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Les premiers éclats

Author: Thienly60
last update Huling Na-update: 2025-11-11 10:11:09

Le monde tira un rideau de lumière sur la nuit.

Ly ouvrit les yeux avant l’alarme. La pâleur de l’aube posait sur les murs une nuance d’argile claire, et les sons connus — goutte de robinet, pas du voisin du dessus, souffle de la rue — revenaient comme des oiseaux que l’on croyait perdus. Elle resta allongée, paumes à plat sur le drap, prenant la mesure de ce corps qui lui appartenait de nouveau. Chaque respiration l’ancrerait, chaque geste compterait.

L’eau du robinet frappa la porcelaine ; le café coula dans la tasse, noir et franc, libérant une vapeur amère. Elle le porta à ses lèvres. C’était mieux qu’un souvenir : c’était du présent. Sur la table, son téléphone vibra.

Aurion : « Un éclat à la fois. Trop de lumière aveugle. »

Elle ferma les yeux, avala le message comme on avale une hostie de promesse. Un éclat. Pas une explosion. Pas un cri. La précision d’une épingle.

Elle boutonna sa chemise, lissa sa jupe, noua ses cheveux. Dans le miroir, un regard qu’elle connaissait et qu’elle ne se pardonnerait plus de trahir.

— Allons-y, dit-elle bas. Aujourd’hui, on avance.

Le hall de MDLSC sentait la cire, l’ascenseur et l’ambition. Les vigiles échangèrent un salut, une réceptionniste la dévisagea une seconde de trop, comme si le monde avait bougé d’un millimètre et qu’elle seule l’avait senti. Ly badgea.

Bip.

Le son résonna clair dans son sternum, comme un métronome interne qui se remet en marche. Son bureau l’attendait : le même plateau blanc, la même plante qui survivrait à toutes les négligences, la même fenêtre avec sa bande de ciel. Elle alluma l’écran. Les dossiers se déplièrent comme des tiroirs mentaux : ARCHIVES, PROJETS, VISUELS, COMPTES. Elle savait où regarder, désormais — aux jonctions, là où le fil s’effiloche, aux dates qui ne collent pas, aux pièces jointes absentes.

Un clic, puis un autre. Une PJ restituée. Un nom de fichier réajusté. Un sous-dossier replacé à sa racine. Elle ne bougeait pas vite ; elle bougeait juste. À mesure qu’elle rectifiait, une sensation calme l’envahit — comme si chaque élément retrouvait sa gravité.

Dans le couloir, on s’installait. Des rires trop matinaux, des talons qui racontent. Les premiers mails tombèrent : Bonjour équipe, Rappel réunion, Point planning.

La porte s’ouvrit.

— Double espresso, comme tu l’aimes.

Rita entra, deux gobelets en main. Toujours la même précision dans la démarche, le même sourire confectionné. Elle posa le café, s’assit sur le bord du bureau, croisa la jambe, son parfum s’étala comme une nappe sur l’air.

— Merci, dit Ly, sans chaleur ni froideur. Une ligne droite.

— Oh, te raidis pas si tôt, rit Rita. On a toute une journée à conquérir. D’ailleurs… j’ai lu ton rapport. Propre, vraiment. Peut-être inverser la conclusion et le schéma ? La direction aime qu’on la prenne par la main.

— Je m’en souviendrai.

— Tu sais que je dis ça pour t’aider.

Le ton. La douceur savonneuse. Une main qui se pose sur l’avant-bras comme on appose un tampon. Avant, Ly aurait eu un réflexe de gratitude. Aujourd’hui, elle observa. Tu veux placer ta marque sur mon travail. Elle sourit — poli, opaque. Puis retourna à l’écran.

— On file à la réunion ? lança Rita. Je t’attends.

— J’arrive.

Rita sortit. Ly resta quatre secondes immobile, ce micro-temps qui décide de la journée. Puis elle prit son carnet et suivit.

La salle de réunion était une boîte de verre tempérée. Au mur, trois mots : Création. Excellence. Héritage. Ly avait longtemps cru à ce triptyque. Aujourd’hui, elle voyait la devise comme une photo retouchée.

Les chefs de projet s’installèrent, Flore au fond — stylo, carnet, regard appliqué. Rita prit la parole sans qu’on le lui demande, posture ouverte, voix modulée avec cet art qu’elle maniait à la perfection.

— Pour le nouveau compte Pallas, dit-elle, je propose une direction visuelle organique, plus émotionnelle. Je me sens alignée avec la marque. Ly pourra m’assister sur la partie technique pour la mise au net des compositions.

Les têtes hochèrent, mécaniques. Ly entendit l’ancienne elle se crisper dans un coin intérieur, prête à s’excuser pour exister. Elle la fit taire avec douceur.

— D’accord, dit Ly. Et pour éviter les doublons, je propose qu’on alterne : Rita à la direction, moi à la cohérence et à la structuration. C’est ce qu’on avait fait sur Venera, et le rendu avait été salué.

Le nom tomba comme une pièce dans une machine. Rita cligna. Deux secondes, pas plus. Venera — le projet où son nom à elle, Ly, avait disparu dans la dernière version avant envoi.

Un souffle remonta du fond.

— Oui, murmura Flore. C’était plus fluide à deux. Et… la structure avait aidé la créa.

Des regards glissèrent vers Flore, puis vers Ly, puis vers Rita — ce triangle qu’on dessine sans vouloir. Rita sourit à Flore avec une douceur trop nette.

— Quelle mémoire, Flore. On peut toujours compter sur toi.

— J’essaie d’être juste, répondit Flore, timidement.

Juste. Le mot s’accrocha à Ly comme un galon discret.

On passa au planning. Rita reprit de l’assurance, étalant des mots comme des soies : organique, sensibilité, épure, incarné. Ly compléta avec des briques : jalons, versions, validations, délais. On aurait pu croire à une harmonie. Mais, dessous, la mécanique s’ajustait différemment. Les oreilles qui comptent avaient entendu Venera. Les regards qui savent lire avaient vu Flore dire juste.

La réunion s’acheva sur des parfait et des on y va. Les chaises raclèrent. Avant de sortir, Rita se pencha sur Ly.

— Et n’oublie pas de demander le brief original de Flore, hein. On évitera les surprises.

— Bien sûr, dit Ly. (Elle ajouta, si bas que seul l’air put l’entendre :) Je l’ai déjà.

La matinée se retendit comme un fil. Ly travailla au milieu du bourdonnement — claviers, imprimantes, agrafes. Flore passa deux fois, posant un dossier, demandant une validation. La seconde fois, elle resta, un peu gauche.

— Je… j’ai retrouvé la première version de Mira. Ton nom figure dans le dossier source, pas sur le P*F final. Tu veux que… ?

— Renvoie la version source au chef de projet, répondit Ly, ton égal. Sans commentaire. Les fichiers parlent.

Flore hocha, étonnée, rassurée, puis s’éloigna avec la précaution de celles qui se réveillent.

À onze heures vingt, Rita resurgit, cheveux impeccables, humeur huilée.

— Tu as revu ta mise en page ? (Elle ne regardait pas l’écran.) Vraiment, si tu inverses, ça fera plus impact. Et puis, (elle glissa un regard vers la baie vitrée) j’ai proposé qu’on mette mon visuel en ouverture. Tu sais comme je…

— Le visuel d’ouverture doit raconter l’axe, coupa doucement Ly. Je le choisirai en fonction du récit, pas des préférences.

Rita eut un minuscule recul — ce geste que même les meilleurs acteurs ne savent pas effacer. Puis elle rit, modulée.

— Tu es cash, toi, aujourd’hui.

— Je suis claire.

Le mot claire éclaira la discussion puis s’éteignit. Rita se reprit, pivota sur un compliment. Ly la laissa filer. À sa table, deux stagiaires chuchotaient ; leur chuchotement changea de timbre en voyant l’échange — pas de scandale, juste une onde.

Midi approcha. Ly décrocha son manteau.

— Déj’ ? lança Rita, trop vite.

— Je rejoins quelqu’un, répondit Ly. On se retrouve après.

Rita eut ce sourire d’inventaire où l’on compte ce qui vous échappe. Elle disparut.

Le café était à deux rues, une enclave de bois blond et de tasses épaisses. Aurion l’attendait, assis au fond, dos à la vitre comme ceux qui savent lire les reflets. Il leva les yeux et, sans bouger, changea la densité de l’air.

— Tu as déplacé du poids, dit-il. (Il ne posa pas la question. Il constata.)

— J’ai donné un nom à un souvenir, et une place à une pièce jointe, répondit-elle. Pour commencer.

— Et Flore ?

— Elle se réveille. Pas par obéissance. Par justice.

Aurion acquiesça, comme si elle venait d’énoncer une règle du monde.

— Il y a des cœurs qui s’aimantent aux vérités. Ce sont ceux-là qui tiennent les toits quand la tempête passe.

— Tu parles comme si tu regardais la ville d’au-dessus, sourit Ly.

— J’ai appris à regarder autrement, dit-il sans ironie.

Ils burent en silence. Le bruit du percolateur tenait lieu de ponctuation. Avant de partir, Aurion posa une phrase sur la table comme on pose une carte.

— Ne la pousse pas. Laisse-la marcher vers le bord. Les chutes les plus nettes sont celles où personne ne croit tomber.

L’après-midi fut une longue couture.

Ly s’installa sur le fil Pallas et commença à coudre : brève au chef de projet pour confirmer les jalons, point de versionnement dans le dossier, note publique (visible de tous) : « Remise en ordre structure dossiers / pièces jointes pour clarté ». Pas d’accusation. De la lumière.

À quatorze heures douze, Flore lui envoya un message privé :

“J’ai relayé ton tri au chef. Merci. Ça soulage.”

Ly répondit : “On respire mieux quand ça s’aligne.”

À quinze heures, un ping de groupe :

“Merci Ly pour la remise en ordre — plus lisible pour tous.” signé Flore.

Une banalité courageuse. Dans l’open space, les regards glissèrent vers Ly, puis vers Rita. Cette dernière gardait son masque, mais ses gestes perdaient un millimètre de fluidité. Chaque mail qui mentionnait ordre et clarté lui usait un atome de vernis.

À quinze heures trente, Ly glissa une épingle : un mail poli à Flore, en copie au chef — “je te confirme que la PJ manquante sur le transfert 08:14 a sauté, merci pour le renvoi 08:16”. Factuel. Dater, c’est raconter. L’air changea encore — imperceptible, mais changea.

À seize heures, Rita apparut sur le seuil, sourire au cordeau.

— Tu as vu les mails de Flore ? Elle s’emballe un peu, non ? Elle veut… tout contrôler, maintenant.

— Elle veut que ce soit juste, corrigea Ly.

— Toi aussi, tu as changé de ton…

— Non. J’ai changé de peur.

Rita resta suspendue, puis décocha un rire trop rapide.

— On boit un truc ce soir ?

— J’ai un rendez-vous, répondit Ly.

Le masque eut une micro-faille. Rita recula, se heurta à la poignée en sortant, sourit trop, s’en alla.

La lumière baissait quand Flore repassa, hésitant sur le seuil.

— Je peux te déranger une minute ?

— Viens.

Flore s’assit, droite, mains jointes, comme à l’école.

— Je… j’ai toujours été de son côté. Enfin, pas “de son côté” contre toi — je croyais simplement… qu’elle avait raison. Elle parle si bien, Rita. On a envie de la suivre. Et puis… (elle respira) quand je vérifie les dates, les fichiers… ça ne colle pas. Pas depuis longtemps. Je crois… je crois que je n’ai pas voulu voir.

— On ne voit pas ce qui nous sauverait si on n’a pas la force de changer après, dit Ly. Tu vois maintenant. C’est suffisant.

Flore hocha, les yeux brillants.

— Si tu veux, je peux t’aider à archiver et à sécuriser les versions. Ça compliquera les… disparitions.

— Fais-le, répondit Ly. (Elle ajouta, douce :) Merci.

Flore sourit, rose, et partit, avec cette démarche prudente des gens qui viennent d’oser.

Ly resta seule. Le néon vibra. Elle posa les doigts sur le clavier sans taper. Une question, nue, monta : Et si je devenais comme elle ? L’envie de gagner sans pureté, le goût de l’emprise. Elle la regarda en face, cette ombre-là, et la nomma.

— Non, dit-elle à voix basse. Je n’ai pas besoin qu’on m’admire pour respirer.

Elle éteignit l’écran.

La nuit posa sa joue contre la vitre de l’étage. La ville en bas clignotait, clapotement de feux, fenêtres allumées. Ly traversa les couloirs désertés, les open spaces devenus des mers d’écrans noirs, et poussa la porte de la terrasse.

Aurion l’attendait, silhouette découpée sur la nappe indigo du ciel. Le vent portait des odeurs de pluie et d’asphalte chaud. Il se tourna. Dans ses yeux, une lueur que la ville n’avait pas donnée.

— Alors ?

— Les choses se déplacent, répondit-elle. À peine. Mais je l’entends.

— Elle ?

— Rita. Son rire accroche. Ses mails sonnent creux. Elle regarde les écrans comme si son nom allait tomber. Et Flore… Flore se tient un peu plus droite.

— Les maisons se redressent quand on enlève le poids qui les tord, dit-il.

Ils restèrent près de la rambarde, épaule presque contre épaule. La ville faisait son bruit d’océan mécanique. Ly pensa à la femme qu’elle avait été, à celle qu’elle devenait — et à la ligne invisible entre lucidité et cruauté.

— J’ai eu peur, aujourd’hui, murmura-t-elle. Une seconde. De prendre goût à la lame.

— La lame coupe ce qu’on agite. La lumière dessine ce qu’on laisse apparaître, répondit Aurion. Tu n’as pas tranché. Tu as montré.

Elle tourna vers lui un regard qui voulait demander mille choses et n’en posa aucune. Il tendit la main, remit derrière son oreille une mèche qui battait au vent — un geste humain, simple, presque intime.

— Un éclat à la fois, dit-elle.

— Jusqu’à ce qu’elle se brûle à sa propre lumière, confirma-t-il.

Elle ferma un instant les yeux. Sous ses paupières, elle vit des cartes se retourner une à une. Pas de bruit, pas de gloire. La vérité n’a pas besoin d’applaudissements.

— Demain, reprit-elle, je sécurise Venera et Mira, je propose un jalon visible au chef, et je laisse Flore présenter la restitution du tri. Je veux qu’on l’entende.

— Donne à la lumière plusieurs voix, approuva Aurion.

Ils restèrent là jusqu’à ce que le froid leur rappelle qu’ils appartenaient aux vivants. En repartant, Ly croisa son reflet dans la vitre : elle, et derrière elle, l’ombre nette d’une aile qui n’appartenait pas au ciel.

— On continue, dit-elle.

Et la nuit, en bas, eut l’air d’acquiescer.

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