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Chapitre 2

last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-22 22:05:03

Chapitre 2

Zeylan

La lumière est une lame blanche qui me transperce le crâne. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas où je suis. Le monde n'est qu'une souffrance brute, un vide sonore d'où émergent des bips réguliers et glacials. Ma bouche est un désert de cendres. J'essaie de soulever une paupière, mais la douleur est si fulgurante que je m'arrête, terrassé. Il n'y a que ce blanc insupportable, cette odeur âcre d'antiseptique, et ma peur qui suinte par tous les pores de ma peau.

Je veux me raccrocher à un souvenir, un visage, une main. Il n'y a rien. Un gouffre noir à la place de mon passé.

Des sons percent le brouillard. Un froissement d'étoffe, un chuchotement, puis une présence tout près de moi. Une femme est penchée sur mon lit, un ovale pâle auréolé de cheveux d'un blond presque blanc. Ses yeux d'un bleu de porcelaine sont humides, un sourire tremblant sur ses lèvres parfaites. Elle est d'une beauté sculpturale, une élégance de glace. Son parfum, jasmin et opulence, m'est totalement étranger.

— Zeylan, murmure-t-elle. Dieu merci, tu es enfin réveillé.

Je retire ma main de la sienne, un geste purement instinctif.

— Qui êtes-vous ?

Son sourire se fige une fraction de seconde. Ses doigts se replient lentement.

— C'est normal que tu sois déboussolé. Tu as subi un grave traumatisme. Je suis Céleste, ta fiancée.

Le mot est un coup de poing dans le vide de ma mémoire. Fiancée. Aucune chaleur, aucun souvenir. Juste une pression extérieure qui s'abat sur moi.

La porte s'ouvre. Deux hommes entrent. Le plus âgé s'approche, la soixantaine altière, un costume d'une coupe parfaite, un visage taillé à la serpe où des yeux pâles me fixent avec une intensité dérangeante. Son autorité écrase tout, un vide glacial qui aspire l'air de la pièce.

— Zeylan. Je suis Malrik, ton oncle. C'est un miracle que tu sois en vie.

Le deuxième homme est plus jeune. Une beauté plus sombre, des cheveux bruns, un regard noisette qui me scrute avec une expression indéchiffrable.

— Kael, ton cousin, précise mon oncle.

Rien. Ni l'un ni l'autre ne font vibrer la moindre corde en moi. La panique monte, une marée noire et glacée.

— Je ne me souviens de rien. Ni de vous, ni de moi.

Céleste pose une main fraîche sur mon front, un geste qui ne fait qu'accentuer mon malaise.

— Le médecin a prévenu que l'amnésie était une possibilité, dit-elle d'une voix trop modulée. L'explosion a été terrible. Une attaque lâche de nos ennemis.

L'explosion. Le mot provoque une onde de douleur dans mon crâne, une sensation de chaleur, une odeur de fumée, mais aucune image.

— Y a-t-il eu d'autres victimes ?

Un micro-silence. Mon oncle et mon cousin échangent un regard que je ne sais déchiffrer.

— Malheureusement, oui, répond Malrik d'une voix lisse. Des membres du personnel, des gardes. Céleste a été d'une force incroyable. Elle ne t'a pas quitté un seul instant.

Je la regarde à nouveau. Sa beauté est une forteresse, un masque d'une perfection irréprochable. La gratitude qu'ils attendent de moi ne vient pas. Je ne ressens qu'un vide immense, un isolement abyssal dans cette chambre aseptisée, entouré d'étrangers qui prétendent être ma famille.

Mon regard tombe sur mes mains. Je cherche un indice, une cicatrice, une alliance. Il n'y a rien. Et pourtant, une sensation me taraude. Un manque, une absence douloureuse au creux de ma paume, comme si quelque chose devait s'y trouver. L'impression est si déchirante que ma main se crispe sur le drap.

Dans mon cœur, au milieu du chaos, une certitude glaciale s'impose. Je ne sais pas qui je suis, mais je sais que je ne suis pas en sécurité. Je ne fais confiance à personne dans cette pièce. Ces murs ne me protègent pas. Ils m'enterrent.

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