdre la raison, brillent d'une lueur de défi, mais je vois aussi la surprise qui passe fugitivement dans ses prunelles, et peut-être une pointe de colère qu'elle dissimule aussitôt derrière un sourire enjôleur. Elle n'a pas l'habitude qu'on lui résiste, elle n'a jamais supporté qu'on lui dise non. Dans son monde, tout plie, tout cède, tout se soumet à sa volonté.— Isabella, notre hist
Chapitre 41SofiaL'arrivée d'Isabella Moretti bouleverse immédiatement mon quotidien, comme une pierre jetée dans un étang tranquille dont les rides ne cessent de s'élargir, gagnant chaque recoin de ma vie, chaque heure de mes journées, chaque pensée qui traverse mon esprit. Elle est apparue trois jours après la signature du mariage, surgissant de nulle part dans l'entrée du manoir comme si elle en avait toujours été la maîtresse, vêtue d'un tailleur blanc immaculé dont la coupe parfaite trahissait les mains d'un grand couturier, ses cheveux bruns cascadant en vagues soyeuses sur ses épaules, ses yeux vert émeraude brillant d'une assurance qui m'a immédiatement fait me sentir petite, insignifiante, misérable. Adrian l'a accueillie avec une froideur polie, les mâchoires serrées, le regard impén&eacut
Chapitre 40AdrianEn consultant les caméras de surveillance dans la salle du sous-sol, je cherche à comprendre comment ce bouquet a pu être déposé dans la chambre de Sofia sans que personne ne s'en aperçoive, sans que les gardes ne donnent l'alerte, sans que les détecteurs de mouvement ne se déclenchent. La salle est plongée dans une pénombre que percent seulement la lueur bleutée des écrans alignés contre le mur d'acier et le ronronnement sourd des serveurs informatiques. Les images en noir et blanc défilent sur les moniteurs, montrant les différents angles du parc, les couloirs déserts, la porte de service près des cuisines, le hall d'entrée où le lustre en cristal scintille dans l'obscurité.Marcus se tient debout derrière moi, silencieux, le visage fermé, son bras t







