LOGINUn mois a passé. Je suis retournée au cimetière pour la première fois depuis l’enterrement. Et étrangement, cela m’a fait plus de bien que de mal. J’ai passé près d’une heure face à la tombe de mes parents, leur parlant comme s’ils étaient encore en vie.
Étrangement, Aiden ne se préoccupe plus de moi. Plus d’intrusion intempestive dans ma vie, et c’est très bien ainsi, même si je soupçonne son père de l’y avoir implicitement obligé, pour compatir à ma peine. Pff… Aiden ? Compatir ? Non, décidément, ces deux mots ne vont pas ensemble. Seules quelques bribes du discours de mon professeur me parviennent. Et pour cause… Ma fin de journée s’annonce plutôt magique. J’ai décidé d’aller visiter l’autre extrémité de la forêt. Cette dernière se répartit sur deux territoires : celui où je vis, et un autre qui m’est complètement étranger. Lorsque la sonnerie retentit, je pousse un long soupir avant de quitter prestement le lycée. Je ne prends pas la peine d’attendre le bus scolaire et me transforme. Je ne perds pas de temps et m’empresse de rejoindre ma maison, où je dépose mon sac avant de filer vers la forêt. Je retrouve Maeva, comme prévu, à notre habituel point de rendez-vous. Quand j’arrive au bord du petit ruisseau, je la vois, à moitié assoupie, une patte effleurant l’eau. L’occasion est trop belle. J’arrive derrière elle, discrètement, et brusquement, l’envoie rejoindre les nénuphars. Elle tombe dans le ruisseau dans un « ploc » sonore et un couinement plaintif. Je grogne de satisfaction en la voyant trempée jusqu’aux os. Elle ressort de l’eau et, sans prévenir, se met à courir. Prise de court, je ne réagis pas immédiatement, et lorsque je m’élance à sa suite, elle est déjà hors de ma vue. Le museau en l’air, je cherche son odeur, mais brusquement, un poids s’écroule sur mon dos et je tombe au sol, Maeva avec moi. Je remarque que nous atteignons progressivement l’autre extrémité de la forêt. Point de vue inconnu Je suis tranquillement allongé sur mon canapé avec Josh lorsqu’une légère odeur me prend aux narines. Je ne saurais la décrire tellement elle est douce. Point de vue Swan Je dis au revoir à Maeva et m’enfonce dans la forêt tandis qu’elle repart chez elle. Je m’élance dans la gigantesque masse d’arbres et me délecte des senteurs de cette forêt si belle. Point de vue inconnu L’odeur se fait de plus en plus forte, de plus en plus enivrante. Je ferme les yeux deux secondes et fouille mes sens pour décrypter cette odeur si magique. Une odeur fruitée… de la mangue… Je me lève d’un bond et fixe Josh : — Elle est là, dans la forêt. Point de vue Swan Je me jette dans des cascades et nage parmi les poissons. Il y en a de toutes les couleurs ! Ils frôlent mes pattes ! Cette forêt est aussi belle qu’on me l’a décrite… Je sors de l’eau, secoue mon poil et me lance à la suite de papillons, retombant pleinement en enfance. Point de vue inconnu Elle est de plus en plus près. Je le sais. Josh est à mes côtés et hume l’air à la recherche de la femelle. Je flaire à mon tour et, d’un coup, m’élance vers les cascades.Point de vue SwanJe suis en train de me rouler dans l’herbe quand un bruit attire mon attention.Je me redresse, toute droite sur mes pattes, et mets mes sens en alerte.Point de vue inconnuElle est là. Elle joue dans l’herbe de la prairie.Elle sent si bon…Crac !Merde… Je viens de marcher sur une branche. La louve lève brusquement la tête et commence à fuir vers le territoire opposé.Je lance un regard entendu à Josh, et nous nous précipitons à sa poursuite.Point de vue SwanJe sens le danger…Je commence à courir vers ma forêt.J’entends des pas derrière moi.Ils me suivent.J’allais franchir la frontière quand un gros loup noir me barre le passage.Je me retourne et fais face à un second loup, gris cette fois.Je montre les crocs, mais une violente douleur me prend à la tête et je m’effondre au sol, perdant connaissance.—J’émerge avec difficulté d’un sommeil sans rêve. Ma première constatation est que je ne suis pas chez moi : ce lit sur lequel je suis allongée n’est pas le
Un mois a passé. Je suis retournée au cimetière pour la première fois depuis l’enterrement. Et étrangement, cela m’a fait plus de bien que de mal. J’ai passé près d’une heure face à la tombe de mes parents, leur parlant comme s’ils étaient encore en vie.Étrangement, Aiden ne se préoccupe plus de moi. Plus d’intrusion intempestive dans ma vie, et c’est très bien ainsi, même si je soupçonne son père de l’y avoir implicitement obligé, pour compatir à ma peine. Pff… Aiden ? Compatir ? Non, décidément, ces deux mots ne vont pas ensemble.Seules quelques bribes du discours de mon professeur me parviennent. Et pour cause… Ma fin de journée s’annonce plutôt magique. J’ai décidé d’aller visiter l’autre extrémité de la forêt. Cette dernière se répartit sur deux territoires : celui où je vis, et un autre qui m’est complètement étranger.Lorsque la sonnerie retentit, je pousse un long soupir avant de quitter prestement le lycée. Je ne prends pas la peine d’attendre le bus scolaire et me transfor
Réfléchissons…Nous sommes samedi matin, et dans deux jours, je reprends les cours.Cela me laisse une journée et plus pour me préparer à reprendre ma vie.Je monte dans la salle de bains et me déshabille complètement.Le résultat n’est pas fameux…N’ayant pas mangé, on voit mes côtes, et mes joues sont énormément creusées.Mes cheveux sont sales et difformes.Je fais couler l’eau de la baignoire et y verse des crèmes de bain au cassis, mon parfum préféré.Quand le bain est bien chaud, je m’y plonge entièrement.L’eau bouillante me fait un bien fou et détend tous mes muscles.Je savonne, masse et exfolie ma peau.Je m’attaque ensuite à mes cheveux.Ma longue tignasse ne ressemble à rien. Habituellement bien rebondies et à l’aspect artificiel, mes boucles ne sont plus qu’un tas de nœuds.Je démêle soigneusement chacune de mes mèches avant de les sécher.En sortant, je m’enveloppe dans un peignoir et, en attendant que mon masque sur le visage ait fini de poser, j’enduis mon corps de crè
~ Can you hear my voice this time?This is my fight song ~Cela fait une semaine que je n’ai pas quitté ma maison.Mes yeux sont rouges et gonflés à force de pleurer.Je ressemble à un cadavre.Les filles sont venues me voir plusieurs fois, et Maeva est restée dormir.Par tous les moyens, elles ont essayé de me réconforter.Mais comment voulez-vous donner le sourire à quelqu’un qui vient de perdre ses parents ?Accident de voiture, m’a-t-on dit…Je suis restée stoïque en l’apprenant. Je ne pouvais rien dire, rien faire.L’Alpha est parti, et je me suis effondrée.J’ai hurlé sans pouvoir pleurer.Et après, quand ma voix s’est tue, j’ai senti les larmes couler sur mes joues.Nous sommes samedi, et mes parents sont décédés lundi.Leur enterrement a eu lieu hier.J’étais comparable à un zombie, avec mon teint pâle comme une morte.Assise sur mon lit, je contemple le plafond comme si c’était la seule chose que je pouvais faire. Mes yeux se promènent lentement sur la peinture blanche. Des s
Delta…Ce nom sonne comme une fausse note aux oreilles des autres loups.À leurs yeux, ce ne sont que des erreurs de la nature, des créatures ratées…Voilà pourquoi je dois faire attention à ce que personne ne le découvre.Mes parents étaient eux aussi des Delta. Toute leur vie, ils ont vécu avec ce secret sur le dos, et vivent encore avec.Ce sont eux qui m’ont transmis ces gènes.Mon enfance a été bercée par des conseils nécessaires à ma survie : on m’a répété d’obéir aux Alpha, de me comporter comme une Oméga, même si mon instinct m’ordonnait le contraire.Pour m’aider dans cette épreuve très difficile, ils m’ont raconté des mensonges sur ce qui arrivait aux Delta qui étaient découverts.Même si ce n’était pas honnête, je ne leur en ai jamais voulu, car grâce à eux, je suis invisible parmi les autres loups.Je n’avais jamais eu l’idée de faire des recherches sur le réel sort des gens comme moi, jusqu’à ce que Maeva le découvre.J’avais treize ans et je venais d’être scolarisée dans
— Salut chaton.Ringard. Et pitoyable.J’essaie de le contourner, mais il attrape mon bras et me bloque le passage.Je siffle entre mes dents :— Laisse-moi passer…— Tu ne m’as pas dit bonjour, je crois.— Je ne me souviens pas en avoir eu l’envie, vois-tu ? Maintenant, si tu pouvais avoir la gentillesse de dégager, ce serait fort… hum… sympathique.Il me plaque brusquement contre le casier, pressant son corps contre le mien. Je manque de rire devant l’absurdité de la scène, mais le ton de sa voix me fait sursauter :— Ne me parle plus jamais comme ça… Je suis un Alpha ! Tu me dois le respect, sale chienne d’Oméga ! Je te donne dix secondes pour baisser les yeux et implorer mon pardon.Sérieusement ? Il faudrait vraiment que les Alpha calment leurs pulsions dominantes. C’est extrêmement ridicule, et ce genre de choses arriveraient moins souvent… Néanmoins, un dilemme s’impose à moi. Mon corps entier me crie de lui tenir tête, et pourtant, baisser les yeux me paraît la solution la plu







