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L'épouse oubliée du roi noir
L'épouse oubliée du roi noir
Penulis: Les écrits d'une Mariam

Chapitre 1

last update Tanggal publikasi: 2026-07-22 22:03:04

Chapitre 1

Elyssa

Le bruissement de la soie contre mes jambes couvre les battements désordonnés de mon cœur. Mes doigts sont glacés autour du bouquet de lys blancs, ces fleurs que Zeylan a choisies parce qu'il disait qu'elles avaient la pureté de mon âme. Dans le miroir, je ne reconnais pas cette femme aux yeux trop brillants, aux joues pâles comme la porcelaine, drapée dans une cascade de dentelle qui a coûté plus que tout ce que j'ai possédé dans ma vie entière.

Je tremble, non pas de froid, mais d'une peur viscérale qui me ronge depuis l'aube. Une petite voix intérieure me serine que je ne devrais pas être ici. Pas dans ce décor fastueux, pas dans cette robe de princesse, pas sur le point d'unir mon destin à celui de Zeylan Ardev, l'héritier de l'empire le plus sombre du pays.

L'antichambre est une prison de velours grenat. Le parfum entêtant des roses disposées en cascades opulentes me prend à la gorge. C'est trop riche, trop parfait. Comme un écrin conçu pour une reine, alors que je ne suis qu'une fille ordinaire, une couturière aux doigts usés par l'aiguille, qui a osé aimer un roi.

Mon amie Lena ajuste mon voile. Ses mains sont douces, mais ses yeux, reflétés dans la glace, sont pleins d'une inquiétude qu'elle essaie de me cacher. Elle a vu les hommes en costume noir aux épaules lourdes de secrets et d'armes. Elle a senti le poids de cet univers de codes et de sang, un monde qui écrase les cœurs tendres comme le mien.

Les minutes s'égrènent, lourdes et collantes. J'avance dans le couloir, escortée par deux gardes qui ne me regardent même pas. Leurs nuques sont raides, leurs regards fixés droit devant eux. Pour eux, je suis une ombre, une intruse qui ose profaner le sanctuaire de leur maître. Le mépris est pire que la haine. La haine est une passion. Le mépris, c'est le néant. L'humiliation est un froid qui s'insinue sous ma peau, glaçant le bonheur qui luttait pour survivre en moi.

Un homme se tient dans l'embrasure de la porte. L'oncle de Zeylan, Malrik Ardev. Son costume anthracite est une seconde peau, impeccable et menaçant. Son pouvoir est dans son regard, un abysse sans fond où aucune lumière ne peut vivre. Quand ses yeux pâles se posent sur moi, je sens mon sang se figer. Il ne dit pas un mot. Il se contente d'un sourire qui n'atteint jamais ses yeux. Un sourire qui dit : « Tu ne seras jamais des nôtres. » C'est plus tranchant qu'une menace. C'est la confirmation glaciale que ce mariage est une déclaration de guerre.

Puis, je le vois.

Zeylan se tient devant l'autel, et le monde cesse d'exister. Sa haute silhouette, moulée dans un smoking noir, est l'incarnation même de la puissance maîtrisée. Ses cheveux de jais sont coiffés avec soin, mais une mèche rebelle tombe sur son front, lui donnant un air d'ange déchu. Il me tourne le dos, discutant avec le prêtre, et je vois la tension dans ses épaules. Il porte le poids de cet empire, le poids des trahisons à venir.

Il doit sentir mon regard, car il se retourne. Ses yeux, d'un gris orageux, s'illuminent. Une chaleur pure déferle en moi. Il me sourit, un vrai sourire, un sourire qui ne connaît ni la politique ni le crime, un sourire qui n'appartient qu'à moi. Dans ses prunelles, je ne suis pas une intruse. Je suis Elyssa. La femme qu'il a choisie contre le monde entier.

Je marche vers lui. Chaque pas sur le tapis rouge est une victoire. Il prend ma main, et la chaleur de sa peau me donne envie de pleurer.

— Tu es la plus belle chose que mes yeux aient jamais vue, murmure-t-il.

— J'ai cru que je n'arriverais jamais jusqu'à toi.

Il penche la tête, son regard s'assombrit d'une détermination farouche.

— Rien ni personne ne pourra jamais nous séparer. Tu es à moi, et je suis à toi. Le reste n'est que poussière.

La cérémonie commence. Le prêtre parle de liens sacrés, et je réponds « oui » dans un souffle. Zeylan glisse l'anneau à mon doigt, un cercle de platine froid et lourd. Sa main se pose sur ma joue. Le temps se suspend. Ses lèvres effleurent les miennes.

L'explosion déchire le monde.

Le baiser n'a jamais lieu. Une vague de chaleur monstrueuse nous percute. Ma robe se transforme en linceul de feu. Le souffle me soulève et me projette en arrière. Les pétales de lys tourbillonnent, mélangés à des éclats de verre et des débris fumants. Mon dos heurte quelque chose de dur. Une douleur fulgurante irradie dans mon crâne.

J'essaie de l'appeler, mais ma voix n'est qu'un râle. Un liquide chaud et poisseux coule sur mon visage. À travers ce voile écarlate, je le cherche. Je le vois, étendu au sol, inerte au milieu des flammes. Je tends une main tremblante vers lui. Mes doigts ne rencontrent que le vide et une poussière âcre qui s'infiltre dans mes poumons.

Un voile noir grignote les bords de ma conscience. La dernière image que j'emporte dans l'abîme, c'est l'éclat d'un anneau de platine à mon doigt, souillé de sang, qui miroite faiblement avant que les ténèbres ne l'engloutissent à tout jamais.

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