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Chapitre 2

مؤلف: Roman
last update تاريخ النشر: 2026-10-14 06:32:44

Chapitre 2

Iséline

Je n'ai pas dormi. J'ai pleuré jusqu'à ce que mes yeux me brûlent, jusqu'à ce que mon corps refuse de verser une larme de plus. À l'aube, je me suis levée, j'ai retiré cette alliance qui me scie la peau, et je suis partie.

La maison de mes parents se dresse devant moi, imposante, froide. Rien n'a changé. Sauf moi.

J'entre sans frapper. Je traverse le hall, mes talons claquant sur le marbre comme un compte à rebours. Mon père est dans son bureau. Ma mère est assise près de la fenêtre, une tasse de thé entre les mains.

— Iséline. Tu es bien matinale.

Mon père lève à peine les yeux de ses dossiers.

— J'ai besoin de te parler. Seul à seul.

— Ta mère peut rester. Quoi que tu aies à dire, elle peut l'entendre.

Très bien. Qu'elle entende. Qu'elle sache, elle aussi.

Je m'approche de son bureau, les mains tremblantes mais la voix ferme.

— Aydren m'a tout dit. Le mariage. L'accord. Sélyana.

Mon père pose enfin son stylo. Son visage reste impassible.

— Je vois.

— C'est tout ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?

— Que veux-tu que je te dise, Iséline ? Que je regrette ? Je ne regrette rien.

Ma mère pose sa tasse, les traits soudain tendus.

— Armand, peut-être devrions-nous...

— Non, Éléonore. Elle est venue chercher des réponses. Elle va les avoir.

Il se lève, contourne son bureau, me fait face. L'homme qui m'a appris à monter à cheval, à choisir mes mots, à tenir ma tête haute. L'homme qui m'a vendue.

— Dis-moi que c'est faux. Dis-moi qu'Aydren a menti.

— Aydren n'a pas menti.

Mon souffle se coupe.

— Tu savais.

— J'ai négocié cet accord avec lui. Chaque clause. Chaque condition. Notre famille avait besoin de cette alliance. Les Solvéris avaient besoin de la nôtre.

— Une évidence ? Tu appelles ça une évidence ? Tu m'as sacrifiée pour protéger tes affaires.

— Je t'ai offert une position que peu de femmes peuvent espérer. Le nom Solvéris. Une fortune. Une place dans la haute société.

— Et son amour ? Sa fidélité ? Tu savais qu'il aimait encore Sélyana. Tu le savais et tu m'as laissée l'épouser quand même.

Il ne bronche pas.

— Oui. Je le savais.

Je recule d'un pas. Ma mère se lève, les mains tendues vers moi.

— Iséline, ma chérie, calme-toi.

— Me calmer ? Maman, tu entends ce qu'il dit ? Il m'a livrée à un homme qui ne m'aime pas. Pour de l'argent.

Ma mère se tourne vers mon père, les yeux brillants.

— Armand, tu ne peux pas lui imposer ça. Elle est notre fille.

— Elle est ma fille. Et elle portera ce nom avec dignité. Comme je l'ai décidé.

— Tu ne peux pas disposer de sa vie comme si elle t'appartenait.

— Je l'ai fait parce que c'était nécessaire. Et je ne reviendrai pas là-dessus.

Ma mère ouvre la bouche, mais aucun son ne sort. Elle me regarde, impuissante. Elle ne dit rien. Elle ne peut rien dire. Mon père a déjà tout décidé.

Je me tourne vers lui, la voix brisée mais chargée de colère.

— Tu prétends que je possède un nom prestigieux, une immense fortune, une position enviable. Mais aucune richesse ne peut remplacer l'amour d'un mari. Aucune. Tu m'as donnée à un homme qui ne m'aimera jamais. Tu as brisé ma vie pour quelques signatures.

Mon père me dévisage, les mâchoires serrées.

— Tu vas rester mariée à Aydren. Tu ne demanderas pas le divorce.

— Quoi ?

— Tu m'as entendu. Si tu divorces, tu perds tout. Mon soutien. Mon nom. Ta place dans cette famille.

— Tu me menaces ?

— Je te préviens. Tu feras ce que je te dis, Iséline. Tu joueras le rôle de l'épouse parfaite. Pour un temps. Le temps que les affaires se stabilisent.

Ma mère pose une main sur le bras de mon père.

— Armand, tu es allé trop loin.

— Elle me remerciera un jour.

Je les regarde tous les deux. Mon père, inflexible. Ma mère, silencieuse et impuissante.

— Je te méprise.

Les mots sortent sans trembler. Mon père ne cille pas.

— Ce que tu ressens m'est égal. Ce qui compte, c'est que tu obéisses.

Je recule vers la porte. Mes larmes menacent de couler, mais je les retiens. Pas devant lui. Plus jamais devant lui.

— Tu as gagné. Pour l'instant.

Je sors du bureau, le cœur en lambeaux. Derrière moi, j'entends la voix de ma mère.

— Armand, tu as détruit notre fille.

— Elle me remerciera un jour.

Je claque la porte. Dans le couloir, je m'adosse au mur, les jambes tremblantes. Je ne peux pas divorcer. Pas encore. Pas sans perdre tout ce que je possède.

Je ferme les yeux. Une promesse silencieuse monte en moi. Aydren. Sélyana. Mon père. Tous paieront.

Mais d'abord, je dois survivre. Et pour survivre, je dois jouer leur jeu. Le temps de trouver comment les détruire.

Je descends les escaliers, la tête haute, le visage fermé. La guerre ne fait que commencer.

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