LOGINEira
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Il est nerveux. Je le vois depuis ce matin.
Il tourne en rond dans l'appartement. Il regarde sa montre toutes les deux minutes. Il ouvre et referme son téléphone sans raison. Il a bu trois cafés d'affilée, ce qui est mauvais pour son estomac et pour son humeur.
Je lui demande ce qui ne va pas.
Il me dit que rien.
Je sais que c'est un mensonge. Je le connais, maintenant. Je connais chaque pli de son vi
Eira---Il est nerveux. Je le vois depuis ce matin.Il tourne en rond dans l'appartement. Il regarde sa montre toutes les deux minutes. Il ouvre et referme son téléphone sans raison. Il a bu trois cafés d'affilée, ce qui est mauvais pour son estomac et pour son humeur.Je lui demande ce qui ne va pas.Il me dit que rien.Je sais que c'est un mensonge. Je le connais, maintenant. Je connais chaque pli de son visage, chaque variation de sa voix. Il a un tic quand il ment – il se passe la main dans les cheveux, vers la gauche. Il vient de le faire.Mais je ne le pousse pas. Certains secrets doivent garder leur mystère.— On va se promener ? il demande soudain, comme s'il venait de prendre une décision.— Où ça ?— Près du canal. Là où on est allés… tu sais.Je sais. Le square. Notre
Ma gorge se serre. Je ne veux pas parler de ça. Pas ici. Pas devant Eira. Pas devant ce psy aux yeux trop doux qui va noter tout ce que je dis sur son carnet, l'analyser, le décortiquer.— Je crois qu'on va s'arrêter là pour aujourd'hui, dit le docteur Martin, comme s'il lisait dans mes pensées. C'était une bonne première séance. On ira plus profond la prochaine fois, si vous êtes d'accord.Je hoche la tête, soulagé. Eira me prend la main, me serre les doigts. On se lève, on remercie, on sort.Dans la rue, l'air est frais. La lumière est basse, dorée. La ville est belle, ce soir. Presque paisible.— Ça va ? elle demande.— Je ne sais pas. C'était… étrange.— Étrange comment ?— Étrange de dire des choses que j'ai jamais dites à personne.&mdas
ReinhartLa première séance, je la regarde comme on regarde un piège.Le cabinet est trop propre. Trop beige. Des plantes vertes partout, des coussins moelleux, une musique douce qui sort d'enceintes invisibles. Ça respire le calme, la bienveillance, l'écoute. Tout ce que je déteste.À côté de moi, Eira est calme. Plus calme que moi. Ses doigts jouent avec la frange d'un coussin, mais son visage est détendu. Elle a posé sa veste sur ses genoux, comme pour se protéger. De quoi ? De moi, peut-être. De ce que je vais devenir dans cette pièce.— T'as peur ? elle me demande.— Non.— Tu mens.— Un peu.— Tu veux qu'on parte ?— Non. Je veux en finir.Le docteur Martin entre. Un homme d'une soixantaine d'années, barbe grise taillée court, regard dou
BastianC'est toujours la même nuit.La terre grise, l'odeur chimique, le bruit de la pelle qui s'enfonce. Et Victor qui se retourne, son visage déformé par la rage, la hache à la main.— Tu ne l'auras pas.Sa voix est calme. Trop calme.— Elle est à moi. Je l'ai vue avant toi.Il lève la hache. Je veux bouger, mais mes pieds sont collés au sol. Je veux crier, mais ma gorge est serrée. La hache descend, lente comme dans du miel, et je sais que je vais mourir.Sauf que ce n'est pas moi qu'il frappe.C'est Eira.Elle tombe. Son sang éclabousse la terre grise, ses yeux grands ouverts me regardent.— Pourquoi tu ne m'as pas protégée ?Je me réveille en hurlant.Le cri me déchire la gorge, rauque, animal. Je suis couvert de sueur, mon cœur bat si fort que je crois q
ReinhartLe tribunal est immense. Froid. Solennel. Les murs sont en bois sombre, les bancs en velours rouge, le plafond tellement haut qu'on dirait une cathédrale. Au fond, le juge trône sur son estrade, robe noire, visage de pierre. À gauche, le jury – douze inconnus qui détiennent le pouvoir de vie et de mort sur Victor.À droite, l'accusé.Victor est méconnaissable. Plus de costume, plus de sourire. Un pull gris, des cheveux ternes, des cernes sous les yeux. Il ressemble à un homme déjà mort, mais ses yeux… ses yeux brillent toujours de cette lueur que je connais trop bien. Celle des prédateurs qui savent qu'ils ont perdu, mais qui refusent de s'avouer vaincus.Eira est assise à côté de moi, dans la salle. Ses doigts sont crispés sur mes genoux, tellement forts que ça fait presque mal. Elle tremble. Pas
EiraL'hôpital sent le propre et le désinfectant. Une odeur qui devrait être rassurante, mais qui me retourne l'estomac. Je marche dans le couloir, mes pas résonnent sur le linoléum. Les murs sont blancs, trop blancs, comme si quelqu'un avait voulu effacer toute trace de vie.La chambre de Bastian est au fond. Numéro 412. Je m'arrête devant la porte, je regarde par le hublot en verre dépoli. Je vois sa silhouette sur le lit, le bras gauche enveloppé de bandages, relié à une perfusion. Il lit quelque chose sur son téléphone, son visage concentré.J'entre sans frapper.Il lève la tête, et son expression change. Il pose le téléphone, tend son bras valide vers moi.— Eira.Je ne réponds pas. Je traverse la pièce, je m'assois sur le bord du lit, je me blottis contre lui. Ma tête sur sa poitrine, mes jambes repliées. Son bras m'entoure, sa main caresse mes cheveux.— Ça va ? il demande.— Non.— Qu'est-ce qu'il y a ?Je reste silencieuse un long moment. Comment expliquer ça ? Le vide. L'abs
Une minute. Deux. Cinq.Puis la radio : « Appartement vide. Il est pas là. Mais on a trouvé des choses. Beaucoup de choses. »Mon cœur se serre. Pas de chance. Pas d'arrestation.Bastian démarre la voiture, on s'approche. L
ReinhartJe n'ai pas dormi de la nuit. Eira non plus. On est restés éveillés, blottis l'un contre l'autre, à parler, à se taire, à écouter le silence. Chaque bruit nous faisait sursauter. Chaque ombre nous semblait menaç
EiraIl est temps. Bastian et moi, on le sait. On ne peut plus avancer séparément. Il faut que je plonge, et que cette fois, il vienne avec moi. Vraiment avec moi. Pas seulement pour me tenir la main – pour voir ce que je vois.On s'in
EiraIl est midi. Bastian est au commissariat. Moi, je suis chez moi, à essayer de me concentrer sur les dossiers. Les voix sont calmes, aujourd'hui. Presque trop. Comme si elles attendaient quelque chose.La sonnette de l'entrée retentit. Je sursaute. Pe




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