LOGINRéfléchissons…
Nous sommes samedi matin, et dans deux jours, je reprends les cours. Cela me laisse une journée et plus pour me préparer à reprendre ma vie. Je monte dans la salle de bains et me déshabille complètement. Le résultat n’est pas fameux… N’ayant pas mangé, on voit mes côtes, et mes joues sont énormément creusées. Mes cheveux sont sales et difformes. Je fais couler l’eau de la baignoire et y verse des crèmes de bain au cassis, mon parfum préféré. Quand le bain est bien chaud, je m’y plonge entièrement. L’eau bouillante me fait un bien fou et détend tous mes muscles. Je savonne, masse et exfolie ma peau. Je m’attaque ensuite à mes cheveux. Ma longue tignasse ne ressemble à rien. Habituellement bien rebondies et à l’aspect artificiel, mes boucles ne sont plus qu’un tas de nœuds. Je démêle soigneusement chacune de mes mèches avant de les sécher. En sortant, je m’enveloppe dans un peignoir et, en attendant que mon masque sur le visage ait fini de poser, j’enduis mon corps de crème. Enfin, mon corps est à peu près remis de l’éprouvante semaine. Il ne manque plus que je remange un peu. Je vais dans la cuisine et, prise d’un élan de renouveau, me mets activement à cuisiner. Dansant tout en mélangeant ma pâte à gâteau. Lorsque je finis de manger, il est déjà 21 heures. J’attrape mon téléphone pour envoyer un message à Maeva. De moi à Maeva : Boutiques demain ? Il est temps que je reprenne mes habitudes sociales. Un peu de shopping ne pourra pas me faire de mal. J’adorais faire les boutiques avec ma mère… À cette pensée, mon cœur se serre. Instinctivement, ma main vient tripoter le pendentif à mon cou. Encore instable sur le plan émotionnel, je décide finalement d’appeler Maeva pour qu’elle vienne dormir ce soir. Une heure plus tard, nous sommes dans mon lit, et elle me raconte les potins du lycée. Quand je lui parle de la lettre et du cadeau de mes parents, je sens des larmes couler sur mon visage, et Maeva me serre dans ses bras. Je m’endors bercée par ses câlins, et pour une fois, je me sens bien. Le lendemain… Maeva me réveille en sautant sur le lit, vite rejointe par le duo Kelly-Amber qui vient de débouler en trombe dans la maison sur ordre de Maeva. Alors qu’elles préparent le petit-déjeuner, je m’habille, souriant à la perspective d’une belle journée. Tout en croquant dans une tartine, Kelly marmonne qu’elle a quelque chose d’important à nous dire. Je tente par tous les moyens de lui soutirer plus d’informations, mais sans succès. Le verdict final ? Nous le saurons dans la journée. Afin de profiter un maximum de la journée, nous arrivons au centre commercial dès son ouverture. Instinctivement, je me dirige vers des magasins de chaussures, mais les filles me tirent en arrière et me conduisent vers une boutique de lingerie féminine. — Ne bouge pas ! m’ordonne Amber avant de partir dans les rayons, suivie de Kelly et Maeva. Deux minutes après, je les vois revenir avec une montagne de sous-vêtements. — Mais les filles, je ne vais pas… Je suis coupée par Kelly qui me pousse dans une cabine, et je commence donc mes essayages. Le premier ensemble est rouge vif. Je manque de m’étouffer avec ma salive en voyant le peu de tissu qui couvre mon corps, et je l’enlève immédiatement sans permettre à quiconque de voir le résultat. Je regarde la montagne d’ensembles que les filles m’ont apportés et en tire un noir, bien plus simple que le précédent. Cette fois-ci, je suis plus que conquise et demande conseil aux filles, qui me regardent avec des étoiles plein les yeux. — Canon… — Sexy, même ! Nous sortons de la boutique le sourire aux lèvres en parlant du bal de Noël. C’est une tradition que le lycée s’engage à respecter chaque année. Alors, sur ces pensées, notre attention est captée par des robes en vitrine, et d’un regard entendu, nous pénétrons dans la boutique. Chacune en ressort avec un sac où se cache la précieuse pièce. Affamée, je me laisse guider jusqu’à un petit restaurant et traîne mes trois comparses à ma suite. Alors que nos plats viennent d’arriver, Amber pose ses deux coudes sur la table, fixant Kelly avec un sourire moqueur aux lèvres. Cette dernière est préoccupée par un grand blond situé derrière Amber. Lorsque celui-ci la remarque, il s’approche et, sans autre forme de procès, pose ses lèvres sur celles de mon amie. Je me racle la gorge tandis que Kelly se retourne, les joues rouge pivoine et un sourire idiot collé au visage. — Euh… voici Oscar, mon â… âme sœur, bégaye-t-elle. — Enchanté, les filles, dit l’intéressé. — Nous de même, répondons-nous en chœur. Puis c’est au tour de Maeva de virer au rouge tomate. Jack vient de débarquer dans le restaurant, accompagnant visiblement Oscar. Et second échange d’effluves amoureux sous les yeux moqueurs d’Amber. Lorsque chacun a enfin laissé la bouche de l’autre en paix, Jack lance, tout en s’éloignant : — À ce soir, mon cœu… Il ne finit pas sa phrase, soudainement gêné par notre présence. Lorsque je me retourne vers Maeva, celle-ci est quasi sous la table, morte de honte. — À ce soir ? je répète. — Il se peut qu’il m’ait pro… proposé d’aller au ciné… cinéma, oui… J’éclate de rire. Un rire franc et net. Un rire qui me libère des derniers jours sombres. Un rire de délivrance. Lorsque je tombe, épuisée, sur mon lit, mes yeux se ferment presque immédiatement, et je m’endors le sourire aux lèvres.Point de vue SwanJe suis en train de me rouler dans l’herbe quand un bruit attire mon attention.Je me redresse, toute droite sur mes pattes, et mets mes sens en alerte.Point de vue inconnuElle est là. Elle joue dans l’herbe de la prairie.Elle sent si bon…Crac !Merde… Je viens de marcher sur une branche. La louve lève brusquement la tête et commence à fuir vers le territoire opposé.Je lance un regard entendu à Josh, et nous nous précipitons à sa poursuite.Point de vue SwanJe sens le danger…Je commence à courir vers ma forêt.J’entends des pas derrière moi.Ils me suivent.J’allais franchir la frontière quand un gros loup noir me barre le passage.Je me retourne et fais face à un second loup, gris cette fois.Je montre les crocs, mais une violente douleur me prend à la tête et je m’effondre au sol, perdant connaissance.—J’émerge avec difficulté d’un sommeil sans rêve. Ma première constatation est que je ne suis pas chez moi : ce lit sur lequel je suis allongée n’est pas le
Un mois a passé. Je suis retournée au cimetière pour la première fois depuis l’enterrement. Et étrangement, cela m’a fait plus de bien que de mal. J’ai passé près d’une heure face à la tombe de mes parents, leur parlant comme s’ils étaient encore en vie.Étrangement, Aiden ne se préoccupe plus de moi. Plus d’intrusion intempestive dans ma vie, et c’est très bien ainsi, même si je soupçonne son père de l’y avoir implicitement obligé, pour compatir à ma peine. Pff… Aiden ? Compatir ? Non, décidément, ces deux mots ne vont pas ensemble.Seules quelques bribes du discours de mon professeur me parviennent. Et pour cause… Ma fin de journée s’annonce plutôt magique. J’ai décidé d’aller visiter l’autre extrémité de la forêt. Cette dernière se répartit sur deux territoires : celui où je vis, et un autre qui m’est complètement étranger.Lorsque la sonnerie retentit, je pousse un long soupir avant de quitter prestement le lycée. Je ne prends pas la peine d’attendre le bus scolaire et me transfor
Réfléchissons…Nous sommes samedi matin, et dans deux jours, je reprends les cours.Cela me laisse une journée et plus pour me préparer à reprendre ma vie.Je monte dans la salle de bains et me déshabille complètement.Le résultat n’est pas fameux…N’ayant pas mangé, on voit mes côtes, et mes joues sont énormément creusées.Mes cheveux sont sales et difformes.Je fais couler l’eau de la baignoire et y verse des crèmes de bain au cassis, mon parfum préféré.Quand le bain est bien chaud, je m’y plonge entièrement.L’eau bouillante me fait un bien fou et détend tous mes muscles.Je savonne, masse et exfolie ma peau.Je m’attaque ensuite à mes cheveux.Ma longue tignasse ne ressemble à rien. Habituellement bien rebondies et à l’aspect artificiel, mes boucles ne sont plus qu’un tas de nœuds.Je démêle soigneusement chacune de mes mèches avant de les sécher.En sortant, je m’enveloppe dans un peignoir et, en attendant que mon masque sur le visage ait fini de poser, j’enduis mon corps de crè
~ Can you hear my voice this time?This is my fight song ~Cela fait une semaine que je n’ai pas quitté ma maison.Mes yeux sont rouges et gonflés à force de pleurer.Je ressemble à un cadavre.Les filles sont venues me voir plusieurs fois, et Maeva est restée dormir.Par tous les moyens, elles ont essayé de me réconforter.Mais comment voulez-vous donner le sourire à quelqu’un qui vient de perdre ses parents ?Accident de voiture, m’a-t-on dit…Je suis restée stoïque en l’apprenant. Je ne pouvais rien dire, rien faire.L’Alpha est parti, et je me suis effondrée.J’ai hurlé sans pouvoir pleurer.Et après, quand ma voix s’est tue, j’ai senti les larmes couler sur mes joues.Nous sommes samedi, et mes parents sont décédés lundi.Leur enterrement a eu lieu hier.J’étais comparable à un zombie, avec mon teint pâle comme une morte.Assise sur mon lit, je contemple le plafond comme si c’était la seule chose que je pouvais faire. Mes yeux se promènent lentement sur la peinture blanche. Des s
Delta…Ce nom sonne comme une fausse note aux oreilles des autres loups.À leurs yeux, ce ne sont que des erreurs de la nature, des créatures ratées…Voilà pourquoi je dois faire attention à ce que personne ne le découvre.Mes parents étaient eux aussi des Delta. Toute leur vie, ils ont vécu avec ce secret sur le dos, et vivent encore avec.Ce sont eux qui m’ont transmis ces gènes.Mon enfance a été bercée par des conseils nécessaires à ma survie : on m’a répété d’obéir aux Alpha, de me comporter comme une Oméga, même si mon instinct m’ordonnait le contraire.Pour m’aider dans cette épreuve très difficile, ils m’ont raconté des mensonges sur ce qui arrivait aux Delta qui étaient découverts.Même si ce n’était pas honnête, je ne leur en ai jamais voulu, car grâce à eux, je suis invisible parmi les autres loups.Je n’avais jamais eu l’idée de faire des recherches sur le réel sort des gens comme moi, jusqu’à ce que Maeva le découvre.J’avais treize ans et je venais d’être scolarisée dans
— Salut chaton.Ringard. Et pitoyable.J’essaie de le contourner, mais il attrape mon bras et me bloque le passage.Je siffle entre mes dents :— Laisse-moi passer…— Tu ne m’as pas dit bonjour, je crois.— Je ne me souviens pas en avoir eu l’envie, vois-tu ? Maintenant, si tu pouvais avoir la gentillesse de dégager, ce serait fort… hum… sympathique.Il me plaque brusquement contre le casier, pressant son corps contre le mien. Je manque de rire devant l’absurdité de la scène, mais le ton de sa voix me fait sursauter :— Ne me parle plus jamais comme ça… Je suis un Alpha ! Tu me dois le respect, sale chienne d’Oméga ! Je te donne dix secondes pour baisser les yeux et implorer mon pardon.Sérieusement ? Il faudrait vraiment que les Alpha calment leurs pulsions dominantes. C’est extrêmement ridicule, et ce genre de choses arriveraient moins souvent… Néanmoins, un dilemme s’impose à moi. Mon corps entier me crie de lui tenir tête, et pourtant, baisser les yeux me paraît la solution la plu







