INICIAR SESIÓNChapitre 64
Elyssa
Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. La porte de sa chambre est là, devant moi, fermée, et derrière cette porte, il se bat pour sa vie. Pour ma vie. Parce qu'il a pris une balle qui m'était destinée. Parce qu'il s'est jeté devant moi sans réfléchir. Parce que son corps a agi avant sa mémoire. Parce que son âme, elle, n'a rien oublié.
Chapitre 64ElyssaJe ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. La porte de sa chambre est là, devant moi, fermée, et derrière cette porte, il se bat pour sa vie. Pour ma vie. Parce qu'il a pris une balle qui m'était destinée. Parce qu'il s'est jeté devant moi sans réfléchir. Parce que son corps a agi avant sa mémoire. Parce que son âme, elle, n'a rien oublié.Alors je reste. Debout. Adossée au mur froid du couloir. Les heures passent. Les infirmières vont et viennent. Les médecins entrent et sortent. Chaque fois que la porte s'ouvre, je retiens mon souffle. Chaque fois qu'elle se referme, je prie. Je prie pour qu'il vive. Je prie pour qu'il se réveille. Je prie pour qu'il se souvienne.Mes jambes tremblent. Mes blessures me font mal. Mon corps crie grâce. Mais je ne bouge pas. Je ne peux pas. Pas
Chapitre 63SereinaLa nouvelle m'atteint en plein conseil. Un messager entre, tremblant, et murmure quelques mots à l'oreille de Malrik. Mais je les entends. Je les entends tous. Le Roi Noir a été blessé. Par balle. En protégeant une femme. Une inconnue. Une moins-que-rien.Le silence qui suit est assourdissant. Les regards glissent vers moi. Furtifs. Gênés. Puis les murmures commencent. D'abord discrets. Puis plus audacieux.— Il a pris une balle pour elle ?— Pour une étrangère ?— Et sa fiancée ? Elle ne compte donc pour rien ?Je reste droite. Le menton haut. Le visage de marbre. Mais à l'intérieur, quelque chose se fissure. Quelque chose se brise.— C'est une honte, souffle un vi
Chapitre 62ZeylanLe noir. Puis des éclats. Des bribes. Des lumières qui dansent. Des voix qui passent. Des bruits. Des silences. Je flotte. Entre deux eaux. Entre deux mondes. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais plus.La douleur est là. Quelque part. Dans ma poitrine. Une brûlure sourde. Un fer rouge. Mais elle est lointaine. Comme si elle appartenait à un autre. À un corps que j'aurais laissé derrière moi. Je dérive. Dans un océan noir. Sans boussole. Sans repère.Et puis. Une voix. Qui perce le brouillard. Qui traverse les ténèbres. Qui vient jusqu'à moi. Une voix que je connais. Une voix qui m'est plus familière que la mienne. Plus intime. Plus ancienne. Une voix qui parle à un endroit de moi que je ne connaissais pas. Un endroit que l'amnésie
Chapitre 61ElyssaLe coup part. Le bruit claque dans l'air. Et Zeylan s'écroule.Je ne comprends pas tout de suite. Je ne réalise pas. Une seconde passe. Deux. Le monde continue de tourner. Les voitures passent. Les gens marchent. Mais moi, je suis figée. Mon corps ne répond plus. Mon cœur s'est arrêté.Et puis je le vois. Par terre. Devant moi. Son corps affaissé sur le trottoir. Du sang. Beaucoup de sang. Qui coule. Qui imbibe son manteau. Qui forme une flaque sombre sous lui.— Zeylan !Le cri sort de ma gorge. Déchirant. Animal. Je me jette à genoux près de lui. Mes mains se posent sur son visage. Ses joues. Ses tempes. Je le tiens. Je le serre. Je le cherche.— Zeylan ! Réponds-moi ! Regarde-moi !Ses paup
Chapitre 60ZeylanElle veut partir. Les médecins ont dit qu'elle pouvait sortir aujourd'hui, que ses blessures étaient stabilisées, qu'elle devait se reposer mais qu'elle n'avait plus besoin de rester alitée. Elle a hoché la tête sans rien dire. Elle n'a pas protesté. Elle n'a pas insisté pour rester. Elle a simplement demandé qu'on lui apporte ses affaires, et elle s'est levée lentement, les mains tremblantes, le visage pâle, et moi je n'ai rien pu dire, rien pu faire, parce que je n'ai pas le droit de la retenir. Pas encore. Pas sans preuves. Pas sans vérité.Je l'accompagne jusqu'à la sortie. Elle marche à côté de moi, silencieuse, les yeux baissés, et chaque pas qu'elle fait est une torture, parce que chaque pas l'éloigne de moi. Je ne sais pas pourquoi. Je ne comprends pas ce qui me lie
Chapitre 59SereinaJe n'aurais pas dû venir. C'est ce que je me répète en traversant le hall de l'hôpital. Mes talons claquent sur le sol. Mon manteau de cachemire est serré autour de moi comme une armure. Je n'aurais pas dû venir. Mais je ne peux pas rester chez moi. À attendre. À imaginer. À me ronger les sangs. Mes espions m'ont prévenue : Zeylan a passé la nuit ici. Il ne l'a pas quittée. Une femme. Une inconnue. Celle qu'il cherchait. Je dois voir. Je dois comprendre. Je dois savoir qui elle est. Ce qu'elle a de plus que moi. Pourquoi elle a réussi là où j'ai échoué.Les couloirs sont blancs. Silencieux. Une odeur d'antiseptique me prend à la gorge. Je déteste cet endroit. Je déteste tout ce qu'il représente. La maladie. La faiblesse. La mort. Ma







