INICIAR SESIÓNÀ vingt ans, Anastasia Morozova perd son père dans une embuscade. En une nuit, elle hérite de son empire, de ses ennemis et d’un titre que beaucoup refusent de voir entre les mains d’une femme. Cinq ans plus tard, Anastasia n’est plus la jeune héritière que les Pakhans pensaient pouvoir intimider. À la tête de la Bratva Morozov, celle que l’on surnomme désormais la Reine de Glace règne sans demander la permission à personne. Mais lorsqu’elle retrouve enfin l’homme impliqué dans la mort de son père, une révélation vient ébranler toutes ses certitudes : Viktor Morozov n’a pas simplement été assassiné. Quelqu’un l’a trahi. Et le responsable pourrait être bien plus proche qu’elle ne l’imagine. Pour découvrir la vérité, Anastasia va devoir s’allier à **Sergei Volkov**, un Pakhan aussi dangereux qu’insupportable, dont l’intérêt pour elle dépasse depuis longtemps les simples affaires. Entre alliances fragiles, trahisons, guerre de territoire et désir, une seule règle demeure : Anastasia ne cédera son pouvoir à personne. Pas même à l’homme prêt à mettre Moscou à feu et à sang pour elle. Car la Reine de Glace n’a pas encore gagné le nom sous lequel tous finiront par la craindre. La Reine Écarlate.
Ver másMon père ne portait pas la chevalière des Morozov lorsque j’entrai dans son bureau.
Je remarquai son absence immédiatement. Depuis la mort de mon grand-père, Viktor ne la retirait que pour dormir. L’anneau en or blanc, frappé d’un faucon aux ailes déployées, accompagnait chacune de ses décisions importantes. Il se tenait près de la fenêtre, le regard tourné vers la neige qui recouvrait Moscou. Un verre de whisky oublié reposait sur son bureau. Il était tard, mais la veste de son costume n’avait pas quitté ses épaules et plusieurs dossiers attendaient encore sa signature. — Ferme la porte. J’obéis avant de m’avancer. — Tu voulais me voir ? Il regagna son fauteuil et m’indiqua celui qui lui faisait face. — La prochaine réunion des Pakhans aura lieu dans deux semaines, chez Sergei Volkov. — Je sais. — Tu y assisteras. Je cessai de regarder les dossiers ouverts devant lui. — Avec toi ? — Tu seras assise à ma droite. J’avais déjà assisté à certains conseils des Morozov, toujours en retrait et seulement lorsqu’il m’y autorisait. Les réunions entre Pakhans étaient différentes. Les hommes qui s’y retrouvaient partageaient des territoires, négociaient des alliances et décidaient parfois d’une guerre avant même que leurs soldats en connaissent la raison. Mon père ne m’avait encore jamais proposé de l’accompagner. — Ils savent que je viens ? — Je les ai prévenus. — Et ils ont accepté ? Le coin de sa bouche se releva à peine. — Je ne leur ai pas demandé leur permission. Cette réponse lui ressemblait suffisamment pour m’arracher un sourire. — Certains vont penser que tu cherches à leur imposer ta fille. — C’est exactement ce que je fais. — Voilà qui devrait les ravir. — Leur ravissement n’a jamais fait partie de mes priorités. Il ouvrit alors le tiroir de son bureau et en sortit un petit écrin de velours noir. Lorsque le couvercle se souleva, je compris où se trouvait la chevalière. — Pourquoi tu me montres ça ? Il retira la bague de son écrin. — Parce qu’elle est à toi. Je le dévisageai, persuadée d’avoir mal compris. — Tu es toujours vivant. — Merci de me le rappeler. — Alors pourquoi me la donner maintenant ? Son expression redevint sérieuse. — Parce que tu es mon héritière, Anastasia. Lorsque tu entreras avec moi chez Volkov, je veux qu’aucun homme autour de cette table puisse prétendre l’ignorer. Il prit ma main et passa la chevalière autour de mon doigt. Le métal était froid et l’anneau légèrement trop large. — Elle ne tient pas correctement. — Elle tient suffisamment. Il referma mes doigts dessus. — Ne la perds pas. Je baissai les yeux vers le faucon gravé. J’avais toujours su que cette bague me reviendrait un jour. La sentir à mon doigt ne provoqua pourtant aucune fierté immédiate. Son poids rendait seulement l’avenir beaucoup plus réel. — Qu’est-ce que tu attends de moi pendant cette réunion ? — Que tu observes. Que tu écoutes. Et si l’un d’eux s’adresse à toi, que tu lui répondes sans chercher mon approbation. — C’est tout ? — Pour cette fois. Son téléphone vibra sur le bureau. Il consulta le message et ses traits se fermèrent. — Je dois aller à Varshavskoïe. — Un problème ? — Une cargaison qui ne devrait pas bouger. Orlov prétend qu’il s’agit d’une erreur. — Je viens avec toi. — Non. Une équipe de Lev doit me rejoindre sur place. Toi, tu rentres et tu dors quelques heures. Je me levai sans parvenir à détacher mon regard de la chevalière. — Tu comptes vraiment me laisser partir avec ça ? — Tu préfères que je la reprenne ? Je refermai aussitôt les doigts. Son rire fut bref, mais sincère. Puis il posa une main contre ma joue. Mon père était rarement démonstratif, surtout dans son bureau. Je restai parfaitement immobile, de peur qu’il retire trop vite sa main. — Demain, dix heures, dit-il. Nous préparerons ta rencontre avec les Pakhans. — Je serai là. — Ne sois pas en retard. — Je ne le suis jamais. Je quittai son bureau avec sa chevalière au doigt. Ce fut la dernière fois que je vis mon père vivant. À quatre heures dix-sept, cinq coups frappés contre la porte de mon appartement me réveillèrent. Trois rapides, une pause, puis deux autres. Le code de mon oncle, Ivan Morozov. Je récupérai l’arme posée sur ma table de chevet avant de traverser le couloir. Mon oncle savait que je dormais peu, mais il ne serait jamais venu chez moi à cette heure sans une raison sérieuse. Lorsque j’ouvris, il se tenait seul sur le palier, le manteau encore constellé de neige. Son visage était plus pâle que d’habitude. — Où est mon père ? — Anastasia… — Où est-il ? Ivan resta silencieux une seconde de trop. — Sa voiture a été attaquée près de l’entrepôt de la rue Varshavskoïe. — Il est blessé ? Son expression me donna la réponse. Je refusai pourtant de l’accepter tant qu’il ne l’avait pas prononcée. — Dis-le. — Viktor est mort. Quelques heures plus tôt, mon père avait lui-même passé la chevalière des Morozov à mon doigt. Il devait m’emmener à la prochaine réunion des Pakhans. Le métal était toujours légèrement trop large. Il ne pouvait pas déjà être la dernière chose qu’il m’avait donnée. — Les gardes ? demandai-je. — Morts. Le chauffeur aussi. — Et toi ? — Lev m’a appelé dès qu’il a retrouvé la voiture. Quand je suis arrivé sur place, c’était terminé. Il fit un pas vers moi. Je reculai. S’il me prenait dans ses bras, je ne savais pas si je parviendrais encore à rester debout. — Qui connaissait son itinéraire ? — Le chauffeur, l’équipe chargée de sa protection et les responsables de l’entrepôt. Nous vérifions déjà leurs communications. — Orlov ? — Sa maison est vide. Aucun de ses gardes ne répond. Orlov avait donc fui avant même que l’attaque soit connue. La cargaison n’était pas une erreur. Quelqu’un l’avait prévenu que mon père se rendrait à Varshavskoïe.— Je cherche la logique. Sergei avait déjà des accords avantageux avec nous. Une guerre lui aurait coûté davantage que deux points à Oust-Louga.— Mikhail est aussi un Volkov.Ivan ne répondit pas immédiatement.— C’est lui qui a trouvé le transfert.— Cela ne l’innocente pas.— Non.Je regardai à travers la petite vitre renforcée. Orlov avait baissé la tête. Cinq années de fuite s’achevaient dans la pièce où j’avais découvert le corps de mon père.— Il manque quelque chose, repris-je. Celui qui a payé ne cherchait ni un territoire ni un contrat. Il a cessé de protéger Orlov dès que Viktor est mort.— Une vengeance personnelle.— Ou une menace supprimée.Le visage d’Ivan resta fermé. Sa fatigue creusait davantage les lignes autour de ses yeux. Il avait vieilli pendant ces cinq années, même s’il refusait de l’admettre.— Tu devrais rentrer quelques heures, dit-il. Je reste avec Lev jusq
Je fis aussitôt placer Mikhail sous surveillance et copier les données qu’il examinait.Je regagnai ma chaise.— Si un Volkov t’a protégé, pourquoi as-tu changé de pays chaque année ?— Parce qu’il a cessé de répondre après le dernier versement.— Quand ?— Deux semaines après la mort de Viktor.— Tu n’as donc bénéficié d’aucune protection pendant cinq ans.— J’avais de l’argent et des papiers.— Et tu as couru jusqu’à cette nuit. Tu essaies de transformer un paiement en alliance pour que je regarde les Volkov pendant que tu protèges le véritable commanditaire.Il secoua la tête.— Je te dis la vérité.— Tu m’en donnes une partie.Je sortis de la pochette la petite clé en laiton et la posai devant lui.— Qu’est-ce qu’elle ouvre ?— Rien qui t’intéresse.Je regardai Lev.— Le troisième casier de la consigne de la gare de Khimki, répondit-il.
— Tu n’es pas mon prisonnier. Tu es une dette qui a mis cinq ans à être recouvrée.Ivan entra derrière moi. Le sourire d’Orlov se figea une fraction de seconde avant de réapparaître.— Toute la famille est réunie.Mon oncle referma la porte sans répondre. Il se plaça contre le mur, à ma droite. La même place qu’il occupait derrière le fauteuil de mon père, puis derrière le mien.Lev resta près de l’entrée.Je m’assis en face d’Orlov.— Tu voulais connaître le prix de ta vie.— Je peux te donner les hommes qui ont tiré sur Viktor.— Ils sont morts depuis quatre ans.Cette fois, il ne réussit pas à dissimuler sa surprise.J’avais retrouvé le premier à Odessa, le deuxième près de Kazan et le dernier dans une prison moldave. Aucun n’avait connu le commanditaire. Tous avaient reçu les ordres d’Orlov.— Alors tu sais que je n’ai pas tiré, dit-il.— Tu as envoyé le message qui a cond
Cinq ans plus tard Orlov avait mis cinq ans à comprendre qu’on ne disparaissait pas lorsqu’une Morozova vous cherchait. Il avait changé six fois de nom, quatre fois de pays et une fois de visage. Il s’était débarrassé de tous ceux qui l’avaient connu à Moscou, mais il avait conservé son goût pour l’argent facile. Ce fut cette faiblesse qui permit à Mikhail de retrouver sa trace. À minuit trente-six, Lev m’avait envoyé une photographie prise dans un hangar près de Khimki. Un homme était agenouillé entre deux gardes, les mains attachées dans le dos. Ses cheveux avaient grisonné et une opération avait modifié la ligne de son nez. La cicatrice qui traversait son pouce gauche, elle, n’avait pas changé. Orlov était vivant. Une heure plus tard, notre voiture franchit les grilles de l’entrepôt de la rue Varshavskoïe. La neige recouvrait de nouveau Moscou. Elle s’accumulait sur le portail devant lequel la Mercedes de mon père avait été retrouvée cinq ans plus tôt. Les impacts avaient dis












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