Mag-log inL'épouse oubliée du Roi Noir Résumé : Le jour de leur mariage, Zeylan Ardev est victime d'une explosion. À son réveil, il ne se souvient de rien. Sa famille lui présente une fiancée issue d'une puissante dynastie mafieuse. Tout le monde lui ment. Car sa véritable épouse est Elyssa Norven, une femme ordinaire que son clan refuse d'accepter. Pour la protéger, on lui fait croire qu'elle est morte. Des années plus tard, le destin les réunit sans qu'il la reconnaisse. Alors qu'il tombe une seconde fois amoureux d'elle, les ennemis qui avaient tenté de les séparer reviennent pour terminer ce qu'ils ont commencé. Cette fois, la vérité risque de faire exploser tout l'empire mafieux.
view moreChapitre 1
Elyssa
Le bruissement de la soie contre mes jambes couvre les battements désordonnés de mon cœur. Mes doigts sont glacés autour du bouquet de lys blancs, ces fleurs que Zeylan a choisies parce qu'il disait qu'elles avaient la pureté de mon âme. Dans le miroir, je ne reconnais pas cette femme aux yeux trop brillants, aux joues pâles comme la porcelaine, drapée dans une cascade de dentelle qui a coûté plus que tout ce que j'ai possédé dans ma vie entière.
Je tremble, non pas de froid, mais d'une peur viscérale qui me ronge depuis l'aube. Une petite voix intérieure me serine que je ne devrais pas être ici. Pas dans ce décor fastueux, pas dans cette robe de princesse, pas sur le point d'unir mon destin à celui de Zeylan Ardev, l'héritier de l'empire le plus sombre du pays.
L'antichambre est une prison de velours grenat. Le parfum entêtant des roses disposées en cascades opulentes me prend à la gorge. C'est trop riche, trop parfait. Comme un écrin conçu pour une reine, alors que je ne suis qu'une fille ordinaire, une couturière aux doigts usés par l'aiguille, qui a osé aimer un roi.
Mon amie Lena ajuste mon voile. Ses mains sont douces, mais ses yeux, reflétés dans la glace, sont pleins d'une inquiétude qu'elle essaie de me cacher. Elle a vu les hommes en costume noir aux épaules lourdes de secrets et d'armes. Elle a senti le poids de cet univers de codes et de sang, un monde qui écrase les cœurs tendres comme le mien.
Les minutes s'égrènent, lourdes et collantes. J'avance dans le couloir, escortée par deux gardes qui ne me regardent même pas. Leurs nuques sont raides, leurs regards fixés droit devant eux. Pour eux, je suis une ombre, une intruse qui ose profaner le sanctuaire de leur maître. Le mépris est pire que la haine. La haine est une passion. Le mépris, c'est le néant. L'humiliation est un froid qui s'insinue sous ma peau, glaçant le bonheur qui luttait pour survivre en moi.
Un homme se tient dans l'embrasure de la porte. L'oncle de Zeylan, Malrik Ardev. Son costume anthracite est une seconde peau, impeccable et menaçant. Son pouvoir est dans son regard, un abysse sans fond où aucune lumière ne peut vivre. Quand ses yeux pâles se posent sur moi, je sens mon sang se figer. Il ne dit pas un mot. Il se contente d'un sourire qui n'atteint jamais ses yeux. Un sourire qui dit : « Tu ne seras jamais des nôtres. » C'est plus tranchant qu'une menace. C'est la confirmation glaciale que ce mariage est une déclaration de guerre.
Puis, je le vois.
Zeylan se tient devant l'autel, et le monde cesse d'exister. Sa haute silhouette, moulée dans un smoking noir, est l'incarnation même de la puissance maîtrisée. Ses cheveux de jais sont coiffés avec soin, mais une mèche rebelle tombe sur son front, lui donnant un air d'ange déchu. Il me tourne le dos, discutant avec le prêtre, et je vois la tension dans ses épaules. Il porte le poids de cet empire, le poids des trahisons à venir.
Il doit sentir mon regard, car il se retourne. Ses yeux, d'un gris orageux, s'illuminent. Une chaleur pure déferle en moi. Il me sourit, un vrai sourire, un sourire qui ne connaît ni la politique ni le crime, un sourire qui n'appartient qu'à moi. Dans ses prunelles, je ne suis pas une intruse. Je suis Elyssa. La femme qu'il a choisie contre le monde entier.
Je marche vers lui. Chaque pas sur le tapis rouge est une victoire. Il prend ma main, et la chaleur de sa peau me donne envie de pleurer.
— Tu es la plus belle chose que mes yeux aient jamais vue, murmure-t-il.
— J'ai cru que je n'arriverais jamais jusqu'à toi.
Il penche la tête, son regard s'assombrit d'une détermination farouche.
— Rien ni personne ne pourra jamais nous séparer. Tu es à moi, et je suis à toi. Le reste n'est que poussière.
La cérémonie commence. Le prêtre parle de liens sacrés, et je réponds « oui » dans un souffle. Zeylan glisse l'anneau à mon doigt, un cercle de platine froid et lourd. Sa main se pose sur ma joue. Le temps se suspend. Ses lèvres effleurent les miennes.
L'explosion déchire le monde.
Le baiser n'a jamais lieu. Une vague de chaleur monstrueuse nous percute. Ma robe se transforme en linceul de feu. Le souffle me soulève et me projette en arrière. Les pétales de lys tourbillonnent, mélangés à des éclats de verre et des débris fumants. Mon dos heurte quelque chose de dur. Une douleur fulgurante irradie dans mon crâne.
J'essaie de l'appeler, mais ma voix n'est qu'un râle. Un liquide chaud et poisseux coule sur mon visage. À travers ce voile écarlate, je le cherche. Je le vois, étendu au sol, inerte au milieu des flammes. Je tends une main tremblante vers lui. Mes doigts ne rencontrent que le vide et une poussière âcre qui s'infiltre dans mes poumons.
Un voile noir grignote les bords de ma conscience. La dernière image que j'emporte dans l'abîme, c'est l'éclat d'un anneau de platine à mon doigt, souillé de sang, qui miroite faiblement avant que les ténèbres ne l'engloutissent à tout jamais.
Chapitre 55ZeylanLa nouvelle tombe comme une déflagration dans le silence de mon bureau. Kael entre sans frapper, le visage plus fermé que d'habitude, et il me tend son téléphone où s'affiche un article, et je lis les mots sans les comprendre, sans vouloir les comprendre : « Une jeune femme victime d'une tentative d'assassinat en pleine rue, transportée d'urgence à l'hôpital central. » Et puis, plus bas, le détail qui me glace le sang : « Des témoins décrivent une femme brune, portant des cicatrices au visage. » Mon cœur s'arrête. Puis repart dans un galop violent.— Où est-elle ? je demande, et ma voix est un grondement qui ne souffre aucune hésitation.— Hôpital central, répond Kael d'une voix neutre, mais je vois dans ses yeux qu'il comprend, qu'i
Chapitre 54ElyssaJe marche vite, la tête baissée, le col relevé. La nuit est froide. La rue est presque vide. Je ne pense qu'à rentrer, qu'à fermer la porte derrière moi, qu'à oublier. Oublier les écrans. Oublier les journaux. Oublier ce mariage qui s'affiche partout comme une insulte.Le bruit surgit dans mon dos. Un rugissement de moteur. Trop rapide. Trop proche. Je n'ai pas le temps de me retourner. La voiture me percute de plein fouet. Une violence inouïe. Je suis projetée en avant. Je heurte le bitume avec un craquement sourd. La douleur explose. Elle efface tout. Elle noie le monde dans un brouillard rouge.Je reste allongée sur la chaussée, le souffle coupé, incapable de bouger. Le moteur ronronne encore. Des silhouettes floues s'arrêtent sur le trottoir. Des passants regardent. Ils détourne
Chapitre 53SereinaLa porte de ma chambre claque derrière moi, et le bruit résonne dans le silence de cette pièce trop grande, trop froide, trop vide, et je reste debout au milieu du tapis de soie, les poings serrés, la respiration courte, et je sens monter en moi une vague que je ne peux plus contenir, une vague de rage et d'humiliation qui déferle et qui emporte tout sur son passage, qui efface les années de maîtrise et de calcul et de retenue, qui fait de moi une femme que je ne reconnais pas, une femme qui tremble, une femme qui brûle, une femme qui a envie de hurler jusqu'à ce que sa voix se brise et que son âme se vide.Je m'approche de la coiffeuse, et je vois mon reflet dans le miroir, mon visage défait, mes yeux rougis, mes lèvres crispées, et cette image me répugne, elle me renvoie tout ce que je déteste, tout
Chapitre 52ZeylanJe la convoque dans mon bureau sans préambule, sans formule de politesse, un simple ordre transmis par Kael, et je l'attends debout derrière mon fauteuil, les mains appuyées sur le dossier de cuir, les yeux fixés sur la porte, et je sens la colère gronder en moi, sourde et patiente, une colère qui n'a pas explosé depuis la scène du conseil mais qui couve, qui s'accumule, qui attend le moment de frapper, et quand la porte s'ouvre enfin, quand Sereina entre dans la pièce avec cette démarche altière de reine offensée, quand je vois son visage parfaitement maquillé et son expression de défi, je comprends qu'elle n'a pas l'intention de se soumettre, qu'elle vient se battre, et cette certitude attise encore ma fureur.— Vous allez démentir, je dis sans attendre qu'elle se soit assise, sans mêm
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