LOGINChapitre 44
Adrian
Je la trouve recroquevillée sur le lit à baldaquin, les yeux rougis, les joues encore humides de larmes qui tracent des sillons brillants sur sa peau pâle, et mon cœur se serre dans ma poitrine avec une violence qui me surprend, qui me désarme, qui fait vaciller toutes mes certitudes. Elle n'a pas entendu la porte s'ouvrir, elle n'a pas perçu le bruit de mes pas sur le tapis persan, elle n'a p
Chapitre 77SofiaLe cauchemar me frappe sans prévenir, au milieu de la nuit, comme une lame sortie de l'ombre. Je suis dans l'entrepôt, ligotée sur la chaise, les liens de plastique mordant mes poignets, l'ampoule nue qui vacille au-dessus de ma tête. Les hommes en cagoule sont là, leurs voix rauques qui répètent que je ne dois jamais découvrir ce que Nathan m'a laissé. Puis ils sortent leurs armes, et je hurle.Je me réveille en sursaut, le souffle court, le cœur battant si fort que je l'entends cogner dans mes tempes. La chambre est plongée dans l'obscurité, à peine éclairée par la lueur bleutée de la lune qui filtre à travers les rideaux. Je suis trempée de sueur, mes mains agrippent les draps, et mon premier réflexe est de chercher Adrian. Sa place est vide. La panique me submerge.— Adrian ? Adrian !M
Chapitre 76AdrianLes documents sauvés de l'incendie sont étalés sur mon bureau, leurs bords brûlés, leurs pages jaunies par la fumée. Je les ai fait sécher, classer, protéger sous plastique, et depuis des heures, je les épluche ligne par ligne, à la recherche d'un indice, d'un nom, d'une piste qui pourrait nous conduire à la vérité que Nathan a emportée dans sa tombe. La lampe projette une lumière chaude sur le sous-main en cuir, et le silence du manoir n'est troublé que par le crépitement des bûches dans la cheminée.Sofia dort à l'étage, épuisée par les semaines de tension, par les humiliations, par les nuits sans sommeil. Je l'ai bordée moi-même, j'ai attendu que sa respiration devienne régulière, que ses traits se détendent, et je suis descendu travailler. Je ne dors
Chapitre 75SofiaLa réception se tient dans le grand hall du siège du groupe Black, une salle monumentale aux colonnes de marbre et aux lustres de cristal qui projettent une lumière froide sur les invités. Je porte une robe sobre, bleu nuit, et le badge de présidente que Nathan m'a légué, épinglé à ma veste, à la place exacte où il se trouvait sur ses propres costumes. Ce badge, c'est plus qu'un insigne. C'est la preuve que j'existe, que j'ai le droit d'être là, que ma place n'est pas usurpée.Mais à peine ai-je franchi les portes que je sens les regards peser sur moi. Des héritiers Black, des cousins, des associés, tous alignés le long des buffets, leurs sourires figés, leurs chuchotements à peine dissimulés derrière leurs coupes de champagne. Je traverse la salle, le dos droit, le menton haut, mais cha
Chapitre 74AdrianJe m'arrête sur le seuil de la cuisine, saisi par une scène que je n'aurais jamais cru voir dans cette demeure autrefois si froide. Sofia est là, au milieu des employés, un tablier noué à la taille, les joues roses, un fouet à la main. Elle rit, d'un rire clair, léger, qui monte jusqu'aux voûtes de pierre et fait sourire jusqu'au plus taciturne des domestiques.— Non, non, il faut mélanger plus doucement, dit-elle à la jeune apprentie, les yeux pétillants. Sinon, la pâte devient dure.— Comme ça, madame ? demande la jeune fille, timide.— C'est parfait. Tu vois, tu apprends vite.Je reste en retrait, les bras croisés, incapable de détacher mon regard de cette femme. Elle ne se contente pas de vivre ici, elle transforme tout ce qu'elle touche. Les murs de pierre semblent moins froids, les boiseries
Chapitre 73SofiaL'aile privée du manoir est un monde à part, un cocon de silence et de chaleur que je n'aurais jamais imaginé trouver derrière les murs austères de cette forteresse. Les pièces sont plus petites que dans le corps principal, plus intimes, avec des tapis épais, des rideaux de lin clair, des cheminées qui crépitent du matin au soir. Adrian a fait déplacer ses affaires ici, et moi les miennes, et nous avons passé une journée entière à ranger, à choisir ensemble la place des livres, des tableaux, des objets. Un vrai couple. Pour la première fois, j'ai l'impression d'avoir un foyer.Ce matin, comme chaque matin depuis une semaine, je me réveille avec l'odeur du café et du pain grillé qui monte jusqu'à notre chambre. Je m'étire, les draps de satin glissent sur ma peau, et je souris avant même d'ouvrir les yeux. Adrian n'est plus à côté de moi, mais je sais où le trouver. Je descends pieds nus, enveloppée dans ma robe de chambre, et je le découvre dans la petite cuisine de l
Chapitre 73SofiaLe soleil perce à peine les rideaux de l'aile privée, dessinant des rais de lumière pâle sur le parquet ciré. Je m'étire lentement, étonnée de ne plus ressentir cette boule d'angoisse qui me nouait l'estomac chaque matin. À mes côtés, la place d'Adrian est vide, mais les draps gardent encore sa chaleur, et son parfum flotte dans l'air, un mélange de santal et de cuir qui m'apaise. Je me lève, enfile une robe de chambre en soie grise, et traverse la pièce jusqu'à la fenêtre. Le parc s'étend sous la lumière froide de décembre, les cyprès scintillent de givre, et malgré la tension qui persiste au-dehors, je me sens étrangement en sécurité.Cette aile privée, Adrian l'a fait aménager pour nous. Pour notre foyer. Le mot réson







