LOGIN— Salut chaton.
Ringard. Et pitoyable. J’essaie de le contourner, mais il attrape mon bras et me bloque le passage. Je siffle entre mes dents : — Laisse-moi passer… — Tu ne m’as pas dit bonjour, je crois. — Je ne me souviens pas en avoir eu l’envie, vois-tu ? Maintenant, si tu pouvais avoir la gentillesse de dégager, ce serait fort… hum… sympathique. Il me plaque brusquement contre le casier, pressant son corps contre le mien. Je manque de rire devant l’absurdité de la scène, mais le ton de sa voix me fait sursauter : — Ne me parle plus jamais comme ça… Je suis un Alpha ! Tu me dois le respect, sale chienne d’Oméga ! Je te donne dix secondes pour baisser les yeux et implorer mon pardon. Sérieusement ? Il faudrait vraiment que les Alpha calment leurs pulsions dominantes. C’est extrêmement ridicule, et ce genre de choses arriveraient moins souvent… Néanmoins, un dilemme s’impose à moi. Mon corps entier me crie de lui tenir tête, et pourtant, baisser les yeux me paraît la solution la plus évidente. Un secret à protéger vaut bien plus qu’un simple coup d’œil vers le sol… Au moment où je m’apprête à baisser le regard, un professeur arrive. Alléluia… — Mr Jones et Mlle Connors, puis-je savoir ce que vous faites encore dans les couloirs cinq minutes après le début des cours ? — Nous partions, dis-je sèchement en me dégageant de l’emprise d’Aiden. Je m’engage en direction de ma classe, ravie de ce renversement de situation, mais mon plaisir est de courte durée en voyant Aiden me suivre. J’ouvre la porte et suis immédiatement dévisagée par le professeur. — Connors et Jones, vous me retrouverez demain soir à 18 heures pour une retenue, étant donné l’absence de raison valable pour votre retard… Absence de raison valable ? J’aimerais lui crier que le dégénéré derrière moi a décidé de se prendre pour le roi du monde, mais à la place, j’étire un sourire hypocrite et, après un regard noir à mon cher ami Aiden, je vais rejoindre Maeva au fond de la classe. Elle m’interroge, et je lui explique rapidement ce qui s’est passé. Maeva est au courant pour mon anomalie. Je lui fais entièrement confiance. Je n’ai pas eu besoin de lui expliquer : elle l’a déduit toute seule en voyant mon comportement face aux Alpha. Ça aussi, c’était à l’époque où elle était encore un tant soit peu réfléchie. J’essaie de me concentrer sur le cours de maths qui se déroule devant moi, mais je suis forcée de constater que les mathématiques ne figureront jamais en tête de liste de mes matières favorites. Après deux heures épuisantes, le cours prend fin et nous partons rejoindre Kelly et Amber au réfectoire. Je m’empare d’un plateau de petits pois et vais m’asseoir avec les filles, déjà attablées. Celles-ci sont déjà en plein commérage. — Vous avez déjà vu l’Alpha de la ville ? demande Kelly. — Il paraît qu’il va bientôt laisser sa place à son fils, ajoute Maeva. — Son fils ? Qui est-ce ? questionné-je. — Tu ne le sais toujours pas ?! s’étonne Amber. — C’est Aiden Jones ! — Aiden Jones… Bah, ça va, ce n’est pas comme si… Attends, quoi ?! — Bah oui. — Et merde… — Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a ? s’interroge Kelly. — Ce qu’il a ?! Les filles, on se ressaisit, là. On parle d’Aiden Jones, nommé aux Oscars du plus grand con de l’histoire ! Elles explosent toutes de rire, mais je vois bien que Maeva est inquiète, elle aussi. Elle sait ce qui se passerait s’il l’apprenait… Elle sait ce qui m’arriverait… Elle sait que je ne suis pas une Oméga comme je le prétends. Elle sait que je suis une Delta.Point de vue SwanJe suis en train de me rouler dans l’herbe quand un bruit attire mon attention.Je me redresse, toute droite sur mes pattes, et mets mes sens en alerte.Point de vue inconnuElle est là. Elle joue dans l’herbe de la prairie.Elle sent si bon…Crac !Merde… Je viens de marcher sur une branche. La louve lève brusquement la tête et commence à fuir vers le territoire opposé.Je lance un regard entendu à Josh, et nous nous précipitons à sa poursuite.Point de vue SwanJe sens le danger…Je commence à courir vers ma forêt.J’entends des pas derrière moi.Ils me suivent.J’allais franchir la frontière quand un gros loup noir me barre le passage.Je me retourne et fais face à un second loup, gris cette fois.Je montre les crocs, mais une violente douleur me prend à la tête et je m’effondre au sol, perdant connaissance.—J’émerge avec difficulté d’un sommeil sans rêve. Ma première constatation est que je ne suis pas chez moi : ce lit sur lequel je suis allongée n’est pas le
Un mois a passé. Je suis retournée au cimetière pour la première fois depuis l’enterrement. Et étrangement, cela m’a fait plus de bien que de mal. J’ai passé près d’une heure face à la tombe de mes parents, leur parlant comme s’ils étaient encore en vie.Étrangement, Aiden ne se préoccupe plus de moi. Plus d’intrusion intempestive dans ma vie, et c’est très bien ainsi, même si je soupçonne son père de l’y avoir implicitement obligé, pour compatir à ma peine. Pff… Aiden ? Compatir ? Non, décidément, ces deux mots ne vont pas ensemble.Seules quelques bribes du discours de mon professeur me parviennent. Et pour cause… Ma fin de journée s’annonce plutôt magique. J’ai décidé d’aller visiter l’autre extrémité de la forêt. Cette dernière se répartit sur deux territoires : celui où je vis, et un autre qui m’est complètement étranger.Lorsque la sonnerie retentit, je pousse un long soupir avant de quitter prestement le lycée. Je ne prends pas la peine d’attendre le bus scolaire et me transfor
Réfléchissons…Nous sommes samedi matin, et dans deux jours, je reprends les cours.Cela me laisse une journée et plus pour me préparer à reprendre ma vie.Je monte dans la salle de bains et me déshabille complètement.Le résultat n’est pas fameux…N’ayant pas mangé, on voit mes côtes, et mes joues sont énormément creusées.Mes cheveux sont sales et difformes.Je fais couler l’eau de la baignoire et y verse des crèmes de bain au cassis, mon parfum préféré.Quand le bain est bien chaud, je m’y plonge entièrement.L’eau bouillante me fait un bien fou et détend tous mes muscles.Je savonne, masse et exfolie ma peau.Je m’attaque ensuite à mes cheveux.Ma longue tignasse ne ressemble à rien. Habituellement bien rebondies et à l’aspect artificiel, mes boucles ne sont plus qu’un tas de nœuds.Je démêle soigneusement chacune de mes mèches avant de les sécher.En sortant, je m’enveloppe dans un peignoir et, en attendant que mon masque sur le visage ait fini de poser, j’enduis mon corps de crè
~ Can you hear my voice this time?This is my fight song ~Cela fait une semaine que je n’ai pas quitté ma maison.Mes yeux sont rouges et gonflés à force de pleurer.Je ressemble à un cadavre.Les filles sont venues me voir plusieurs fois, et Maeva est restée dormir.Par tous les moyens, elles ont essayé de me réconforter.Mais comment voulez-vous donner le sourire à quelqu’un qui vient de perdre ses parents ?Accident de voiture, m’a-t-on dit…Je suis restée stoïque en l’apprenant. Je ne pouvais rien dire, rien faire.L’Alpha est parti, et je me suis effondrée.J’ai hurlé sans pouvoir pleurer.Et après, quand ma voix s’est tue, j’ai senti les larmes couler sur mes joues.Nous sommes samedi, et mes parents sont décédés lundi.Leur enterrement a eu lieu hier.J’étais comparable à un zombie, avec mon teint pâle comme une morte.Assise sur mon lit, je contemple le plafond comme si c’était la seule chose que je pouvais faire. Mes yeux se promènent lentement sur la peinture blanche. Des s
Delta…Ce nom sonne comme une fausse note aux oreilles des autres loups.À leurs yeux, ce ne sont que des erreurs de la nature, des créatures ratées…Voilà pourquoi je dois faire attention à ce que personne ne le découvre.Mes parents étaient eux aussi des Delta. Toute leur vie, ils ont vécu avec ce secret sur le dos, et vivent encore avec.Ce sont eux qui m’ont transmis ces gènes.Mon enfance a été bercée par des conseils nécessaires à ma survie : on m’a répété d’obéir aux Alpha, de me comporter comme une Oméga, même si mon instinct m’ordonnait le contraire.Pour m’aider dans cette épreuve très difficile, ils m’ont raconté des mensonges sur ce qui arrivait aux Delta qui étaient découverts.Même si ce n’était pas honnête, je ne leur en ai jamais voulu, car grâce à eux, je suis invisible parmi les autres loups.Je n’avais jamais eu l’idée de faire des recherches sur le réel sort des gens comme moi, jusqu’à ce que Maeva le découvre.J’avais treize ans et je venais d’être scolarisée dans
— Salut chaton.Ringard. Et pitoyable.J’essaie de le contourner, mais il attrape mon bras et me bloque le passage.Je siffle entre mes dents :— Laisse-moi passer…— Tu ne m’as pas dit bonjour, je crois.— Je ne me souviens pas en avoir eu l’envie, vois-tu ? Maintenant, si tu pouvais avoir la gentillesse de dégager, ce serait fort… hum… sympathique.Il me plaque brusquement contre le casier, pressant son corps contre le mien. Je manque de rire devant l’absurdité de la scène, mais le ton de sa voix me fait sursauter :— Ne me parle plus jamais comme ça… Je suis un Alpha ! Tu me dois le respect, sale chienne d’Oméga ! Je te donne dix secondes pour baisser les yeux et implorer mon pardon.Sérieusement ? Il faudrait vraiment que les Alpha calment leurs pulsions dominantes. C’est extrêmement ridicule, et ce genre de choses arriveraient moins souvent… Néanmoins, un dilemme s’impose à moi. Mon corps entier me crie de lui tenir tête, et pourtant, baisser les yeux me paraît la solution la plu







