LOGINDix années d’efforts, de sacrifices, de fidélité. Pour Ly Moon, devenir directrice du département graphisme de MDLSC est l’aboutissement d’une vie. Mais au soir de sa victoire, elle découvre que le succès peut être une condamnation : trahie par son amie Rita et son propre fiancé, elle trouve la mort sous les phares d’une voiture. Lorsqu’elle ouvre les yeux, ce n’est plus le monde qu’elle connaît. Un homme l’attend — un ange, qui se nomme Star. Il lui offre le choix : devenir lumière, ou redevenir flamme. Ly choisit la vengeance. Renvoyée dix ans en arrière, fiancée à Aurion Star, héritier du plus puissant empire créatif du monde, elle se retrouve face à celle qui l’a détruite… mais cette fois, c’est elle qui écrit les règles. Entre cendres et or, entre la femme qu’elle était et celle qu’elle devient, Ly avance sur le fil du pardon et du pouvoir, jusqu’à ce que même l’amour devienne une arme. L’Ombre de ton nom — Une histoire de renaissance, d’anges et de trahison, où la lumière la plus pure peut naître de l’obscurité la plus profonde.
View MoreLe PDG de MDLSC inspira longuement, comme pour faire durer l’instant. Autour de Ly, la salle vibrait d’attente — des chuchotis, des verres qui tintent, des regards qui calculent. Le tissu de sa robe collait à sa peau sous la chaleur des spots. Elle posa une main sur la plaque de marbre du pupitre pour se stabiliser, sans savoir si c’était le sol qui tanguait ou son cœur.
— À partir d’aujourd’hui, déclara-t-il d’une voix lente, la nouvelle directrice de la branche Graphisme sera… Un souffle parcourut l’assemblée. Les pupilles se dilatent, les sourires s’aiguisent. Elle connaît ce silence : celui qui précède la sentence. — Laisse tomber, Ly, lança Rita à mi-voix, tout près de son oreille. Cette fois, c’est moi. La brûlure du murmure contre sa peau. Ly ne se retourne pas. Elle sent, derrière ce parfum trop sucré, l’arête d’un sourire qui n’a jamais appris la douceur. Elle se redresse, se force à respirer. Dix ans. Dix années à avaler l’humiliation avec du café froid, à recommencer, à s’oublier. Ce soir devrait peser du côté de la justice. — Ly Moon. Félicitations. Le nom frappe l’air comme une cloche claire. Les applaudissements éclatent, trop forts, trop nombreux, comme s’il fallait couvrir autre chose : la déception de certains, la rage d’une autre. Elle ne sent plus ses doigts tandis que le PDG lui remet la plaque : « Ly Moon — Directrice du département Graphisme ». Le métal est plus lourd que prévu, froid, réel. Elle sourit. Elle dit merci. Elle joue sa partition. Et pourtant, en elle, un fil se tend, se serre, menace de claquer. Elle ne sait pas pourquoi. Les collègues se succèdent. Les « tu le mérites » pleuvent, lisses, interchangeables. Elle reconnaît ce regard chez certains : la convoitise bien peignée, le compliment qui colle aux dents. Elle s’accroche aux visages qui comptent, une stagiaire qui tremble d’émotion, un maquettiste qui a les yeux humides. Là, elle respire. Puis un tintement sec : le pied d’une flûte heurte la table. Un bruit minuscule, mais il fend quelque chose en elle. Un présage, pense-t-elle aussitôt, et elle se moque d’elle-même pour y avoir pensé. Son téléphone vibre. Rita. « Félicitations, ma chère directrice. N’oublie pas : beaucoup veulent ta place. Certains iront très loin. » Ly relève la tête. Dans l’ombre du bar, Rita la regarde. Verre à la main. Mèche derrière l’oreille. Le sourire aimable qui ne touche jamais ses yeux. Ly connaît ce sourire. Elle l’a vu prospérer dans les couloirs, se glisser dans les réunions, froisser des réputations d’une caresse. Elles se contemplent, un battement de cœur trop long. Rita lève sa flûte. À ta chute, murmure son regard. Ly sent la sueur glisser le long de sa colonne, fine, glacée. Elle rit, elle parle, elle remercie. Son corps fait ce qu’il doit. Son esprit, lui, se recroqueville quelque part entre ses côtes. L’air manque soudain. La musique est trop forte. Elle s’excuse, s’éclipse. Ses pas résonnent sur le marbre du couloir ; l’écho la suit comme un second cœur. Dans l’ascenseur, la lumière crue souligne la fatigue sous ses yeux. Elle se voit, étrangère : une femme qui a enfin gagné, et qui a peur comme si elle venait de perdre. Elle inspire, ferme les yeux, compte jusqu’à cinq. Le téléphone vibre à nouveau. Le nom s’affiche et son visage s’ouvre. Mon amour « Je t’attends devant l’entreprise. Hâte de te serrer dans mes bras. » La chaleur la submerge. Il sait quand elle a besoin de lui. Il sait toujours. Elle s’accroche à cette idée comme on s’agrippe à une rambarde au-dessus du vide. Les portes s’ouvrent. Le souffle froid de la nuit lui caresse la peau. Elle salue les agents de sécurité, répond machinalement aux sourires. Dehors, la ville étire ses néons. L’air sent la pluie qui hésite. La rue est presque vide. Une brume fine, argentée, traîne à hauteur de genoux, s’enroule autour des pneus des voitures garées. Elle avance, cherche sa silhouette. Elle écrit : « Tu es où ? » puis efface. Non. Il a dit “devant”. Elle attend. Ses doigts serrent le téléphone si fort que ses jointures blanchissent. Une sensation idiote, puérile, lui grimpe dans la gorge : et s’il ne venait pas ? Un moteur au loin. Des phares s’allument. La voiture démarre, rapide. Trop. Ly fait un pas en arrière. La brume diffracte la lumière ; pendant une seconde, tout le monde — la voiture, la ville, elle — paraît irréel, comme si on avait baissé la vitesse du monde. Elle pense : ce n’est pas pour moi. Elle pense : mais si. Elle n’a pas le temps de crier. Le choc est une explosion silencieuse. La douleur ne vient pas tout de suite — d’abord, c’est la surprise, absurde, comme trébucher sur un trottoir qui n’existe pas. Puis le corps se rappelle à elle : métal contre os, asphalte contre peau, l’odeur ferrugineuse qui envahit sa bouche. Le ciel tourne, puis se stabilise, indifférent. Des pas. Des voix. Elle flotte, prise dans une ouate qui laisse passer le monde comme à travers de l’eau. Et là, au bord de son champ de vision, deux silhouettes se découpent. L’une tient l’autre. Leurs visages sont éclairés par les phares ; leurs traits se détachent net. Elle n’a pas besoin d’approcher pour savoir. Elle sait. Rita. Lui. Ils se serrent. Il enfouit son visage dans son cou. Elle caresse ses cheveux, lente, possessive. Leurs lèvres se trouvent. C’est un baiser sans urgence, presque tendre, presque doux — obscène de douceur. Ly voudrait fermer les yeux, mais ils restent ouverts, comme fixés par la nuit. Rita finit par la regarder. Il y a, sur ses lèvres, l’ébauche d’un mot qu’elle connaît par cœur chez les gens qui obtiennent enfin ce qu’ils veulent. « Merci. » Le reste, elle ne l’entend pas. Les sirènes arrivent trop tard pour appartenir au même monde. On la nomme, on s’agite autour d’elle. Ly se détache de son corps avec la simplicité d’une expiration. • Quand elle rouvre les yeux, tout est or. Pas l’or lourd des bijoux. L’or de la lumière, l’or qui s’étire dans l’air comme une soie chaude. Il n’y a ni sol ni plafond et pourtant, elle se tient, stable. Elle regarde ses mains : ses doigts sont les mêmes, mais plus nets, comme si quelqu’un avait ajusté la mise au point. Son cœur ne bat plus dans sa poitrine — il pulse partout, très doucement, comme une marée. — Bonjour, Ly. La voix est claire et profonde, une note qui résonne dans l’espace et en elle. Elle se retourne. L’homme qui se tient là est vêtu d’un blanc qui n’aveugle pas. Il n’a pas d’âge. Ou bien il les a tous. Son regard est calme, mais pas vide ; il contient un rivage où l’on pourrait déposer une fatigue ancienne. — Où suis-je ? demande-t-elle. Sa voix ne tremble pas. — Entre deux rives, répond-il. Là où l’on pose les questions que la vie ne laisse pas poser. Je m’appelle Star. Si tu veux un mot simple : un ange. Elle rit, un son court, qui la surprend. — Je suis morte, donc. — Oui. — Et… ce n’était pas un accident. — Non. Le mot tombe, net, sans fard. Il ne s’attarde pas sur la compassion qui infantilise. Il choisit la vérité, et la laisse respirer. Ly ferme les yeux. Dans le noir de ses paupières, elle revoit la scène : le verre qui tinte, la brume, le sourire poli, la douceur obscène du baiser. Quand elle rouvre les yeux, quelque chose en elle s’est déplacé. La douleur s’est tassée, a laissé un espace parfaitement dessiné. Un espace où pourrait tenir une décision. — Pourquoi suis-je ici ? — Parce qu’il existe des morts injustes, dit Star doucement. Des vies coupées net, pas par le hasard mais par une volonté. Ces âmes-là… ont le choix. — Le choix ? — Pardonner. Ou se venger. Elle laisse le mot s’infiltrer. Venger. Il ne grince pas contre ses dents. Il ne salit rien. Il donne du relief au monde. — Et toi ? demande-t-elle. Tu es… mon guide ? — Si tu le veux. Si tu le choisis. Jusqu’au bout. Il sourit. Ce n’est pas un sourire qui rassure pour rassurer. C’est un sourire qui reconnaît en elle ce qu’elle a peut-être toujours nié : elle n’est pas seulement douce, loyale, endurante. Elle est capable d’être juste. Même si la justice doit être taillée à la main. — Je ne veux pas d’un ange, dit-elle. Je veux quelqu’un qui m’aime. Pas quelqu’un qui m’observe. — Je ne t’ai jamais observée, Ly, répond-il. Je t’ai veillée. Depuis ton premier souffle. — Alors pourquoi ne pas m’avoir sauvée ? — Parce que je peux t’offrir plus que ce que tu as perdu. Je peux t’offrir le temps. Et un terrain. Pour rejouer la partie. Elle le fixe. Sa voix, sa présence, ce calme — tout en lui est étrangement familier, comme une chanson qu’on croit entendre pour la première fois et que l’on connaît déjà. — Si je choisis la vengeance, dit-elle. Qu’est-ce que je deviens ? — Vivante, répond-il simplement. Vivante autrement. Tu reviendras avant l’engrenage. Tu garderas ce que tu sais. Et je serai avec toi. Pas au-dessus de toi. Avec toi. Elle sent, à ce mot, une chaleur précise pulser dans sa poitrine. Avec. Elle pense à toutes les fois où elle a avancé seule. Elle pense à ses mains sur le clavier, la nuit. À la façon dont la machine répondait, mais jamais personne. — Quand ? — Quand tu ouvriras les yeux là-bas, dit Star. Le 19 mai 2015. Le jour où tu as franchi la porte de MDLSC pour la première fois. — Et toi ? — Je serai là. Très visible cette fois. Nous serons fiancés. — Pardon ? Elle rit, secouée par l’absurde. — Et pourquoi Rita serait-elle jalouse de ça ? — Parce que, sur Terre, on m’appelle Aurion Star. Le nom traverse l’espace comme un éclair silencieux. Des images affleurent dans son esprit : des couvertures de magazine, des chiffres à faire vaciller les hommes, un héritage qui change la gravité autour de lui. Le monde qui s’incline sans qu’on le lui demande. — L’héritier. — Oui. — Et tu me choisis, moi. — Je te choisis depuis longtemps, dit-il. Il ne baisse pas les yeux. Il ne détourne pas la tête comme font ceux qui jouent. Il la regarde comme on regarde un horizon qu’on a décidé d’atteindre. — Alors, dit-elle, donne-moi ta main. Il tend la sienne. Sa paume est tiède, étonnamment humaine. Quand leurs doigts se touchent, le monde doré se met à vibrer très doucement, comme une corde qu’on pince. Ly a la sensation très claire de ré-enfiler son nom, son corps, sa vie. Mais quelque chose a changé. Elle ne sait pas si c’est dans ses yeux, ou dans la façon dont son cœur se positionne dans sa poitrine : un peu plus à gauche, un peu plus près du courage. — Je veux qu’ils voient, murmure-t-elle. Qu’ils comprennent ce qu’ils m’ont pris. Et ce que je suis capable de reprendre. — Alors regarde, souffle Star. Regarde comme on renaît. La lumière se rétracte. Le doré devient un souffle, puis une étincelle. Dans cette étincelle, Ly croit distinguer le reflet de la plaque dorée avec son nom… et, derrière, un autre reflet : ses propres yeux, plus calmes, plus tranchants. Elle ferme les siens. • La première sensation est celle d’un tissu contre sa peau : une chemise qu’elle a oubliée depuis des années. Puis l’odeur de café, trop fort, trop chaud, comme elle l’aimait au début. La fenêtre laisse entrer une lumière claire : mai. Elle sait, avant même de regarder le calendrier. 19 mai 2015. Le téléphone vibre sur la table de nuit. Un nom inconnu et familier s’affiche à la fois. Aurion. « Je suis en bas. » Son cœur ne s’emballe pas : il s’aligne. Elle pose les pieds au sol. Ses mains tremblent très légèrement, comme avant une présentation importante — sauf que cette fois, c’est le monde qu’elle s’apprête à présenter à lui-même. — Très bien, dit-elle à voix basse, au silence de la pièce. Commençons. Elle souffle. Et descend.La fumée, justement, commença à se voir avant même que les gens acceptent qu’il y avait un feu.Le lendemain, ce fut la première chose que Ly sentit en entrant chez MDLSC : pas la chaleur, pas l’alarme, pas l’explosion.Juste cette odeur invisible des lieux qui ont compris qu’ils sont observés.Dans le hall, l’écran géant qui diffusait d’habitude des vidéos corporate souriait encore avec ses slogans de transparence. Mais devant, deux salariés discutaient à voix basse en jetant des regards nerveux autour d’eux, comme s’ils parlaient d’un sujet interdit. Quand Ly passa, ils se turent… puis, au dernier moment, l’un d’eux hocha la tête, très légèrement.Ce n’était pas du soutien flamboyant. C’était pire.C’était une reconnaissance.Elle monta au “QG officieux” avec cette sensation étrange d’être devenue un point fixe dans un bâtiment qui préfère les surfaces lisses.Flore l’attendait déjà, appuyée contre une armoire, casque autour du cou, un café à la main comme une arme contondante.— Tu
La nuit ne fut pas vraiment une nuit.Plutôt une succession de micro-sommeils, de réveils brutaux et de mélodies qui tournaient en boucle dans la tête de Ly.La sienne, celle de Yun, et celle, muette, des mots qu’elle n’avait pas encore écrits.Quand le matin arriva, ce fut moins un lever de soleil qu’un changement de filtre sur la ville.Plus froid, plus bleu.Plus net.⸻Elle commença la journée comme on manipule un objet fragile : lentement.Un café.Une douche un peu trop chaude.Un coup d’œil à son carnet resté ouvert sur la table, avec ce titre griffonné au stylo :“ANNEXE MANQUANTE”Elle eut un instant la tentation de le rayer.De revenir à ce qu’elle connaissait : les écrans, les slides, les plans d’attaque visuels.Mais non.Là, il s’agissait d’autre chose.De quelque chose qui prendrait peut-être des mois, des années.De quelque chose qui n’était pas un “coup”, mais un travail de fond pour que plus personne ne puisse se cacher derrière le mot “annexe” pour enterrer une vie.
Le matin suivant, la lumière entrait par les grandes vitres du salon d’Aurion avec la délicatesse d’un projecteur qu’on n’a pas encore allumé à fond.Ly se réveilla avec la nuque en compote et une phrase coincée dans la gorge.“Ce n’est pas moi qui suis revenue d’entre les morts.C’est la vérité.”Elle cligna des yeux.Le plaid glissa un peu de ses épaules. Le canapé. L’odeur de café. Le silence particulier des appartements trop hauts, où le bruit de la rue a l’air de venir d’un autre film.Sur la table basse, son téléphone vibra une fois, puis deux.Elle resta quelques secondes allongée, à flotter entre le rêve et la fatigue.Puis elle se redressa.Le verrouillage de l’écran révéla trois notifications :— Canal privé — “nouveau message : Sophie”— Yun — “2 nouveaux messages”— Aurion — “Je suis en bas.”Elle se frotta les yeux, ouvrit d’abord celui d’Aurion.« J’ai réussi à attraper les avocats de Star et un cabinet externe ce matin.On a rendez-vous à 10h.Je passe te prendre. Café
La phrase resta suspendue au-dessus de la table basse comme une promesse qu’on n’avait pas encore signé.Personne ne parla pendant quelques secondes.On entendait seulement, au loin, un scooter passer dans la rue, et le bruit discret de la machine à glaçons dans la cuisine d’Aurion, qui n’avait décidément aucun sens du timing dramatique.Flore finit par souffler :— Bon. On sait contre quoi on se bat. Maintenant, il va falloir choisir avec quoi.Mara, depuis son petit carré de visio, leva un sourcil.— Tu veux dire : on en fait quoi, de tout ça ? demanda-t-elle. On le balance sur internet ? On le donne à un journaliste ? On le garde comme épée au-dessus de leur tête ?Julien, lui, tapotait nerveusement sur son stylo.— Si on le balance brut, dit-il, Nolan va s’engouffrer dedans et dire : “vous voyez ? je l’avais dit, tout le monde est pourri, moi compris mais moi au moins je suis honnête blablabla”.— Et si on ne fait rien, enchaîna Myriam, on devient exactement ce qu’on dénonce : ceu






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