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Chapitre 4

Penulis: Persephone
last update Tanggal publikasi: 2026-03-24 23:13:00

ABANDONNÉE

Victor entra en trombe dans son manoir, ses pas lourds et précis résonnaient sur le sol en marbre, l’air glacé du grand hall étant chargé de sa colère bouillonnante. William le suivit de près, essayant de suivre son rythme. Le bruit de la porte claquant résonna dans le hall silencieux. Les deux hommes se dirigèrent vers le grand escalier, leur souffle visible dans le léger froid hivernal qui s’accrochait encore à leurs manteaux.

« Monsieur Hale, » lança William d’une voix urgente, teintée d’inquiétude. « Vous n’allez vraiment pas envoyer l’argent à Madame ? Et si elle en avait vraiment besoin ? Et si c’était sérieux ? »

Victor s’arrêta net. Il se tourna vers William. Son expression était froide, la fureur dans ses yeux scintillait sous la douce lumière du lustre au-dessus.

« Combien d’argent cette femme veut-elle encore de moi ? » cracha-t-il.

« Pendant cinq ans, ses parents m’ont saigné à blanc en me forçant à épouser leur fille. Et dès qu’ils ont vu ma société dans les journaux, ils ont rappliqué en courant avec leur proposition de mariage ! »

Son ton devint amer, rempli d’une rage contenue.

« Combien d’argent je lui ai donné toutes ces années ? Des sacs, des bijoux, des vêtements… chaque pièce valait des centaines de milliers. Et si elle est vraiment désespérée, pourquoi ne vend-elle pas ne serait-ce qu’un seul de ces objets ? Avec tout ce que je lui ai offert, elle pourrait vivre confortablement pendant des décennies. »

Il ricana en s’avançant vers William. « Cette femme est insatiable, » souffla-t-il. « Peu importe combien je donne, elle en veut toujours plus. Tout ce que j’ai offert n’a jamais suffi. Même maintenant, après avoir quitté ma maison et demandé le divorce, elle en veut encore. Quand diable sera-t-elle satisfaite ? »

Victor se détourna pour partir, ses pas lourds marqués par la frustration.

« Monsieur Hale… attendez ! Tous ces cadeaux, les bijoux, la carte bancaire que vous lui avez donnés… Madame n’a rien pris quand elle est partie, » appela William.

Victor s’immobilisa, son corps se raidit. « Quoi ? » Son visage se tourna avec incrédulité, les sourcils froncés.

William poursuivit, choisissant soigneusement ses mots. « Madame n’a pris qu’une seule valise, les vêtements qu’elle avait apportés de chez elle lorsqu’elle s’est mariée. Elle n’a même pas pris les vêtements que vous lui avez achetés après le mariage. »

Les yeux de Victor se plissèrent, un mélange de confusion et d’incrédulité se lisait sur son visage.

« Je vous dis la vérité, Monsieur Hale, » dit William, la voix douce mais ferme. « Tout ce que vous lui avez jamais acheté est toujours ici. »

Un instant, Victor resta immobile. Puis sa mâchoire se tendit.

Sans un mot de plus, il fit volte-face et monta l’escalier à grands pas, ses pas résonnant dans la maison silencieuse, chaque mouvement plus lourd que le précédent, en direction de sa chambre.

Il ouvrit la porte de la chambre et entra, se dirigeant directement vers le dressing. Sa main agrippa la poignée et, d’un coup sec, il ouvrit la porte.

La vue devant lui le stoppa net.

À l’intérieur, la pièce était bordée de boîtes soigneusement empilées — sacs de marque, chaussures, bijoux, parfums, tous parfaitement rangés. Une légère odeur de cuir neuf et de luxe flottait dans l’air. Les étiquettes étaient encore accrochées aux vêtements intacts. Les étagères brillaient sous la lumière douce, comme si tout venait d’être livré.

Victor entra lentement, son regard passant d’une étagère à l’autre, son expression glissant de la colère à la surprise. Il prit un flacon de parfum, encore scellé. Le liquide à l’intérieur scintillait, intact. Pas une seule goutte n’avait été utilisée. Il fixa son reflet dans le verre.

Pourquoi n’avait-elle rien utilisé ?

Derrière lui, William observait en silence, voyant son patron lutter pour comprendre cette scène. Le parfum du luxe semblait désormais lourd, presque étouffant.

Les doigts de Victor se refermèrent autour du flacon, ses jointures blanchissant.

« Elle n’aime donc pas l’argent plus que tout ? » lança-t-il, la voix chargée d’amertume. « Ses parents l’ont mariée pour ma richesse. Et pourtant… » Il désigna les objets intacts. « Pourquoi n’a-t-elle rien utilisé toutes ces années ? Pourquoi n’a-t-elle rien pris en partant ? »

Ses yeux se tournèrent vers William, en quête d’une réponse.

« Tu sais pourquoi ? » demanda-t-il.

William hésita avant de répondre, plus prudemment.

« Monsieur Hale, Madame ne vous a jamais rien demandé. Tout ça… » Il fit un geste vers le dressing. « …je les ai achetés et installés au fil des nouvelles collections, selon vos instructions, pour qu’elle les porte lors de vos événements professionnels. Elle n’a jamais rien réclamé elle-même. Alors comment aurait-elle pu… »

Il s’interrompit, laissant sa phrase inachevée.

Il reprit ensuite : « Elle n’a jamais parlé de divorce. Pendant toutes ces années, elle n’a jamais évoqué un départ. Mais cette fois… elle est partie sans un mot et a demandé le divorce. Je crois qu’elle a vraiment pris sa décision. »

Victor resta figé. Son corps se raidit, sa respiration se bloqua dans sa gorge.

Le flacon trembla dans sa main. Le manteau qu’il tenait semblait soudain peser une tonne.

Il ravala difficilement, la tête baissée, tandis que des souvenirs des cinq dernières années envahissaient son esprit.

Puis, brusquement, il leva la tête, le regard dur, dans le déni. « Non. Ce n’est pas possible. »

Il brandit le flacon en direction du dressing rempli de luxe intact. « Regardez cela. Quelle femme laisserait tout cela derrière elle ? »

Un rire sec lui échappa. « Elle pense que je ne vois pas à travers son petit jeu de femme soi-disant altruiste… »

À l’instant suivant, il lança le flacon au sol. Il se brisa dans un fracas violent. Le parfum se répandit dans la pièce, mêlé aux éclats de verre sous la lumière tamisée.

Victor resta immobile, la poitrine encore secouée par une colère silencieuse. Puis il sortit, le bruit du verre écrasé résonnant derrière lui.

La nuit tomba sur la ville. Dans le manoir, Victor était affalé dans son bureau, la tête contre le dossier de sa chaise. La pièce était sombre, éclairée seulement par la lampe de bureau. Les papiers devant lui avaient été oubliés. Il s’était endormi d’épuisement.

Mais son sommeil était agité. Sa respiration était irrégulière, son visage restait tendu même endormi.

Une vision le hantait.

La neige tombait lourdement dans une rue sombre. Une silhouette gisait au sol, immobile, sa robe tachée de sang. La neige autour d’elle était rouge.

Victor se redressa brusquement dans son sommeil, haletant, le corps secoué par la peur.

« Geneviève… »

Le nom franchit ses lèvres avant même qu’il n’ait le temps de réfléchir. Puis il comprit que ce n’était qu’un rêve.

Il reprit son souffle, passant une main dans ses cheveux. Une pensée s’imposa brutalement : pourquoi avait-il rêvé de cette femme ? L’irritation monta en lui.

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